Les crumbles de Miss Alfie

Des crumbles de vie, des goûters de petits bonheurs, des repas de petits plaisirs...

lundi 18 février 2008

La liste

Pour reprendre la méthode d'une personne à qui je tiens très beaucoup, voici une petite lecture à ma manière de la chanson de Rose La liste qui est venue s'inviter à la fête ce matin dans la voiture, tandis que je traversais la campagne rennaise de bon matin, avec personne devant moi, un beau soleil et du blanc dans les champs...

Aller à un concert
Je te laisse choisir, on devrait trouver de quoi nous satisfaire tous les deux...

Repeindre ma chambre en vert
Ben oui, si tu veux, mais la tapisserie est déjà verte !

Boire de la vodka
Ou du vin, ou du champagne, ou du cidre, ou ce que tu veux !
Aller chez Ikea
Dis donc, ça tombe bien, d'ici un an, ce sera mon voisin !
Mettre un décolleté
Oui, j'ai une réputation à tenir monsieur ! Et avoue que ça te déplairait pas !!!
Louer un meublé
Mais on fait quoi des meubles qu'on a déjà ?!
Et puis tout massacrer
Et la non-violence dans l'histoire alors ?!
Pleurer pour un rien
Sais faire... No problem... Mais j'me calme...
Acheter un chien
Je pense que tu m'accorderas que c'est mieux qu'un chat avec nos petits nez !
Faire semblant d'avoir mal
Juste pour que tu me prennes dans tes bras
Et mettre les voiles
En bord de mer, évidemment...
Fumer beaucoup trop
Oui, même une, je sais, ce sera "trop" !
Prendre le métro
Entre deux trains, entre deux gares, faut juste renouveler la réserve de tickets violets
Et te prendre en photo
Surtout que maintenant, tu sais de quoi je suis capable !

Jeter tout par les fenêtres
T'aimer de tout mon être
Je ne suis bonne qu'à ça
Est ce que ça te déçoit ?
J'ai rien trouvé de mieux à faire
Et ça peut paraître bien ordinaire
Et c'est la liste des choses que je veux faire avec toi
Là, ça se passe de commentaires...

Te faire mourir de rire
Ou en tout cas essayer... de grimaces en choré dans la rue
Aspirer tes soupirs
Et respirer avec toi
M'enfermer tout le jour
Oui, mais aller visiter les alentours aussi !
Ecrire des mots d'amour
Oui, mais à la Bénabar...
Boire mon café noir
Avec un peu de sucre malgré tout, et toi ton chocolat

Me lever en retard
Oui, mais tôt pour partir en ballade
Pleurer sur un trottoir
Mais mince, j'ai déjà dit, j'ai pas envie de pleurer !
Me serrer sur ton coeur
Et dans tes bras
Pardonner tes erreurs
Evidemment...
Jouer de la guitare
Je veux bien, mais t'as pas peur aux oreilles là...
Danser sur un comptoir
Ou dans la rue, hein !
Remplir un caddie
Ouais, partager la corvée, je prends !
Avoir une petite fille
Ouh là, bon, ça, c'est un peu rapide quand même ptet !
Et passer mon permis
Ah, ça je l'ai déjà !

Jeter tout par les fenêtres
T'aimer de tout mon être
Je ne suis bonne qu'à ça
Est ce que ça te déçoit ?
J'ai rien trouvé de mieux à faire
Et ça peut paraître bien ordinaire
Et c'est la liste des choses que je veux faire avec toi

ha ha
ha ya
ha ya
ha ha
Je sais je suis trop naïve
Oh là, pourtant ça m'a déjà joué des tours...
De dresser la liste non exhaustive
On la complétera ensemble si tu veux...
De toutes ces choses que je voudrais faire avec toi
Et juste avec toi, des trucs cons de tous les jours, des trucs cons totalement barrés
T'embrasser partout
Ben quoi, z'aime bien les bisous !
S'aimer quand on est saouls
Avec le vin, le champagne, la vodka cités avant, y a des risques !
Regarder les infos
Oui, mais tu m'en veux pas si je bave devant Pujadas ?!
Et fumer toujours trop
Oui, je sais je sais ce qu'il me reste à faire
Eveiller tes soupçons
Oui... Mais non !
Te demander pardon
Miss La Boulette risque de débouler, tu sais...
Et te traiter de con
Affectueusement, of course...
Avoir un peu de spleen
Mais pas ensemble, quand même...
Ecouter Janis Joplin
Ou ce que tu veux, je te laisse choisir, tu ne t'ai pas trompé pour l'instant...
Te regarder dormir
Pas dur, vu le temps que je passe à dormir en général...
Me regarder guérir
Non, NOUS regarder guérir
Faire du vélo à deux
Allez, va, j'peux ptet essayer !
Se dire qu'on est heureux
Emmerder les envieux.

Woulà, tout est dit...

Dédicace spéciale...

Scribouillé par Miss Alfie à 10:52 - Escapades musicales - De vous à moi... [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

vendredi 15 février 2008

My kiné and I !

Avoir un dos pourri, je l'avoue, c'est casse-pieds. Cela implique de prendre de multiples précautions quand vient le jour maudit des courses bimensuelles, de supprimer tout ce qui pourrait ressembler à des talons dépassant un centimètre sur des chaussures, de se trimbaler avec un sac à dos les jours de ballade en ville au lieu du petit sac à main à la mode, et d'éviter les activités sportives trop intenses à l'exception de la natation et éventuellement du vélo... - sachant que la piscine principale de ma ville est en travaux et que je n'ai aucun équilibre, je vous laisse deviner le temps consacré au sport dans mon emploi du temps !... -

Mais avoir un dos pourri, ça implique aussi de devoir se soigner, et du coup, d'aller voir un kinésithérapeute, sur les consignes d'un médecin que l'on bénit. Oui, car voir un kiné comme mon kiné transforme ce qui pourrait être une corvée supplémentaire à caser dans l'emploi du temps après le boulot en une séance de détente absolue.

Certes, jusqu'à présent, nos deux rendez-vous ont eu lieu dans un petit cabinet un peu miteux au plafond grisâtre et aux murs tâchés de vieux. Mais à partir de la semaine prochaine, je devrais le rencontrer dans un tout autre cadre que j'espère plus propice à ces agréables moments. Certes, également, côté lecture, on peut repasser, les magazines les plus récents devant dater de l'été 2007, exception faite d'Auto-Plus...

Mais ce kiné a des doigts d'or. Et s'extasie régulièrement au cours de la demi-heure que je passe entre ses mains du spécimen que je suis... Ah ben oui, c'est sûr, pour un jeune kiné, voir une gonzesse de bientôt vingt-cinq ans avec une scoliose, une hernie discale, une autre mini hernie pas bien compris de quoi,une hémisacralisation, et surtout une côte flottante en moins, ben ça excite !!! Car oui, j'ai tout ça, y compris la côte en moins, chose que je ne soupçonnais pas du tout à l'inverse du reste jusqu'à la semaine dernière.
Ma 12e côte droite a donc disparu dans la nature depuis une date indéterminée. Un avis de recherche est en cours, la question centrale étant désormais de comprendre comment ce qui est normalement accroché sur cette côte, à savoir notamment un de mes deux reins si j'ai bien compris, est fixé dans mon corps...

Et oui, voilà, je deviens une énigme médicale, un spécimen en voie de disparition, un cas d'étude dans les mains de mon beau kiné... Et oui, parce qu'en plus d'avoir des doigts d'or, mon kiné est jeune, et plutôt mignon... Autant dire qu'il convient régulièrement de ne pas penser à ces trois éléments et de se concentrer sur le fait qu'il ne peut qu'être casé, sinon, je risquerai de transformer la séance de kinésithérapie en séance un peu plus sportive !!!

Texte © Miss Alfie 2008

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jeudi 14 février 2008

Au secours, mes placards débordent !

Ben voilà, j'ai craqué... C'est terrible... Pourtant, j'avais promis de ne pas y aller hein ! J'avais promis de ne pas me faire avoir une fois de plus ! J'avais juré qu'on ne m'y reprendrai plus, et que plus jamais je ne toucherai au catalogue de la Foire aux Gros Volumes Petits Prix de mon supermarché favori ! Mais c'était sans compter sur la sollicitude du distributeur de prospectus qui, malgré ma petite étiquette lui demandant gentiment d'épargner la nature, a glissé dans ma boîte ces quelques feuilles qui m'ont fait tourner la tête.

Et voilà comment, hier soir, après deux visites à domicile plus ou moins faciles, plus ou moins logiques, plus ou moins assistantes, et après un passage express à la médiathèque pour récupérer deux livres à rajouter dans ma valise, j'ai craqué. Repartant vers le rond-point en plein travaux depuis 6 mois et pour 6 autres mois en prévision de la construction et de l'ouverture d'un grand hangar bleu rempli par des meubles venus du froid, et répondant à la requête d'une collègue ayant repéré 3 kilos de poudre chocolatée pour ses enfants à un prix imbattable, je me suis engouffrée dans le parking un peu blindé, comme tout mercredi après-midi, garé Boumbo et embarqué un chariot aux roues détraquées dans mon lèche-rayons.

Et c'est là que le drame a eu lieu. Six flacons de gel douche, huit boites de mouchoirs en papier, dix paquets de gâteaux secs, autant de gâteaux apéro, quatre paquets de café et les fameux kilos de poudre chocolatée sont venus remplir la carcasse métallique de mon caddie. Et maintenant mon salon, exception faite de la poudre chocolatée remise à ma collègue ce matin même... Certes, j'ai évité les quatre-vingt-seize rouleaux de papier toilette rose double épaisseur, estimant que mon garage ne méritait pas de devenir une réserve de centre commercial, ou encore les dix-huit litres d'assouplissant, n'ayant que mes deux bras et mon dos en vrac pour les transporter jusqu'à mon appartement à l'étage et sans ascenseur.

Mais quand même... Il faut que vous sachiez que cette opération commerciale a lieu deux fois par an. Ainsi, l'année dernière, à la même période, lors de mon emménagement, j'avais déjà été atteinte de cette folie commerciale et que mes placards en subissent encore aujourd'hui les conséquences. Ainsi, quatre paquets de coquillettes attendent encore sagement d'être ingurgités par mon estomac sous le regard amusé de mes collègues de travail qui me voient régulièrement arriver avec ma gamelle de pâtes à toutes les sauces. Et que trois flacons géants de shampooing trônent sur la plus haute étagère de mon armoire de salle de bain, attendant bien sagement eux aussi d'atterrir non pas dans mon estomac mais sur mon crane si peu chevelu qu'un noix de liquide blanchâtre suffit à remettre en ordre ma coiffure.

Alors avis aux amateurs. Si vous voulez boire un café, n'hésitez pas. Si l'envie d'un biscuit sucré ou salé vous prend, je suis là. Si la date de votre douche annuelle approche, je serai ravie de vous fournir de quoi vous proprifier. Et si un rhume récalcitrant revient avec la belle saison, je suis équipée !
Miss Alfie, le nouveau supermarché à l'échelle microscopique !

Texte © Miss Alfie 2008

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mercredi 13 février 2008

Saint Machin Chose

Et voilà, c'est reparti ! "Pour la Saint Valentin, offrez un cadeau inoubliable, un solitaire en diamant car les diamants sont éternels !" "Pour la fête des amoureux, offrez-vous un voyage à deux dans les îles anglo-normandes !" "Mon cœur fait bing, son cœur fait bang, faisons bong au restaurant !"...

Non mais franchement, tous les ans on nous ressert la même sauce, et vive les amoureux ! Et les célibataires alors ?! Ont-ils pensé à ces pauvres malheureux qui en ce funeste jour leur rappelant leur triste condition solitaire vont se retrouver à dîner devant une assiette de pâtes en songeant à tous ces couples vidant leur compte en banque pour un dîner aux chandelles...

En attendant, tout ça n'est qu'un simulacre marchand, un truc pour donner bonne conscience à tous ces couples enlisés dans une routine qui nécessite qu'une fête commerciale leur rappelle que s'aimer, ça peut vouloir dire faire des surprises à l'autre, et leur donne l'occasion, ne serait-ce qu'une fois par an, de sortir du train train quotidien qui fait oublier à ces messieurs qu'un bouquet de fleur ou un dîner au resto sans raison particulière, ça fait bigrement plaisir, et à ces dames qu'un coup de peigne et de maquillage ne prend pas beaucoup de temps avant de sortir de la voiture pour rentrer chez soi !

Donc grosso modo, je sais pas si je suis claire, mais pour moi, la Saint Valentin, c'est bien gentil, mais pour l'instant, ça me fait juste penser à un espèce de truc obligé par lequel on se doit de passer le 14 février quand on est en couple. Comme si faire un dîner le 13 ou le 15 n'avait pas de sens... Mais qu'importe, voyons le positif, à savoir les points quintuplés surma carte de mon supermarché ce soir en raison de la fameuse Saint Valentin, sûrement pour permettre aux tendres ménagères de mitonner de bons petits plats à leurs chers et tendres... Enfin, aux dernières nouvelles, mon 14 février au soir sera occupé par le remplissage d'une valise et la finalisation des derniers machins oubliés sous le lit et au fond du placard pour le week-end. Le tout agrémenté d'un petit DVD et d'un bouquin... Avec, très certainement, un plat de pâtes !

Texte © Miss Alfie 2008

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lundi 11 février 2008

Dimanche printanier

Que faire quand on déteste le dimanche ? Que faire quand cette journée morte semble la pire de la semaine, encore pire que le lundi après ses deux jours de repos, encore pire que le vendredi après sa semaine de boulot ? Que faire quand, en cette journée honie, rien n'est prévu à part du ménage, du rangement, du décrassage de vêtement et d'appartement ?

Et ben rien ! Oui, rien, et laisser les autre faire pour vous. Et c'est finalement quand on ne fait rien, quand on se résigne, quand on prévoit de rester de longues heures vautrée sur le canapé que le destin se rappelle qu'on déteste le dimanche.

C'est ainsi que samedi, en plein pot en terrasse au soleil, un Monaco dans une main et l'autre farfouillant dans l'un des cinq sacs de shopping, mon portable a fait retentir sa mélodie muzesque et m'a indiqué que la future star de la famillle cherchait à me joindre. T'es à Rennes demain ? Mais carrément, qu'on mange ensemble ! Mais carrément, qu'on a des tonnes de trucs à se raconter ! Ah, et t'as emmené Guillaume - Canet... - et Gad - Elmaleh...- ? Mais j'arrive, j'arrive !!!

Et voilà. Adieu nettoyage de la baignoire, aspirateur, serpillère et chiffon. Adieu linge à repasser, à laver, à plier. Adieu pommes à compote et viande à hachis parmentier. Et bonjour dimanche bien rempli ! Rempli, à l'inverse des rues de Rennes un dimanche midi, à l'inverse des restaurants tous fermés ! Et voilà comment après une demi-heure d'arpentage acharné de toutes les rues à restaurant du centre ville, nous avons enfin déniché la seule pizzéria du centre ville ouverte en ce sacro saint jour de repos.

Et comment, après un crochet par le nouveau TNB tout beau tout propre, nous avons remonté la pire rue de la ville pour aller fouler de nos chaussures les allées gravillonées du Thabor, parc rennais aux mille souvenirs mis en commun. De la roseraie à la volière, photos et délires en tout genre, rafales de prises de vue au bord d'un bassin à force de grimaces et de fous-rire. Et là, là, j'ai le regret de devoir dire à monsieur dimanche qu'il a loupé sa mission : pas du tout détesté mon dimanche, surtout qu'en rentrant, après avoir discuté cinéma, je me suis attrapée ce film que j'envisageais de regarder depuis quelques temps, Je vais bien ne t'en fais pas.

Il ne m'avait pas menti en me le décrivant comme superbe. Pour une fois, je n'ai pas été déçue de l'adaptation à l'écran d'un livre que j'ai beaucoup aimé. Et pour une fois, j'ai eu les yeux rouges toute la soirée... C'est émouvant, c'est parfois drôle, c'est poignant, et ça termine bien un dimanche plein de soleil, avec un faux air de printemps, où l'on porte ses nouvelles bottes même dans l'appartement, parce que vraiment, elles sont trop confortables !!!

Et un dimanche où l'on se dit qu'on tient le bon bout, et qu'avec un peu de chance, les prochains jours vont passer à une vitesse raisonnable, suffisamment vite pour que l'impatience grandissante s'endorme et s'apaise, mais suffisamment doucement pour que l'on ai le temps de faire tout un tas de petits trucs qu'une fille veut à tout prix faire dans ces cas là, comme refaire trois fois la valise pour 48 heures parce que voilà, une fille, ça voyage pas léger !...

Texte © Miss Alfie 2008

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jeudi 7 février 2008

Toi...

" A l'intérieur du jonc il a fait graver "Toi". Juste ce mot, qu'il utilise souvent pour s'adreser à Peggy - "Bonjour, Toi", "Au revoir, Toi", a-t-il coutume de lui dire pour la saluer, ou "Allo, Toi ?" quand il lui téléphone. Toi, apostrophe réservée uniquement à Peggy, pronom personnel saturé de désir et chargé d'une grandeur qui n'exclut pas cependant une part de dérision à l'égard de lui-même, Magnus, de moquant de sa propre allégresse amoureuse. "

Sylvie Germain, Magnus, p. 204, édition Folio, 2007.

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mercredi 6 février 2008

Ne rien faire...

Ne rien faire. Et en avoir conscience.
Profiter du fait de ne rien fait. Être dans cette inactivité. La respirer, l'absorber.

Ouvrir la fenêtre sur le soleil de ce début de février. Ouvrir et écouter. Quelques bruits indistincts, les travaux du rond-point voisin, asourdis par les mètres qui m'en séparent. Des oiseaux qui pépient. Des voitures, au loin.

S'allonger sur le lit. S'enfoncer dans le moelleux de la couette. Le dos contre le tissu à carreaux multicolores, replier les jambes, ne faire qu'une boule. Sentir la pression des genoux sur la poitrine. Et fermer les yeux.

Écouter le silence. Écouter les oiseaux. Sentir l'air de la pièce se rafraîchir. Percevoir une luminosité solaire à travers le rideau des paupières. On se croirait presque en été, un début de soirée, quand je jour décline doucement. Une voiture arrive, se gare. Quelqu'un coupe le moteur. Une portière et des pas, des talons qui claquent sur le bitume. Puis à nouveau le silence. L'air. La lumière.

Profiter d'une journée de congé. Avoir l'impression de ne rien faire, mais pourtant vivre. Repenser au restaurant universitaire, au brouhaha du midi même, aux souvenirs qu'il dégage. Revoir tous les RU connus.
Celui de Paris, en voyage scolaire, en troisième... ou en seconde, près du Val de Grâce... La mémoire flanche, pas moyen de retrouver son nom.
Celui de la fac de droit, fréquenté le temps de réaliser l'erreur d'orientation, la phobie des amphis, deux semaines à peine.
Celui de Villejean, le plus connu. Celui de trois années à y déjeuner tous les midis de la semaine. Celui des cafés pas très bons à la cafétéria, des discussions brisées par la pendules dont les aiguilles se rapprochaient souvent trop vite de treize heures trente, des révisions de dernière minute.
Celui du Champs de Mars, peu fréquenté, peu de souvenirs, mais des repas de midi les jours de congé en stage, des retrouvailles avec l'amie éloignée par la vie, le RU ni beau ni bon.
Celui de Caen, un seul repas, aube d'un week-end, échec et mat.
Celui de la fac d'éco, avec ses souvenirs vierges, un RU comme un autre, le RU de ce midi, un RU plein d'étudiants parlant français, espagnol ou anglais, un petit RU toujours complet où l'on guette les plateaux presque terminés, où l'on avale sa dernière bouchée en mettant son manteau pour laisser la place aux estomacs affamés suivants.

Des souvenirs, et puis maintenant.
Maintenant, le stylo qui court de plus en plus vite sur la feuille blanche, embarqué au fil des pensées, cherchant à ne pas en semer une seule.
Maintenant, la fenêtre fermée et le soleil qui se cache peu à peu derrière les immeubles d'en face.
Maintenant, le grattement de la bille du roller sur la feuille. Le réfrigérateur et le congélateur qui ronronnent, et le réveil qui égrène les secondes.
Parfois, un moteur assourdi par le double vitrage. Ne pas entendre, ne pas savoir, ne pas connaître l'autre, le voisin. Chacun chez soi. Discrétion et individualisme.

Se rendre tout à coup compte de l'ordinateur qui ronronne sa veille. Une photo sur l'écran, trop loin pour être nette.
Repenser à cet ordi, à ces liens qu'il permet de tisser, d'un bout à l'autre du pays. Ordi sourire, ordi soucis.
Repenser à ces mots qui s'alignent sur l'écran au gré d'une touche "Entrée".
Repenser à la distance, obstacle invisible qui impliquera peut-être des choix, mais peut-être aussi des projets... Des points d'interrogation pour l'instant... Un flou artistique, moi sans mes lunettes, myopie à distance, se rapprocher pour préciser les contours.
Et du coup repenser au futur week-end. Prévoir d'occuper le temps d'ici là, courses, ménage, repassage. Demain le boulot, rappeler les copains. Vendredi soir, la raclette. Anticiper pour occuper. Réaliser que le temps file. Plus vite qu'on ne l'espérait. Trop vite peut-être. Car on sait qu'on ne pourra l'arrêter quand le temps attendu sera enfin là. Peur. Peur de décevoir, peur de rater, une fois de plus.

Un oiseau passe devant la fenêtre. Sa silhouette se découpe sur le mur beige de l'immeuble d'en face. Des volets sont encore fermés. Les occupants ont dû partir tôt ce matin. Mais ouvrir malgré tout les volets. Pour les absents, pour réchauffer, pour éclairer. Ouvrir les volets pour avoir l'impression que l'on vit, là, ici.

Le jour décline. Le soleil forme un halo au dessus du toit plat de l'immeuble d'en face.
Soleil de février. Soleil qui réchauffe l'âme et le coeur. Soleil d'une saison qui s'étire pour bientôt laisser place au printemps. Bientôt, les fleurs dans les champs, touches jaunes, rouges, violettes ou blanches sur les talus.

Mais pour l'heure, nous sommes le mercredi 6 février. Il est 23h21 à l'horloge de l'ordinateur. L'heure d'arrêter la retranscription de ma prose. L'heure de rejoindre le jour qui viendra avec le sommeil.

Texte © Miss Alfie 2008

Scribouillé par Miss Alfie à 23:24 - Douceurs ou déboires... ou l'inverse - De vous à moi... [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

lundi 4 février 2008

La fin et le début

Mon grand-père est mort.
Un peu brut de décoffrage comme annonce.
J'aurai pu dire "papi est parti". Non. Mon grand-père est mort.

Il est mort. Froid. Inerte. Il n'est plus.
Le père de ma mère. Pas mon papi. Mon grand-père.
Un homme pour qui je n'éprouve pas de chagrin.
Un homme qui, à mes yeux, n'a jamais rien fait d'autre que semer la zizanie, créer des conflits, imposer sa vision des choses au monde entier.

Mon grand-père est mort. Demain soir, il reposera dans sa dernière demeure, comme on dit quand on est aimable. Moi, je dirai que demain soir, il sera au cimetière. Enterré. Dans une boîte en bois.
Mais avant. Avant, il y aura l'enterrement, les obsèques. Cette cérémonie pleine d'hypocrisie où sa générosité, son ordre, sa déontologie, son humour vont être célébrés. Une cérémonie où l'on encensera un homme dont la mort me touche moins que celle de certains patients. Une cérémonie où les pleurs des autres risquent malgré moi de faire monter des larmes à mes yeux qui espèrent rester secs.
Témoigner ne serait-ce qu'une once de chagrin pour lui m'angoisse. Je ne veux pas pleurer. Je ne veux pas que l'on s'imagine que je l'aimais.

Demain, il faudra affronter des cousins larmoyants car proches de lui. Il faudra rester en place dans une église froide, vêtue de vêtements sombres quand je voudrai mettre du rouge. Un rouge feu, pour évoquer ma révolte contre cet homme qui a menti. Longtemps. Trop longtemps. Des mensonges que je n'oublierai pas. Des mensonges qui ont fait du mal à sa propre fille, à la chair de sa chair, à ma propre mère.
Demain, il faudra ne pas revivre en songes l'enterrement de mes autres grands-parents, de mes vrais papis et mamies. De ceux que j'aimais comme une petite fille, qui me donnaient des sucreries et me prenaient sur leurs genoux. Il faudra y aller comme on va à un rendez-vous quelconque. Ne pas angoisser. Essayer de détendre les muscles du dos qui manifestent ma colère interne.

Mon grand-père est mort. Et sa mort sonne la fin d'une époque. Et sa mort sonne le début d'une époque.

Texte © Miss Alfie 2008

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Ecrire, parler, partager

Ciel bleu au départ de Rennes. Soleil dans les yeux, un air de printemps.
Filer le long de la bande noire qui s'étire dans la campagne, bifurquer et rejoindre une petite route en creux et bosses.
Dans le coffre de la voiture, le sac à dos avec le rechange pour la nuit, un duvet, des livres, des cahiers, et de quoi boire et manger.

A l'arrivée, une Vilaine bouillonnante qui assourdit, un soleil éclatant qui éblouit, un gîte frissonnant qui engourdit.
Prendre ses marques. Songer aux camélias de mamie en voyant le bouquet sur la table.
Écouter, encore et encore. Parler. Penser. Écrire. Voir. Dire. Sentir. Exprimer.

Parler de soi, des autres, de la vie, de livres. Évoquer la complexité des mots. Chercher comment dire l'indicible, comment dire quand on ne trouve pas le mot juste.
Appréhender la consigne, ne pas se sentir à la hauteur. Virginia Woolf, une référence, une écrivain particulière. Un style à comprendre, à imiter. Rentrer dans un mode de pensée, dans une manière d'écrire, et refaire.
Tenter de créer une atmosphère, de l'eau, des sons, des sensations, des papillons qui entraînent d'une idée à l'autre.

Partager. Encore et encore.
Partager nos créations. Partager nos coups de coeur littéraires. Partager des rires. Partager un verre de vin. Partager des angoisses. Partager des peines. Partager des espoirs. Se partager, s'ouvrir et se dévoiler.
Au hasard d'une bûche qui tombe dans l'âtre. Au hasard d'une alarme incendie intempestive. Au hasard d'une cigarette dans le froid. Au hasard d'un café sur la table en bois.

24 heures dans une bulle.
24 heures avec des mots.
24 heures avec de l'encre noire sur les doigts et sur les feuilles du cahier neuf.
24 heures pour se vider et retrouver le tourbillon infernal du quotidien.

Texte © Miss Alfie 2008

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jeudi 31 janvier 2008

Désordre en ordre

Temps pourri sur la Bretagne depuis quelques jours. A dix kilomètres près, on passe du soleil matinal au brouillard indétachable. On bénit les cheveux courts et on maudit les parapluies qui se retournent. Un vrai temps breton quoi... Mais bon, comme on a toujours la primeur de ces perturbations comme qu'ils disent à la météo, on vous en laisse un peu pour demain !

Boulot impressionnant depuis trois semaines. Les heures supplémentaires s'alignent sur la fiche d'heures et les 151 heures et des poussières réglementaires vont être explosées ce mois-ci à coup de découverte du département et de ses routes de campagnes illuminées de pluie et pleines de creux et de bosses. Le temps passé dans la voiture va finir par dépasser celui passé au bureau, surtout pour des visites où les patients ont oublié qu'ils ne seraient pas là. Et une petite ballade pour des prunes !

Grand ménage de printemps effectué le week-end dernier. Certes, le printemps est loin d'être là, et faire les carreaux quand il y a 4 degrés relève de masochisme aigü. Mais une fois la corbeille à linge vide, le fer à repasser rangé, les plantes soignées, les rideaux lavés de leur nicotine et le sol nettoyé de ses multiples mini-tâches, on se croirait presque dans une série télévisée !

Genou faiblichon qui veut faire concurrence au dos. Qui des deux gagnera la bataille engagée depuis un mois ? Le kiné-ostéo à la voix douce et charmante le dira la semaine prochaine. Et s'il ne trouve aucune solution miracle, le trou de la sécu sera agrandi par une belle IRM du genou gauche, celui-là même qui me fait suer depuis 12 ans et qui semble bien décidé à m'envoyer pour finir sur une table d'opérations, et pas mathématiques !

Compte en banque renfloué avec un salaire agrémenté de quelques heures supplémentaires pour 2007. Et si notre cher président avait dit vrai ? Oui, mais avec la révision de la voiture pour lundi, les heures supplémentaires ne vont largement pas suffire, et il faudra bientôt vendre autre chose que de vieux bouquins de formation pour arrondir kes fins de mois ! Surtout si la SNCF engrange une partie des sorties financières du mois !

Billets de train trônant sur le bureau dans l'attente de l'après-midi de congé demandée. Première demi-journée sans bosser en semaine en deux mois et demi. Et douze heures de voyage en deux jours et demi. Faudra  voir à bloquer le lundi matin pour éviter d'avoir à courir à l'autre bout du département en visite au retour !

Deux jours d'écriture en perspective dans un gîte au sud du département. Espérons que le coin, régulièrement inondé, ait échappé aux pluies du jour, sinon on n'aura plus qu'à plagier Jane Birkin... Oh la gadoue... Le bras droit est entraîné, la crampe de l'écrivain devrait être évitée, mais la fatigue va pas s'améliorer !

Cagnotte des vacances en stagnation. Penser à régler plus souvent en espèces, histoire de garder la monnaie pour la boîte Fauchon qui sert de tirelire depuis des siècles et des siècles, amen. Sinon, pour les vacances de mars, restera le stop et les bonnes âmes pour l'hébergement !

Clopes en attente dans le placard. Encore une cartouche d'avance des vacances. Embryon de réflexion quant à un éventuel arrêt. Faut encore réfléchir. Quelques temps quand même. Le temps de 14 paquets. Après on verra. Mais ça augmentera pas la cagnotte précédemment citée, vu que ça fait six mois que les cartouches espagnoles et grecques évitent de renflouer les caisses de l'état !

Balance en baisse, bonne nouvelle ! Pourtant, à raison d'un repas diététique dans une grande chaîne de fast-food américaine, j'imaginais que ce serait l'inverse. En même temps, le régime célibataire avec soupe-yaourt au dîner, ça aide pour élargir les pantalons. Enfin, tant que je perds que des fesses et du ventre, et que la partie située entre mon ventre et ma tête reste intacte, pas de réclamation en vue au fabricant !

Scribouillé par Miss Alfie à 22:31 - Douceurs ou déboires... ou l'inverse - De vous à moi... [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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