jeudi 30 octobre 2008
Soir d'automne aux senteurs d'enfance
Dix-huit heures, place Sainte Anne.
Le vent fait imperceptiblement bouger ma jupe courte sur mes cuisses gainées de rouge. Mes bottes vernies scintillent des lumières qui s'allument peu à peu.
Le ciel s'assombrit à mesure que le soleil pointe le bout de son nez à l'autre bout du globe et les réverbères, pâles imitations d'époque, prennent le relais pour briser la nuit qui enveloppe la ville.
Le bout de mes doigts gelés tient une cigarette qui se consume toute seule. Me donner une contenance, juste avec quelque chose en main.
Dans mes oreilles, mon lecteur mp3 balance Aldebert et l'un de ses anciens albums. Je fredonne les bisous que j'aimerai avoir avant que Lulu Marlène ne s'invite sur la place.
Machinalement, je vérifie mon portable planqué dans ma poche, en mode vibreur pour que je ne rate pas un éventuel message.
Comme toujours, elle est en retard. De ce point de vue là, elle n'a pas changé. Pas sa faute, me dira-t-elle ensuite, un collègue en retard, qui l'a retardé. Qu'importe, attendre ne me gène pas.
On est mercredi, je suis en ville, en plein centre ville. Je profite de l'agitation autour de moi, les gens qui sortent du métro, du travail, rentrent des courses ou attendent quelqu'un. Moi aussi, je l'attends.
Un simple appel lundi soir. Plus d'un an que nous ne nous sommes pas vu. Mais à chaque fois, la sensation que c'était hier. Sa voix si reconnaissable, son envie d'un verre, là, maintenant, cette semaine, ce besoin de savoir que l'autre est toujours là, toujours disponible, quoi qu'il arrive, quels que soient nos chemins.
Elle avait deux ans quand je suis née. Deux ans nous ont d'abord séparé, avant que ce ne soit la vie et ses hasards. Même si l'on ne se voit désormais plus aussi souvent qu'auparavant, rien ne semblait changé quand nous nous sommes retrouvées face à face dans ce café. Rien, sauf peut-être notre maturité.
Aujourd'hui, plus question de se critiquer ou de se donner des conseils, de se faire des leçons de morale. Non, aujourd'hui, nous sommes là pour nous raconter nos vies, pour nous raconter une année pendant laquelle j'ai construit un couple pendant que le sien partait en vrille. Une année pendant laquelle nous ne nous sommes pas oublié, sans pour autant prendre le temps de nous voir, parce que la vie, c'est comme ça, elle file à toute allure.
Mais hier soir, en l'attendant place Sainte Anne, en écoutant Aldebert et en finissant ma cigarette, en tapant du pied pour me réchauffer et en frictionnant le bout de mes doigts non couverts par mes mitaines, je savais au plus profond de moi même qu'elle fait partie de ma vie, tout comme ma cousine, tout comme ma meilleure amie d'aujourd'hui. Elle me connaît depuis ma naissance, c'est comme une soeur pour moi, elle m'a vu grandir.
Avec elle, je passais des vacances, nous nous racontions nos histoires de coeur à l'adolescence. Avec elle, j'ai parlé pour la première fois de sexe, de ce que ça faisait d'embrasser un garçon, de comment c'était de faire l'amour, de mes illusions et de mes peurs. Elle a longtemps été la grande soeur que j'appelais au moins une fois par semaine, pour que nous nous racontions le regard du garçon d'en face ou les parents trop chiants, vraiment.
Aujourd'hui, elle est mariée, travaille, voudrait un enfant, m'a fait des confidences. Moi aussi, je lui ai parlé, comme je parle à ces amis sur qui l'on sait que l'on peut compter, sans peur et en pleine confiance. On s'est promis de se revoir bientôt, de dîner ensemble un soir, de prendre du temps, de faire des trucs d'adulte, en somme...
Mais même si l'on ne le fait pas, je sais que la prochaine fois que l'on se voit, tout sera comme avant, on aura plein de choses à se raconter, à partager, et l'on se fera à nouveau des promesses que la vie nous empêchera peut-être de tenir, sans que l'on s'en tienne rigueur !
C'est ça, l'amitié...
lundi 20 octobre 2008
Transit
J'attends. Je suis là, avec ma valise et mon sac, sur le quai de la gare. Une dernière bouffée de cigarette, et je retourne dans le hall voir si la voie est affichée. Sans doute pas, il est trop tôt. Je termine la bouteille de thé glacé que je viens d'acheter à un comptoir, j'ai faim. Je prends mon appareil photo, pour une fois que j'ai le temps, qu'il fait beau. Quelques clichés dans la gare, en dehors de la gare. Le temps de capter ces gens qui attendent et ceux qui courent en faisant signe au contrôleur resté sur le quai de ne pas fermer les portes du train.
Trois adultes s'approchent avec deux enfants qui courent s'asseoir sur le maigre rebord de métal. Les parents fument une cigarette pendant que les deux petits se perdent dans leur monde et soliloquent dans un langage que je ne maîtrise pas. Je m'éloigne, écrase ma cigarette et la jete dans le cendrier entourés de mégôts avant de m'approcher du grand tableau noir aux lettres oranges. Les minutes ont filé et je partirai voie 15. Dernière vérification de la place et je m'engage sur le quai, monte dans mon wagon, range ma valise dans les compartiments réservés et m'installe près de la fenêtre, attendant un hypothétique voisin que je n'espère pas.
Je me replonge dans mon roman, déjà bien avancé pendant les deux heures de train jusqu'à la capitale et sens à peine le train s'ébranler vers ces capitale franc-comtoise qui m'attend, vers l'appartement où je vais rencontrer d'ici peu les parents de ma moitié. Stress et excitation se bataillent en mon sein, j'ai l'impression d'être huit mois en arrière, quand ce même train m'entrainait vers la première fois dans une contrée où je viens de plus en plus souvent en attendant de m'y installer.
Le train roule et je me laisse emporter dans mon roman, enveloppée par la musique de mon lecteur mp3, ne songeant pas à cette rencontre qui, je ne le sais pas encore, se passera très bien et me donnera un peu, un tout petit peu, l'impression de faire partie d'une nouvelle famille grâce à une invitation pour les fêtes de fin d'année.
Mais à Noël, je serai, je l'espère en transit. En transit entre deux villes, entre deux vies, entre deux familles.
mercredi 8 octobre 2008
Brève rétrospective
So... What's happened since may 2008 ?!
Pfiou ! Au moins tout ça !!! Alors... Heu, par où donc commencer... Ben par le début pardi !
Donc, depuis le mois de mai, j'ai commencé à chercher du boulot dans le pays du vin d'Arbois, du Comté et du Morbier. J'ai pris une semaine de vacances entre Paris et la région suscitée. J'ai passé mon été au travail. J'ai pleuré de ne pas avoir bronzé. Je suis sortie dans une ville dépeuplée pour terminer le week-end au bord de la mer avec la gueule de bois. J'ai augmenté mes points S'miles et le bénéfice de la SNCF. J'ai changé mes binocles. J'ai décidé de revenir à ma couleur naturelle. J'ai profité d'un désaccord pour réduire considérablement ma consommation de nicotine. Je me suis fait des cheveux blancs quand je ne me les suis pas arrachés à cause de mes géniteurs. J'ai trouvé des solutions pas si débiles et servi d'intermédiaire. J'ai rempli des cartons, mais pas pour mon déménagement. J'ai vu mes amis et fait des soirées avec. J'ai continué mon régime alimentaire américain. J'ai décidé de prendre en main mes repas et acheté des légumes. J'ai été au travail à reculons, puis de bon coeur. J'ai décalé ma semaine de vacances de septembre à octobre. J'ai envisagé de tout plaquer sur un coup de tête. J'ai reçu l'ordre d'organiser mon départ et de trouver un boulot. J'ai pris le temps de m'occuper de Monsieur Alfie quand il m'a rendu visite. J'ai appris que j'allais rencontrer les parents de Monsieur Alfie. J'ai présenté Monsieur Alfie à ma parenté entre deux engueulades. J'ai lu beaucoup, beaucoup et beaucoup. J'ai repris mon habitude de critiquer mes lectures. J'ai décidé de revoir une copine d'enfance. J'ai acheté de nouvelles fringues et donné d'anciennes.
Bref, j'ai vécu...
Chassez le naturel...
...Il revient au galop... Enfin, du moins c'est ce que dit le proverbe... Vrai ? Faux ? Hum... Pas vraiment vrai, pas vraiment faux, mais y a de ça... Oui, quand même... Bon... Allez, j'avoue ! Oui, me revoilà par ici...
Pour combien de temps ? Alors là, aucune idée... Jusqu'à ce que l'envie s'en aille à nouveau, jusqu'à ce que ma connexion internet soit interrompue, jusqu'à ce que mon emploi du temps se charge trop pour ne plus me laisser le temps de tout faire.
Pourquoi donc ? Parce queeeeeeeeeeeequeeeeeeeeeeee ! Oui, comme l'Orangina Rouge ! Non, plus sérieusement, juste parce que j'en ai envie, juste parce qu'une amie partie à l'étranger pour l'année et qui s'est mis à nous raconter ses aventures m'a redonné envie de vous faire partager les miennes. Et surtout parce que j'ai un virus dont je n'arrive pas à me débarrasser malgré mes efforts, malgré mes occupations et mon manque de temps : celui de l'écriture !
Donc me revoilà. Chez moi. Tranquille. Avec l'envie d'écrire. D'abord pour moi, et après pour vous.
Et c'est reparti pour un tour !...
lundi 5 mai 2008
Où Miss Alfie parle de bagages
Je me fais rare. Oui, je le sais. Et quand je viens, je ne trouve plus ce plaisir que j'avais avant. Je n'ai plus cette petite excitation qui me prenait quand je commençais à pianoter sur mon clavier pour vous raconter quelque histoire. Je n'ai plus l'impression que mes pseudos aventures aient un quelconque intérêt, ni ne soit finalement si drôles que ça...
Alors je me fais rare. Parce que la vie, la vraie, celle avec des vrais gens, celle avec le travail, les tracas et les bonheurs, celle avec les voyages, les valises, les gares et les attentes, celle avec les parents, les amis, les collègues, celle avec la pluie, le soleil et le vent, reprend le dessus.
Alors je me fais rare. Parce que lorsque je me pose, le soir, dans mon appartement, je n'attends plus grand chose de ce blog. Parce que je réalise que cette expérience m'a apporté tellement de bonheur que j'ai besoin de passer à autre chose.
Alors je me fais rare. Je ne savais pas, le jour où j'ai créé mon premier blog, où cela allait m'emmener. Je n'imaginais pas les heures passées devant mon ordinateur à écrire des billets, à inventer des vies, à raconter la mienne. Je n'imaginais pas les rencontres virtuelles, et puis réelles, qui allaient découler de ces simples mots couchés sur un écran d'ordinateur.
Alors je me fais rare. Je veux que certaines choses ne regardent que moi. Je veux que certains bonheurs ne soient partagés qu'avec ceux et celles qui sont là toujours et encore, malgré le temps, malgré les divergences, malgré la distance, malgré les emplois du temps de plus en plus difficilement conjugables. Je veux être égoïste et ne parler de mes projets, de nos projets, qu'avec ceux qui comprendront, qui poseront des questions délicates, qui oseront s'opposer pour que les décisions se prennent encore plus facilement, qui finalement accepteront n'importe quel point de vue, pourvu que ce soit pour continuer sur le chemin du bonheur.
Alors je me fais rare. Et je fais mes bagages. Je préfère continuer à parler des livres que je lis, en trop petite quantité en ce moment, ou à vous faire partager mes clichés, de manière trop épisode je le reconnais aussi. Je fais mes bagages parce que souvent, les blogs finissent par s'éteindre dans la nébuleuse blogosphère. Je fais mes bagages pour m'en retourner à ma vie réelle.
Je fais mes bagages, et je dis au revoir, chers lecteurs...
jeudi 1 mai 2008
Où Miss Alfie commence...
...une nouvelle année...
...un nouveau quart de siècle...
...une nouvelle recette de cuisine...
...un nouveau livre...
...un tri approfondi de ses placards...
...un recensement non exhaustif d'adresses...
...à bouger son postérieur qui rentre un peu moins dans ses jeans...
lundi 3 mars 2008
Au hasard d'une gare
Les gares... C'est magnifique, une gare, c'est fantastique et mystérieux.
J'aime me poser dans une gare, dans une gare en mouvement, dans une gare pleine de monde. J'aime regarder, prendre un café, acheter un magasine que je n'achète que dans une gare. J'aime arriver en avance quand je pars en voyage, j'aime arriver en avance quand je vais attendre quelqu'un. Flâner, le nez en l'air, comme tout le monde, le regard perdu vers le grand tableau indiquant les voies d'arrivée ou de départ.
Mais je déteste les gares le dimanche soir. Je me revois, haute comme trois pommes, ne sachant pas encore lire, arriver dans cette gare qui n'existe plus, remplacée par une plus moderne, demander à mon papa s'il avait bien son sandwich, toujours, immuablement, le dimanche soir. Train direction Paris. Retour à la maison et mutisme total. Se réfugier dans la salle de bain sentir l'odeur du père manquant et parisien de semaine dans sa robe de chambre. Se blottir dans le canapé en regardant "Les petits malins" et Winnie l'Ourson. Toujours, comme un rituel, le dimanche soir. Et attendre le vendredi, le jour où l'on refera le trajet pour la gare pour aller le chercher, celui qui manque dans la semaine. Pendant plusieurs années...
Je me revois, boutonneuse, trop ronde et mal dans ma peau, à l'époque où les chemins professionnels de mon père ont failli nous envoyer à Lyon, nous faire traverser la France, et pourquoi pas nous donner un nouveau départ. Mais non, les circonstances en ont décidé autrement. Ou plutôt c'était finalement adapté, le célibat géographique peut-être. Des vendredis avec le sourire, et des dimanches soirs mutiques. Des vendredis avec un papa qui attend à la sortie du cours de chant. Des dimanches soirs dans la grande maison avec maman, qui obligé à vérifier la fin des devoirs, à regarder un peu la télé et qui finalement prend sa fille dans son lit pour lui éviter une énième insomnie.
J'aime les gares quand j'en pars pour un voyage. J'aime les gares parce que les extrêmes s'y croisent. J'aime les gares parce que des vies si différentes s'y côtoient. Mais je n'aime pas les gares quand les yeux des gens que je vois sont rouges. Je n'aime pas les gares quand on attend sur le quai le train qui marque la fin d'un week-end, qui signe le début d'une attente.
Parce que mon cerveau de fille repense à ces dimanches soirs où l'homme de la maison repartait. Alors oui, le dimanche soir, je ne parle pas beaucoup à la gare. Parce que le dimanche soir, je n'ai jamais beaucoup parlé à la gare. Juste des mots comme ça, sans importance, des mots rituel, des mots pour parler sans dire.
Pourtant, ma cocotte, va falloir que tu apprennes à causer, le dimanche soir, dans les gares !...
Texte © Miss Alfie 2008
jeudi 21 février 2008
Une belle histoire...
Il y a trois ans, quand j'ai commencé mon premier blog, sur la plate-forme d'un célèbre logiciel de messagerie instantanée, à l'époque où je passais mes semaines dans un hôpital bas-normand et dans un foyer de jeunes travailleurs, à l'époque où je cicatrisais des plaies à vif, à l'époque où je me complaisais dans mon état de célibataire, j'allais régulièrement visiter le blog d'une nana que je ne connaissais pas, mais qui racontait sa vie d'une manière très sympathique.
Et l'histoire de cette fille m'avait quelque peu marquée, notamment l'originalité de sa rencontre avec son compagnon. Car cette fille avait rencontré un jeune homme, elle avait son prince charmant à elle, et leur rencontre n'était pas banale. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'à l'origine de leur histoire, il y avait deux blogs. Leurs blogs. Tous deux y racontaient leur quotidien, faisaient partager leurs goûts cinématographiques, littéraires ou musicaux. Et tous deux avaient a priori sympathisé. Jusqu'au jour où ils ont décidé de concrétiser une rencontre jusqu'alors virtuelle, alors qu'ils vivaient à des centaines de kilomètres l'un de l'autre. La suite, vous l'avez deviné, ils se sont plus, ils se sont aimés, et je ne sais pas ce qu'ils sont devenus, l'accès à leurs blogs ayant par la suite été privatisé.
Moi, j'ai continué ma petite vie. Ouvert un vrai blog, écrit encore et encore. Fermé ce blog là, et ouvert celui sur lequel vous êtes. J'ai continué à écrire, à découvrir le monde du net, à installer des gadgets sur mon blog. J'ai bougé, rencontré des gens, pu appuyer sur les cicatrises sans avoir mal, accepté mon état de célibattante, décidé de tout donner dans mon boulot, de profiter du temps sans chercher à rencontrer un garçon avec lequel j'aurai envie de construire quelque chose à tout prix, en me disant que tout viendrait à point quand il arriverait.
Et puis un beau jour, j'ai installé un blog-it express.
Et puis un beau jour, il y a eu la messagerie instantanée du blog-it express.
Et puis un beau jour, il y a eu un forum.
Et puis un beau jour, il y a eu une nouvelle demande de contact msn.
Et puis un beau jour, il y a eu des discussions interminables avec l'autre bout de la France.
Et puis un beau jour, il y a eu des numéros de téléphone échangés.
Et puis un beau jour, il y a eu une rencontre décidée.
Et puis un beau jour, l'histoire dingue de ce gars et de cette nana qui s'étaient rencontré par internet, par des blogs. Qui s'étaient découvert sur msn, par téléphone. Qui partageaient désormais quelque chose d'incroyablement magique à l'époque où internet apparaît comme un moyen de communication superficiel. Et bien cette histoire là m'est revenue en tête. J'ai souris en y pensant. Et j'ai songé que finalement, rien n'est jamais incroyable, ou impossible, ou exceptionnel.
Parce qu'un beau jour, après une rencontre décidée, il y a eu une rencontre tout court.
Et parce que depuis ce beau jour, il y a une belle histoire tout simplement...
Merci internet...
Texte © Miss Alfie 2008
Secrets partagés !
Et ben voilà ! Cela faisait longtemps que je n'y avais pas eu le droit, mais monsieur Christophe s'est dit que ce serait drôlement rigolo de me taguer (on se demande pas pourquoi...) ! Allez, je sais, avoue : c'est juste une méthode pour apprendre des trucs complètement secrets sur moi que t'imagines même pas !!! Enfin bon, bref, bizarrement, ça ne m'étonne pas, et j'ai moi aussi le droit de passer sur le grill. Donc pour commencer : les règles du jeu.
- Mettre le lien de la personne qui vous a tagué
- Mettre le règlement sur votre blog
- Mentionner 6 choses/habitudes/tics importants sur vous-même
- Taguer 6 personnes à la fin de votre billet en mettant leur lien
- Avertir immédiatement sur leur blog les personnes taguées
Bien, maintenant, passons aux choses sérieuses :
Je me trimballe toujours avec au moins un livre dans mon sac. Et quand je pars en week-end ou en vacances, j'en emmène toujours trop, de peur de manquer. Parce que là où j'ai des livres, je suis chez moi. Du coup, le week-end dernier, j'en avais 7 entre mon sac à main et ma valise, et j'en ai même pas lu la moitié d'un. Autant dire que pour le prochain trajet, je vais envisager de mieux évaluer ma capacité de lecture, en prenant malgré tout en compte le fait que je reste sur place une semaine !
Si j'ai pas moyen de faire une douche le matin, autant dire que j'ai une tête affreuse, que je suis de mauvais poil et que je ne me réveille pas de la journée. Donc si vous m'invitez, vérifiez que je peux bien me proprifier avant de commencer à vous parler ! Oui, parce qu'en plus, si je suis pas lavée, je parle pas, ou par borborygmes !
J'ai pas de jolies mains. A cause que depuis des siècles et des siècles, amen, je me ronge les ongles et je me bouffe les peaux. Du coup, mes doigts sont en sang les trois quart du temps, et j'ai remballé mes rêves de devenir une pianiste célèbre, parce qu'une pianiste avec de moches doigts, c'est pas terrible, idem pour une violoniste d'ailleurs...
J'adore les chaussures. Je ne sais pas pourquoi, mais quand je vois un magasin de chaussures, faut systématiquement que je m'arrête pour regarder la vitrine, voire que je rentre pour essayer un ou deux modèles, juste pour voir. Bon, le problème, c'est qu'avec mon salaire, je peux pas trop faire de folies et qu'avec mon dos, je peux faire une croix sur tout modèle avec un talon dépassant les 2 centimètres. Autant dire que je me retrouve vite à tourner en rond autour des ballerines et autres modèles tous plats !
Le soir, avant de me coucher, j'ai tout un rituel qui commence à la salle de bain, avec tout un tas de trucs que je me mets sur la goule. Ensuite, je vérifie que les placards sont bien fermés, que le rideau de douche est bien tiré, que la porte de la salle de bain et celle de ma chambre sont bien fermée. Et puis je me couche, et avant d'éteindre, je bois une gorgée d'eau, je me mets de la crème sur les mains et du baume à lèvre. Et après, je peux m'enrouler dans ma couette tranquillement !
Je suis généralement en avance. Partout. Tout le temps. Sauf parfois peut-être au travail quand j'ai deux visites à suivre et que la première a duré plus longtemps que prévu. Mais si je prends le train, je suis 1/2 heure avant à la gare au moins. Quand je retrouve des amis en ville, je poireaute un bon quart d'heure. Et même quand je suis en retard, j'arrive encore à être en avance. Peut-être parce que bon nombre de mes amis sont, eux, des retardataires chroniques !
Voilà, ça s'est dit... Maintenant, je passe le bébé avec l'eau du bain à qui veut le prendre. Parce que les personnes que j'aurai tagué l'ont sûrement déjà été !
lundi 4 février 2008
La fin et le début
Mon grand-père est mort.
Un peu brut de décoffrage comme annonce.
J'aurai pu dire "papi est parti". Non. Mon grand-père est mort.
Il est mort. Froid. Inerte. Il n'est plus.
Le père de ma mère. Pas mon papi. Mon grand-père.
Un homme pour qui je n'éprouve pas de chagrin.
Un homme qui, à mes yeux, n'a jamais rien fait d'autre que semer la zizanie, créer des conflits, imposer sa vision des choses au monde entier.
Mon grand-père est mort. Demain soir, il reposera dans sa dernière demeure, comme on dit quand on est aimable. Moi, je dirai que demain soir, il sera au cimetière. Enterré. Dans une boîte en bois.
Mais avant. Avant, il y aura l'enterrement, les obsèques. Cette cérémonie pleine d'hypocrisie où sa générosité, son ordre, sa déontologie, son humour vont être célébrés. Une cérémonie où l'on encensera un homme dont la mort me touche moins que celle de certains patients. Une cérémonie où les pleurs des autres risquent malgré moi de faire monter des larmes à mes yeux qui espèrent rester secs.
Témoigner ne serait-ce qu'une once de chagrin pour lui m'angoisse. Je ne veux pas pleurer. Je ne veux pas que l'on s'imagine que je l'aimais.
Demain, il faudra affronter des cousins larmoyants car proches de lui. Il faudra rester en place dans une église froide, vêtue de vêtements sombres quand je voudrai mettre du rouge. Un rouge feu, pour évoquer ma révolte contre cet homme qui a menti. Longtemps. Trop longtemps. Des mensonges que je n'oublierai pas. Des mensonges qui ont fait du mal à sa propre fille, à la chair de sa chair, à ma propre mère.
Demain, il faudra ne pas revivre en songes l'enterrement de mes autres grands-parents, de mes vrais papis et mamies. De ceux que j'aimais comme une petite fille, qui me donnaient des sucreries et me prenaient sur leurs genoux. Il faudra y aller comme on va à un rendez-vous quelconque. Ne pas angoisser. Essayer de détendre les muscles du dos qui manifestent ma colère interne.
Mon grand-père est mort. Et sa mort sonne la fin d'une époque. Et sa mort sonne le début d'une époque.
Texte © Miss Alfie 2008

