Les crumbles de Miss Alfie

Des crumbles de vie, des goûters de petits bonheurs, des repas de petits plaisirs...

mardi 31 mars 2009

Réminiscence

Th_

Assise dans mon plus si nouvel appartement que ça, je tiens dans ma main une tasse chaude. Dedans, un liquide ambré dans lequel je trempe mes lèvres doucement, en faisant attention de ne pas me brûler. Le liquide emplit ma bouche et coule doucement en moi. Le parfum de ce thé chatouille mes papilles et mes souvenirs. Restes d'un thé acheté il y a si longtemps maintenant, dans la petite boutique au pied de l'appartement. Un thé dont j'avais été racheté quelques grammes avant de repartir vers ma Bretagne natale lors d'un précédant déménagement. Mais un thé que j'ai du mal à boire. Trop de souvenirs qui viennent en pagaille, trop de larmes dans ce goût là, trop d'yeux brulants d'avoir été inondés après des départs ou des retours. Pourtant, cet après-midi, la fenêtre ouverte pour laisser entrer l'air printanier franc-comtois et le bruit des trains sous mes fenêtres, c'est ce thé que j'ai choisi pour cette petite pause avant de préparer mon sac à dos.
Demain, retour en Bretagne. Soirée avec des amies avant d'aller prendre une bouffée d'air iodée. Dans le sac à dos, des bouquins pour le train, une bouteille et du fromage pour le terminus, quelques fringues, rien de trop. Du moins vais-je essayer !

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mardi 14 octobre 2008

Ca se passe comme ça...

glace

Depuis quelques mois, voire années, nous avons pris l'habitude, avec une de mes meilleures amies, de nous rendre toutes les semaines ou presque dans l'un de ses fast-food américains très célèbres qui poussent comme des champignons, même en rase campagne. Généralement, nous nous y retrouvons toutes les deux, nos autres connaissances préférant des repas équilibrés en fruits et légumes, et moins riches en lipides et glucides ! Mais qu'importe, le rituel est là, rare sont les semaines où nous le sautons.

Cependant, il est une chose qu'il convient de vous narrer, c'est la chance tournante de ma-dite amie, que nous appellerons TiN pour plus de simplicité à l'avenir, dans ce lieu. En effet, depuis que nous nous connaissons, et plus spécifiquement depuis que je suis revenue de mon escapade en région parisienne, il y a de cela plus d'un an et demi maintenant, TiN avait le don de me rendre furieuse et jalouse dès lors que nous passions le seuil de ces pseudo restaurants. Pourquoi ? Tout simplement parce que la demoiselle, sans que je ne comprenne pourquoi, arrivait toujours à avoir un sandwich gratuit, un café, une glace supplémentaire ou une collection de sauces normalement payante sans débourser plus que le prix de son menu maxi et de son dessert. Ses charmes, qu'elle me disait... Mouais, je reste sceptique ! Car pendant ce temps-là, moi, Miss Alfie, la grande et la magnifique que je suis, je pouvais compter sur les doigts d'une main le nombre de fois où je n'ai pas mangé mes frites froides, où je ne me suis pas retrouvé avec un sandwich que je n'aimais pas à la place de celui que je voulais, ou même sans le sandwich commandé ! Oui, autant dire que nous étions les opposés, le noir et le blanc, le ying et le yang, l'air et la terre, le feu et l'eau... Mais STOP ! Je m'égare...

Bref, tout cela ne pouvait durer plus longtemps, il fallait que j'y mette fin, que j'assouvisse ma faim permanente de bonus gratuits qui revenaient toujours à la même ! A croire que mes incantations magiques ont fini par faire leur effet puisque depuis un petit mois, il me semble qu'est en train de s'opérer un revirement de situation ! Et oui... Voyez plutôt... La dernière fois que nous avons effectué notre rituel était vendredi dernier. Devisant gaiement, nous nous sommes rendues à la boutique la plus proche pour commander notre dîner à déguster dans le QG, à savoir l'appartement de TiN. Galante, je laisse cette dernière me devancer pour passer commande, patientant sagement en respirant dans mon écharpe pour éviter de tomber raide morte en raison de l'odeur du parfum bon marché dont avaient dû s'asperger les quelques jeunots qui traînaient derrière moi. La demoiselle servie, la voilà qui s'éloigne du comptoir, son sac en papier chargé de quoi nous nourrir toutes les deux, et je me présente devant la caissière aux yeux ahuris de m'entendre passer une commande similaire en quantité. Oui, à force de poser nos popotins sur les banquettes en skaï vert, nous avons pris l'habitude de concurrencer les mâles dominants et affichons sans honte nos deux ou trois sandwichs différents ou identiques, selon l'humeur du moment. Quelques minutes plus tard, je repars, sous le regard grognon de TiN, affamée et frustrée de sentir ses frites refroidir contre son pot de glace, saupoudrée de crumble, à laquelle elle salive d'avance.

Une fois rentrée, tranquillement installée, voilà que nous sortons de nos sachets ce qu'il nous faut et devisons en souriant de cette chance insensée qui semble déjà un peu moins lui sourire puisque lors l'antépénultième dîner similaire, j'avais déjà eu le trois à trois sandwichs au lieu de deux, quand, auparavant, c'était elle qui bénéficiait de ce genre d'avantages, comme je vous l'ai expliqué précédemment. Et là, au moment de notre dessert, tandis que je râlais de ne pas avoir de cacahouètes sur mon nappage au chocolat totalement artificiel et bourré de saloperies, voilà que TiN, les yeux brillants d'envie, insère sa cuillère dans la crème glacée et en ressort un morceau blanc tacheté d'ocre qu'elle porte à sa bouche en fermant les yeux. Et là, tandis que je vois ses joues et sa mâchoire s'activer, ses yeux se rouvre, sa gorge montre le signe que la glace est avalée, et elle pousse un cri qui a dû être entendu jusqu'à Prague, au moins... "Mais c'est pas du crumbleeeeeeeeeeeeeeeeeeeecrumbleeeeeeeeeeeeeeeeeeee ! Ce sont des cacahouètes !!!!!!!!!!" Oui, au lieu de lu dire qu'il n'y en avait plus comme elle l'a fait avec moi, la caissière lui avait fait une glace avec des cacahouètes, cacahouètes qui, entre parenthèses, manquaient du coup sur mon dessert...

Autant vous dire qu'à l'heure actuelle, je tente en vain de joindre mon amie pour savoir si elle s'est remise de ses émotions, puisque samedi après-midi, entre deux boutiques et d'une cabine d'essayage à l'autre, je l'entendais encore se plaindre de sa glace aux cacahuètes et dû la retenir de toutes mes forces pour l'empêcher d'aller dévaliser le stock de poudre de crumble d'un autre restaurant de la même chaîne, sous le regard effrayé de quelques passants, ne comprenant pas bien si cette réaction résultait d'une allergie aux arachides, ou d'une frustration énorme qui, j'espère, a pu être comblée depuis...

Ben oui, sinon gare à mes fesses ce soir !............

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mercredi 19 mars 2008

Où Miss Alfie devient militante gastronomique

Ou_Miss_Alfie_devient_militante_gastronomique1Il est de notoriété publique pour qui me connaît que je ne suis pas vraiment ce qu'on pourrait appeler anorexique ou même maigre. Mince ne serait à mon sens même pas adapté étant donné les deux minis pneus Michelin qui entourent mon ventre. Et il est aussi de notoriété publique que j'ai toujours eu un appétit dévorant et débordant. Pour preuve, interrogez donc Maman de Miss Alfie qui vous confirmera, anecdotes multiples à l'appui, que lorsque je ne m'alimente qu'en petite quantité, un grave événement a dû ou va se produire, à moins qu'un virus malin ne se soit emparé de mon corps.

Ainsi, si vous me mettez en contact avec des gens appréciant la bonne nourriture, les petits repas au restaurant, la cuisine gastronomique et parfois peu diététique, mon bonheur est à son comble, et mes pantalons se comblent un peu trop rapidement à mon goût. Mais cela ne m'empêche pas de vouer une véritable dévotion à cette chaîne de fast-food américaine où je mets les pieds au moins une fois par semaine sous peine de développer des symptômes inquiétants, comme des cris stridents dès que j'aperçois l'enseigne convoitée et l'achat de multiples sandwichs en une seule fois, dévorés en moins de temps qu'il faut pour le dire.

Ou_Miss_Alfie_devient_militante_gastronomique2Alors, quand Meilleure amie de Miss Alfie se met au régime, c'est le drame ! Oui, car sans elle, quid des soirées pizzas dont le seul effort physique consiste en la composition du numéro de téléphone du monsieur qui va nous les livrer ? Quid des dévalisages de M jaune le vendredi soir et la mise au congélateur des glaces purement synthétiques pour le dessert ? Quid des tartiflettes et raclettes à se faire exploser l'estomac ? Quid des crèmes au chocolat et autres douceurs sucrées et invariablement caloriques ?

Mais qu'importe. Moi, Miss Alfie, je l'écris haut et fort, je vais résister ! Oui, je vais résister à la tentation du régime, à la tentation des fruits et légumes, des petits plats préparés et des repas équilibrés. Oui, je vais lever mon point et dire oui aux assiettes de pâtes devant la télévision, oui aux pizzas à moi toute seule, oui Ou_Miss_Alfie_devient_militante_gastronomique3aux riz-au-lait, tartiflettes, quiches et autres spécialités maison. Je vais dire oui à ce récipient de pâtes à la crème fraîche, aux herbes, au jambon et au fromage qui m'aura fait saliver toute la matinée et permis de supporter des questionnements professionnels existentiels.

Oui, je vais me transformer en militante gastronomique. Parce qu'une bonne bouffe, ça fait tellement de bien au moral. Parce que des papilles qui salivent, c'est tellement agréable. Parce que sentir une coquillette fondre sous la dent, c'est juste un petit plaisir tout con mais qui tellement futile tous les problèmes qui s'entassent dans la tête et sur le bureau !

Texte © Miss Alfie 2008

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jeudi 28 février 2008

Sacrilège !!!

Sacrilege

Le Breton est un fin gastronome. Certes, pas autant que le Lyonnais avec sa cervelle de canut, son tablier de sapeur et son saucisson brioché. Mais quand même. Il faut savoir que le Breton est gourmand et aime bien manger. Et je vous mets au défit de me trouver un Breton pur beurre qui vous dira le contraire !

Parce qu'en Bretagne, on en a, des traou mad ! Et que ceux qui ne comprennent pas le sens de traou mad sachent que cela signifie "bonnes choses" en breton, la langue locale !!! Bien évidemment, je vous épargnerai les crêpes et les galettes, emblèmes culinaires par excellence de notre contrée en dehors de ses frontières. Mais je tiens à mettre en garde tous ceux et celles qui, résidant sous le soleil, dans les montagne ou sur le plat pays : il n'y a qu'en Bretagne que vous dégusterez de véritables galettes de blé noir et de délicieuses crêpes de froment, foi de Bretonne ayant expérimenté les crêperies pendant ses vacances et qui ne le refera plus jamais !

Après, quand on vient en Bretagne, on n'échappe rarement aux traditionnels fruits de mer, coquilles Saint Jacques et autres crustacés à la chair se dégustant croulant sous une mayonnaise maison faite par la grand mère. Bon, ça, je vous l'accorde, faut aimer. D'ailleurs, me concernant, les moules, c'est une fois par an en pleine saison, et dans un restaurant certifié conforme aux exigences locales, histoire de pas finir la journée la tête dans la cuvette des WC. A l'inverse, ne me mettez surtout pas devant les yeux les mollards de tuberculeux que sont les huîtres : jamais, au grand jamais, je ne pourrai ne serait-ce qu'imaginer avaler ces choses visqueuses et salées ! En revanche, si l'idée vous prend de m'offrir des langoustine, ou une langoustines - le homard n'étant pas le meilleur plan pour des raisons de mue que je pourrai développer aux intéressés -, n'oubliez pas la précédemment citée mayonnaise de mamie et le pain noir qui me fera un repas parfaitement parfait !

Mais ce que je voulais évoquer ce matin, c'est l'affaire de l'ingrédient de base de la cuisine bretonne, ce qui permet de transformer une simple pomme de terre en un festin de chef, et sans quoi le kouign amann serait un simple bout de pâte feuilletée desséchée. Oui, je veux parler du beurre. Cette motte jaune qui trône dans tous les frigos bretons et sans laquelle nous sommes évidemment perdus... Mais non, cette motte jaune n'est pas la même qu'ailleurs. Car notre motte, notre beurre, est salé ! Oui, avec des cristaux de sel qui suintent quand on le sort du frigo parfois. Notre beurre est salé, et étalé sur une tartine de pain frais, donne un petit goût incomparable à la confiture qu'il va supporter. Notre beurre est salé, et nos gâteaux ont ce petit goût que les étrangers trouvent bizarre mais qui nous manquent dès que l'on sort de nos frontières.

Alors imaginez, le Breton en vacances, quand, à la table du petit déjeuner à l'hôtel ou chez ses hôtes, une motte de beurre lui fait de l'oeil, qu'il se rue dessus, qu'il l'étale sur tout ce qu'il trouve sous la main, du croissant au pain rassît, et qu'il croque dedans, les papilles en alerte, cherchant ce petit goût salé qui, forcément, ne vient pas, et lui donne l'impression d'avaler une tartine graissée d'huile sans saveur... A ce propos, sachez que depuis que la chose m'est arrivée une fois il y a de nombreuses années, je me contente de confitures dès que je passe le péage de La Gravelle, réservant mon plaisir de la tartine grillée au beurre fondant dessus à mon retour au bercail...

Vous comprendrez donc rapidement que ce que j'ai fait hier soir, en remplissant mon caddie au supermarché du coin, tandis que le ciel déversait sur le parking des seaux d'eau accompagnant parfaitement les spécialités suscitées, s'apparente pour tout Breton à un sacrilège, une hérésie, un adultère en règle : j'ai acheté du beurre doux... Oui, je l'avoue, dans mon frigo se repose une petite plaquette de beurre doux, celle avec l'écriture rouge au lieu de l'écriture verte, et que j'ai mis dix bonnes minutes à trouver...

Et tout ça parce qu'il existe des gens qui préfèrent le beurre doux... Et qu'est-ce qu'on ne ferait pas pour leur prouver qu'en Bretagne, même si on mange tout salé, on sait aussi faire en sorte que les "étrangers" aient envie de venir, de revenir, et de rester !...

Texte © Miss Alfie 2008

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mercredi 26 septembre 2007

C'est l'automne qui sonne...

C_est_l_automne_qui_sonne

Les arbres ont déjà commencé leur mue et les couleurs vertes de l'été virent au doré.
La petite laine est de rigueur de matin, à l'heure où le jour n'est pas encore levé et où l'on met malgré tout un pied en dehors de la couette.
Les soirées raccourcissent autant que les nuits s'agrandissent, réduisant les barbecues et augmentant les promenades nocturnes.
Et puis surtout, surtout, le calendrier le dit : l'automne frappe à la porte.

Et comme automne rime - presque - avec pommes, et bien j'ai fait la grande acquisition il y a près de deux semaines de deux kilos de ce fruit, variété Golden - mon penchant pour le luxe, très certainement ! -.
Alors, après un week-end très festif, très arrosé, très embourgeoisé et très amicalisé, c'est avec un léger contentement que j'ai constaté lundi que mon emploi du temps me permettait ,
    après m'être levée avant le jour pour conduire mon cher père à l'aéroport,
    après être passée voir mon futur nouvel employeur,
    après avoir bu un café avec mes futurs nouveaux collègues,
    après avoir été faire remettre la plaque d'immatriculation arrière dé-zingué la vieille par le conducteur du véhicule,
    après avoir conduit la voiture de pôpa réparée sans l'abîmer,
    après avoir déposé ma carte de fidélité chez SuperCousine qui va nous dégoter des places pour Aaron à La Cité le 14 novembre,
    et surtout après avoir mangé chez mon amateur de serpents et accessoirement restaurateur préféré,

de réaliser enfin cette compote de pommes dont je rêve toutes les nuits - non non, je suis pas de Marseille hein !... - depuis que le fruit défendu trône dans ma cuisine !

Chômeuse mais pas en repos, j'ai donc allumé la télé pour m'instructionner sur les évolutions médicales et suivre une émission très intéressante sur les rangnangnans avant de devoir subir un reportage d'une heure sur Roger Hanin, ne pouvant changer de chaîne car mes mimines étaient prises par l'épluchage et le coupage des pommes, et que j'étais atteinte d'une flemmingite aiguë m'empêchant de laisser ma tâche en cours pour aller me laver les mains pour pouvoir changer de chaîne... Bref, Michel, Marina et Roger ayant terminé leurs discours, j'ai posé ma gamelle bien remplie sur le plus petit brûleur de ma cuisinière à gaz, rajouté un ou deux verres d'eau et une rasade de sucre en poudre, le tout à la louche, et mis à mijoter à feu doux.

L'arôme des pommes se dégageant dans mon appartement, je fis quelques travaux de couture qui expliquèrent l'averse de pluie qui s'ensuivit tout en remuant à intervalle plus ou moins réguliers ma mixture qui peu à peu prenait forme. Un peu d'eau en plus, un coup de sucre, un touillage supplémentaire, et voilà enfin l'objet du délice tout prêt... Les papilles affûtées, c'est avec grand plaisir que je me régalait le soir venu en compagnie de Lily et de Scotty... Tout en me demandant pourquoi le goût de cette compote me rappelait quelque chose sans arriver à le comprendre...

Mais le lendemain, fourbue et épuisée après une journée de shopping chez les Suédois, je trouvai enfin la réponse à ma question existentielle : j'avais tout simplement mangé à peu près la même dix ans plus tôt, quand ma grand-mère et mon arrière-grand-mère m'en donnaient pour rentrer à la maison le dimanche soir... A croire qu'elles sont venues me souffler leur tour de main à l'oreille...

Texte © Miss Alfie 2007
Image © Miss Alfie 2007 (L'avant/Après revisité en cuisine...)

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vendredi 24 août 2007

Ma vie de ménagère est passionnante

Ma_vie_de_menagere_est_passionnante

Alors, comme d'habitude, petit rappel pour les étourdis : je ne travaille qu'à mi-temps. Ce qui signifie que sur les sept jours que compte la semaine, je suis occupée par mes obligations professionnelles pendant deux jours et demi. Le reste du temps... Ben le reste du temps, je n'ai rien de particulier à faire, hormis aller à la piscine - d'ailleurs, va falloir que je m'y remette si je veux faire tomber les Espagnols dans une dizaine de jours... -, voir mes amis - mais bon, entre ceux qui bossent et ceux qui sont en vacances, il n'en reste plus tellement... -, et bien sûr, effectuer mes tâches de parfaite ménagère de moins de cinquante ans - et le tout en regardant des émissions télévisées débiles pour rentrer dans les critères, bien évidemment... -.

Donc, en parfaite petite femme d'intérieur dont l'appartement est régulièrement en bordel mais respire la quiétude - et ça, c'est pas moi qui le dit... -, j'utilise mes journées chômées et non payées - et oui, moi j'arrive même pas à travailler plus pour gagner plus... alors travailler moins pour gagner plus... - pour faire un brin de ménage, faire tourner la machine à laver, étendre dans ma mini cuisine mon linge humide - qui met un temps hallucinant à sécher vu le temps pourri ambiant - et surtout, effectuer une corvée par des moindres et bien coûteuse à tout point : les courses...

Les courses, c'est comme qui dirait indispensable et terriblement horrible. Parce que je ne sais selon quelle loi, mais il faut toujours que j'y aille au moment où il y a le plus de monde dans le magasin et le moins de caisses ouvertes, au moment où les rayons ont été dévalisés mais pas encore réapprovisionnés, au moment où le ciel bleu décide de se voiler et de déverser un déluge de gouttes, au moment où les responsables des rayons ont justement décidé de tout changer dans le magasin et au moment où tous les parents ont décidé de laisser leurs mômes jouer au chat perché sur les caddies des autres acheteurs.

Vous l'avez donc compris, les courses, ce n'est pas ma tasse de thé. Du coup, pour y remédier, j'ai une technique infaillible qui en fait rire certain et qui peut provoquer quelques disputes dans les allers des supermarchés : j'établis une liste précise des objets qu'il me faut dénicher au meilleur prix dans l'ordre de leur présentation dans le magasin lorsque j'en arpente les allées. Alors oui, je vous l'accorde, ça fait très vieillotte, très coincée et très vieille fille - mais bon, pour le dernier point, je suis sur la bonne voie... -, mais c'est aussi très pratique puisque ça évite, une fois rendu au rayon des bouteilles, de réaliser qu'on a oublié de prendre les sacs poubelle situés à l'opposé du magasin !

Toujours est-il que mercredi, après m'être fait nourrir dans l'appartement familial, j'ai effectué ma corvée sans broncher, toute excitée à l'idée de dénicher une cagette de fruits de saison pour avoir un semblant de goût d'été dans ma cuisine. Et - miracle des miracles en cette saison effroyablement automnale - je suis tombée sur une cagette de pêches blanches pas chères du tout qui me tendaient leur peau velouté en m'implorant de les transformer en compote. Ni une, ni deux, j'ai donc terminé de remplir mon caddie, vérifié que tous mes fruits étaient en bon état, filé vers les caisses, et planté mon chariot à moitié vide derrière celui débordant d'une maman transportant ses deux adolescents geignards aux courses de rentrée.

Je passe sur les détails passionnants du tapis roulant, du paiement, du retour à la voiture pour arriver chez moi, au moment où j'ai étrenné mon engin de mémé : ma chariotte à trois roues, ultra pratique pour monter les courses au premier étage sans ascenseur sans me démonter à nouveau le dos ! Et oui, désormais, c'est officiel pour ceux qui pouvaient avoir encore quelques doutes : on peut définitivement me classer dans la catégorie des mémés... Sauf que, contrairement aux mémés d'enfer qu'il convient d'imiter à la perfection, je n'ai pas de petits enfants, et je ne sais pas faire la compote... Un peu ennuyeux quand on décide de faire de la compote avec les deux kilos de pêches qu'on vient de ramener du supermarché...

Mais j'ai des hommes fantastiquement inspirés. Ainsi, Christophe m'a directement proposé d'aller me renseigner sur Marmiton, ce que j'avais déjà fait puisque Marmiton, c'est ma bible culinaire lorsque je n'ai pas trouvé ce que je cherchais dans mes bouquins. Puis Dario m'a dicté une recette déniché sur un site internet, recette que j'étais par ailleurs en train de lire au même moment sur le-dit site. Insatisfaite par mes recherches et mes sollicitations, j'ai fini par couper l'ordi, allumer la télé, mettre une toile cirée, poser la cagette sur la table, attraper un couteau, une casserole et un sac poubelle, et commencer à peler mes pêches en attendant une idée de génie.

Un épisode et demi de PJ plus tard, j'étais prête à mettre sur le feu mon mélange de sucre et de fruits, incertaine quand à la dose de poudre blanche, et inquiète du dégagement aqueux. Pour remédier à mes angoisses, j'ai pris mon bigophone, composé automatiquement le numéro de ma mère, et obtenu l'information qui me manquait : oui, rajoute un peu d'eau, sinon ça va coller. Comble du comble quand on sait que ma mère doit avoir à son actif quatre ou cinq recettes qu'elle ressort régulièrement quand elle a du monde en priant pour que les invités oublient d'une fois sur l'autre qu'elle ne varie pas tellement ses menus !

Bref, tandis que les manchots envahissaient l'écran, que je vaquais entre mon ordinateur et ma cuisine - et oui, j'ai pas encore percuté qu'un ordinateur portable pouvait se déplacer du salon à la cuisine, mais vu la configuration de l'appartement, on s'en fout un peu en fait -, ma gamelle commençait à bouillonner, mon appartement à embaumer, et mon estomac à gargouiller. J'ai tourné, papoté, retourné, goutté, écouté, répondu, jusqu'à voir la banquise se transformer en savane télévisuelle. J'ai continué ma tâche, le tablier devant mon jean, la fenêtre entrouverte et la télé toujours allumée jusqu'à voir mon bouillon réduire, les fruits fondre et le goût se préciser sur la langue.

Alors, j'ai versé mon mélange dans des ramequins, rempli des boîtes pour mettre au congélateur et décidé que je tenais là mon dessert du lendemain soir, quand la copine pipelette viendrait manger un morceau avant que nous nous rendions en ville jouer nos dévergondées. J'ai placé mes récipients sur un dessous de plat, mangé mon dîner, regardé la télé, versé ma petite larme - merci Cold Case... -, frissonné un peu - merci Bones... -, mis mes plats au frais et rejoint mon lit un peu trop tard, comme toujours.

En attendant, vous pouvez toujours rire, trouver que je suis une vraie mamie à vingt-quatre ans même pas et demi, mais je m'en fous. Parce qu'au réveil, lorsque j'ai ouvert mon frigo pour attraper de quoi petit-déjeuner, et que je suis tombée nez à nez avec ma compote, je n'ai pas pu résister à l'envie d'y goutter... Et je n'ai pas regretté !

Texte © Miss Alfie 2007

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mardi 22 mai 2007

Le meilleur, dans la cuisine...

Le_meilleur__dans_la_cuisine


Le meilleur, dans la cuisine, c'est quand on fait fondre du chocolat pour préparer un gâteau et que l'on lèche la cuillère en bois et le fond de la casserole à la fin, quand le mélange est prêt et le moule rempli au four.

Le meilleur, dans la cuisine, c'est quand on récupère un raisin sec qui est censé mariner dans un mélange de thé et de rhum pour confectionner un cake au fruits confits et qu'on savoure ce savant mélange de sucré, d'âpreté et d'alcoolisé.

Le meilleur, dans la cuisine, c'est quand on dresse la table pour les convives en faisant en sorte que les assiettes soient alignées, les couverts à égale distance des assiettes et les verres en rang d'oignon, qu'on dispose quelques serviettes joliment pliées, quelques douceurs et qu'on orne le tout de jolies bougies emballées dans du papier de fleuriste pour faire de gros bonbons disposés dans les assiettes.

Le meilleur, dans la cuisine, c'est quand on ouvre le livre de recettes et qu'on tourne les pages en se laissant porter par les images et en rêvant de savoir faire un jour ces mets qui épateraient les amis invités.

Le meilleur, dans la cuisine, c'est peut-être tout simplement quand les gens pour qui on a fait à manger en y mettant tout son coeur pour leur exprimer toute l'affection qu'on a pour eux vous remercient en se resservant, acceptant de bon coeur ce cadeau que vous leur faites et que vous partagez tous ensemble.


Texte © Miss Alfie 2006
Image © Miss Alfie 2006 (Cuisines du château de Vaux-Le-Vicomte)

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dimanche 29 avril 2007

Le premier crumble du blog : Réponse !

Devinette : qu'y a-t-il dans ce crumble, un peu trop doré sur le dessus, je l'avoue !...

crumble

La réponse : Pommes caramélisées au beurre salé, copeaux de chocolat et raisins secs...
Désolée, on a tout mangé !

Mais vous avez droit de le tenter !


Image et texte © Miss Alfie 2007

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Les alinéas d'une cuisinière en herbe

Cremaillere1

Ayant l'appartement pour elle toute seule comme une grande fille mais qu'a pas mangé assez de soupe, elle avait décidé de lancer quelques invitations. Deux soirs disponibles, alors allons-y gaiement ! Les deux bandes, une chaque soir, parce que les deux ensemble, y aura comme qui dirait un léger problème de place... Déjà, le lendemain, à 10, elle ne savait pas où tous les mettre... Alors à 15, c'eût été une grosse galère !

Enfin bref, comme toute maîtresse de maison qui se respecte, enfin, demi-maîtresse en ce qui la concerne, elle s'est attachée à préparer des repas relativement équilibrés qu'elle concoctera de ses propres mains à l'aide d'un fabuleux outil qui s'appelle le livre de cuisine. Et comme elle a fait peu de temps auparavant l'acquisition d'un exemplaire sur les cakes sucrés et salés, elle en profite, au grand dam de ses invités qui désormais mangeront du cake à toutes les sauces !

La voilà donc partie de bon matin en fin de matinée pour le supermarché afin de faire les achats de provisions nécessaires à la confection de ses pâtisseries. Alors, entre les mémés qui râlent parce qu'il y a du monde quand il n'y a pas un chat, les pépés qui font la causette au milieu de l'allée et et l'empêche de passer avec son chariot blindé, et la caissière qui d'un grand sourire lui annonce la facture, lui faisant frôler la crise cardiaque. Ceci fait, elle rentra chez elle bien épuisée.

Mais ce n'était que le début ! Et oui, au programme : 4 cakes, 1 far géant, 3 salades à éplucher et 2 fournées de rillettes... Enfin, pas tout le jour même quand même, on va en garder pour le lendemain ! La priorité du jour : un cake salé, une part de rillettes et les salades quand même. Allez, c'est parti, tablier sur le ventre, bouquin dans une main et fouet dans l'autre... à pâtisseries bien sûr !

"Sweet dreams la la la la". Flûte, le portable ! Ah ! "Oui, ça va... Non, je cuisine... Non, je mangerai après... Mince, j'ai pas assez de levure, ah si c'est bon... Non, je me parlais... Oui, OK, on se rappelle..." Bon, où en était-elle ? Ah oui, les oeufs, la farine... Crotouille ! Elle va jamais en avoir assez ! Bon, tant pis, elle fera un saut au 8 à 8, ce super mini marché qui dépanne à toute heure du jour, mais pas de la nuit. Elle travaille, elle mélange, elle coupe, elle cuit, elle patouille et elle lave. Les mains, le sol, la table, la toile cirée, la gazinière...

Bon, dernier cake de la journée enfourné, il en reste encore un à faire pour le lendemain, ainsi que le far, il est temps d'aller chercher ce qu'il manque à la supérette. Petite sortie, rien de désagréable avec le soleil. Et là, sur le chemin, tandis qu'elle marche, cheveux au vent, elle a comme un pressentiment... A priori, ce devrait être ouvert, 7/7... Oh ben oui... Pas de raison... Et ben si, une raison ! Des travaux : fermés lundi et mardi ! Argl !!! Bon, ben il reste le joker, le coup de bigo à une proximité qui, dans sa grande bonté, va pouvoir apporter farine et levure si elle arrive à dénicher ces ingrédients au mythique Marché Plus...

Retour à la maison, sortie du cake, petits soucis : le four a dû vouloir le goûter, y a plus qu'à nettoyer ! Aïe, c'est chaud ! Ça brûle ce truc ! Bon, allez, zou, après toutes ces émotions et tout ce travail, un peu de repos ne fait pas de mal ! Un p'tit verre d'eau citronnée... Elle attendra plus tard pour la p'tite mousse, histoire d'être un peu dans les vapes quand les autres goûteront et tenteront un air satisfait alors que ses tentatives culinaires du jour se révéleront peut-être irrecommençables !


Texte © Miss Alfie 2007
Image © Miss Alfie 2007 (Préparatifs culinaires)

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vendredi 27 avril 2007

Le premier crumble du blog

Devinette : qu'y a-t-il dans ce crumble, un peu trop doré sur le dessus, je l'avoue !...


crumble


Image © Miss Alfie 2007

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