mardi 25 mars 2008
Il y a longtemps que je t'aime
A l'origine, ce n'était pas lui que je devais aller voir. Et puis finalement, sur un coup de fil, grâce à une émission entendue, mon accompagnatrice a changé d'avis. Oui, finalement, le dernier film avec Kristin Scott Thomas a l'air bien. Heureuse, que j'étais, parce que voilà, autant le dire de suite, Philippe Claudel est un de mes écrivains favoris. Alors le savoir passé de l'autre côté de la caméra me donnait une immense envie de me plonger dans ce que toutes les critiques que j'avais vu ou entendu qualifiaient d'excellent film.
Et je ne fus pas déçue...
L'histoire est toute bête. Deux soeurs, Juliette et Léa, séparées pendant 15 ans par l'incarcération de Juliette. Pourquoi ? Je ne vous le dévoilerai pas, car Philippe Claudel est un de ces auteurs qui se plait à dévoiler par petites touches tout au long de l'histoire un grand mystère qui pèse dès le début de son livre, ou de son film... Et autour de Juliette et de Léa, toute une palette de personnages secondaires plus ou moins importants, avec des positions plus ou moins prononcées. Des personnages qui, à l'image du thème central de ce film, sont tous prisonniers. Prisonniers du langage pour le grand-père. Prisonnière de leyr histoire pour Léa et Juliette. Prisonnière de sa mémoire pour leur mère. Prisonniers de préjugés pour bon nombre de personnages. Prisonnier des livres et peut-être un peu de son passé pour Michel, le collègue de Léa qui m'a fortement fait pensé à Philippe Claudel.
Pour qui connait un peu l'univers de Claudel, ce film, je trouve, est un parfait miroir de son oeuvre. On y trouve des âmes blessées, ternies par la vie. On y trouve un mystère, un secret, qui se dévoile au fil de notre rencontre avec les personnages. On y trouve de l'espoir dans le désespoir, dans l'importance du souvenir pour pouvoir continuer d'avancer. On y trouve l'emprisonnement, thème assez récurrent également chez cet auteur qui a par ailleurs enseigné de longues années en prison.
Il y a longtemps que je t'aime est un film qui m'a profondément touché, qui m'a ému comme peu de films l'ont fait. Il est lent, certes, mais cette lenteur amène à se concentrer sur les émotions, les mimiques des personnages. Et puis il s'accélère, un peu, lorsque la vie commence à reprendre le dessus. Il s'accélère, comme si Juliette n'avait plus peur d'avancer, de vivre, comme si sa relation avec Léa s'apaisait, se simplifiait. A ce sujet, je voudrais saluer la performance de Kristin Scott Thomas, mutique, parlant peu, mais faisant passer beaucoup d'émotions par son jeu.
vendredi 19 octobre 2007
Papa est en haut...
Il fallait bien partir une heure et demi avant le début du spectacle... Au moins ! Forcément, c'était pile le soir où l'envie m'a pris de faire des pommes de terre sautées, le genre de plat qui nécessite au moins une demi heure de cuisson pour être succulent à souhait. Mais justement, c'était une soirée pour moi, rien que pour moi, en égoïste. Et comme moi, j'adore les patates sautées, et qu'il me restait justement quelques tubercules dans mon panier à légumes, je me suis fait plaisir.
Rassasiée après ce petit plat relevé d'une pointe d'estragon et de beurre salé, suivi d'une part survivante de riz-au-lait maison, je me suis préparée, excitée comme une puce. Pour l'occasion, j'ai sorti les nouvelles bottines rouges récupérées de la maman d'une amie mais vraiment confortables et carrément rouges à souhait. Inquiète du monde qui allait se presser devant les portes fermées, j'ai troqué mon fourre-tout Longchamp - et oui, on ne se refuse rien ! - rouge contre mon sac à dos de la même marque et de la même couleur dans lequel j'ai glissé mon portefeuille contenant mon précieux sésame.
Ce sésame, cela fait presque 7 mois qu'il trône dans ma corbeille à courrier. Jamais je ne l'aurait eu si quelques amis bienveillants ne me l'avaient offerts pour ma crémaillère. 7 mois que j'attends cette représentation avec le plaisir des enfants qui attendent Noël. 7 mois que je me prépare également à cette soirée en solo, moi qui ait l'habitude agréable de toujours trouver un ou une compagnon pour aller au cinéma, moi l'anti-solitaire. Sauf que soit les copains étaient pas motivés, soit toutes les places étaient déjà vendues quand ils ont réalisé l'opportunité que je leur proposais...
Qu'importe ! C'est donc comme une grande fille, comme une dame, que j'ai pris ma voiture, en priant pour qu'aucune panne ne vienne complexifier mon trajet, qu'aucun accident ne vienne me retarder, et qu'aucun panneau de signalisation n'ait été supprimé. Après quelques kilomètres sur la petite route, derrière des voitures aux phares allumés dont je me demandais si elles se rendaient toutes au même endroit que moi, Boumbo a trouvé une place à proximité de l'entrée de la salle, sacrément plus près que lors du concert d'Indochine l'an passé.
Et à 19h40, entourée d'effluves de frites et de kebabs, j'étais dans la file, attendant bien sagement que la madame veuille bien vérifier que je n'avais rien apporté de dangereux et que je ne transportais sur moi aucun engin susceptible de me faire rester dehors. Et puis d'un coup, j'y étais, dans la salle aménagée, derrière les gradins, en train de gravir les marches, cherchant ma place, et tout à coup, assise. Troisième rang des gradins, pas trop loin, et légèrement en hauteur, une place vraiment bien, faut le dire. Et là, pendant une bonne heure, j'ai eu le plaisir d'observer la salle se remplir, les visages défiler les uns derrière les autres, des jeunes et des moins jeunes, des couples, des familles, des bandes d'amis, peu de solitaires.
Jusqu'à ce que les lumières s'éteignent, que la salle applaudisse, et qu'il arrive, tout de noir vêtu, en costard-cravate, et qu'il se lance dans sa représentation. A partir de là, sur mon visage, stoïque jusqu'alors, s'est accroché un sourire que je n'ai pas réussi à décrocher. Mes yeux n'ont plus lâché la scène, et mes rires ont dû finir par faire suer mon voisin qui semblait arrivé là par la persuasion de sa donzelle !
Deux heures plus tard, je ressortais de la salle comme dans un rêve. Je venais d'assister en vrai à un spectacle de Gad Elmaleh, celui dont je connais presque par coeur le précédant show et dont j'achèterai sûrement l'actuel. Je suis rentrée chez moi dans la nuit noire, dans ma petite voiture grise. Je repensais à ses répliques, et je me demandais ce qu'il pouvait bien faire maintenant. Je suis arrivée chez moi sans m'en rendre compte.
La soirée tant attendue était terminée. Pour toute trace, je n'avais plus que ma mémoire, n'ayant pas osé débourser vingt euros pour un tee-shirt Louloute, ni pour une affiche même pas dédicacée qui aurait terminé dans mes WC. Lorsque le DVD sortira, j'en ferai sûrement l'acquisition, dans un seul but en fait : le regarder avec mes amis, pour cette fois pouvoir refaire le show avec eux juste après...
Bon allez, hop hop hop clic clac, c'est pas le tout, mais faudrait p'têt que j'bosse un peu aussi !
Texte © Miss Alfie 2007
dimanche 26 août 2007
Harry Potter et l'ordre du Phénix
Je sais, je sais, j'arrive un peu en retard pour vous en parler... Mais comme qui dirait, mieux vaut tard que jamais ! Et puis il faut dire aussi que si je suis si tard, c'est que j'ai voulu attendre une amie courageuse partie conter la légende de Merlin à quelques marmots surexcités et intenable, et que du coup, j'ai posé mon derrière dans les sièges en velours gris un peu usés alors que les séances quotidiennes se réduisaient à deux.
Enfin bref, qu'importent, j'ai pu voir la suite de ma série cinématographique et surtout littéraire préférée. Mais bon, je l'avoue, même pas besoin de me torturer pour cela, je préfère de loin la série littéraire. "Pourquoi donc ?" allez-vous me demander. Ce à quoi je vous répondrai de la manière suivante.
Tout d'abord, les aventures d'Harry Potter, je les ai découvertes il y a de nombreuses années, au moment de la sortie en France du deuxième tome, à une période où ma petite cousine qui me les avait prêtées était encore suffisamment jeune pour s'y intéresser, et par la même me faire partager son entrain pour la chose. J'ai donc englouti le premier tome, découvert les personnages principaux, très vite trouvé que le pauvre Harry, bien que personnage central de cette histoire possédait quelques traits de caractères rédhibitoires pour faire de lui un héros pur et dur, et rapidement dévoré le deuxième tome. Je vous épargne le troisième et le quatrième, pour arriver directement au cinquième, reçu dans ma boîte aux lettres le matin de sa sortie et dévoré en un week-end, puis au sixième, reçu dans ma boîte aux lettres le matin de sa sortie, et dévoré de nombreuses semaines plus tard, la carotte de cette lecture ayant été la validation de mon sujet de mémoire. Mémoire que je n'ai pas fait malgré tout sur Harry Potter, faut pas délirer non plus pour le diplôme d'Etat ! Donc Harry Potter, on peut le dire, a accompagné une bonne partie de ma scolarité secondaire et supérieure, me donnant de fabuleux sujets de conversation pendant les cours rébarbatifs et permettant l'élaboration de théories plus fumeuses les unes que les autres mais très très drôles.
Ensuite, il faut le dire, Harry Potter, si ça me plaît autant, moi qui ne lit jamais de science fiction ou de fantaisy, c'est qu'il y a un univers à la frontière de la réalité. Et oui ! Qui n'a jamais rêvé de voir apparaître une porte invisible aux yeux des autres dans le jardin ? Qui n'a jamais songé que sous les pavés du centre ville, il y a peut-être une banque avec des sorciers ?! Et qui n'a jamais imaginé prendre un train sur la voix 9 3/4 ?... Alors les films ont l'avantage qu'ils reconstituent ce monde, qu'ils nous offrent un panel impressionnant de décors et de trouvailles abracadabrantesques. Mais du coup, la représentation que l'on s'en était faite est détruite. Et une fois visionné le premier film, on ne peut s'empêcher de se représenter tous de la même manière le château de Poudlard dans les épisodes littéraires suivants.
Enfin, si ma préférence va indéniablement à la version écrite, ce n'est pas parce que le jeu des acteurs laisse parfois à désirer, que le doublage déçoit ou que les acteurs grandissent trop vite, mais plus qu'en voulant réduire à deux heures et demi l'équivalent de six cent pages, on perd une grosse partie des aventures parallèles qui arrivent autour de l'intrigue principale mais qui font également tout son charme...
Pour terminer, et comme dans toute bonne dissertation, je conseillerai donc aux personnes ayant lu il y a longtemps les livres ou ne les ayant pas lu du tout d'aller savourer ce film bien détendant. Pour ceux qui ont le nez dans le cinquième tome et se sont dit qu'il serait bon de se remémorer l'histoire avant de poser son derrière dans les sièges en velours, oubliez tout de suite l'idée d'aller vous enfermer au cinéma, vous ne seriez que déçus. Quant aux autres, s'il en reste, précipitez vous sur le dernier tome pour m'en faire un résumé complet... Mon anglais étant bien trop mauvais pour supporter un tel exercice, et mon appétit gourmand trop grand pour ne pas connaître dans les quarante-huit heures suivant l'ouverture du roman, la fin de l'aventure !
Texte © Miss Alfie 2007
Image Harry Potter et l'Ordre du Phénix, de David Yates, 2007
mercredi 18 juillet 2007
Au secours !!!
En cette période estivale, alors que beaucoup d'entre vous ont arrêté leur activité professionnelle pour quelques semaines, que certains ont même pris la route du soleil - ou plutôt de la pluie vu la météo actuelle... -, désertant par la même occasion blogs et commentaires et faisant chuter sans élastique les statistiques de fréquentation, et bien pendant ce temps là, moi je continue de bosser. Et oui, Miss Alfie n'a pas de chance, Miss Alfie n'a pas de vacances, parce que Miss Alfie ne travaille qu'à mi-temps et que Miss Alfie préfère se faire payer ses congés à la fin de son contrat plutôt que de les prendre !
Du coup, Miss Alfie se retrouve dans une situation délicate, car hormis le TiNéri qui habite dans la même agglomération qu'elle et qui travaille jusqu'à la même date qu'elle avec la même politique de congés, ses autres amis sont soit trop loin pour être vus en semaine, soit en train de remplir leurs valises, soit en train de compter les jours avant la fin du contrat en cours pour pouvoir boucler la valise. En conséquence de quoi, d'ici une petite semaine, Miss Alfie se retrouvera comme une âme perdue dans la grande ville, allant déverser sa solitude chez TiNéri en se promettant de se remettre à la piscine dès la semaine suivante, et ce chaque semaine.
Bref, je recommence à me prendre pour Alain Delon - ça, c'est l'effet Balais et Compagnie, si vous arrêtiez aussi de me dire que ça vous plait !!! -, et je vais donc repasser à la première personne du singulier parce que voilà, je suis pas encore à ce stade de décrépitude mentale ! Pourtant, je le sais, on pourrait croire le contraire vu mes occupations nocturnes lorsque je ne suis pas partie bouffer chez une amie ou faire la chouille dans un quelconque lieu de France et de Navarre.
Ainsi, lundi soir, après avoir avalé mon omelette au gruyère rapé destinée à terminer les oeufs et le gruyère aux dates limites de consommation approchant dangereusement, j'ai branché France 2 pour regarder un film qui me semblait pas mal, avec Daniel Auteuil et Kristin Scott-Thomas. Comédie dramatique, que c'était mis. Bon, c'est sûr, j'aurai dû me douter que je n'allais pas me poiler du début à la fin, mais que j'allais me mettre à déprimer, non, quand même pas ! Et pourtant, c'est ce qui m'a poussé à zapper sur M6 peu avant la fin du film, bien décidée à me remonter le moral en regardant Irène avec Cécile de France.
Ah, ben brillante idée tiens ! Certes, Cécile de France joue sacrément bien la trentenaire en mal d'amour et un peu coincée. Certes, la scène d'amour par internet est plutôt drôle. Mais c'est cousu de fils blancs ! Oui, désolée, mais tout est prévisible ! Bon, remarquez, c'est peut-être ce qu'on demande à ce genre de film, d'être prévisible, de redonner un peu d'espoir à toutes ces donzelles célibataires et en quête de l'âme soeur, et surtout de ne pas montrer la moitié du film une bagnole sur une route de montagne avec à son bord un quadra qui enchaîne les nanas sans en être pour autant plus heureux.
Enfin, résultat des courses, j'ai regagné mon lit à une heure pas possible, ce qui a entrainé un assoupissement au travail en debut d'après-midi - oui je sais, c'est très très mal... - et qui m'a foutu les idées à l'envers, tant et si bien que j'en ai oublié mon téléphone sur le bureau et que j'ai été quitte pour retourner à la clinique avant ma petite soirée pour récupérer mon objet indispensable en période de recherche d'emploi !
Et en plus, au lieu de me bousiller les neurones, j'aurai mieux fait de regarder Arte... Non, je joue pas mon intello, y avait juste une soirée sur l'orgasme...
Texte © Miss Alfie 2007
Image affiche du film Irène
mardi 26 juin 2007
Opération : Destruction de neurones !
La question du jour qui va passionner les foules et qui vous brûlent déjà les lèvres, chers lecteurs victimes de mon engouement littéraire, c'est de savoir ce que peut bien faire une Miss Alfie les jours où elle ne travaille pas. Et oui, car la vie quotidienne d'une Miss Alfie ne se résume pas à des journées de dur labeur pendant lesquelles elle réalise son impuissance, ni à des mâtinées passées au lit, ni même à des virées shopping entre copines.
Non, la vie d'une Miss Alfie peut être beaucoup... moins remplie que ça ! Et oui, car une Miss Alfie pendant ses jours de congés, c'est assez pitoyable, surtout quand ça n'a aucun programme établi, aucun rendez-vous, aucun but dans sa journée, si ce n'est d'attendre le lendemain... ou un jour meilleur.
Bon, sur ces bonnes paroles, et comme je ne suis pas Alain Delon, je vais de nouveau parler normalement, sinon je ne rentrerai jamais dans mes sandales pour le mariage.
Donc, grosso modo, l'idée de ce billet est de vous relater l'activité principale de ma journée d'hier, à savoir lundi, à savoir jour non travaillé et non payé au cours duquel les activités ménagères doivent être réduites au minimum, ainsi que les déplacements.
Après un lever un peu tardif, un frugal et léger petit déjeuner de yaourts et de thé composé, après une douche vivifiante et relaxante, un habillage tranquille et peu élégant, après le nettoyage nécessaire des WC et de la salle de bain, après quelques glandouillages sur l'ordinateur et une petite discussion sympathique, j'ai sorti du frigo un bout de fromage et déniché dans le placard un fond de paquet de pain de mie.
Le tout disposé dans une assiette, un verre d'eau pétillante à portée de main, je me suis installée à ma table de salle, la zapette dans une main et le sandwich dans l'autre.
Et c'est là qu'a commencé la destruction de mon cerveau.
J'ai commencé par Le magazine de la santé, rare émission intéressante du petit écran que je suis régulièrement car fort bien faite pour les novices en matière médicale mais travaillant pourtant dans le milieu et que je vous recommande d'ailleurs. Cependant, j'ai eu rapidement envie de changer de chaîne en voyant le thème du dossier du jour : comment choisir sa maison de retraite. Et oui, il me semble que j'en bouffe assez au boulot, de ce problème-là, pour ne pas en faire mes repas quand je suis chez moi.
Bidouillant les touches grises de la manette, je suis successivement passée sur un feuilleton à l'eau de rose bien américain, les scri-scri de la chaîne câblée, le policier allemand si lent qu'il fait un parfait somnifère, la série américaine qui dure depuis si longtemps et prend tellement son temps que même en étant coupé du monde pendant trois mois, on n'a pas loupé grand chose, et tout cela pour arriver finalement sur la chaîne publique proposant une émission avec de vrais gens et parlant de la vraie vie juste après ses informations, avec l'homme à l'oreillette...
Finalement, le sandwich terminé, après avoir ouvert de grand yeux devant les propos des participants, maugréé intérieurement sur leur stupidité, et décidé de couper la télévision parce que bon, si on supporte plus son conjoint, on le quitte, et on n'a pas besoin d'étaler ça à la télé, je me suis rabattue sur mon livre en cours...
Une obligation de taxi et un thé plus tard, l'heure avait tourné et la pendule frôlait les dix-huit heures, tandis que mon programme télé m'informait qu'il m'était possible de faire connaissance avec la toute nouvelle émission de télé-réalité de la première chaîne. Curieuse comme pas deux et avide de retrouver ce besoin de voyeurisme qui m'avait poussé à suivre assidûment les deux premières saisons du Loft, aidée dans ma dépendance d'un ami passionné et empêché de suivre la quotidienne, mais au forfait téléphonique à rallonge, je me suis tranquillement installée dans le BZ pas confortable avec mon paquet de clopes rescapé du planquage de fin de semaine et allumé l'écran grisé.
Et c'est forcément ce moment-là qu'a choisi une amie pour m'appeler pendant une demi-heure alors que je loupais le début d'une émission palpitante et tellement difficile à comprendre qu'il me fallu pas moins de quarante secondes pour reconnecter mon cerveau au niveau de l'émission... à savoir très bas... En même temps, si la dite amie passe par là, ce n'est que de l'ironie : au contraire, je la remercie car elle m'a évité la destruction supplémentaire de neurones.
Allégée de la moitié de mon cerveau au bas mot, j'ai alors entamé la préparation de mon dîner, de manière à être d'attaque et bien confortablement vautrée dans le BZ à l'heure du feuilleton rediffusion d'il y a deux ans, j'ai nommé Clara Sheller. Et oui, j'ai regardé Clara Sheller. Enfin en fait les deux premiers épisodes, et en fait, j'ai même pas vu la fin du dernier, et en fait j'avais même pas regardé la semaine dernière, et en fait, je me suis rendue compte que ça me déprimait plus qu'autre chose.
Ben oui, parce que Clara Sheller, elle pourrait être l'héroïne d'un livre Harlequin des temps modernes, parce que personnellement, des nanas bien foutues, bien payées, à la mode, qui vivent dans de supers apparts à Paris, avec un coloc gay de qui elles tombent enceintes, avec un voisin plus canon que Georges Clooney et avec qui elles finissent par faire leur vie, y a vraiment que dans les romans à l'eau de fleur bleue comme qui dirait que ça existe...
Sur ces bonnes paroles, je suis allée retrouver ma couche après une petite conversation éméssénesque, délestée d'un paquet de neurones que j'ai retrouvé ce matin devant la télé... Les pauvres petites étaient en manque... Alors j'ai eu vite fait de les rattraper, de les caler dans mon cerveau, de leur faire avaler quelques lignes littéraires pour leur rappeler que leur sérum de vie, aux dernières nouvelles, résidait plus dans de l'encre noire que dans des images mobiles !
Texte © Miss Alfie 2007
vendredi 22 juin 2007
Shrek le troisième
La première fois que je l'ai rencontré, c'était avec ma mère je crois, adepte du ciné en binôme avec sa fille, et curieuse d'à peu près tout.
La deuxième fois que l'on s'est retrouvé, dans une salle obscure, c'était le soir des résultats des exams de première année, après avoir rempli nos penses déçues dans un fast-food, et avec comme objectif de changer les idées d'une copine.
Et la dernière fois que nous nous sommes vus, c'était dimanche dernier, dans une salle de cinéma, à l'abri des hallebardes qui dégringolaient...
Certes, il est gros, il est grand, il est vert, il pue et il n'est pas franchement le gendre idéal, mais je l'avoue : j'adore Shrek !
Oui, Shrek, s'il n'était pas de pixels fait, serait très certainement l'homme de ma vie, et moi sa Fiona...
Et pourquoi donc ? Mais voyons, c'est tout simple !
Parce qu'avec un gars comme Shrek, plus besoin de se prendre la tête s'il reste quelques poils sur les jambes.
Plus besoin de faire le ménage de la maison du Marais du sol au grenier toutes les semaines.
Plus de matins ennuyeux car chaque jour apporte son lot d'aventures.
Plus de silences pesants car l'Ane est toujours dans les parages.
Plus de politesse au lit puisque chacun peut y péter.
Plus de regards en biais quand le rot-tue-l'amour se présente.
Et plus de contes de fées qui, de toute manière, n'existent que dans les papyrus pour les petits n'enfants !
Bref, voilà, je crois que je l'ai trouvé, l'homme de ma vie.
Hélas, il aime son épouse, et ce n'est pas moi.
Il est prêt à tout pour retourner dans son marais, et ne voudra jamais venir dans mon nouvel appart.
Il s'est entiché d'un chat Potté et je suis très très allergique aux poils de chats.
Et par dessus le marché, il est passé dans le coin en venant chercher son successeur et n'a même pas fait signe pour venir boire un verre !
Résultat des courses : encore une fois mon petit coeur si sensiblement vert est brisé.
Tant pis, je me suis consolée en allant le voir sur écran géant. Mécontente du temps, détestant les salles de cinéma blindées, j'ai déversé mon fiel sur les mômes de quatre ans qui foutent des coups de pied dans les sièges en ne comprenant rien aux subtiles allusions de mon ogre préféré. Mais au moins, je me suis bien amusée.
Et plus sérieusement, un quatrième opus ? Pourquoi pas... Mais attention, on risque de finir par se lasser malgré tout...
Texte © Miss Alfie 2007
Affiche Shrek le troisième, de Chris Miller, 2007.
jeudi 14 juin 2007
Pagnol et moi
Je devais avoir 7 ans et des poussières accumulées.
Je crois que c'était pendant des vacances, celles de Noël ou d'hiver.
Nous étions à Vannes.
Le film était sorti peu de temps auparavant et maman avait proposé à ma cousine d'un an mon aînée de l'emmener le voir. Je crois qu'elle avait du lire le livre en classe ou quelque chose comme cela.
Je me souviens que j'étais allée avec elles mais que je n'avais pas tout compris.
Forcément, je n'avais pas vu le premier "épisode".
Et puis Pagnol, je ne savais même pas qui c'était quand j'ai posé mon derrière potelé dans le siège en velour rouge un peu usé du petit cinéma.
Un peu plus tard, quelques jours, semaines ou mois, je ne sais plus du tout cette fois-ci ; un peu plus tard, nous avons acheté les deux cassettes vidéo. La Gloire de mon père et Le château de ma mère. Là, tout de suite, en les regardant dans l'ordre, j'ai compris l'histoire du deuxième film.
Je me souviens de Nathalie Roussel en maman de Marcel si douce et si jolie dans ces robes Belle Epoque comme je rêvais encore d'en porter à l'époque où les smocks ornaient encore ma poitrine toujours plate.
Je me souviens des paysages, du bruit des cigales, de Marcel et Lili dans la montagne, de l'oncle plus riche et de l'attente des vacances.
Pagnol, il n'y a que par ces deux films là que je le connais.
Et oui, aucun autre film vu.
Aucun livre lu.
Rien, que dalle, nada.
La honte pour une férue de lecture comme moi.
Et puis hier soir, Le temps des secrets, le temps des amours, la suite des deux premières histoires vues il y a tant d'années maintenant.
Devant la télévision, dans mon petit salon, la porte-fenêtre ouverte sur le soleil, avec un air de vacances dans l'air et de barbecue dans le jardin des voisins d'en-dessous.
C'était bien, c'était chouette...
C'était tout bête en fait...
C'était un petit brin de bonheur...
samedi 9 juin 2007
Au théâtre ce soir...
Mardi soir.
Au programme de la soirée, une hypothétique place pour une représentation de fin d'année du cours de théâtre de ma petite cousine qui a grandit sans que je ne m'en rende compte.
Ma cousine, la "petite" plus grande que moi, à ne pas confondre avec la "grande" un poil plus petite que moi, en soit, c'est un roman. Elle est du genre artiste, la tête dans les étoiles et les pieds pas trop sur terre. Du genre à prendre le métro en sens inverse, du genre à ne pas prévoir ses temps de transport dans son emploi du temps, du genre à zapper une information qui vient de lui être donné, du genre à promettre qu'elle va réserver des places avant de s'y prendre trois heures avant le début de la représentation, mais du genre aussi à concilier fac de lettres, conservatoire de musique et cours de théâtre en attendant de monter à la capitale l'année prochaine pour suivre les cours dispensé chez monsieur Florent, grosse boîte parfois critiquée mais d'où sont sortis Sandrine Kiberlain, Audrey Tautou, Gad Elmaleh et j'en oublie largement.
Bref, mardi soir, c'était la deuxième et dernière représentation de leur groupe qui avait choisi, sur l'incitation très certainement prégnante de leur prof, des extraits des Trois Soeurs de Tchékov. Et ma "petite" cousine, elle jouait dedans, la moitié du personnage de Macha. Oui, la moitié, parce que comme les acteurs étaient trop nombreux, ben les rôles étaient coupés en deux...
On a donc eu le droit à une Macha très froide, casse-pied et renfermée, puis à une Macha illuminée, exaltée et débauchée, puis de nouveau à une Macha très froide, casse-pied et renfermée, avant de retrouver la Macha illuminée, exaltée et débauchée. Ah ben oui, c'est un style... Heureusement que les costumes ne variaient pas d'un acteur à l'autre, sinon, là, je décrochais dès les cinq premières secondes...
Ensuite, il faut se mettre dans la tête que ce n'était que des extraits. Donc, comme le terme l'indique, nous n'avons pas eu la totalité de la pièce, et entre chaque scène, plusieurs mois s'écoulaient... Alors moi qui ait l'habitude du théâtre classique comme je l'ai appris à l'école avec une unité de temps, j'étais un peu paumée.
Enfin bref, au moins, maintenant, je peux frimer en disant que j'ai vu du Tchékov. Bon, sur le fil, vu qu'on a eu confirmation de trois désistements quarante minutes avant le début du film ; trois, comme le nombre qu'on était à venir admirer la prestation de notre future star familiale. Sur le fil aussi puisqu'une fois tout le monde rentré dans la mini salle de spectacle, il a fallu faire se tasser les gens, trouver une chaise et caser une dame dans un coin, et même peut-être bien rembourser les sur-sur-réservation effectuées...
Et quand on pense qu'on était dans un tout nouveau théâtre, inauguré à l'automne, avec très certainement une salle de représentation beaucoup plus grande, et qu'en plus il y a eu plein de pauvres âmes cherchant un brin de culture à devoir rebrousser chemin, on se dit que finalement, la salle de spectacle de la maison de quartier, c'est pas plus mal, même si c'est moins bien vu culturellement parlant de poser son derrière sur une chaise en plastique de la Maison Bleue plutôt que de s'installer dans des fauteuils rouges, qui font mal au dos en plus, au Théâtre de la Paillette, s'il-vous-plaît !...
Bref, moi, j'en ai retenu que j'avais une cousine qui sortait quand même du lot, et ce en toute objectivité, qu'elle mérite vraiment de réussir là-dedans parce qu'on voit que ça la branche un max, et que la prochaine représentation qu'elle donne, même si c'est à Paris, je prends une place dès que je connais la date... Et pas quarante minutes avant le début de la pièce...
En revanche, oui, je l'avoue, j'me suis quand même pris un coup de vieux en réalisant que ma "petite" cousine, non seulement, elle est plus grande que moi, mais en plus elle a 19 ans et qu'elle est plus "dévergondée" que moi au même âge... Mais bon, les coups de vieux, en ce moment, ça me connaît...
Ah oui, et puis aussi, je me suis rendue compte que si je veux faire du théâtre l'année prochaine pour poursuivre ma furtive incursion dans le monde artistique de l'hiver dernier, je vais plutôt chercher vers les associations d'amateurs, parce que les mises en scène comme hier, c'est... comment dire... heu... trop culturel pour moi je crois !
Texte © Miss Alfie 2007
Image Wikimedia, Tchékov par Osip Braz (1898)
mardi 5 juin 2007
Tout pour plaire
Caricatures ? Les films qui présentent trois copines ?
Franchement, jamais !
Totalement vrais.
Irrésistiblement réalistes.
Complètement adaptés.
Trois copines et leurs déboires amoureux. Certes, au moins elles en ont, des déboires... et des mecs, celles-là. Mais trois copines qui se racontent beaucoup, toujours là l'une pour l'autre, toujours prêtes à se rendre service, à se remonter le moral, à rigoler.
Trois copines mignonnes, intelligentes, ayant réussi dans leur boulot...
Trois copines qui ont tout pour plaire, mais qui ont quand même un peu de mal...
Un peu de mal à trouver le bon...
Un peu de mal à s'échapper de celui qui étouffe...
Un peu de mal à supporter les travers de celui sans qui elle ne pourrait pas vivre...
Un film gentil, sans prétention.
Pour sur, c'est pas un grand film du cinéma français, mais voilà, c'est un bon film à se regarder entre copines, le samedi soir,
après avoir mangé des pâtes un peu loupées et des fraises avec plein de sucre,
après avoir défilé dans l'appartement avec les nouvelles tenues,
après avoir parlé de l'avenir, du futur appart à chercher pour celle qui vient de trouver un boulot,
après avoir évoqué les week-ends à Paris pour celle qui va peut-être y partir,
après avoir promis de se revoir souvent, quoi qu'il arrive, où qu'elles soient,
après avoir passé en revue la semaine, ses événements et les perspectives pour la suivante,
après avoir regardé des photos et des mini-vidéos en rigolant comme de petites folles,
après avoir tenté de draguer les voisins de l'immeuble d'en face au grand désespoir de l'hôtesse,
après avoir choisi laquelle des trois allait représenter leur avenir,
et bien sûr après s'être demandé "Mais où se cachent-ils donc ?" !
Texte © Miss Alfie 2006
Affiche Tout pour plaire, de Cécile Telerman, 2005
vendredi 1 juin 2007
Télé poubelle
"Qui est le plus vicieux ? La télé ou ceux qui la regardent ? Résultat ce soir avec les audiences de The Big donor show (« Le spectacle du grand donneur »), diffusé sur la chaîne néerlandaise BNN. Un pur produit Endemol, bien scabreux sur les bords. Le concept ? Une cancéreuse en phase terminale doit choisir, parmi trois candidats à une transplantation, lequel bénéficiera de son rein. Les téléspectateurs pourront l’aider en votant (oui, en plus d’être glauque, c’est interactif). Ce n’est pas la première émission de « trash tv » diffusée aux Pays-bas : dans Myriam, avatar du Bachelor, des mâles célibataires s’affrontaient pour séduire une jeune fille en ignorant qu’il s’agissait d’un transexuel ; dans Spuiten en Slikken (« se piquer et avaler »), les présentateurs testaient en direct drogues diverses et pratiques sexuelles variées. C’est la première fois, en revanche, que le gouvernement s’indigne, signe que la ligne jaune a été franchie. Criant à l’immoralité, il n’a pas eu les moyens d’interdire l’émission. Privilège du téléspectateur qui, en la regardant ou pas, décidera de son avenir. ◆ E.D." (L'espresso, la newsletter quotidienne de Télérama, vendredi 1er juin 2007)
Endemol, ça vous dit quelque chose, rassurez-moi ! Non ? Alors allez donc voir leur site internet pour la France en cliquant ICI, et après, vous reviendez ici... Enfin chez moi quoi ! - Vous noterez la superbe faute de français, en lien total avec le sujet dont je vais parler, à savoir la destruction massive de neurones par scotchage télévisuel... -
Loft Story, Star Academy et ses multiples version, Attention à la Marche, T'empêche tout le monde de dormir, Fear Factor, Les enfants de la télé et j'en passe... Et oui, tout ça c'est Endemol, the big boite du Big Brother qui a fait ses armes aux Pays Bas. Mais là, si vous avez lu les quelques lignes qui ouvrent cet article, vous risquez de vous retrouver comme moi, sur le derrière.
Bon, si vous êtes assis, ça va... Mais en ce qui me concerne, j'ai trouvé ça ce matin dnas ma boite mail, consultant en vitesse avant de partir au boulot, le thé dans une main et la madeleine dans l'autre... Et j'avoue que j'ai failli en tomber à la renverse sur ma table de salon au plateau de verre, avaler de travers mon bout de madeleine et recracher mon thé sur mon petit n'ordi tout blanc...
Qu'on nous cause de Brialy toute la sainte journée, je veux bien. Je l'avoue, je n'ai rien contre ce monsieur qui a été une figure du monde artistique français, j'aimais bien sont style de dandy qu'on vénère à tout va sur toute onde un tant soit peu dite culturelle. Mais bon, voilà, il est décédé, paix à son âme... Au fait, y a combien de Libanais, d'Afghans, de Palestiniens, d'Israéliens, d'Irakiens, de Téchétchènes et j'en passe qui sont morts ces jours-ci ?...
C'est comme le festival de Cannes, c'est bien gentil mais on y récompense soit des films qui font pleurer du début à la fin soit des films slovaques sous-titrés en tchèque hyper intello que je n'irai jamais voir parce que moi, je n'aime pas pleurer quand je regarde un film, considérant que la vraie vie me donne assez d'occasion de faire marche la société Kleenex et que si je pose mon derrière sur un siège de cinéma en payant 8 euros et des brouettes, c'est de préférence pour me détendre et comprendre ce que je regarde...
Je sais, c'est paradoxal... Je lis Télérama et je ne vais pas voir les films primés. Ben non, parce que la culture oui, accessible à tous encore plus oui, mais la culture télé-poubelle non.
A savoir que les films tchèques sous-titrés en vietnamien, c'est peut-être très bien, mais ça va pas attirer les foules, et que ça va surtout être réservé à une élite qui comprendra soit le thcèque soit le vietnamien... Mais bon, en même temps, c'est p'têt pas une raison pour nous lobotomiser le cerveau avec des émissions où des minettes se trémoussent le derrière à moitié à poil, où les minets sont d'espèce d'hybrides pas plus masculins que moi et où les mots les plus fréquemment employés sont "heu...", "ben...", "ouais...", "trop top..." d'un air las et blasé...
Enfin bon, tout ça pour dire que je trouve que là, on en arrive à un stade sincèrement pitoyable... Ce n'est pour l'instant qu'aux Pays Bas, mais Big Brother, l'ancêtre de Loft Story, au début, ce n'était diffusé qu'aux Pays-Bas aussi...
(Si erreur, je prends les infos correctes...)
Texte © Miss Alfie 2007
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