samedi 8 mars 2008
Stopisations en masse...
Mes chers lecteurs, mes chers amis, mes chers anonymes qui passez par ici de temps à autre, nous sommes le samedi 8 mars 2008, c'est la Journée de la femme, il est 9 heures et des poussières et je viens ici vous annoncer que je vous abandonne. Oui, je sais, cela va être dur pour vous tant mon blog est fantastiquement génial, et je me demande où vont aller tous ces milliers de visiteurs qui cliquent ici chaque jour... Je crains que les autres blogs ne se retrouvent surchargés de visites en raison de mon absence...
Oui, je pars. Et une semaine complète en plus ! Et dans un endroit où je n'aurai pas internet dites donc ! Cette semaine va donc être une semaine de sevrage puisque je ne pourrai regarder la météo trois fois par jour, consulter mes comptes quotidiennement, évaluer le crédit disponible de mon forfait téléphonique et surveiller une bonne centaine de fois entre mon lever et mon coucher que je n'ai pas de nouveau mail ! Et accessoirement une semaine où vous n'aurez aucun message ! Rien, que dalle, nada ! Même pas, que j'en ai programmé d'avance, vu que j'ai déjà pas eu le temps de tout faire dans ma semaine.
D'ailleurs, faut que j'active mon derrière sur ce billet où je voulais annoncer un deuxième arrêt très important, plus encore que mon sevrage internetique : la clope ! Et oui, j'arrête. Enfin, en tout cas de cet après-midi au dimanche 16 au soir au minimum. Pourquoi pas plus après, qui sait... Bon, la seule chose, c'est qu'un certain nombre de personnes autour de moi ont arrêté de fumer et ont pris cinq kilos en un mois... Donc là, ça me fait un peu moins rire, je l'avoue... Mais qu'importe, j'aurai qu'à aller à pieds au boulot... Ben oui, quinze kilomètres matin et soir, ça fait faire du sport !
Enfin, en attendant, j'ai encore une valise et un sac à dos à fermer, ce qui est loin d'être gagné étant donné que je les ai déjà refait deux fois chacun et qu'une troisième réorganisation se profile ; un appartement et un pallier à nettoyer histoire de pouvoir à nouveau marcher pieds nus sur mes tapis ; et un pomponnage de circonstance à faire ; le tout avant de monter dans mon taxi familial pour retrouver ma petite cousine qui, par le plus grand des hasards, se retrouve dans le même train que moi !
Bon, et sinon, quelqu'un a une idée pour réduire mon volume de bagages ?!!!
Texte © Miss Alfie 2008
jeudi 6 mars 2008
Citoyens, citoyennes...
Ce week-end, pour ceux qui descendraient de je ne sais quelle planète, qui n'auraient ni journal à lire, ni téléviseur, ni radio, on vote ! Oui, on doit glisser son petit bulletin dans l'urne transparente et se faire tamponner sa carte d'électeur. Et pour les municipales. Et parfois même pour les cantonales, comme chez moi. C'est vrai, après tout, c'est pas mal de le rappeler, parce qu'avec tout le foin que notre président fait, avec tous ces ministres qu'on voit un peu partout, on en aurait presque oublié qu'il s'agit d'un scrutin local, qui concerne chacun de nous, parce que touchant notre quotidien, touchant les commerces de nos communes, leurs infrastructures, leur vie, tout simplement.
Oui, mais voilà, ce week-end, et le week-end d'après aussi, je ne serai pas dans ma commune, j'en serai même très loin, et je ne pourrai pas accomplir mon devoir de citoyenne comme j'aime à le faire depuis maintenant sept ans. Alors c'est vrai, au départ, je savais pas trop. Moi, je me sens chez moi, où j'habite, mais je ne me sens pas de cette commune là. Je me sens de la grande ville à sept minutes en voiture. Je me sens de cette ville à gauche depuis vingt-et-un ans, dirigée par un maire qui, quoi qu'on en dise, a quand même fait des trucs pas mal, dont un métro qui, décrié au départ, rend finalement bien service à toute la population.
Et puis mercredi matin, à la radio, voilà qu'ils m'en ont remis une couche, sur les procurations. Oui, mais une procuration, ça se donne à une personne qui vote dans la même commune. Donc point question de solliciter un membre de mon illustre famille qui, de toute façon, n'habite pas dans la même commune que moi. Et puis en papotant avec une collègue, j'ai trouvé celle qui votera pour moi.
Alors, ce soir, en rentrant du travail, je me suis arrêtée à la gendarmerie miteuse de la commune, j'ai demandé à faire une procuration, je me suis fait un peu houspillée par l'agent qui m'a dit de m'y prendre plus tôt la prochaine fois, et j'ai signé.
J'ai signé, parce que même si je ne connais pas les deux personnes qui se présentent, même si le maire sortant va être réélu très certainement, même si le scrutin de la grande ville d'à côté m'intéresse plus, c'est important. C'est important de donner son point de vue, de dire son choix, de s'exprimer. Parce qu'on fait suffisamment de choses dans notre dos pour ne pas dire le jour où on le peut ce qu'on pense. Parce que nous, les femmes, avons été suffisamment longtemps bâillonnées pour ne pas utiliser aujourd'hui ce droit de vote durement acquis. Parce que mine de rien, c'est la vie de la commune où je vis, où je paye mes impôts, où je fais mes courses, où j'emprunte mes livres, où je me promène parfois, qui est en jeu. Et que c'est tout simplement mon devoir de citoyenne de dire à notre président qu'au lieu de faire la couverture de magasines people, un homme politique doit avant tout s'intéresser à ceux qui l'entourent, et les écouter...
Texte © Miss Alfie 2008
mercredi 5 mars 2008
Derniers jours !!!
Ben vous savez quoi ?! Ah ben non, vous savez pas ! De quoi ? Ben que je suis en congés vendredi soir ! Oui, parfaitement m'sieurs dames ! Je m'absente de mon travail, je dévisse de ma chaise, et je quitte même mon appartement le temps de neuf petits jours ! Oui, parfaitement ! Mais je vous entends déjà venir, que j'ai sacrément de la chance, que c'est dégueulasse que je me casse comme ça, que je devrais me donner nuits et jours pour mon job... Oui, enfin, juste comme ça, de vous à moi : j'ai pas encore le droit de prendre de vraies vacances, donc ce sera cinq jours de congés sans solde, siouplait !
Bon, bref, ça c'est dit. Maintenant, reste à faire le point sur tout ce qu'il reste à faire d'ici vendredi soir. A savoir un certain nombre de choses quand même si je jette un oeil à la partie "notes" de mon agenda professionnel, choses allant du simple coup de fil pour rechercher une info à des demandes d'aides financières diverses et variées qui vont encore me prendre le choux jusqu'à ce que j'obtienne une réponse ferme et définitive qui me fera soit bondir de joie dans mon bureau soit rappeler les familles avec une voix de circonstance tragique.
A cela, se rajoutent une réunion grandiose de tout le personnel de ma structure demain après-midi où je sens bien que quelques petites bombes vont être dévoilées par la direction, ce que je ne manquerai pour rien au monde, deux petites visites à domicile pour papoter avec mes patients qui me raconteront s'ils sont ou non allés à la selle le matin et si c'était dur ou mou, et une commission à l'aube, vendredi matin, sur une situation chaud-bouillante avec un gamin mineur dans l'affaire !
Bon, autant dire que si j'arrive à tout faire, je me paye un coup toute seule dans mon appartement vendredi soir, surtout si ma chef se borne à me dire qu'il y a de nouvelles entrées, de nouveaux patients, et qu'il faut à tout tout tout prix que je les vois dans la semaine !
Heureusement, à côté de ça, y a quand même des trucs plus cool qui sortent du cadre professionnel. Comme le concert du petit Renan Luce qui monte qui monte à la Cité ce soir avec deux amies. Certes, avant, il nous faudra poireauter au moins une heure dans le froid hivernal pour espérer apercevoir une mèche de ses cheveux. Mais bon, le jeu en vaut la chandelle, et puis la Cité, c'est plus sympa que le Musikhall, hangar dans lequel l'artiste a choisi de revenir en mai... Oui, parce qu'à Rennes, Renan Luce, il vient deux fois en deux mois et demi ! Hihihi !
Et puis bon, demain midi, petit repas au restaurant universitaire du centre ville, histoire de me plomber l'estomac avec le steack-frite du CROUS, et d'être bien endormie pour la réunion de l'après-midi. Réunion d'où je repartirai le cerveau en ébullition et réfléchissant à ma valise que je m'empresserai de commencer au fur et à mesure que mes fringues seront repassées, le tout avec le dernier épisode de FBI devant les yeux... Oui, une fille, ça sait réfléchir, regarder la télévision, faire du repassage et préparer une valise, et tout ça en même temps !
Vendredi arrivera alors sans que je m'en sois rendue compte. La quille venue, il me faudra faire un saut au labo, le coeur battant la chamade comme à chaque fois que je dois récupérer un bilan sanguin, même tout con comme le bilan de mes allergies qui tient sur dix pages au moins. Mais après... Ben après, normalement, je serai toujours en forme, je filerai chez moi, je rangerai deux-trois trucs, je récupérerai mon cahier pour aller écrire pendant deux heures, le corps dans la salle de la MJC, l'esprit déjà à quelques centaines de kilomètres.
Et puis samedi... Ben samedi normalement, je ferai un peu de ménage, bouclerai mon sac et ma valise, attendrai mon chauffeur, et filerai le coeur en joie vers mon lieu de villégiature...
Oui, mais en attendant, nous sommes mercredi. Il est 13:00. Je n'ai pas encore mangé. J'ai faim et une bonne migraine qui décroche pas mes tempes depuis 24 heures, et j'ai envie d'aller aux WC... Oui, mais les WC du bureau sont bouchés ! Allez, trop bien ces derniers jours de boulot !!!
Texte © Miss Alfie 2008
dimanche 24 février 2008
Miss Alfie s'embourgeoise !
Il est une tradition à laquelle je déroge rarement, celle du shopping du samedi après-midi dans les rues de Rennes, en compagnie soit d'amies, soit de celui qui m'a donné ce goût là : mon père ! Et oui, si j'aime autant faire les boutiques le samedi après-midi, c'est en doute à cause, ou grâce à lui... Tiens, d'ailleurs, il faudrait que je vous en parle, de mon père... Tellement il est étonnant...
Mais bref, là n'est pas le sujet ! Non, je voulais plutôt vous conter mes déboires commerciaux, ou plutôt mes folies commerciales du jour. Parce que bon, franchement, pour une assistante sociale pas bien vieille dans le métier avec un salaire correct mais pas mirobolant, on peut se poser des questions lorsque l'on me croise dans la rue ! Oui, parce que bon, je vous épargne le sac d'un mégastore où j'ai complété ma collection musicale avec une demi-approbation ultérieure d'un spécialiste en la matière, ou celui d'une chaîne de boutique de vêtements pour femme relativement abordable et passe-partout.
Non, là où ça devient marrant, c'est quand on passe au sac à main. Rien que le sac à main. Une de ses variations du célèbre Pliage d'une marque de maroquinerie au nom évoquant un champ de course parisien, il me semble. Et rouge. Et grand. Si grand que c'est le genre de sac qui sert d'appoint à une valise pour mettre les trousses de toilette quand je pars en week-end, c'est vous dire ! Donc oui, je me trimballe avec un Pliage rouge posé sur mon avant-bras lui même replié, pour plus de classe, puisque toutes les minettes que je croise le portent ainsi ! J'ai donc, au bout de mon bras, non pas une main, mais une malle contenant des tonnes de choses inutiles dont je ne peux me passer et qui me tord le dos en permanence... Logique pour une gonzesse qui se plaint de son dos en quasi permanence !
Bon, maintenant que vous avez visualisé le sac, passons à l'autre bras. Bras au bout duquel la main qui est accrochée agrippe elle-même deux sacs. L'un d'entre eux arbore fièrement en vert pomme sur vert sapin l'effigie de la dite marque de maroquinerie précédemment citée puisque je sors du magasin. Magasin où je suis rentrée avec la ferme intention de compléter ma collection, n'ayant pas assez d'un cabas, d'un sac à dos, d'un porte-monnaie et de deux trousses à sac à main. Oui, parce qu'à chaque occupation son sac. Ainsi, le cabas, très pratique pour aller au boulot devient fortement encombrant quand il s'agit d'aller faire un tour en ville ou boire un verre en soirée, et le sac à dos reste un sac à dos, donc avec une élégance amoindrie, tout Pliage qu'il soit ! Donc voilà, dans mon sac vert, repose dans un papier de soie élégant, un sac couleur "figue", que j'avais précédemment qualifié de "prune" et mon père de "lie de vin" sous les yeux légèrement horrifiés de la vendeuse qui semblait se demander comment nous pouvions ne pas connaitre la nuance "figue"... Bref, veuillez nous excuser chère madame de notre stupidité, mais nous sommes de modestes prolétaires qui espèrent un jour devenir calife à la place du calife, c'est bien connu !
Je reprends donc. Mon Pliage rouge. Mon sac vert avec son sac figue dedans. Et un sac blanc bordé de vert anis avec un crocodile. Et oui, je ne me suis rien refusée. Même la marque au croco ! Non pas que je fasse partie de ces racailles qui trimballent leur banane griffée autour du cou en arborant fièrement survêtement, chaussures et casquette avec la même bestiole. Non, plutôt que pour une fois, pour la première fois, je suis arrivée au bon moment au bon endroit, et que les bonnes affaires d'après les soldes ne pouvaient pas se manquer. Parce que profiter de 70% de remise dans cette boutique là, et ressortir avec un chemisier et un pull pour même pas le prix du chemisier, c'est une aubaine à ne pas laisser passer !
Enfin, toujours est-il que hier soir, pour le sacro saint pot du samedi soir avec les copains, j'arborais fièrement mon sac à main neuf, mon chemisier neuf et mon pull neuf, sous le regard amusé de mes amis qui trouvaient que franchement, pour une assistante sociale, mon train de vie ne laissait pas franchement à désirer !
Edit du 28 février 2008 : Parce que plusieurs personnes m'ont demandé ce que c'était, nom d'un chien, qu'un Pliage, c'est ça (et là je suis sûre que ceux qui ne voyaient pas à quoi ça ressemble vont se dire "mais oui bien sûr !") :
Texte © Miss Alfie 2008
mardi 19 février 2008
Mon kiné ne m'aime plus !
Je sens que je viens bientôt créer une nouvelle rubrique dont l'idée sera de regrouper mes aventures avec mon kiné... Oui, parce que deux notes sur mon kiné en moins d'une semaine, y a de quoi commencer à se poser des questions, je vous l'avoue... Oui mais non ! Vous pouvez vous poser des questions, mais pas sur mon kiné et moi !!!
Donc, ainsi que je vous l'ai relaté vendredi matin, tapotant sur les touches de mon clavier pour vous écrire un billet doux au lieu de griffonner mes dossiers, j'ai droit à quelques séances de pelotages du genou et du dos aux frais de la société ! Et jeudi dernier, après une journée de travail épouvantablement longue, je suis allée me faire tripatouiller la jambe gauche fraîchement dégarnie de sa jungle brune. Je passerai sur les détails de la séance pour arriver au moment du renfilage du jean et du pull, et à la fixation du futur rendez-vous. C'est ainsi que la tête coincée dans mon col roulé déroulé, je l'entendis me proposer lundi à 18 heures. Donc hier à 18 heures.
Équipée comme toute femme active qui se respecte, je sortis mon agenda, tournai la page à la semaine suivant, et notai d'une main experte "Lundi, 18 h, kiné, changement d'adresse". Oui, parce que pendant le week-end, mon charmant kiné déménageait de son local miteux pour s'installer dans un appartement aménagé avec une donzelle et son associé.
Ainsi que vous l'avez parfaitement deviné, je me rendis donc hier lundi à 18 heures au nouveau cabinet après avoir mis quelques dizaines de post-it autour de moi, dans mon appartement, dans ma voiture, dans mon bureau, pour me rappeler l'heure de la dite rencontre et l'adresse. Fringante, de bonne humeur, détendue et gaie, je franchis la porte du cabinet le sourire aux lèvres, certaine de passer un excellent moment. Oui, mais c'était sans compter sur monsieur mon kiné qui, le sourire aux lèvres aussi, est venu m'indiquer que je m'étais trompée d'une heure... 17 heures, qu'il était, le rendez-vous...
Douche froide, suspicion d'Alzheimer naissant, confusion d'excuses dans le couloir en bois et déception flagrante. Nouveau rendez-vous pris, vendredi prochain, 18h30, je note, je post-it, je vérifie. Oui, je vérifie. Pourtant j'avais bien noté 18 heures dans mes deux agendas, dans mon portable et sur mon frigo. Pourtant je me souviens parfaitement m'être fait la réflexion que c'était plus tard que d'habitude, mais parfait puisque je bossais à l'opposé de la ville ce jour-là et que j'aurai donc le temps d'arriver. Pourtant, lui me soutient que c'est moi qui me suis plantée...
Alors bon, je veux bien croire que jeudi soir, je n'avais pas tous mes esprits, que j'étais déjà dans ma valise voire dans le train, que je percutais la moitié de ce qu'on me racontais, mais tout de même ! Tout de même, mes neurones sont encore très en forme, mon cerveau pesait samedi matin 1024 grammes avec très peu de sommeil et beaucoup de parlotte dans les yeux, j'ai découvert qu'il y avait 5 minutes de décalage horaire entre un réveil à l'ouest et un réveil à l'est de la France, je deviens créatrice d'alibi en quelques instants et en plus y a des gens qui me disent en commentaire que je suis culturée, alors bon, j'y crois quoi !
Donc bref, tout ça pour dire que j'ai pas eu droit à ma séance de kiné hier. Du coup, j'ai repris Boumbo, je suis retournée au centre commercial à côté, j'ai récupéré les cinq photos que j'avais demandé, je me suis pris un fou-rire parce que forcément, la vendeuse a sorti ZE photo où je fais une méga grimace avec la personne qui est à mes côtés et pas une autre, et je suis rentrée tranquillement chez moi où je me suis fait une espèce de tartiflette maison qu'était pas de la tartiflette parce que j'avais ni oignons - remplacés par des échalotes fraîches -, ni reblochon - remplacé par du fromage à raclette -, ni vin blanc - remplacé par rien du tout, j'picole pas encore toute seule ! - que je me suis dégustée en matant un David Pujadas à la tête écrasée par mon écran 16:9 !... Et en lorgnant les photos du week-end sur mon ordinateur... Et si c'était vrai ?!
Texte © Miss Alfie 2008
Image : Pas moi !!! Faudrait p'têt pas déconner non plus, j'ai jamais dit que je faisais mannequin !!! :p
vendredi 15 février 2008
My kiné and I !
Avoir un dos pourri, je l'avoue, c'est casse-pieds. Cela implique de prendre de multiples précautions quand vient le jour maudit des courses bimensuelles, de supprimer tout ce qui pourrait ressembler à des talons dépassant un centimètre sur des chaussures, de se trimbaler avec un sac à dos les jours de ballade en ville au lieu du petit sac à main à la mode, et d'éviter les activités sportives trop intenses à l'exception de la natation et éventuellement du vélo... - sachant que la piscine principale de ma ville est en travaux et que je n'ai aucun équilibre, je vous laisse deviner le temps consacré au sport dans mon emploi du temps !... -
Mais avoir un dos pourri, ça implique aussi de devoir se soigner, et du coup, d'aller voir un kinésithérapeute, sur les consignes d'un médecin que l'on bénit. Oui, car voir un kiné comme mon kiné transforme ce qui pourrait être une corvée supplémentaire à caser dans l'emploi du temps après le boulot en une séance de détente absolue.
Certes, jusqu'à présent, nos deux rendez-vous ont eu lieu dans un petit cabinet un peu miteux au plafond grisâtre et aux murs tâchés de vieux. Mais à partir de la semaine prochaine, je devrais le rencontrer dans un tout autre cadre que j'espère plus propice à ces agréables moments. Certes, également, côté lecture, on peut repasser, les magazines les plus récents devant dater de l'été 2007, exception faite d'Auto-Plus...
Mais ce kiné a des doigts d'or. Et s'extasie régulièrement au cours de la demi-heure que je passe entre ses mains du spécimen que je suis... Ah ben oui, c'est sûr, pour un jeune kiné, voir une gonzesse de bientôt vingt-cinq ans avec une scoliose, une hernie discale, une autre mini hernie pas bien compris de quoi,une hémisacralisation, et surtout une côte flottante en moins, ben ça excite !!! Car oui, j'ai tout ça, y compris la côte en moins, chose que je ne soupçonnais pas du tout à l'inverse du reste jusqu'à la semaine dernière.
Ma 12e côte droite a donc disparu dans la nature depuis une date indéterminée. Un avis de recherche est en cours, la question centrale étant désormais de comprendre comment ce qui est normalement accroché sur cette côte, à savoir notamment un de mes deux reins si j'ai bien compris, est fixé dans mon corps...
Et oui, voilà, je deviens une énigme médicale, un spécimen en voie de disparition, un cas d'étude dans les mains de mon beau kiné... Et oui, parce qu'en plus d'avoir des doigts d'or, mon kiné est jeune, et plutôt mignon... Autant dire qu'il convient régulièrement de ne pas penser à ces trois éléments et de se concentrer sur le fait qu'il ne peut qu'être casé, sinon, je risquerai de transformer la séance de kinésithérapie en séance un peu plus sportive !!!
Texte © Miss Alfie 2008
jeudi 14 février 2008
Au secours, mes placards débordent !
Ben voilà, j'ai craqué... C'est terrible... Pourtant, j'avais promis de ne pas y aller hein ! J'avais promis de ne pas me faire avoir une fois de plus ! J'avais juré qu'on ne m'y reprendrai plus, et que plus jamais je ne toucherai au catalogue de la Foire aux Gros Volumes Petits Prix de mon supermarché favori ! Mais c'était sans compter sur la sollicitude du distributeur de prospectus qui, malgré ma petite étiquette lui demandant gentiment d'épargner la nature, a glissé dans ma boîte ces quelques feuilles qui m'ont fait tourner la tête.
Et voilà comment, hier soir, après deux visites à domicile plus ou moins faciles, plus ou moins logiques, plus ou moins assistantes, et après un passage express à la médiathèque pour récupérer deux livres à rajouter dans ma valise, j'ai craqué. Repartant vers le rond-point en plein travaux depuis 6 mois et pour 6 autres mois en prévision de la construction et de l'ouverture d'un grand hangar bleu rempli par des meubles venus du froid, et répondant à la requête d'une collègue ayant repéré 3 kilos de poudre chocolatée pour ses enfants à un prix imbattable, je me suis engouffrée dans le parking un peu blindé, comme tout mercredi après-midi, garé Boumbo et embarqué un chariot aux roues détraquées dans mon lèche-rayons.
Et c'est là que le drame a eu lieu. Six flacons de gel douche, huit boites de mouchoirs en papier, dix paquets de gâteaux secs, autant de gâteaux apéro, quatre paquets de café et les fameux kilos de poudre chocolatée sont venus remplir la carcasse métallique de mon caddie. Et maintenant mon salon, exception faite de la poudre chocolatée remise à ma collègue ce matin même... Certes, j'ai évité les quatre-vingt-seize rouleaux de papier toilette rose double épaisseur, estimant que mon garage ne méritait pas de devenir une réserve de centre commercial, ou encore les dix-huit litres d'assouplissant, n'ayant que mes deux bras et mon dos en vrac pour les transporter jusqu'à mon appartement à l'étage et sans ascenseur.
Mais quand même... Il faut que vous sachiez que cette opération commerciale a lieu deux fois par an. Ainsi, l'année dernière, à la même période, lors de mon emménagement, j'avais déjà été atteinte de cette folie commerciale et que mes placards en subissent encore aujourd'hui les conséquences. Ainsi, quatre paquets de coquillettes attendent encore sagement d'être ingurgités par mon estomac sous le regard amusé de mes collègues de travail qui me voient régulièrement arriver avec ma gamelle de pâtes à toutes les sauces. Et que trois flacons géants de shampooing trônent sur la plus haute étagère de mon armoire de salle de bain, attendant bien sagement eux aussi d'atterrir non pas dans mon estomac mais sur mon crane si peu chevelu qu'un noix de liquide blanchâtre suffit à remettre en ordre ma coiffure.
Alors avis aux amateurs. Si vous voulez boire un café, n'hésitez pas. Si l'envie d'un biscuit sucré ou salé vous prend, je suis là. Si la date de votre douche annuelle approche, je serai ravie de vous fournir de quoi vous proprifier. Et si un rhume récalcitrant revient avec la belle saison, je suis équipée !
Miss Alfie, le nouveau supermarché à l'échelle microscopique !
Texte © Miss Alfie 2008
mercredi 13 février 2008
Saint Machin Chose
Et voilà, c'est reparti ! "Pour la Saint Valentin, offrez un cadeau inoubliable, un solitaire en diamant car les diamants sont éternels !" "Pour la fête des amoureux, offrez-vous un voyage à deux dans les îles anglo-normandes !" "Mon cœur fait bing, son cœur fait bang, faisons bong au restaurant !"...
Non mais franchement, tous les ans on nous ressert la même sauce, et vive les amoureux ! Et les célibataires alors ?! Ont-ils pensé à ces pauvres malheureux qui en ce funeste jour leur rappelant leur triste condition solitaire vont se retrouver à dîner devant une assiette de pâtes en songeant à tous ces couples vidant leur compte en banque pour un dîner aux chandelles...
En attendant, tout ça n'est qu'un simulacre marchand, un truc pour donner bonne conscience à tous ces couples enlisés dans une routine qui nécessite qu'une fête commerciale leur rappelle que s'aimer, ça peut vouloir dire faire des surprises à l'autre, et leur donne l'occasion, ne serait-ce qu'une fois par an, de sortir du train train quotidien qui fait oublier à ces messieurs qu'un bouquet de fleur ou un dîner au resto sans raison particulière, ça fait bigrement plaisir, et à ces dames qu'un coup de peigne et de maquillage ne prend pas beaucoup de temps avant de sortir de la voiture pour rentrer chez soi !
Donc grosso modo, je sais pas si je suis claire, mais pour moi, la Saint Valentin, c'est bien gentil, mais pour l'instant, ça me fait juste penser à un espèce de truc obligé par lequel on se doit de passer le 14 février quand on est en couple. Comme si faire un dîner le 13 ou le 15 n'avait pas de sens... Mais qu'importe, voyons le positif, à savoir les points quintuplés surma carte de mon supermarché ce soir en raison de la fameuse Saint Valentin, sûrement pour permettre aux tendres ménagères de mitonner de bons petits plats à leurs chers et tendres... Enfin, aux dernières nouvelles, mon 14 février au soir sera occupé par le remplissage d'une valise et la finalisation des derniers machins oubliés sous le lit et au fond du placard pour le week-end. Le tout agrémenté d'un petit DVD et d'un bouquin... Avec, très certainement, un plat de pâtes !
Texte © Miss Alfie 2008
lundi 11 février 2008
Dimanche printanier
Que faire quand on déteste le dimanche ? Que faire quand cette journée morte semble la pire de la semaine, encore pire que le lundi après ses deux jours de repos, encore pire que le vendredi après sa semaine de boulot ? Que faire quand, en cette journée honie, rien n'est prévu à part du ménage, du rangement, du décrassage de vêtement et d'appartement ?
Et ben rien ! Oui, rien, et laisser les autre faire pour vous. Et c'est finalement quand on ne fait rien, quand on se résigne, quand on prévoit de rester de longues heures vautrée sur le canapé que le destin se rappelle qu'on déteste le dimanche.
C'est ainsi que samedi, en plein pot en terrasse au soleil, un Monaco dans une main et l'autre farfouillant dans l'un des cinq sacs de shopping, mon portable a fait retentir sa mélodie muzesque et m'a indiqué que la future star de la famillle cherchait à me joindre. T'es à Rennes demain ? Mais carrément, qu'on mange ensemble ! Mais carrément, qu'on a des tonnes de trucs à se raconter ! Ah, et t'as emmené Guillaume - Canet... - et Gad - Elmaleh...- ? Mais j'arrive, j'arrive !!!
Et voilà. Adieu nettoyage de la baignoire, aspirateur, serpillère et chiffon. Adieu linge à repasser, à laver, à plier. Adieu pommes à compote et viande à hachis parmentier. Et bonjour dimanche bien rempli ! Rempli, à l'inverse des rues de Rennes un dimanche midi, à l'inverse des restaurants tous fermés ! Et voilà comment après une demi-heure d'arpentage acharné de toutes les rues à restaurant du centre ville, nous avons enfin déniché la seule pizzéria du centre ville ouverte en ce sacro saint jour de repos.
Et comment, après un crochet par le nouveau TNB tout beau tout propre, nous avons remonté la pire rue de la ville pour aller fouler de nos chaussures les allées gravillonées du Thabor, parc rennais aux mille souvenirs mis en commun. De la roseraie à la volière, photos et délires en tout genre, rafales de prises de vue au bord d'un bassin à force de grimaces et de fous-rire. Et là, là, j'ai le regret de devoir dire à monsieur dimanche qu'il a loupé sa mission : pas du tout détesté mon dimanche, surtout qu'en rentrant, après avoir discuté cinéma, je me suis attrapée ce film que j'envisageais de regarder depuis quelques temps, Je vais bien ne t'en fais pas.
Il ne m'avait pas menti en me le décrivant comme superbe. Pour une fois, je n'ai pas été déçue de l'adaptation à l'écran d'un livre que j'ai beaucoup aimé. Et pour une fois, j'ai eu les yeux rouges toute la soirée... C'est émouvant, c'est parfois drôle, c'est poignant, et ça termine bien un dimanche plein de soleil, avec un faux air de printemps, où l'on porte ses nouvelles bottes même dans l'appartement, parce que vraiment, elles sont trop confortables !!!
Et un dimanche où l'on se dit qu'on tient le bon bout, et qu'avec un peu de chance, les prochains jours vont passer à une vitesse raisonnable, suffisamment vite pour que l'impatience grandissante s'endorme et s'apaise, mais suffisamment doucement pour que l'on ai le temps de faire tout un tas de petits trucs qu'une fille veut à tout prix faire dans ces cas là, comme refaire trois fois la valise pour 48 heures parce que voilà, une fille, ça voyage pas léger !...
Texte © Miss Alfie 2008
mercredi 6 février 2008
Ne rien faire...
Ne rien faire. Et en avoir conscience.
Profiter du fait de ne rien fait. Être dans cette inactivité. La respirer, l'absorber.
Ouvrir la fenêtre sur le soleil de ce début de février. Ouvrir et écouter. Quelques bruits indistincts, les travaux du rond-point voisin, asourdis par les mètres qui m'en séparent. Des oiseaux qui pépient. Des voitures, au loin.
S'allonger sur le lit. S'enfoncer dans le moelleux de la couette. Le dos contre le tissu à carreaux multicolores, replier les jambes, ne faire qu'une boule. Sentir la pression des genoux sur la poitrine. Et fermer les yeux.
Écouter le silence. Écouter les oiseaux. Sentir l'air de la pièce se rafraîchir. Percevoir une luminosité solaire à travers le rideau des paupières. On se croirait presque en été, un début de soirée, quand je jour décline doucement. Une voiture arrive, se gare. Quelqu'un coupe le moteur. Une portière et des pas, des talons qui claquent sur le bitume. Puis à nouveau le silence. L'air. La lumière.
Profiter d'une journée de congé. Avoir l'impression de ne rien faire, mais pourtant vivre. Repenser au restaurant universitaire, au brouhaha du midi même, aux souvenirs qu'il dégage. Revoir tous les RU connus.
Celui de Paris, en voyage scolaire, en troisième... ou en seconde, près du Val de Grâce... La mémoire flanche, pas moyen de retrouver son nom.
Celui de la fac de droit, fréquenté le temps de réaliser l'erreur d'orientation, la phobie des amphis, deux semaines à peine.
Celui de Villejean, le plus connu. Celui de trois années à y déjeuner tous les midis de la semaine. Celui des cafés pas très bons à la cafétéria, des discussions brisées par la pendules dont les aiguilles se rapprochaient souvent trop vite de treize heures trente, des révisions de dernière minute.
Celui du Champs de Mars, peu fréquenté, peu de souvenirs, mais des repas de midi les jours de congé en stage, des retrouvailles avec l'amie éloignée par la vie, le RU ni beau ni bon.
Celui de Caen, un seul repas, aube d'un week-end, échec et mat.
Celui de la fac d'éco, avec ses souvenirs vierges, un RU comme un autre, le RU de ce midi, un RU plein d'étudiants parlant français, espagnol ou anglais, un petit RU toujours complet où l'on guette les plateaux presque terminés, où l'on avale sa dernière bouchée en mettant son manteau pour laisser la place aux estomacs affamés suivants.
Des souvenirs, et puis maintenant.
Maintenant, le stylo qui court de plus en plus vite sur la feuille blanche, embarqué au fil des pensées, cherchant à ne pas en semer une seule.
Maintenant, la fenêtre fermée et le soleil qui se cache peu à peu derrière les immeubles d'en face.
Maintenant, le grattement de la bille du roller sur la feuille. Le réfrigérateur et le congélateur qui ronronnent, et le réveil qui égrène les secondes.
Parfois, un moteur assourdi par le double vitrage. Ne pas entendre, ne pas savoir, ne pas connaître l'autre, le voisin. Chacun chez soi. Discrétion et individualisme.
Se rendre tout à coup compte de l'ordinateur qui ronronne sa veille. Une photo sur l'écran, trop loin pour être nette.
Repenser à cet ordi, à ces liens qu'il permet de tisser, d'un bout à l'autre du pays. Ordi sourire, ordi soucis.
Repenser à ces mots qui s'alignent sur l'écran au gré d'une touche "Entrée".
Repenser à la distance, obstacle invisible qui impliquera peut-être des choix, mais peut-être aussi des projets... Des points d'interrogation pour l'instant... Un flou artistique, moi sans mes lunettes, myopie à distance, se rapprocher pour préciser les contours.
Et du coup repenser au futur week-end. Prévoir d'occuper le temps d'ici là, courses, ménage, repassage. Demain le boulot, rappeler les copains. Vendredi soir, la raclette. Anticiper pour occuper. Réaliser que le temps file. Plus vite qu'on ne l'espérait. Trop vite peut-être. Car on sait qu'on ne pourra l'arrêter quand le temps attendu sera enfin là. Peur. Peur de décevoir, peur de rater, une fois de plus.
Un oiseau passe devant la fenêtre. Sa silhouette se découpe sur le mur beige de l'immeuble d'en face. Des volets sont encore fermés. Les occupants ont dû partir tôt ce matin. Mais ouvrir malgré tout les volets. Pour les absents, pour réchauffer, pour éclairer. Ouvrir les volets pour avoir l'impression que l'on vit, là, ici.
Le jour décline. Le soleil forme un halo au dessus du toit plat de l'immeuble d'en face.
Soleil de février. Soleil qui réchauffe l'âme et le coeur. Soleil d'une saison qui s'étire pour bientôt laisser place au printemps. Bientôt, les fleurs dans les champs, touches jaunes, rouges, violettes ou blanches sur les talus.
Mais pour l'heure, nous sommes le mercredi 6 février. Il est 23h21 à l'horloge de l'ordinateur. L'heure d'arrêter la retranscription de ma prose. L'heure de rejoindre le jour qui viendra avec le sommeil.
Texte © Miss Alfie 2008


