Les crumbles de Miss Alfie

Des crumbles de vie, des goûters de petits bonheurs, des repas de petits plaisirs...

vendredi 20 avril 2007

Destins - Chapitre 9 et Epilogue

C'est ici que s'achèvera notre parcours avec Michel Leroux... Que va-t-il advenir de lui ? De sa boule ? Trouvera-t-il enfin ce bonheur qu'il cherche avec tant d'ardeur ?...

Monsieur Zlavoni arriva chez Michel un vendredi à midi. Il lui avait expliqué qu’il ne voulait le rencontrer qu’un jour de pleine lune. Lorsque Michel ouvrit la porte, il se retrouva face à un petit homme bien enrobé. Il portait un complet gris et un étrange collier de plumes. Sous son bras droit, il tenait, plié, le journal avec l’annonce. D’une main experte, il tira de la poche intérieure de son veston une carte de visite qu’il présenta à Michel. Il y était inscrit :

Monsieur Zoltan Zlavoni
Professeur de sciences occultes
Université de Pau

Michel le fit entrer, lui proposa de s’asseoir et lui offrit l’apéritif. L’homme accepta la première proposition mais refusa l’apéritif.
« Les esprits ne sont pas de très bon augure aujourd’hui. Mieux vaut ne pas les contrarier ! » expliqua-t-il. Ils s’assirent donc tous les deux dans les petits fauteuils commencèrent à discuter de choses et d’autres. Ils en virent ensuite à parler de la boule.

Monsieur Zlavoni posa à Michel plusieurs questions :
« Depuis quand avez-vous cette boule, et quand l’avez-vous achetée ? commença le professeur.
– Je l’ai achetée il y a environ un mois au marché, chez un brocanteur.
– Vous a-t-elle apporté du bonheur ?
– Oui, je crois… répondit Michel après un temps de réflexion.
– C’est donc elle. Je dois vous dire, monsieur Leroux, que je recherche cet objet depuis une dizaine d’année. Cette boule a été découverte en 1700 par un explorateur polonais au Pérou. Je suis à sa recherche pour l’analyser afin de découvrir ce qu’elle contient et qui rend les gens si heureux. Pourriez-vous me la montrer ? »

Michel se leva pour aller chercher l’objet miraculeux et la posa délicatement dans les mains de l’homme. Celui-ci l’observa pendant une dizaine de minutes avec des yeux extatiques, lui parlant, la caressant… Finalement, il débattirent du prix. Celui-ci fixé, monsieur Zlavoni sortit une liasse de billet de cinq cent francs qu’il remit à Michel. A cet instant précis, comme poussée par une force magique, la boule, lentement, roula et vint se briser sur le sol, faisant échapper un cri d’horreur aux deux hommes.

Les deux hommes se séparèrent aussitôt. Monsieur Zlavoni était livide, blême, presque un mort vivant. Michel, quant à lui paraissait serin. Il avait soixante-quinze ans, se savait malade du cœur, mais la mort ne lui faisait pas peur. Ce serait pour lui une sorte de délivrance. Une fois monsieur Zlavoni partir, Michel s’assit et réfléchit. D’accord, il était heureux depuis ces derniers temps. Mais était-ce vraiment dû à la boule ? Pour lui, c’était un simple hasard, « l’œuvre de Dieu », comme aurait dit sa femme.

------------------

Quelques jours plus tard, on retrouva dans son appartement un homme. Il s’était tiré une balle dans la tête. Cet homme s’appelait Zoltan Zlavoni.

Apprenant la nouvelle, un autre homme décida de partir en voyage, de faire ce qu’il n’avait jamais fait. Cet autre homme s’appelait Michel Leroux. Il s’était rendu compte que la boule lui avait ouvert les yeux sur sa vie. Et son bonheur, c’était à lui de le construire maintenant…


Destins, par Miss Alfie, 1997-1998, Rennes

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jeudi 19 avril 2007

Destins - Chapitre 8

Quand on apprend les règles épistolaires, il est toujours nécessaires de les inclure dans les traditionnels contrôles de fin de mois... Et ce sera notre chapitre 8... La fin approche...

C’était plus fort que lui, Michel avait le sens du rythme et des rimes dans la peau et ne pouvait s’empêcher de finir ses phrases en rimes. Il dut recommencer plusieurs brouillons afin que sa lettre pût recevoir la réponse la plus sérieuse, la plus intéressante à propos de sa boule, espoir et menace pour sa vie. Il fallait que cette lettre exprimât au mieux son souhait : retrouver quelqu’un qui pourrait le renseigner sur cet énigmatique objet. Finalement, Michel, après avoir écrit plusieurs brouillons, en choisit un et l’écrivit au quotidien régional Le Pyrénéen :

                Madame, Monsieur
            J’ai l’honneur de vous demander de faire paraître dans votre journal une annonce sous la rubrique « courrier des lecteurs » afin de retrouver une personne susceptible de me donner des renseignements sur un énigmatique objet. Voici donc mon annonce :

           « Je recherche toute personne pouvant m’apporter des renseignement sur une boule de verre, toute personne possédant un objet étrange, ou toute personne à qui on aurait pu promettre un avenir sur « quelque chose » acheté chez un antiquaire.
                Pour toute réponse, merci d’écrire à Michel LEROUX
                                                                                15, rue du Stade
                                                                                65400 ARGELES-GAZOST »

                Veuillez agréer, Madame, Monsieur, mes salutations distinguées.
                Michel LEROUX

Rapidement, l’annonce parut et ne laissa pas les gens indifférents. En effet, Michel, qui avait choisi le plus grand quotidien régional, reçu plusieurs réponses. Beaucoup lui parurent suspectes, peu sérieuses, quelques-unes unes avaient l’air sincère. Mais une en particulier retint son attention : l’auteur proposait, en échange d’une forte somme, d’acheter la fameuse boule. La convoitise de ce lecteur ne manqua pas de faire réagir notre homme dont les maigres ressources lui permettaient juste de vivre décemment.

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mercredi 18 avril 2007

Destins - Chapitre 7

Ce mois-là, nous avions travaillé les poèmes, la techniques, les règles, et tout ce qui en fait un art en soit... Voilà ce que ça peut donner au milieu des aventures de Michel Leroux !...


Assis à son bureau, la lampe allumée, la boule calée, Michel, décidé, écrivait. Son visage reflétait son opinion sur ses écrits : heureux, déçu, acharné, soucieux, amusé, reprenant à haute voix un mot, une phrase, une strophe avant de tout recommencer. Il s'appliquait à travailler le rythme, la musicalité d'une phrase. Il se levait, allait à la fenêtre chercher son inspiration, revenait s'asseoir, griffonnait quelques mots et se relevait. Michel se rendit compte qu'écrire un poème n'était pas chose aisée : trouver la rime, la phrase qui fera d'un vers, d'une strophe, d'un poème une oeuvre enchanteresse. Après maintes et maintes reprises, il réussit quelques essais:

 

"Quelques notes ségrènent d'un vieux gramophone,
Et dans l'air, une douce mélodie s'envole."


"Un vieux cahier aux pages écornées,
Une écriture penchée, réguliére,
Par endroit, quelques mots sont effacés :
C'est le cahier d'essais de ma grand-mère.

Histoire, français et mathématiques,
Géographie, biologie et musique
Toutes les matières sont mélangées.

Poussiéreux, d'autres cahiers sont posés.
Livres, compas, équerres, plumes et
Règles sont rangés dans le vieux grenier."

"Par une sombre journée,
Tu nous as quittés.
Coiffeuse tu étais.
Tous t'aimaient.
Avec ta fille et ton mari,
Tu n'hésitas pas à quitter ton pays
Quand les bombardements
Ont décimé ta maison cruellement.

Avec ton esprit jeune, tu étais merveilleuse,

A tous moments joyeuse.
Mamée, je t'aimais,
Tous t'aimaient."

Michel décida de faire alors un poème sur sa boule. Elle avait pris une place importante dans sa vie depuis qu'il l'avait achetée. Mais il ne pouvait trouver la phrase finale. Son esprit était près de celle qu'il avait respectée toute sa vie. Malgrétout, il décida d'arrêter ses poèmes car il avait, pour l'heure, mieux à faire. Il voulait écrire une lettre afin d'obtenir de plus amples renseignements sur la boule qu'il avait en sa possession, et peut-être découvrir le mystérieux secret dont elle était entourée.
 

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mardi 17 avril 2007

Destins - Chapitre 6

Et voilà notre héros qui se prend à faire une dissertation orale...

Michel était de ces hommes qui recherchait la moindre occasion pour être heureux. Ainsi, lire un livre ou un article de presse sur un sujet qu’il aimait était, pour lui, un véritable plaisir. Mais voir un couple, un enfant, une personne heureuse était également source de bonheur. Alors qu’il se disait que la rue n’avait jamais été aussi silencieuse, un avion volant trop bas vint troubler, par son bruit, la réflexion de notre ami. « Vraiment, la pollution est un problème crucial dans notre société » se dit-il. Il commença alors son monologue de politicien, s’imaginant devant une salle pleine de monde, disposée à l’écouter.

« A l’heure actuelle, les médias parlent beaucoup de la pollution. C’est donc un problème crucial dans notre monde actuel. Je vous ai invité ici, mesdames et messieurs, pour vous parler des causes et des conséquence, nombreuses, de la pollution, mais aussi des remèdes que nous pouvons, ensemble, mettre en place.

Les causes de la pollution sont variées. On peut dénombrer, entre autre, le rejet des gaz d’échappement de même que la négligence des consommateurs. Ainsi, un beau temps favorise l’augmentation de la pollution dans des villes comme Paris, Lyon, Marseille, ou plus près de chez nous, Pau ou même Lourdes. A cela, nous pouvons ajouter toutes les cochonneries que NOUS rejetons dans la nature.

Vous pouvez voir quelles sont les conséquences de toutes ces maladresses.

Certaines conséquences plus « humaines », affectent notre santé physique. Mais les conséquences que je qualifierais d’ « environnementale », sont également importantes. Ainsi, les enfants en bas âge et en poussette sont les personnes les plus touchées par la pollution automobile : assis à la hauteur des pots d’échappements, ils respirent les gaz toxiques et en ont les poumons affectés. Mais nos rivières et nos forêts sont aussi dans un état lamentable : usines, promeneurs, tous, nous sommes responsables de cette pollution due aux canettes, aux paquets de bonbons ou de gâteaux, aux déchets de toute sorte jetée dans notre nature si belle, mais ainsi souillée.

Voulez-vous que notre pays soit réduit à l’état de poubelle et que nos enfants aient leurs poumons abîmés, non plus par la cigarette, mais par les pots d’échappement ? Non ! C’est pourquoi nous devons trouver des solutions à cela.

Hélas, il n’y en a aucune de miraculeuse. Malgré tout, nous devrions moins utiliser nos automobiles, ou s’arranger avec quelqu’un ayant une voiture presque vide de tout passager. Et nous devrions également jeter nos déchets dans des poubelles spécifiques. Ces solutions ne nous permettraient-elles pas de mieux nous connaître et d’utiliser les poubelles mises à notre disposition dans les forêts ?

Malgré tout, nous ne pourrons jamais refaire une terre belle, propre et nette. Mais ces deux solutions sont accessibles à tous. Et si, au lieu de jeter n’importe quoi n’importe où, nous prenions modèle sur nos voisins allemands qui utilisent plusieurs poubelles ? Eux ont trouvé une solution qui ne me paraît pas si mauvaise. Pourquoi ne pas en faire autant ? »

Michel s’arrêta et éclata de rire. « Je ferais un médiocre politicien ! » se dit-il. Il regarda le ciel. L’avion avait disparu depuis longtemps. Le ciel était bleu, traversé par des petits nuages, tel un zèbre. Les arbres, dehors, balançaient leur plumage verdoyant en rythme et lentement. On aurait dit un poème. Et lui qui, jusqu’alors, avait toujours eu peur d’en faire un, bien que ce fût presque sa lecture préférée, sur un coup de tête, décida de passer à l’acte.

 

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lundi 16 avril 2007

Destins - Chapitre 5

Après vaoir travaillé sur la description, le fantastique, l'argumentaire, voilà qu'il nous fallait inventer la suite d'un texte de Guy de Maupassant, rien de moins s'il vous plait !

Quand Michel se réveilla, la nuit était tombée. Un peu endolori, il se demanda ce qui lui était arrivé. Il avait froid et mal au dos. C’était sûrement cela qui l’avait réveillé. A moins que ce ne fussent les bruits de la ville qui pénétraient dans la mansarde par la fenêtre ouverte. Michel se leva et se dirigea vers celle-ci. Il regarda un moment le ciel étoilé puis la ville. Quelques maisons avaient encore une lumière allumé. Là-bas, une lueur s’éteignait, arrêtant le cours des choses. Il referma la fenêtre, tira le rideau et s’installa avec son livre dans un fauteuil. Il relut l’incipit de ce conte de Maupassant intitulé « La Peur ». Fatigué, il préféra finalement aller se coucher. Allongé, les yeux rivés au plafond, Michel imagina la fin de ce conte, tout en pensant qu’il lui en restait encore trois cent soixante trois à lire.

« …Puis, il ajouta d’un ton qui me fit sourire :
« Mais vous n’êtes point cet homme. »
Il me fit asseoir sur une chaise de bois, devant une immense table et demanda à l’une des deux femmes que l’on me serve à souper. Mon compagnon fit de même. Le vieux m’interrogea.
« D’où venez-vous par cette nuit glaciale ?
– Nous avons parcouru dix lieues pour venir jusqu’à votre logis, répondit mon guide à ma place.
– Et où allez-vous ?
– Nous allons chasser, puis rejoindre la demeure de ma sœur à sept lieux d’ici, expliquais-je.
– Faites attention ! Il n’est point prudent de voyager en forêt cette nuit. Vous dormirez ici. »
    Ce furent les dernières paroles du vieux pour nous car il alla se poster devant la fenêtre avec un fusil. De sa place, il demande à l’une de ses deux brus un bol de soupe et un tabouret. Docilement, la femme concernée apporta la requête à son beau-père. A l’autre femme, il demanda de préparer un lit pour moi et un autre pour mon guide. Fatigués, nous nous retirâmes de bonne heure, le vieux restant en bas avec ses deux fils et leurs femmes, guettant le braconnier.
 
Au petit matin, lorsque je descendis, les deux femmes pleuraient, livides. Je demandais à l’un des fils ce qui se passait. Il m’expliqua : le vieux était mort dans la nuit. Depuis deux ans, il était hanté par le fantôme du braconnier et en était devenu fou. Il avait décidé de mettre fin à ses jours, là où sa vie avait commencé à être un enfer. Les deux femmes avaient retrouvé le corps de leur beau-père, la tête dans une mare de sang. Le fusil, lui était demeuré introuvable, comme volatilisé… »

A son réveil, Michel ouvrit les rideaux et vit la lumière du jour. Il s’empressa de lire la fin du comte de Maupassant, auteur du dix-neuvième siècle que Michel appréciait, et ne fut qu’à moitié surpris par la fin du récit. Les solutions de Maupassant étaient toujours très déroutantes et il s’en amusa tant qu’un frisson lui parcouru le dos. Lui-même se mit à considérer son passé, à analyser ce qu’avait été sa vie jusqu’à ce jour là.

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dimanche 15 avril 2007

Destins - Chapitre 4

Ce quatrième chapitre avait pour base une fiche de lecture que nous avions dû rédiger et intégrer à notre narration... Je conçois que cela casse un peu le rythme, mais c'est étrange comme à l'époque, la recherche du bonheur me turlupinait déjà...

Michel choisit un livre et s’installa à son bureau. Il n’avait pas encore lu ce livre qu’il avait acheté il y avait plus d’un mois déjà. Il alluma la lampe, regarda sa boule et la cala soigneusement entre ses affaires pour qu’elle ne tombe pas. Il prit aussi un classeur et l’ouvrit. Sur la première page, était inscrit Anthologie des livres sur le bonheur. En effet, depuis quelques mois, Michel rédigeait des fiches de lectures sur les livres qu’il lisait et qui évoquait le bonheur, dans tous les sens du terme. Il ouvrit le livre et commença à lire. Il lut et lut encore, jusqu’à ce qu’il arrivât à la fin du livre, qui, ce jour-là, était une pièce de théâtre.

Michel, après s’être interrogé sur la façon dont le bonheur se manifestait dans cette histoire, décida de faire une fiche de lecture sur ce livre. Il prit une feuille dans son tiroir ainsi qu’un stylo et commença à rédiger de sa belle écriture :

– TITRE : Le Bourgeois gentilhomme
– AUTEUR : Molière
– EDITEUR et ANNEE : Classique-Hachette, 1996
– EPOQUE et LIEU(X) : 17ème siècle à Paris, chez monsieur Jourdain
– PERSONNAGES : Monsieur Jourdain (Bourgeois), Madame Jourdain (Sa femme), Lucile (Sa fille), Nicole (Servante de Lucile), Cléonte (Amant de Lucile), Covielle (Valet de Cléonte et amant de Nicole), Dorante (Comte et amant de Dorimène), Dorimène (Marquise), les maîtres
– RESUME : Monsieur Jourdain souhaite devenir gentilhomme afin de pouvoir courtiser une marquise, Dorimène, déjà courtisée par Dorante, tandis que Lucile vaut épouser Cléonte mais ne le peut car son père souhaite la marier à un gentilhomme et Cléonte n’en est pas un. Cléonte et son valet se déguisent alors en Turcs afin de faire céder monsieur Jourdain et qu’il donne la main de sa fille au « fils du grand Turc » qu’est Cléonte. Monsieur Jourdain ne voit pas la supercherie et donne la main de Lucile au « fils du grand Turc » tandis que Nicole peut épouser Covielle déguisé en « truchement »
– PROPOS SUR LE BONHEUR :
    – Monsieur Jourdain apprenant à parler, à danser…
    – Monsieur Jourdain donnant la main de Lucile à Cléonte
    – La cérémonie turque

Michel releva la tête et vit la boule de verre qui brillait dans la lumière. « Tu me rends malgré tout vraiment très heureux. Je me sens serein » se dit-il. Il posa son crayon et ferma le livre. Il se leva pour le remettre à sa place dans l’étagère. Là, il prit un vieux livre qu’il s’était promis de lire depuis longtemps déjà. Son titre était Contes. Il se rassit à son bureau, ouvrit le livre et commença à lire le premier conte. L’histoire était pourtant passionnante, mais il était si fatigué de sa longue marche qu’il tomba de sommeil au bout du deuxième récit, la boule veillant toujours sur lui, tel une bonne étoile veillant sur un bébé.

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samedi 14 avril 2007

Destins - Chapitre 3

Ce troisième chapitre nous faisait intégrer les principes d'une pseudo dissertation en trois points, avec le développement de l'idée, l'exemple l'illustrant et la conclusion... La fluidité du texte s'en ressent... Mais pour un élève de 3ème, c'est plus sympa de faire une dissertation au milieu d'une nouvelle !...

Michel arriva dans la rue, essoufflé, étourdi, encore sous le choc. Il mit du temps à retrouver ses esprits. Une feuille tombant d’un arbre, tel une chauve-souris, un chien passant devant lui : tout était prétexte pour troubler ses pensées. Plus loin, dans un village, des cloches sonnaient à toute volée. Il gagna le parc du Casino situé non loin de chez lui et s’assit sur un banc, ne sachant plus que faire, voulant réfléchir. Une ombre troubla sa réflexion. Il releva la tête et vit une jeune femme promenant un petit garçon d’environ trois ans et souriant à son petit. Cette image de sérénité et de paix permit à Michel de retrouver ses esprits. Il se leva et partit se promenant au gré des allées en se demandant ce qui pourrait le rendre heureux et ce qu’était pour lui le bonheur.

« D’abord, le bonheur serait de voir mes petits-enfants. En effet, être grand-père est un véritable bonheur. Ainsi, quand mes enfants m’annoncent qu’ils ne peuvent venir me voir car ils ont un repas, je suis malheureux. Voir ses petits-enfants une fois par an, en photo sur une carte de vœux, n’est pas très agréable. Donc, je peux affirmer que je serais le plus heureux des hommes si je voyais mes petits-enfants. 
Ensuite, le bonheur serait de pouvoir m’acheter des livres sans compter. En effet, lire est un véritable passion. Ainsi, je me suis abonné à la bibliothèque, mais ne pas pouvoir relire un livre quand on le souhaite est un peux gênant. D’ailleurs, dès que mes finances me le permettent, je m’achète un livre. Donc, je serais bien plus heureux si je pouvais acheter plus de livres, quand je veux.
Enfin, le bonheur serait d’avoir des amis avec qui partager mes joies et mes peines. En effet, être solitaire n’est pas très réconfortant. Ainsi, quand j’ai besoin de parler, je ne peux m’adresser ni à mes enfants, qui ne me parlent presque plus, ni à mes amis, qui habitent loin. D’ailleurs, « c’est dans l’épreuve que l’on reconnaît ses vrais amis », et les miens ne sont pas si nombreux. Donc, si j’avais des amis à qui me confier, je serais très heureux. »

Rasséréné après sa longue réflexion, Michel décida de rentrer chez lui. Mais il se rendit compte qu’il était sortit du parc, puis de la ville et ne savait plus où il était. Il trouva un brave fermier dans son champ.
« Excusez-moi, monsieur, appela Michel, pourriez-vous m’indiquer la route d’Argelès-Gazost, s’il vous plaît ?
– Bien sûr ! Vous allez tout droit, puis vous tournez à droite et ensuite à gauche, et vous arriverez sur la grande route de Lourdes à Argelès, lui expliqua l’homme.
– Merci beaucoup ! »

Cet échange finit de lui redonner confiance. Le bonheur, c’était un homme dans son champ, une femme et son enfant… Le bonheur, c’était la seule chose que Michel recherchait en s’évadant dans ses livres, en allant au parc. Il rentra rapidement chez lui et prit un livre sur l’étagère. Il y trouva enfin bonheur et sérénité.

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vendredi 13 avril 2007

Destins - Chapitre 2

Il s'agissait dans ce chapitre de travailler sur le fantastique.

Le ciel s’assombrissait et l’homme pressa le pas, la boule coincée sous son bras. Argelès-Gazost était une bien jolie ville l’été, quand le soleil brillait de tous ses feux. Mais lorsque les nuages le chassaient, certaines ruelles devenaient intrigantes, presque inquiétantes. La rue du stade, dans la ville basse, faisait partie de ses rues. Avec ses grandes maisons rapprochées et ses arbres centenaires, elle ne laissait pas passer un brin de lumière, en particulier lorsque le temps était couvert comme ce jour-là.

L’homme allait bon train, pressé de rentrer dans son logis, au numéro 15 de cette rue. Il arriva devant sa maison, l’une des rares, la seule peut-être, à s’élever sur cinq étages. Il ouvrit la porte d’entrée, salua la concierge assise dans sa loge, et monta l’escalier de bois en colimaçon, se retournant au moindre bruit, tel une bête apeurée. Arrivé au dernier étage, il ouvrit une porte au bout du corridor et entra. Il poussa un soupir de soulagement car il était enfin chez lui, dans sa petite mansarde.

Rassuré après avoir vu son reflet redevenu normal dans le miroir de la pièce, Michel Leroux s’assit et prit la boule. C’était un homme entre deux âges, mais qui n’était malgré tout plus dans sa première jeunesse. Le visage se reflétant dans la boule était celui d’un travailleur bon et malade. Ses cheveux et sa barbe, pratiquement gris, n’avaient pas dû être coiffés depuis plusieurs jours déjà. Son nez, immense, était disproportionné par rapport au reste de son visage, plutôt petit et ridé. Ses yeux, globuleux et effrayés, regardaient ce reflet assez bizarroïde.

Derrière lui, son salon, composé de deux fauteuils et d’une table basse dénichés chez un brocanteur paraissaient se déformer. La petite table en pin vernis prenait des allures de tissus volant dans le vent, et les cadres accrochés aux murs se tordaient, bougeaient, comme s’ils voulaient vivre eux aussi. Michel avait l’impression que tous ses livres allaient tomber sur lui, tant la bibliothèque se déformait, ressemblant bientôt à une grande bouche prête à l’avaler. Loin, très loin derrière, on voyait une fenêtre inerte avec des rideaux rouges, comme pour mettre un peu de gaieté dans cette pièce poussiéreuse et vieillotte.

Michel considéra sa main, celle qui tenait la boule. C’était une main d’homme âgée, qui avait travaillée la pierre pendant de longues années. Mais aujourd’hui, elle ne lui paraissait pas normale. Au moindre geste, elle se déformait. Était-ce encore sa main ? Lui appartenait-elle encore ? Ne devrait-il pas la couper avant qu’elle ne l’assassine ? Sa main, bête monstrueuse et dangereuse, se modifiait de plus en plus. Tout à coup, la fenêtre s’ouvrit, et le vent s’engouffre en rafales bruyantes dans la pièce, faisant voltiger tout ce qui se trouvait sur son passage.

Affolé, Michel remit la boule dans son papier avec précaution car il se rappelait les paroles du vendeur lui promettant que, tant que la boule serait entière, il aurait des jours heureux. Il se leva et alla fermer la fenêtre. Après réflexion, Michel préféra sortir de chez lui pour prendre l’air. La tranquille mansarde n’était plus aussi sûre. Il ouvrit doucement la porte grinçante, craignant trouver quelqu’un derrière, et sortit sur le palier. Il regarda la lucarne qui se trouvait au plafond et y vit une bête horrible et monstrueuse venir vers lui. Paniqué, il s’enfuit en courant.

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jeudi 12 avril 2007

Destins - Chapitre 1

Il s'agit d'une nouvelle rédigée en classe de troisième en 1997-1998 sous l'égide de notre professeur de français. Chaque chapitre visait à nous faire appliquer les notions apprises au cours des dernières leçons... Vous excuserez par avance le style sans doute un peu plus maladroit qu'aujourd'hui... Ce premier chapitre était basé sur les descriptions...

Un homme déambulait dans la ville d’Argelès-Gazost. Cette station thermale pyrénéenne, d’environ trois milles habitants et réputée pour son doux climat, se trouvait à l’entrée de trois vallées, celles Luz, Cauterets et Arrens. Coincée entre les montagnes aux sommets élancés toujours enneigés, la petite bourgade grouillait d’animation à longueur d’année. Située à une dizaine de kilomètre de Lourdes, bon nombre de pèlerins y passait pour se détendre et visiter la région. Les maisons, dont toutes s’élevaient sur un ou deux étages, rarement plus, semblaient avoir été posées là depuis bien longtemps déjà… Sur la place de la Mairie, une fontaine égayait les terrasses des quelques cafés et d’un salon de thé, toujours pleines durant la période estivale.

Ce mardi, comme tous les mardis depuis des siècles, de la place de la Mairie à la place du Foirail en passant par la Place de l'église, les rues commençaient à s’animer et laissaient place aux marchands ambulants arrivés pour l’occasion de bonne heure et de toute la région. La plus petite parcelle de terrain avait trouvé preneur et on s’installait tranquillement. Brocanteurs, maraîchers, bouchers, fromagers, artisans, vendeurs en tout genre s’étaient donnés rendez-vous à Argelès-Gazost en ce mardi matin. L’homme aussi était là, prenant plus ou moins part à l’agitation générale qui s’emparait de la ville à partir du lever de l’astre solaire. Il passait de l’un à l’autre, se faufilant entre les étals, tâches de couleurs dans ces montagnes, hésitant, revenant au premier, puis repartant vers un autre. Et cela pendant près d’une heure et demi.

Enfin, l’homme se décida à aller voir un brocanteur qui lui paraissait honnête. Tranquillement, il demanda le prix d’un des objets étalés sur la planche de bois soutenue par deux tréteaux. Puis, tout aussi tranquillement, il sortit son prote-feuille et compta ses billets. Il remercia le vendeur et partit, n’ayant pas assez d’argent pour acheter cette boule. Mais, après tout, qu’était-ce qu’une boule ? Le vendeur le rappela et lui proposa un prix moins élevé. Il en avait tant envie, de cette boule. Elle lui rappelait celle que possédait sa grand-mère et qui avait mystérieusement disparu au moment de son décès. Mais le prix était encore trop élevé. Ses maigres économies ne lui permettaient pas une si grosse dépense. Il fit une proposition, précisant que c’était sa dernière offre. Le vendeur accepta. L’homme sortit son argent et paya le vendeur. Celui-ci lui remit la boule enveloppée dans un papier de soie et ajouta :
« Tant que cette boule ne sera pas cassée, vous coulerez de paisibles jours… »
Mi-amusé, mi-inquiet, l’homme remercia le vendeur et partit. Le vendeur le vit s’engouffrer dans la foule bigarrée, tenant précisément son paquet, comme s’il s’agissait d’un grand trésor.

Heureux de sa trouvaille, l’homme pris la route du retour. En chemin, il ôta le délicat papier qui recouvrait la boule et se regarda dedans. Son visage n’était plus le même. Un sentiment étrange et inconnu jusqu’à lors le parcourut. Il remit rapidement  la boule dans son emballage et, relevant la tête, il crut voir sa grand-mère, morte depuis plus de vingt ans, se tenir face à lui. Arrivant là où elle était, personne. Mais un papier sans doute transporté par le vent sur lequel une main peu assurée avait inscrit « ATTENTION ! »...

Pris de panique, il rentra en courant chez lui.

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