vendredi 28 mars 2008
Où Miss Alfie a des idées nocturnes
Hier soir, fringante et fière de moi, je fanfaronnais ici même que mon sac pour le week-end était fin prêt et que j'allais, pour une fois, voyager à peu près léger... (Je dis à peu près parce que même si je n'ai que mon sac à dos et mon inséparable sac à main, le poids du sac à dos me fait mettre en doute la signification du terme "léger" qui, chez moi, veut également dire "pas très lourd"... Sur ce, je referme la parenthèse en me rendant compte que j'ai de plus en plus une fâcheuse manie de changer de sujet très rapidement...! ) C'était sans compter ma révélation nocturne sur les coups de quatre heures trente du matin... Je vous explique...
Hier soir, après avoir bouclé mon sac, je suis restée quelques heures devant mon ordinateur, un oeil sur l'écran avec des cartes et des jetons fictifs, un oeil sur le DVD des Enfoirés qui animait l'écran de ma télévision. Puis, un peu fatiguée, la jambe gauche se rappelant toujours à mon bon souvenir, je suis allée me coucher, non sans avoir pris le temps de me faire un petit masque gommant de nana qui a envie d'avoir la peau du visage un peu plus douce ! Bien lovée dans ma couette, mon nounours jaune sur le haut de mon oreiller, Morphée est venu me cueillir pour m'embarquer dans des contrées lointaines... Et puis d'un coup, Morphée s'est barré. Vers quatre heures et demi. En me laissant avec une idée bien accrochée à la toile d'araignée de mon cerveau : totalement plantée sur mon pantalon à mettre...
Alors oui, pour certains lecteurs ou certaines lectrices de ce blog, cela peut paraître vraiment insensé de se réveiller en pleine nuit en se disant qu'au lieu du jean prévu, on va mettre ce pantalon à jambes courtes qu'on aime bien mais dont le seul défaut est d'être resté dans la corbeille de linge à repasser et que non, vraiment non, on ne peut pas le porter non repassé. Toujours est-il que c'est ce qui m'est arrivé cette nuit, et que bien décidée, j'en suis venue à décaler mon réveil d'une demi-heure pour me lever à six heures trente au lieu de sept heures, histoire d'avoir tranquillement le temps de finir de me pomponner dans la salle de bain, et surtout de repasser l'objet de mon réveil nocturne, sachant parfaitement que si je m'étais contentée de rester sur l'idée de départ du jean, cela m'aurait trotté dans la tête pendant deux jours et je m'en serai finalement voulue de ne pas avoir écouté mon instinct et de ne pas m'être tirée du lit un tout petit peu plus tôt pour repasser un vêtement que je suis finalement très satisfaite d'avoir sur mon derrière ce matin !
jeudi 27 mars 2008
Où Miss Alfie passe pour une alcolo et s'améliore pour ses bagages
Voilà, ça, c'est ce qu'on appelle du titre ! A ce sujet, vous avez d'ailleurs remarqué que depuis quelques billets, j'ai changé la formulation de mes titres et que je me la joue à la Friends ! Mais bon, revenons aux choses sérieuses évoquées dans ce titre, à savoir le fait que je devienne une alcolo et que je m'améliore pour mes bagages...
Ben oui, c'était à prévoir hein ! Quand on habite dans l'une des régions de France où le taux d'alcoolisme est des plus élevés de France, il y avait fort à parier que j'en fasse un jour partie... Et pourquoi donc que je raconte ça ?! Tout simplement parce que c'est l'image que je devais donner ce soir, en sortant du centre commercial, avant d'aller m'engouffrer dans des bouchons d'une demi-heure pour parcourir le tout petit kilomètre qui me séparait de mon appartement, avec mes bouteilles de cidre et de vin ! Oui, les deux mon capitaine !
Mais pas que pour moi hein ! Les premières, la boisson locale de par chez moi, c'est juste parce que demain, je file dans l'est, et qu'à ces gens qui n'aiment pas le beurre salé, il faut quand même faire goûter un peu de boisson locale ! Bon, par contre, les bouteilles de vin, j'avoue, c'est pour moi, et c'est cadeau en plus ! Oui, cadeau de mon supermarché qui, au bout d'un an de fidélité me permet de m'offrir cinq demi-bouteilles de vins de Bordeaux... Et oui, je ne suis pas une assez grande acheteuse pour avoir droit à la cafetière à dosettes ou au lecteur DVD portable. Donc je me contente des bouteilles de pinard... Sachant qu'à choisir, j'ai préféré prendre les bouteilles plutôt que le tire-bouchon, en ayant déjà à revendre dans mes placards, et qu'en ce qui concerne la vaisselle, j'envisage d'organiser sous peu une braderie !
Donc oui, vous pouvez le dire, je suis une picolo-picolette qui ramène chez elles du pinard et du cidre ! Mais je le répète, le cidre n'est pas pour moi ! Je répète, le cidre n'est pas pour moi ! D'ailleurs, à l'heure où je rédige ce billet totalement dénué d'intérêt comme le reste de ce blog depuis quelque temps, sachez que le cidre en question est calé dans mon grand sac à dos qui me sert de sac de voyage pour le week-end, avec l'ensemble des affaires qui me sont nécessaires et indispensables pour quarante-huit heures...
J'en viens donc à évoquer le second sujet de cette note, à savoir le volume de mon déménagement. Car oui, vous le savez, en bonne gonzesse, il me faut généralement un wagon à moi toute seule pour stocker ma maison portative. Et bien pas cette fois ! Et non, j'ai réussi mon pari : me limiter à mon grand sac à dos de randonnée ! Je sais, ça peut paraître fou, mais c'est vrai ! Certes, j'ai toujours mon sac à main à côté, ce qui me donnera encore un look d'enfer dans le métro parisien demain, sac de rando sur le dos et sac Longchamps à l'épaule, mais je n'ai que ça en accessoire ! Oui oui oui ! Juste mon sac à main dans lequel j'ai consciencieusement rangé mon billet de train pour un trajet en première classe !
Ah oui, ça, j'avais oublié de le dire : puisque désormais, j'ai des sacs de chicos et des fringues de chicos, ben je vais voyager avec les chicos !... Enfin, plus réalistement, c'est juste qu'incroyablement, le trajet en première classe était moins cher qu'en seconde... J'vous jure, la SNCF, c'est plus c'que c'était... J'vais me retrouver avec des mamies à chignons et des bonshommes en costard, moi, la pauvre assistante sociale avec son sac à dos de rando qui va encore trouver le moyen de se casser au milieu de l'allée, sous le regard outré de gens bien pensants !
mardi 25 mars 2008
Où Miss Alfie remet de l'ordre sur sa tête
Généralement, j'y vais tous les deux mois, et quand ça me prend il faut que j'y aille dans la foulée. Alors un coiffeur qui prend sans rendez-vous, c'est fantastique quand l'envie de changer de tête vous prend comme une colique ! Enfin, changer de tête, c'est une bien grande expression vu la longueur de mes cheveux ! Point question de provoquer quelques crises cardiaques en troquant ma longue chevelure ondulée et blonde contre une coupe à la garçonne brune. Non, puisque coupée à la garçonne et brune, je le suis déjà !
Bref, ce soir donc, après une journée de travail harassante où je me suis transformée en technicienne informatique pour réussir à trouver une souris qui ne me fasse pas un double clic au lieu d'un simple clic, qui ait une prise adaptée à mon ordinateur et un fil suffisamment long pour que je ne sois pas obligée de faire des pirouettes quand je fais un Solitaire entre deux dossiers, je me suis rendue chez mon coiffeur. Ah, j'aime ça, aller chez le coiffeur. Pourtant, ça, c'était pas gagné quand j'étais môme ! Faut dire aussi que ma mère avait le chic pour m'envoyer chez des vieilles acariâtres qui me piquaient la nuque avec leurs ciseaux et me grondaient quand j'avais le malheur de sursauter à l'un des assauts des pointes sur ma peau fragiles. D'autant qu'à l'époque, c'était invariablement carré sous les oreilles et franges à mi-front, et les pointes régulièrement égalisées par les mains habiles de ma tendre maman qui me privait de dessert quand j'avais la brillante idée de vouloir l'imiter et de raccourcir ma frange toute seule... Comprends pas...!
Mais ensuite, j'ai découvert le miracle du coiffeur, la magie des ciseaux et des pinceaux. Bon, des rouleaux aussi, je l'avoue. Et je pense que mes deux comparses de lycée se souviennent encore de ce jour de juin où je suis arrivée avec une toison brune de mouton sur le crane... Et oui, j'avais pas assez de volume, que je trouvais... Donc une mini permanente et me voilà ressemblant à une brebis en pleine forme... Le pire dans cette histoire, c'est que cette tête est immortalisée sur mon permis de conduire... Calamiteuse photo que je traînerai à jamais dans mon porte-feuille, à moins qu'un pic-pocket ne m'oblige un jour à me refaire tirer le portrait !
En attendant, les envies de frisettes m'ont passées, tout comme celle de laisser pousser mes cheveux pour me transformer en pin-up brune car les précédentes tentatives se sont révélées désastreuses, mes cheveux, dès lors qu'ils dépassent les dix centimètres, semblant décider à se plaquer sur mon crane comme des baguettes de bois régulièrement dérangées par quelques épis bien placés. J'ai donc opté pour une coupe fort pratique qui demande néanmoins un entretien minimum. Car oui, ce n'est pas parce que vous avez une demi-douzaine de centimètres sur le crane que vous ne passez pas du temps le matin à appliquer un spray coiffant les disciplinant et leur donnant un mouvement décoiffé très étudié.
Le soucis, c'est que depuis quelques mois, j'ai goûté à la peinture sur les cheveux, plus couramment appelée ton sur ton et balayage. Du coup, la demi-heure traditionnelle que je passais entre les mains d'un ravaleur de tête s'est transformée en deux heures, et je peux donc vous faire part de quelques scoops en matière de news people... Si ce n'est qu'avec internet, maintenant, mes scoops vont apparaitre réchauffés de chez congelés ! Enfin bref, toujours est-il qu'à l'heure qu'il est, me voilà désormais transformée en cookies au caramel... Oui, parfaitement... Je sais, ça peut mettre l'eau à la bouche, mais je ne suis pas à croquer pour l'instant !!!
Il y a longtemps que je t'aime
A l'origine, ce n'était pas lui que je devais aller voir. Et puis finalement, sur un coup de fil, grâce à une émission entendue, mon accompagnatrice a changé d'avis. Oui, finalement, le dernier film avec Kristin Scott Thomas a l'air bien. Heureuse, que j'étais, parce que voilà, autant le dire de suite, Philippe Claudel est un de mes écrivains favoris. Alors le savoir passé de l'autre côté de la caméra me donnait une immense envie de me plonger dans ce que toutes les critiques que j'avais vu ou entendu qualifiaient d'excellent film.
Et je ne fus pas déçue...
L'histoire est toute bête. Deux soeurs, Juliette et Léa, séparées pendant 15 ans par l'incarcération de Juliette. Pourquoi ? Je ne vous le dévoilerai pas, car Philippe Claudel est un de ces auteurs qui se plait à dévoiler par petites touches tout au long de l'histoire un grand mystère qui pèse dès le début de son livre, ou de son film... Et autour de Juliette et de Léa, toute une palette de personnages secondaires plus ou moins importants, avec des positions plus ou moins prononcées. Des personnages qui, à l'image du thème central de ce film, sont tous prisonniers. Prisonniers du langage pour le grand-père. Prisonnière de leyr histoire pour Léa et Juliette. Prisonnière de sa mémoire pour leur mère. Prisonniers de préjugés pour bon nombre de personnages. Prisonnier des livres et peut-être un peu de son passé pour Michel, le collègue de Léa qui m'a fortement fait pensé à Philippe Claudel.
Pour qui connait un peu l'univers de Claudel, ce film, je trouve, est un parfait miroir de son oeuvre. On y trouve des âmes blessées, ternies par la vie. On y trouve un mystère, un secret, qui se dévoile au fil de notre rencontre avec les personnages. On y trouve de l'espoir dans le désespoir, dans l'importance du souvenir pour pouvoir continuer d'avancer. On y trouve l'emprisonnement, thème assez récurrent également chez cet auteur qui a par ailleurs enseigné de longues années en prison.
Il y a longtemps que je t'aime est un film qui m'a profondément touché, qui m'a ému comme peu de films l'ont fait. Il est lent, certes, mais cette lenteur amène à se concentrer sur les émotions, les mimiques des personnages. Et puis il s'accélère, un peu, lorsque la vie commence à reprendre le dessus. Il s'accélère, comme si Juliette n'avait plus peur d'avancer, de vivre, comme si sa relation avec Léa s'apaisait, se simplifiait. A ce sujet, je voudrais saluer la performance de Kristin Scott Thomas, mutique, parlant peu, mais faisant passer beaucoup d'émotions par son jeu.
vendredi 21 mars 2008
Où Miss Alfie fait son Caliméro... ou pas !
Voilà, ça, c'est dit. Je m'en doutais depuis quelques jours, mais plus je m'en rapprochais, plus je le sentais à plein nez. Ce vendredi 21 mars 2008 a un côté journée pourrie... Tiens, en l'écrivant, je réalise que trois jours avant le 21, c'est le 18, et que j'ai même pas pensé au 18 mars cette année... Faut croire que la page est définitivement tournée... En même temps, avec celle que j'ai commencé à écrire, c'est carrément plus pratique... Enfin bref.
Donc voilà, on est le 21 mars. Nous sommes vendredi. Et à la base, j'aime pas forcément le vendredi. En fait, soit j'adore mes vendredis, soit je les déteste, selon ce que j'ai de prévu pendant le week-end... Oui, c'est un peu bizarre, mais c'est du moi... Donc par exemple, vendredi dernier, j'ai adoré, et vendredi prochain, j'exulterai... Forcément, à l'heure où je rédige ce message, vendredi prochain, je penserai à mon sac à dos dans le coffre de la voiture et au long périple en train qui m'attendra pour l'après-midi ! Sauf qu'aujourd'hui, vendredi 21 mars 2008, à 11:58 selon l'horloge de mon ordinateur qui me sert à faire plein d'autres choses que travailler, ben je sais que je ne pars pas pour le week-end, et que ma journée est pourrie.
En fait, non, c'est faux, je pars un peu quand même ce week-end... Demain plus exactement, et pour la journée. Je vais rejoindre une de mes amies qui travaille dimanche et lundi pour mettre au monde des braillards qui vous collent aux basques pendant quarante ans après. Donc je vais prendre ma petite voiture, faire une petite heure de route, et passer a priori une agréable journée à papoter, bavasser, et cancaner ! Bon, après, dimanche et lundi, promis juré craché, je ne bouge pas de chez moi, sauf pour aller manger avec mon géniteur dimanche et pour faire une toile avec ma génitrice lundi... Autant dire que l'ambiance va encore être tellement drôle et détendue que je vais en redemander !!!
Enfin, toujours est-il que là, je vous raconte ma vie.
Que globalement, personne n'en a rien à faire, avouez-le !
Qu'en plus, il fait pas franchement beau dehors, même pas beau du tout, genre temps breton parfait avec flotte et vent en quantité.
Que je me suis réveillée avec un marteau-piqueur dans la tête et que je ne peux même pas imaginer rentrer plus tôt chez moi vu que je me suis collée une visite à domicile cet après-midi, histoire de m'occuper une peu.
Que j'ai un nouveau jeu de poker qui m'attend sur mon ordinateur à la maison de manière à être à peu près au point vendredi prochain et que je ne peux pas y jouer puisque je suis au boulot.
Que y a vraiment pas grand monde sur un webmessenger qui plante en plus toutes les cinq minutes quand je tente de parler à la personne que je n'attendais pas.
Que je suis censée arriver à mon atelier d'écriture ce soir avec quelques productions, mais que rien ne vient et que je sèche devant mon cahier rouge, ce qui me fait dire que même si je vais scribouiller ce soir, j'aurai pas grand chose à lire alors que ça fait plus d'un mois que je n'y ai pas été.
Que j'ai encore droit à des mauvaises nouvelles au boulot, genre des patients qui ont maintenu des aides à domicile après l'hospitalisation ou le décès du bénéficiaire et qui sollicitent un financement auquel ils ne peuvent plus prétendre.
Que j'ai plein de repassage à faire pendant le week-end, et de la cuisine parce que j'ai acheté des légumes, et du ménage, et des parents à voir... Oui, ça, visiblement, ça me pèse un peu...
Mais bon... Arrêtons de caliméroter, bordel de crotte de bique roulée dans la farine...
Parce que d'abord, c'est mon blog, alors j'ai le droit de raconter ma vie, même si ça n'intéresse que moi.
Parce que la pluie semble se calmer, qu'il y a même du ciel bleu et un peu de soleil à taper pour réchauffer ma voiture.
Parce que si mémé cet après-midi m'embête trop, je suis pas obligée de rester, et je lui dirai que j'ai très très mal à la tête, et peut-être même qu'elle me filera un cachet de morphine à elle et que du coup, je planerai pour la soirée.
Parce que je vais retrouver mon jeu de poker ce soir, et que me connaissant, c'est pas plus mal que je ne puisse pas y jouer au travail, sinon je vais bien trop vite devenir accro.
Parce que j'ai pu papoter un peu avec celui que je ne pensais pas voir sur msn aujourd'hui et que ses bêtises ont réussi à me faire rire toute seule dans mon bureau sous le regard un peu mécontent de ma chef.
Parce que même si j'ai pas grand chose à apporter, je vais quand même aller à l'atelier d'écriture pour discuter avec mes copines d'écriture, parce que ça fait tellement de bien de faire une pause de temps en temps.
Parce que les problèmes de mes patients ne seront pas réglés aujourd'hui, et que s'ils doivent l'être, la solution viendra en temps et en heure. Et si je ne trouve pas de solution, c'est qu'il n'y en a pas, et donc que ce n'est pas la peine de me faire chier.
Parce que si j'ai tout plein de choses à faire chez moi et des parents à voir, c'est aussi parce que le week-end suivant, je ne serai pas là, que j'aurai besoin de vêtements repassés, que mon congélateur commence à être vide de nourriture pour le midi, et que je n'ai pas le temps d'aller faire de nouvelles courses, étant donné que la semaine prochaine, il faudra que j'aille me faire refaire la tête, que je me pomponne et que je me repose en préparant mon sac en vue des 48 heures avec celui qui... que... voilà quoi !!!
Bon, ben au final, j'aurai du intituler ce billet "Où Miss Alfie se rend compte qu'à tout problème, il existe bien une solution, et qu'un bon sourire fait plus de bien qu'une gueule de cent pieds de long" !
Où Miss Alfie découvre qu'il n'y a plus de saison
Jeudi matin, voguant fièrement dans ma petite voiture vers mon lieu de travail du jour, écoutant Nagui et Manu raconter quelques conneries, et songeant au sandwich du midi dans la galerie commerciale avec une collègue, le monsieur des informations locales m'a informé que depuis cinq heures et des brouettes, nous étions passé dans l'ère "Printemps". Oh, ravissante et charmante information que je me suis empressée d'enregistrer dans ma mémoire tandis que mes yeux contemplait le tout petit degré qui s'affichait difficilement sur l'écran à cristaux machins-trucs de ma voiture.
Et oui, parce que mine de rien, nous voilà déjà rendu fin mars, ma bonne dame ! Mais c'est qu'on y croirait presque pas, au printemps ! Non, parce que moi, vous me dites "printemps", je pense bourgeons dans les arbres, talus colorés, vestes allégées, chaussures découvertes. Sauf qu'a priori, là, c'est pas encore le cas ! Oui, va encore falloir attendre un petit peu, parce que visiblement, la mini-jupe et les collants rouges, c'est encore très limite ! Enfin, avec de bottes, ça passe à peu près...
M'enfin bon, bref, tout ça pour dire que, concrètement, y a plus d'saison, ma bonne dame ! Mais bon, moi j'vous dit, c'est avec tous les machins qui nous envoient dans l'espace ! C'est qu'ça nous détraque le temps ! Même les rhumatismes, ils y comprennent plus rien ! Du coup, ben en octobre, on est déjà en hiver, et limite si ça dure pas jusqu'en mai ! Donc conclusion, mon petit trois-quart en coton noir, je le laisse au portemanteau, et je conserve mon bon vieux manteau noir, mon écharpe rouge et mes mitaines blanches, surtout qu'ils vont même jusqu'à annoncer de la neige en Bretagne pour dimanche !... De la neige... Non mais vous imaginez ?! Autant dire la fin du monde !...
Texte © Miss Alfie 2008
mercredi 19 mars 2008
Où Miss Alfie devient militante gastronomique
Il est de notoriété publique pour qui me connaît que je ne suis pas vraiment ce qu'on pourrait appeler anorexique ou même maigre. Mince ne serait à mon sens même pas adapté étant donné les deux minis pneus Michelin qui entourent mon ventre. Et il est aussi de notoriété publique que j'ai toujours eu un appétit dévorant et débordant. Pour preuve, interrogez donc Maman de Miss Alfie qui vous confirmera, anecdotes multiples à l'appui, que lorsque je ne m'alimente qu'en petite quantité, un grave événement a dû ou va se produire, à moins qu'un virus malin ne se soit emparé de mon corps.
Ainsi, si vous me mettez en contact avec des gens appréciant la bonne nourriture, les petits repas au restaurant, la cuisine gastronomique et parfois peu diététique, mon bonheur est à son comble, et mes pantalons se comblent un peu trop rapidement à mon goût. Mais cela ne m'empêche pas de vouer une véritable dévotion à cette chaîne de fast-food américaine où je mets les pieds au moins une fois par semaine sous peine de développer des symptômes inquiétants, comme des cris stridents dès que j'aperçois l'enseigne convoitée et l'achat de multiples sandwichs en une seule fois, dévorés en moins de temps qu'il faut pour le dire.
Alors, quand Meilleure amie de Miss Alfie se met au régime, c'est le drame ! Oui, car sans elle, quid des soirées pizzas dont le seul effort physique consiste en la composition du numéro de téléphone du monsieur qui va nous les livrer ? Quid des dévalisages de M jaune le vendredi soir et la mise au congélateur des glaces purement synthétiques pour le dessert ? Quid des tartiflettes et raclettes à se faire exploser l'estomac ? Quid des crèmes au chocolat et autres douceurs sucrées et invariablement caloriques ?
Mais qu'importe. Moi, Miss Alfie, je l'écris haut et fort, je vais résister ! Oui, je vais résister à la tentation du régime, à la tentation des fruits et légumes, des petits plats préparés et des repas équilibrés. Oui, je vais lever mon point et dire oui aux assiettes de pâtes devant la télévision, oui aux pizzas à moi toute seule, oui
aux riz-au-lait, tartiflettes, quiches et autres spécialités maison. Je vais dire oui à ce récipient de pâtes à la crème fraîche, aux herbes, au jambon et au fromage qui m'aura fait saliver toute la matinée et permis de supporter des questionnements professionnels existentiels.
Oui, je vais me transformer en militante gastronomique. Parce qu'une bonne bouffe, ça fait tellement de bien au moral. Parce que des papilles qui salivent, c'est tellement agréable. Parce que sentir une coquillette fondre sous la dent, c'est juste un petit plaisir tout con mais qui tellement futile tous les problèmes qui s'entassent dans la tête et sur le bureau !
Texte © Miss Alfie 2008
lundi 17 mars 2008
Epopée franc-comtoise
Oyez, oyez ! Damoiselles et damoiseaux, votre humble servante est de retour parmi vous après une semaine d'absence ! Je lis déjà sur vos visages invisibles le bonheur de me savoir revenue vivante, sans qu'aucun monstre ni dragon ne m'ait amputé d'une partie de moi-même dans cette contrée lointaine. Pourtant, je puis vous assurer qu'il s'en ait fallu de peu pour que vous ne me revoyiez pas... Mais jugez plutôt...
Le samedi huit mars de l'an deux-mille huit, j'ai chargé ma maison portative constituée d'une valise à roulettes et d'un sac à dos de randonnée de quarante litres dans la voiture sur rails qui devait me faire traverser le pays franc pour m'emmener en Franche-Comté, et plus précisément dans la capitale d'un département au joli nom de Doubs... Un prince de ce royaume m'attendait à l'arrivée, ayant tout prévu pour que cette visite officielle d'une représentante de la Bretagne se passe pour le mieux et que la contrée lui paraisse le moins hostile possible.
Pourtant, il me fallut livrer une bataille terrible contre les éléments locaux, à commencer par ce qu'ils appellent par là bas collines et que je qualifierai plutôt de montagnes car dépassant les trois cents mètres d'altitude réglementaires en Armorique. Fort heureusement, par Merlin et Viviane, le vent et la pluie vinrent à ma rescousse, entrainant le bris d'une portière de cheval à moteur. Mais foi d'Armoricaine, ce ne furent pas quelques gouttes qui nous empêchèrent de pousser l'invasion jusque dans le Jura et jusqu'en Alsace où nos panses faillirent éclater sous le coup de tartes flambées et de vins locaux. A ce sujet, il convient d'inscrire dans le roc une traversée de Pontarlier, commune du Doubs précédemment citée, dont le souvenir restera longtemps dans les mémoires des protagonistes.
Mais les plus rudes batailles, celles qui demandèrent le plus d'énergie et de préparations, furent bien évidemment les duels entre Bretonne isolée et locaux bien armés au cours desquels l'objectif fut de séduire l'adversaire, ou plutôt les adversaires, ardents défenseurs de leur région et de l'implantation du prince dans leur région. Mais qu'importe les éventuels projets d'émigration, il semblerait que les premiers échos parvenus par monts et par ondes fassent état de victoires potentielles !
Hélas, comme tout voyage officiel, cette épopée franc-comtoise prit fin un dimanche en fin d'après-midi, dans une entrée de station à voiture à rails, lorsque le prince me laissa avec la gorge un peu nouée et ma maison ambulante bien plus chargée qu'à l'arrivée puisque dépositaire de quelques bouteilles de liquides locaux, mais avec une délicatesse de prince... La voiture à rails me ramena en pleine nuit dans ma contrée bretonne où je retrouvais avec un plaisir teinté de nostalgie ma demeure où la chandelle brulait pour les fantômes depuis une semaine...
Et comme toutes les bonnes choses ont une fin, la vie de princesse en a une également. Et ce matin, lundi dix-sept mars de l'an deux-mille-huit, il me fallut reprendre le chemin du travail, oubliant les repos matinaux, les déjeuners plantureux et les sorties multiples, et calculant la stratégie à appliquer pour pouvoir multiplier les journées de congés pour jouer à nouveau les princesses !... Et comme une mauvaise nouvelle ne vient pas seule, il semblerait que l'effet magique de l'environnement oriental n'ait pas perduré au delà du repas de midi : huit journées sans toucher à un tube de tabac et voilà qu'un café après le repas avec une collègue eut raison de mes efforts...
Texte © Miss Alfie 2008
Image © Miss Alfie 2008... Cherchez l'erreur...
samedi 8 mars 2008
Stopisations en masse...
Mes chers lecteurs, mes chers amis, mes chers anonymes qui passez par ici de temps à autre, nous sommes le samedi 8 mars 2008, c'est la Journée de la femme, il est 9 heures et des poussières et je viens ici vous annoncer que je vous abandonne. Oui, je sais, cela va être dur pour vous tant mon blog est fantastiquement génial, et je me demande où vont aller tous ces milliers de visiteurs qui cliquent ici chaque jour... Je crains que les autres blogs ne se retrouvent surchargés de visites en raison de mon absence...
Oui, je pars. Et une semaine complète en plus ! Et dans un endroit où je n'aurai pas internet dites donc ! Cette semaine va donc être une semaine de sevrage puisque je ne pourrai regarder la météo trois fois par jour, consulter mes comptes quotidiennement, évaluer le crédit disponible de mon forfait téléphonique et surveiller une bonne centaine de fois entre mon lever et mon coucher que je n'ai pas de nouveau mail ! Et accessoirement une semaine où vous n'aurez aucun message ! Rien, que dalle, nada ! Même pas, que j'en ai programmé d'avance, vu que j'ai déjà pas eu le temps de tout faire dans ma semaine.
D'ailleurs, faut que j'active mon derrière sur ce billet où je voulais annoncer un deuxième arrêt très important, plus encore que mon sevrage internetique : la clope ! Et oui, j'arrête. Enfin, en tout cas de cet après-midi au dimanche 16 au soir au minimum. Pourquoi pas plus après, qui sait... Bon, la seule chose, c'est qu'un certain nombre de personnes autour de moi ont arrêté de fumer et ont pris cinq kilos en un mois... Donc là, ça me fait un peu moins rire, je l'avoue... Mais qu'importe, j'aurai qu'à aller à pieds au boulot... Ben oui, quinze kilomètres matin et soir, ça fait faire du sport !
Enfin, en attendant, j'ai encore une valise et un sac à dos à fermer, ce qui est loin d'être gagné étant donné que je les ai déjà refait deux fois chacun et qu'une troisième réorganisation se profile ; un appartement et un pallier à nettoyer histoire de pouvoir à nouveau marcher pieds nus sur mes tapis ; et un pomponnage de circonstance à faire ; le tout avant de monter dans mon taxi familial pour retrouver ma petite cousine qui, par le plus grand des hasards, se retrouve dans le même train que moi !
Bon, et sinon, quelqu'un a une idée pour réduire mon volume de bagages ?!!!
Texte © Miss Alfie 2008
jeudi 6 mars 2008
Citoyens, citoyennes...
Ce week-end, pour ceux qui descendraient de je ne sais quelle planète, qui n'auraient ni journal à lire, ni téléviseur, ni radio, on vote ! Oui, on doit glisser son petit bulletin dans l'urne transparente et se faire tamponner sa carte d'électeur. Et pour les municipales. Et parfois même pour les cantonales, comme chez moi. C'est vrai, après tout, c'est pas mal de le rappeler, parce qu'avec tout le foin que notre président fait, avec tous ces ministres qu'on voit un peu partout, on en aurait presque oublié qu'il s'agit d'un scrutin local, qui concerne chacun de nous, parce que touchant notre quotidien, touchant les commerces de nos communes, leurs infrastructures, leur vie, tout simplement.
Oui, mais voilà, ce week-end, et le week-end d'après aussi, je ne serai pas dans ma commune, j'en serai même très loin, et je ne pourrai pas accomplir mon devoir de citoyenne comme j'aime à le faire depuis maintenant sept ans. Alors c'est vrai, au départ, je savais pas trop. Moi, je me sens chez moi, où j'habite, mais je ne me sens pas de cette commune là. Je me sens de la grande ville à sept minutes en voiture. Je me sens de cette ville à gauche depuis vingt-et-un ans, dirigée par un maire qui, quoi qu'on en dise, a quand même fait des trucs pas mal, dont un métro qui, décrié au départ, rend finalement bien service à toute la population.
Et puis mercredi matin, à la radio, voilà qu'ils m'en ont remis une couche, sur les procurations. Oui, mais une procuration, ça se donne à une personne qui vote dans la même commune. Donc point question de solliciter un membre de mon illustre famille qui, de toute façon, n'habite pas dans la même commune que moi. Et puis en papotant avec une collègue, j'ai trouvé celle qui votera pour moi.
Alors, ce soir, en rentrant du travail, je me suis arrêtée à la gendarmerie miteuse de la commune, j'ai demandé à faire une procuration, je me suis fait un peu houspillée par l'agent qui m'a dit de m'y prendre plus tôt la prochaine fois, et j'ai signé.
J'ai signé, parce que même si je ne connais pas les deux personnes qui se présentent, même si le maire sortant va être réélu très certainement, même si le scrutin de la grande ville d'à côté m'intéresse plus, c'est important. C'est important de donner son point de vue, de dire son choix, de s'exprimer. Parce qu'on fait suffisamment de choses dans notre dos pour ne pas dire le jour où on le peut ce qu'on pense. Parce que nous, les femmes, avons été suffisamment longtemps bâillonnées pour ne pas utiliser aujourd'hui ce droit de vote durement acquis. Parce que mine de rien, c'est la vie de la commune où je vis, où je paye mes impôts, où je fais mes courses, où j'emprunte mes livres, où je me promène parfois, qui est en jeu. Et que c'est tout simplement mon devoir de citoyenne de dire à notre président qu'au lieu de faire la couverture de magasines people, un homme politique doit avant tout s'intéresser à ceux qui l'entourent, et les écouter...
Texte © Miss Alfie 2008




