jeudi 27 décembre 2007
Il était une fois...
Il était une fois une jeune femme prenant quelques rides et cheveux blancs habilement masqués par quelques artifices bien féminin qui vivait dans un petit appartement avec son ficus rachitique et son paillasson Lulu la Tortue qu'elle saluait tous les matins en partant travailler. La vie de cette jeune femme était réglée comme du papier à musique entre son travail qu'elle effectuait doctement, ses lectures qui la transportait dans de jolis voyages, ses amis qu'elle voyait très souvent et ses parents parfois un peu trop présents.
Dans son lit, il n'y avait rien d'autre qu'un oreiller, une vieille poupée de son enfance et un ourson en peluche jaune qu'elle serait parfois dans ses ras pour s'endormir comme à l'époque où le pouce rejoignait sa bouche quand la lumière s'éteignait. Dans ses placards, on trouvait collection de produits de beauté dont elle accumulait les échantillons, et des parfums dont certains restaient prendre la poussière sur les étagères car leur parfum la transportait dans un passé trop imparfait. Dans ses armoires, les jeans côtoyaient les jupes d'hiver et d'été, et trois piles de chemisiers, tee-shirts et débardeurs s'entretenaient avec autant de pulls et une montagne de sous-vêtements.
Chaque année, lorsqu'arrivaient les fêtes de fin d'année et le traditionnel réveillon du Jour de l'An, cette charmante femme d'aujourd'hui voyait se reproduire un rituel immuable, qu'elle ne manquait que pour cause d'impossibilité majeure à se déplacer, à savoir la soirée de fin d'année avec ses amies de lycée. Enfin, rituel immuable... Disons que cela allait faire la troisième année non consécutive qu'elle allait trinquer aux douze coups de minuit avec une bande d'étudiantes, dont l'écrasante majorité viendrait sans cavalier, réduisant à un seul spécimen les représentants de l'autre sexe.
Et chaque année, lorsqu'elle commençait à penser à cette soirée, elle ne pouvait s'empêcher de songer à une belle robe qui ferait d'elle une princesse le temps d'une soirée. Certes, elle songeait aussi immanquablement qu'une fois de plus, son souhait des douze coups de minuit précédents ne s'était pas encore réalisé et qu'une fois de plus, elle n'embrasserait personne sous le gui. Mais elle songeait beaucoup à sa robe. Elle fouillait alors régulièrement dans son armoire, à la recherche d'une tenue non portée récemment pour un anniversaire ou une crémaillère, une tenue qui peut-être surprendrait, une tenue jamais vue, une tenue qu'elle imaginait mais que jamais elle ne trouvait.
Et puis un lendemain de Noël, alors que la ville s'endormait dans un brouillard épais, après une longue journée de travail, elle partit en quête de la robe introuvable, celle qu'elle voyait dans ses rêves mais sur laquelle elle n'avait jamais mis la main, persuadée de toute façon que la forme qu'elle voyait dans son imaginaire sur elle ressemblerait comme souvent à un sac à pommes de terre. Elle se rendit en ville, dans un grand centre commercial, où les enseignes se succédaient, et fila directement dans l'une d'elle, attirée par la réduction qu'elle avait acquis au fil des mois précédant.
De portants en cintres, elle fit toutes les allées de la boutique, entassant sur son bras quelques modèles assez jolis, choisissant sa taille au plus large, craignant de se retrouver coincée derrière le rideau de la cabine d'essayage avec la fermeture éclair au milieu du ventre. Lorsqu'après s'être dévêtue, elle décrocha du cintre la première de la série, son choix était presque déjà fait. Le tissu fluide vint se poser délicatement sur sa peau blanchie par l'hiver. Les bretelles fines enserrèrent ses épaules, dévoilant un décolleté dont elle fut presque étonnée. Sa taille s'affinait dans les plis du voile et sa silhouette lui semblait plus élégante que d'ordinaire.
Ainsi vêtue, elle se sentait presque belle, elle la ronde ambulante des débuts, le petit pot à tabac, la trop grosse de l'école primaire. Elle se sentait presque femme, le noir de la robe enveloppant sa poitrine pour mettre en valeur sa peau claire, ses genoux trop gros cachés par le tissu qui jouait avec ses jambes, n'en dévoilant que le moins vilain. Elle se regardait dans la glace et se voyait déjà, un fin collant sur les jambes, des ballerines aux pieds, les yeux maquillés pour ré-hausser la noirceur de ses pupilles... Et dans un instant de vanité, d'égoïsme et de plaisir, elle se trouva presque séduisante, et eu envie de sortir du magasin, de courir dans la ville, et d'embrasser tous les hommes qu'elle rencontrerait !
Texte © Miss Alfie 2007
(Non, ce n'est ni moi ni ma robe, mais oui, c'est un petit clin d'oeil !...)
De vous à moi...
Rrrr...
Le titre de la réac, c'est pour la photo.
D'ailleurs, les autres qui avez lu cette note jusqu'au bout et ce commentaire, sachez que le petit clin d'oeil, c'est POUR MOI !
Sinon, le texte, en plus d'être bien écrit (mais en venant ici, on sait à quoi s'attendre), j'ai envie de te dire que y'a pas de mal à se faire du bien et à se faire des compliments !
Moi aussi, ça me fait ça des fois.
Amuse-toi bien ;-)
@ Christophe : T'as pas un peu fini de narguer les autres toi ?!!! Et puis si tu continues, tu va faire des jaloux dans l'assistance !!! :p
@ Frenchmat : J'y manquerai pas, je m'amuser ! ;-)
HS
Enfin un peu HS, je passe juste pour semer quelques voeux de très bonne année, qui, je l'espère, écloront en beau brun ou beau blond ou n'importe quoi qui réchaufferait ton grand lit et qui aurait une tête d'humain ;-)
Bonne et heureuse année à toi et aux tiens.
Tous mes vœux vous accompagnent.
Tout d'abord, mes meilleurs voeux pour ce cru 2008. Puisse-t-il t'apporter, ainsi qu'aux tiens, la santé mais également le bonheur sous toutes les formes qui te combleront.
Bon, la jeune femme est sortie du magasin et... ? Elle a bisouté tous les gars qu'elle a rencontrés ou non ou y en avait pas ce jour-là dans les rues ?
Quant à Frenchmat, je suis étonnée d'apprendre qu'il porte des petites robes noires à fines bretelles... ;-)
De gros bisous pour toi ma belle !
@ Shakti, Mathéo et Plum' : Tous mes meilleurs voeux à vous aussi !
Non, la jeune femme n'est pas sortie bisouillé tous les hommes du coin, elle n'a même pas réussi à en bisouiller un seul le soir du Nouvel an !!!
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