mercredi 28 novembre 2007
Ville mythique
En sortant du train, après un voyage sous la mer, sortir du sac à dos le parapluie et l'appareil photo.
Rechercher dans ma mémoire quelques mots simples pour me faire comprendre et déchiffrer le plan du métro.
Dénicher la station souhaiter et m'y rendre, les yeux et les oreilles en alerte, bercée par le chant de cette langue étrangère.
Déboucher sur une rue aux maisons en briques ornées de bow-windows qui laissent voir une décoration fleurie et kitch.
Monter quelques marches en pierre en se tenant à la rambarde noire en regardant la fenêtre de l'entresol d'où sort une petite lumière et sonner au bed and breakfast.
Après avoir délesté mon sac, aller marcher sur Notting Hill et peut-être, tomber nez-à-nez avec Hugh Grant et Julia Roberts. A défaut, boire un café en marchant.
Me poster devant Buckingham Palace et attendre la relève de la garde. Immortaliser les casques à plumes noires qui se balancent au rythme de la marche saccadée.
Filer sur Piccadilly rêver devant les lumières. Mitrailler les voitures, les bus, les passants, les spots, les publicités.
Dévaliser Harrods et en ressortir les bras chargés de paquets contenant biscuits et thés locaux.
Étudier la reproduction de la Reine chez Madame Tussauds... et la trouver ressemblante.
Hésiter devant les menus des restaurants, et puis choisir finalement un restaurant italien ou français, à défaut d'un fast food.
Explorer Abbey Road et trouver quatre garçons prêts à imiter quatre autres mythes sur un passage clouté.
Passer une après-midi à errer dans un parc, allongée sur l'herbe, un bon bouquin bien français dans les mains, et profiter du paysage.
Découvrir la City et ses hommes d'affaire en costume gris avant de s'enfuir vers la marina introuvable au pied de la Tour.
Boire une, deux, trois, plusieurs pintes de bière dans un pub, fumer une cigarette sur le trottoir et reprendre les Rolling Stones en choeur.
Fermer les yeux dans un théâtre et se laisser porter par les accents chantant d'une langue souvent incomprise mais déclamée dans sa version originale. S'interroger sur "to be or not".
Faire sa Bridget Jones et peut-être rencontrer son Mark Darcy.
Repartir en sens inverse, en roulant à gauche, et finir son London Calling.
Texte © Miss Alfie 2007 (à partir d'une consigne d'écriture de l'atelier Cassiopée sur "les villes mythiques", ces lieux où l'on n'est jamais allé mais que l'on rêve de découvrir...).
mardi 27 novembre 2007
The real life
Dans la vraie vie, parfois, on travaille, et même que parfois, on peut passer d'un mi-temps à un temps plein, ce qui fait qu'avant le début du mois de décembre, on a plein de choses à régler, des dossiers à se passer et des futures collègues à rencontrer.
Dans la vraie vie, parfois, on passe des dimanches tranquilles, à manger des petits plats qu'on se prépare juste pour soi, parce que finalement, c'est pas si désagréable de regarder un film à la télé à la lueur de la lampe rouge alors qu'il pleut tout dehors.
Dans la vraie vie, parfois, on sort du travail pour filer dans un hopital voir une maman encore à peu près en forme, pas du tout stressée malgré tout ce qui se passe, et on repart un peu angoissée, beaucoup inquiète, et surtout impatiente de savoir que le lendemain, tout se sera bien passé.
Dans la vraie vie, parfois, on fait la fête pour la copine qui a enfin réussi à épuiser les jurys de diplôme d'état et qui fait désormais partie de la grande famille des assistants sociaux, on boit du champagne, on mange des pizzas, et même on oublie tout le reste.
Dans la vraie vie, parfois, on se fait son propre cadeau de Noël en avance, parce qu'après il y aura trop de monde dans les magasins, et puis qu'on aura le temps d'aller le faire réparer avant le Réveillon s'il y a un soucis, et puis qu'on peut l'utiliser pour mitrailler de suite.
Dans la vraie vie, parfois, on rentre à la maison tard, quand il fait déjà bien nuit et que les cernes de la fin de la journée sont bien là. Alors, on s'installe devant son ordinateur. On se dit que ce serait bien de rédiger un petit message qui ne soit pas une critique de livre sur le blog. On prévoit de se coucher un peu plus tôt à condition de ne pas allumer msn. On pense déjà au bouquin qui attend et qui va emmener l'esprit en voyage. On anticipe le lit très grand en voyant le positif de l'avoir pour soi tout seul, de ne pas avoir de ronflements intempestifs à côté, de bouillotte humaine, de pouvoir s'étaler en diagonale, même si bon, on avoue sans grande torture qu'à certains moments, ce serait bien quand même de pouvoir se reposer sur quelqu'un...
Alors c'est vrai aussi que parfois, dans la vraie vie, on s'invente une autre vie, une de celle bien gentille. Une vie avec plein de choses qu'on a pas dans la vraie, et aussi qu'on a parfois. Et on part sous la couette avec cette vie là en tête, juste histoire que le sommeil ne soit pas trop lourd et trops angoissant...
Texte © Miss Alfie 2007
mercredi 21 novembre 2007
Billet post soirée entre filles...
Les hommes doivent souvent se demander ce que quatre nanas qui se retrouvent pour une soirée, le temps de boire un verre et de manger un frichti rapide en papotant peuvent bien se raconter. Et je pense que, messieurs, vous aimeriez souvent faire partie de nos petites soirées 100% féminines si vous saviez que dès lors que nous nous connaissons un minimum, les sujets de conversation récurrents ne sont ni les grèves, ni l'évolution du pouvoir d'achat, ni l'omniprésence médiatique de notre président, même si ces sujets reviennent sur le tapis avec une régularité alarmante ces temps-ci. Non, généralement, quand on a écumé toutes les revendications, parlé de toutes nos dernières histoires de boulot, il arrive de manière assez régulière que l'on évoque vos prouesses diverses et variées mais surtout, surtout, on cause trucs de filles...
Et quand j'écris "trucs de filles", je pèse mes mots ! Non, on ne cause pas maquillage, shampooing révolutionnaire ou dernière marque de fringues à la mode. Non, on cause de choses encore plus cachées, que seuls les plus chanceux d'entre vous connaissent : nos sous-vêtements ! Et parler sous-vêtements avec des nanas, ça peut mener loin ! Sachez donc que ce billet a été rédigé à l'issue d'une de ces soirées, alors que l'ivresse de l'ambiance régnait encore dans mon petit cerveau, mélangée à une bonne dose de fatigue.
Je vais donc en exclusivité ce jour vous livrer des informations hautement confidentielles concernant ma lingerie, et plus spécifiquement mes petites culottes. Pourquoi ce choix ? Tout simplement parce que ma dernière boulette commerciale en date m'a fait bien rire toute seule dans ma chambre et que je suis très partageuse, donc que vous allez y avoir droit.
Ainsi, il y a quelques semaines de cela, allant de bon matin faire mes courses, je passais pas le plus grand des hasards calculés dans le rayon des sous-vêtements, en quête de nouvelles petites culottes. Car oui, même si mes corbeilles de sous-vêtements débordent, il convient de temps à autre de renouveler le stock, surtout quand il commence à vieillir. Par ailleurs, je voudrais tout de suite détromper les esprits malins qui m'imaginent déjà me promenant en string en dentelle dans mon appartement : je n'aime pas les strings, je ne porte pas de string, et les culottes en dentelle sont réservées aux grandes occasions... Autant dire que leur taux d'utilisation frise le ridicule !
Et oui, désolée de briser tous vos fantasmes, mais au quotidien, c'est une marque à trois lettres qui me tient le plus souvent compagnie grâce à ses slips en coton bien résistants ! Sauf qu'au bout de trois années de bons et loyaux services, il apparaît que les élastiques souhaitent prendre un peu de vacances et que le tissus a décidé de se faire la malle par endroit ! Et comme dirait ma mère, "mais ma fille, t'imagines, s'il t'arrive quelque chose ?! Faut quand même que t'aies des culottes décentes !"... Ma pauvre mère... Si elle savait !!! Enfin bref...
Donc, pour faire plaisir à ma mère, et aussi parce que personnellement, j'en avais un peu marre de voir des trous un peu partout sur le tissu censé recouvrir mon derrière, j'ai donc acheté des remplaçantes à mes petites culottes. Et j'ai rangé ces trois petites culottes dans mon armoire en attendant de prendre la douloureuse et difficile décision de jeter les ancêtres usées. Jusqu'à ce beau matin de novembre où je me suis résignée à trancher d'un coup de ciseaux le plastique qui les entouraient.
Oh qu'elles étaient belles, mes jolies culottes neuves en coton noires et rouges ! Oh qu'elles étaient confortables comparées à ces machins en synthétique qui glissent au moindre pas et provoquent des gestes peu graciles dans la rue quand on tente de les récupérer ! Oh qu'elles étaient grandes... Grandes ?! Et oui, après les avoir observé d'un oeil inquiet, voilà que j'ai réalisé que je n'avais pas fait l'acquisition de slips comme je le fait d'habitude, mais de ce qu'on appelle désormais des shorty, des espèces de grandes culottes qui descendent sous les fesses et qui sont censées éviter de faire une marque d'élastique au milieu des fesses sur le jean !
Donc voilà, je m'arrêterai là pour ce soir, certaine que vous quitterez ce blog soulagés de savoir que j'ai désormais de quoi repousser une horde d'hommes en manque rien qu'avec mes billets et mes culottes, les premiers n'étant hélas pas coincés dans l'élastique des secondes ! Qu'importe, je suis fière de signer là le billet sans doute le plus stupide de ce blog. Mais en même temps, on est le 21 novembre, il est 23h50, et j'ai la tête à l'envers !!!
Texte © Miss Alfie 2007
mardi 20 novembre 2007
44 Scotland Street
Il y a quelques semaines, je vous avais parlé de Ralph's Party. Cette fois-ci, je reviens avec un autre roman "d'immeuble", une autre chronique de la vie ordinaire, mais cette fois à Edimbourg. Dans 44 Scotland Street, roman publié à l'origine en feuilleton quotidien dans The Scotsman, un journal écossais, Alexander McCall Smith retrace la vie des habitants d'un immeuble dont les destins se croisent autour de la cage d'escalier.
Il y a tout d'abord Pat, jeune Edimbourgeoise d'une vingtaine d'année, en deuxième année sabbatique, qui semble un peu paumée au début du roman. Pat va emménager en collocation avec Bruce dans un appartement que ce dernier partage avec deux autres personnes qui sont juste mentionnées mais que l'on ne verra pas au cours de l'histoire.
Professionnellement, Pat se cherche et semble se trouver dans une galerie où elle effectue quelques menues tâches sous la houlette de Matthew, jeune fils à papa peu sûr de lui dont la dernière envie a été d'ouvrir une galerie d'art pour faire plaisir à son père.
Bruce, quant à lui, quand il ne drague pas les jeunes femmes du coin, travaille en tant qu'expert immobilier pour Gordon et Reaburn Todd.
Sur le même palier qu'eux, habite Domenica Macdonald, une vieille femme célibataire un peu excentrique roulant dans une grosse Mercedes, au grand dam d'Irene, sa voisine d'en dessous, mère du génial Bertie, prodige de cinq ans jouant du saxophone et parlant couramment italien, élevé à coup de théorie kleinienne.
Présenté ainsi, le chassé-croisé de tous ces personnages, mais aussi de personnages secondaires que je ne présenterai pas ici pour vous laisser le plaisir de les découvrir au fil de la lecture, peut paraître un peu compliqué, mais ce n'est sincèrement qu'une impression, sans doute dû à ma présentation un peu brouillonne ! En effet, Alexander McCall Smith réussit à nous entraîner dans le sillage de ses personnages sans que l'on se sente perdu et nous les dépend avec des traits de caractères tellement particulier que l'on ne peut que se retrouver dans son récit. Bien évidemment, derrière tout cela se cache une intrigue centralisée autour d'un tableau découvert dans la réserve de la galerie d'art, un tableau qui pourrait bien faire la fortune de Pat et de Matthew.
En plus de l'intérêt de l'histoire, ce roman-feuilleton est très intéressant d'un point de vue narratif et stylistique puisqu'il a été publié à l'origine en épisodes. Ainsi, chaque chapitre ne dépasse guère les quatre pages et propose un nouveau rebondissement ou un changement de personnage très régulièrement pour ne pas lasser le lecteur. Sur ce point, je n'invente rien, Alexander McCall Smith l'expliquant dans la préface du roman, et citant par ailleurs Les Chroniques de San Francisco d'Amistead Maupin qui sont nées du même procédé, celui du feuilleton.
Premier paragraphe
"1. Il y a des trucs qui se passent...
Debout devant la porte, au pied de l'escalier, Pat lu tous les noms inscrits sur l'interphone : Syme, Mcdonald, Pollock..., avant de repérer celui qu'elle cherchait : Anderson. Il devait s'agir de Bruce Anderson, l'expert immobilier, qu'elle avait eu au téléphone. C'était lui qui collectait les loyers, avait-il expliqué, et réglait les factures. Il lui avait suggéré de venir jeter un coup d'oeil à l'appartement avant de décider si elle avait envie de s'y installer."
Le site d'Alexander McCallSmith (en anglais)
Texte © Miss Alfie 2007, sauf extrait de texte.
Image 44 Scotland Street, Alexander McCall Smith, Editions 10/18 (2007).
vendredi 16 novembre 2007
Aaron
Les groupes qui débutent, qui commencent à être connus mais qui ne rempliraient quand même pas l'espèce de hangar qui sert actuellement de "zénith" à la métropole rennaise, ou ceux qui préfèrent rester dans l'intimité d'un véritable échange avec le public, se produisent souvent à la Salle de la Cité. La Cité, comme on l'appelle par ici, c'est une petite salle dans le centre ville, à deux pas de la rue de la soif, devant laquelle on fait la queue en tentant de rester sur le tout petit trottoir sans se faire écraser par les voitures qui passent dans la petite rue.
Tout de suite, quand on passe le porche, on se dit qu'on rentre dans un autre monde. Les videur sont en pantalon large, en rangers et une casquette aux couleurs de la Jamaïque sur le crane recouvert de dread locks. Les murs du porche sont recouverts d'affiches de syndicat puisque la Salle de la Cité est située juste derrière la Maison du Peuple. Et l'intérieur de la salle reflète des années de bons et loyaux services. Les murs sont abîmés, et camouflés par endroits par des bouts de contre-plaqué. La Cité respire la révolution ouvrière de la fin du 19e siècle, le Front populaire et les congés payés.
La salle étant petite, on arrive à se placer près de la scène, on se serre, on peste d'avoir pris un manteau... Mais vu la température extérieure, c'était une précaution sage et nécessaire... Mais comme il n'y a pas de vestiaire, qu'on a pas de sac à dos et qu'on reste debout, on finit par le coller plié en deux enter les genoux, histoire qu'il traîne pas par terre, histoire qu'on puisse taper dans les mains et hurler plus fort que les groupies en folie.
La moyenne d'âge est correcte, à savoir entre 20 et 25 ans. A savoir qu'on ne se sent ni trop jeune ni trop vieille pour apprécier Aaron. Pas comme les deux jeunots devant nous qui ont dû échanger une quantité incalculable de salive en 3 heures de temps, tandis que le charmant jeune homme recevait des messages enflammés d'une autre donzelle... Et m'engueulez pas : c'est pas de ma faute s'il était plus petit que moi et qu'il regardait ses messages juste devant moi !
Concernant le spectacle en lui-même, une première partie avec Declan de Barra, un duo irlandais un peu particulier mais impressionnant malgré tout, et enfin, après une attente un chouilla longue, Aaron... Olivier, Simon et Maeva sur scène. Un piano électrique, une guitare, trois micros, un violoncelle et un ordinateur... De la musique, des sons, des rythmes, des paroles reprises en choeur, un chanteur élastique dansant tout comme moi, une violoncelliste en tutu long noir avec un chapeau sur la tête...
Aaron, ça avait un côté totalement barré, totalement émouvant, une vraie communication avec le public. Après une frayeur, ils ont quand même fait ma chanson, celle qui parle d'un poisson rouge mort... Et puis le noir s'est fait, le silence a envahi la salle et nous sommes reparties en pensant que désormais, l'album n'aurait plus forcément cette tonalité mélancolique que nous lui trouvions...
Texte © Miss Alfie 2007
mardi 13 novembre 2007
Couleurs d'hiver
La mi-novembre approche.
Les boutiques se parent de leurs couleurs de Noël.
Les branches de sapin artificielles s'ornent de guirlandes pour cacher les plafonds gris des grands magasins.
Et Les Crumbles de Miss Alfie ont décidé de faire un peu de dépoussiérage dans les cartons de Noël.
C'est donc avec un grand plaisir que je vous propose ce soir une nouvelle décoration qui, je l'espère, vous plaira, à l'occasion de cette fin d'année 2007.
Certes, les calendriers de l'Avent ne sont pas encore ouverts, mais j'ai toujours aimé faire la décoration de Noël de bonne heure, histoire d'en profiter plus longtemps...
Les remarques, suggestions, critiques ou félicitations - ben quoi, ça fait toujours du bien au moral ! - sont à laisser là, juste sous ce message, en cliquant sur le lien Par ici les réacs !
Opération Opéra !
D'ordinaire, ces derniers temps, soit je vous raconte comment je me prends la tête avec les administrations pour réussir à obtenir quelques subsides qui me permettraient de commencer à préparer mes cadeaux de Noël, soit je vous donne quelques idées de lectures plus ou moins intelligentes et philosophiques. Mais aujourd'hui, je vais vous parler Culture, mais Culture avec un grand C... Parce que parfois, il m'arrive de me culturer comme il faut, de faire la grande dame et d'aller, oui oui oui, à l'opéra !
La première escapade en ce haut lieu culturel rennais a eu lieu il y a bientôt deux ans, tandis que j'usais encore mes jeans sur les chaises de mon école d'assistante sociale. Ce soir-là, en février 2006, c'était Offenbach et ses Contes d'Hoffmann qui nous avait enchanté, Contes que j'avais suivi depuis le poulailler, assise sur des marches en bois bien dures dont mes fesses ont gardé le souvenir.
Mais cette fois-ci, j'ai rassuré mes fesses avant le départ : un abonnement pour trois spectacles, et les voilà rapidement posées sur une chaise de bois sombre garnie de velours rouge, au premier balcon, surplombant le parterre. Et puis c'était la moindre des choses pour apprécier Cosi Fan Tutte de Mozart !
L'opéra de Rennes est à lui seul un lieu à visiter. Construit à la fin du 19e siècle, il a été rénové en totalité en 1999 et illumine la place de la Mairie de sa splendeur. Rien qu'à le voir, ainsi éclairé dans la nuit d'hiver, et le coeur se serre. L'intérieur est à la hauteur, avec ses grands escaliers aux marches recouvertes de velours rouge, son foyer en arc de cercle, et ses couloirs aux portes donnant sur les loges.
Une fois installées, nous avions le temps de contempler l'environnement, le plafond avec sa ronde des petites bretonnes, les boiseries travaillées et dorées des balcons, les tentures de velours descendant le long de la scène. Et puis le public... Beaucoup de personnes d'un âge certain, mesdames avec leur manteau de fourrure, messieurs en costume-cravate. Quelques familles au grand complet, papa-mama-les quatre enfants, mais bizarrement pas venus des zup de la ville. Beaucoup de jeunes dans mes âges, merci la fac de Rennes qui, quand elle n'est pas bloquée par les grèves, offre une place par an à chaque étudiant pour aller voir un spectacle à l'Opéra. Un public avec ses habitués, qui d'un regard savent où s'installer, vous font comprendre que eux, ils ont l'habitude, ils savent. Un public avec des novices aux oreilles plus habitués aux mp3 qu'aux fosses d'orchestre avec violons, altos, violoncelles, contrebasses, cors, clarinette, flûte traversière, hautbois, cymbales, piano...
Et puis tout à coup, la sonnette invitant les retardataires à rejoindre leurs places. La lumière qui s'éteint doucement. Le noir et à nouveau la lumière, sur le rideau qui se lève, sur l'orchestre qui enchaîne les premières notes, sur les chanteurs qui entrent en scène, et déroulent le fil de l'histoire à coup de vocalises, de choeurs, de canons, de solos, de mimiques et de pitrerie au milieu d'une histoire un peu tragique, un peu comique, mais tellement actuelle sur l'amour, la fidélité et l'infidélité...
Trois heures trente plus tard, la montre indique minuit, les mains sont rougies d'avoir tant applaudis la troupe qui se produisait pour la première fois dans cette salle que j'aime tant, les yeux, fatigués d'avoir été sollicités pour faire le va-et-vient entre la traduction en français du chant italien, les oreilles, bourdonnantes de mélodies envoûtantes, et le sac sur l'épaule, bien emmitouflées dans les manteaux d'hiver, nous voilà repartant dans la vraie vie, souriant à l'évocation de la morale de cet opéra de Mozart : ne jamais oublier de voir le calme dans la tourmente, le positif quand tout est négatif...
Pour écouter gratuitement des extraits de Cosi Fan Tutte
Texte © Miss Alfie 2007
samedi 10 novembre 2007
24 heures de trop
Mon premier roman de Lorraine Fouchet fut Nous n'avons pas changé, sorti en livre de poche en fin d'année dernière. J'avais enchaîné avec le précédent, Le bateau du matin, suivi de celui juste avant, L'agence, pour terminer récemment par un des premier sorti, 24 heures de trop. Ces quatre romans, que je n'ai pas commenté sur ce blog, soit parce qu'il n'existait pas encore en l'état soit parce que je n'en ai pas eu le temps, sont tous des romans contemporains, plutôt destinés à des femmes à mon sens, et dans lesquels on retrouve un style commun, une sorte de signature.
24 heures de trop relate l'histoire de Lisa, médecin dans un hôpital qui, un matin, annonce à une patiente qu'elle est séropositive. Quelques heures plus tard, la patiente est hospitalisée dans un état très grave suite à un accident de la voie publique. Déclarée en mort cérébrale, son coeur pourrait être greffé au frère de Lisa, sur le point lui aussi de mourir si un donneur n'arrive pas rapidement. Sauf qu'en passant un examen a priori anodin, Lisa se retrouve projetée 24 heures en arrière, et voit réapparaître devant elle la patiente à qui elle apprend sa séropositivité. Pourra-t-elle changer le cour des choses et l'empêcher de mourir d'un accident en laissant un petit garçon de 10 ans ? Sauvera-t-elle son frère sur le fil de la vie ? Le dilemme est lourd pour Lisa...
Lorraine Fouchet, ancienne médecin, a dû s'inspirer de sa propre expérience dans ce roman médical où tout semble possible. Les termes employés me paraissent très pointus, même si je ne suis sans doute pas la mieux à même pour juger ce type de spécificités. Mais en même temps, je doute encore du réalisme de cette histoire ! Une simple IRM qui ferait remonter le temps... Disons que mon esprit cartésien a encore quelques doutes !!!
En revanche, même si j'émets quelques réserves concernant cet opus, les trois autres romans que j'ai cité plus haut sont fort agréables à lire, malgré un schéma narratif similaire... Dans chaque histoire, le personnage central est une femme, généralement orpheline, sans homme dans sa vie. Je vous laisse deviner la suite ! Disons qu'il me semble que l'expérience personnelle de Lorraine Fouchet n'est pas pour rien dans le profil de ses personnages, elle-même ayant perdu ses parents assez jeune. 24 heures de trop, tout comme les autres romans de cet écrivains, n'est pas ce qu'on peut appeler de la littérature intellectuelle, mais ce sont des bouquins qui se lisent facilement, dans un style fluide, et qui font du bien au moral... Et rien que pour ça, j'aime bien Lorraine Fouchet !
Premier paragraphe :
"Lisa Niels partait toujours en avances pour l'hôpital Saint Jean. Au volant de sa petite voiture jaune canari, une Smart, elle traversait la plaine maraîchère de Montesson, village des Yvelines situé douze kilomètres à l'ouest de Paris. Sur la place de l'église, elle klaxonnait pour saluer Marie-Amélie qui ouvrait sa fromagerie, son chien Evinrude couché dans le soleil. Juste à côté, Nicola le pizzaiolo agitait la main pour lui dire bonjour. Puis Lisa plongeait dans les embouteillages de l'important Vésinet."
Texte © Miss Alfie, sauf extrait de texte.
Image 24 heures de trop, Lorraine Fouchet, Editions Robet Laffont pour l'édition broché (2002) et J'ai Lu pour l'édition poche (2004).
mardi 6 novembre 2007
Harry Potter et les Reliques de la Mort
Et oui, je ne vous en avais pas encore parlé. Et pourtant, j'imagine que les attentifs avaient remarqué dans mes divers messages que j'étais en train de le lire. Le dernier tome de la saga Harry Potter... J'avais toujours dit sur le ton de la boutade que pour la sortie du dernier tome, une journée de congés ou de RTT s'imposerait, histoire de découvrir illico presto la fin des fins. Manque de pot, normalement, le vendredi matin, je bosse ! Sauf que ce vendredi là, exceptionnellement, et ben je bossais pas ! Oui oui oui ! Mais bon, on ne peut pas vraiment dire que le vendredi 26 octobre, j'étais disponible puisque j'entamais ce jour-là ma prise de fonction de "garde à domicile" familiale !
Du coup, Harry a un peu patienté, a été grandement dégusté, le soir sous la couette, le dos en compote et les yeux se fermant seuls. Les premières pages ont été lentement tournées, parce que je savais que c'était la fin... Mais la tentation fut plus grande que le reste, et samedi dernier, tandis que ma parenté patientait dans les couloirs d'un des hôpitaux de la ville, je me suis laissée emporter par la magie et le réalisme de cette histoire, j'ai enfilé ma cape de sorcière et suis grimpée sur mon balais pour rejoindre Harry, Ron et Hermione.
Je ne vous relaterai pas les dernières aventures de ces trois-là, parce que vous les retrouverez sur un paquet de sites, mais je voudrai saluer J.K.Rowling pour la grande inspiration qui a été la sienne lorsqu'elle a commencé à écrire les aventures d'Harry. A la base destinée aux enfants, cette série a touché un paquet d'adultes, et je ne parle même pas de ceux qui étaient encore enfants lorsque le début de la série est sortie en France et qui sont des adultes aujourd'hui ! Beaucoup d'entre nous ont grandi avec Harry, sont passés par des interrogations similaires aux siennes, ont cherché un repère masculin ou féminin dans leur entourage, ont bravé l'autorité, se sont fâchés avec leurs meilleurs amis pour se réconcilier avec après et j'en passe...
Mais voilà, c'est fini. En refermant mon gros livre samedi soir, j'ai eu un pincement au coeur, comme le jour où l'on dit au revoir à quelqu'un avec qui l'on a passé un bout de sa vie, partagé des moments forts, et que l'on sait que l'on ne reverra plus qu'en photo, que plus aucun nouveau souvenir ne viendra s'accumuler dans les étagères de cette histoire-là...
Alors, salut Harry...
Texte © Miss Alfie 2007
dimanche 4 novembre 2007
Moi, une nana ?! Quelle idée !!!
Ceux qui me connaissent ou ont déjà eu l'occasion de voir des photos le savent : j'ai tous les attributs du sexe féminin. Mais il n'empêche ! J'en connais qui ont les mêmes que moi mais qui, lorsqu'elles se déplacent, font tenir leur nécessaire dans un mini sac quand, pour ma part, c'est un vrai déménagement perpétuel ! Vous ne me croyez pas ? Alors, laissez-moi vous convaincre...
Depuis huit jours, j'ai réinvesti ma chambre d'étudiante chez ma maman à qui on a enlevé un petit bout de féminité pour lui permettre de projeter le voyage en Egypte tant espéré et peut-être faisable en 2009 si le Nénuphar veut bien nous laisser en paix.
Donc, depuis huit jours, quand je ne suis pas au boulot, je suis dans le logement de ma génitrice, en compagnie la plupart du temps de mon géniteur, fréquemment de passage dans le domaine de soixante mètres carrés de son ancienne épouse. Et donc, quand je ne suis pas au boulot, je fais des courses, de la cuisine, du repassage, du ménage, de la lessive et plein d'autres trucs tout aussi passionnants qui me donnent l'impression d'avoir au moins cinquante-sept ans...
Et surtout, depuis huit jours, j'ai transbahuté une partie de mon logement dans celui de ma mère. Quand je parle d'une partie de mon logement, disons plutôt une partie de ma garde-robe... Et ceux qui ont déjà eu l'occasion de la voir conviendront qu'en la matière, il est préférable que je vive seule car la malheureuse personne qui devrait partager les placards avec moi serait bien en peine ou ne devrait surtout pas en avoir autant que moi... Enfin, m'en fous, j'assume !
J'assume, sauf que quand il s'agit de choisir ce que je vais emporter pour ma semaine de migration nocturne, je me trouve bien en peine ! Parce qu'imaginez, si je prévois de mettre un jean avec un col roulé et que là, paf, la dame de la météo annonce qu'il va faire beau, il serait bien que j'ai une jupe avec moi... Voire deux... On ne sait jamais, Mimi Cracra comme je suis... Et pour mettre avec la jupe, une tripotée de collants, étant donné la vitesse à laquelle je les effile... Et quelques hauts adaptés à toutes les circonstances : travail, dîner en ville, soirée chez des amis, rendez-vous galant... Oui, je suis une fille ultra prévoyante qui sait très bien que généralement, son emploi du temps se complète au fur et à mesure que les heures d'une journée filent, et, de ce fait, parée à toutes les éventualités... Même si, faut le reconnaître, pour le rendez-vous galant, on a déjà vu des gens avec un carnet de bal plus rempli que le mien !
Bref, ceci entraînant cela, je me retrouve ce matin avec une valise pleine de tee-shirts, chemisiers, pulls, jean et jupe ; un sac de voyage rempli de sous-vêtements et de quelques vêtements de nuit ; une vanity-trousse de toilette blindée de flacons et de maquillage ; une sacoche d'ordinateur pour l'instant vide mais qui sera rempli de son destinataire dès la fin de la rédaction de ce billet ; deux sacs commerciaux contenant, l'un une paire de bottes, l'autre une paire de bottines, la troisième paire de chaussures allant rejoindre mes pieds sous peu ; un sac contenant diverses fringues à laver qui va encore traîner un temps indéfini dans ma salle de bain avant que je ne me foute un coup de pied au derrière pour mettre à jour toutes mes tâches ménagères ; un sac à main que l'on pourra bientôt qualifier de sac à la Mary Poppins dans lequel je transporte généralement de quoi survivre à tous les aléas d'une vie en société : appareil photo, livre, agenda, médicaments, argent, lunettes, et j'en passe largement !
Y a-t-il encore du monde à penser que je voyage léger alors ?... Et qui a dit que j'étais pas une nana, à courir ainsi les boutiques alors que je n'ai même plus assez de valises pour tout transporter, à transporter la moitié de ma garde-robe quand je m'absente une semaine, et à passer une heure dans la salle de bain le matin ?!
Texte © Miss Alfie 2007









