mardi 20 novembre 2007
44 Scotland Street
Il y a quelques semaines, je vous avais parlé de Ralph's Party. Cette fois-ci, je reviens avec un autre roman "d'immeuble", une autre chronique de la vie ordinaire, mais cette fois à Edimbourg. Dans 44 Scotland Street, roman publié à l'origine en feuilleton quotidien dans The Scotsman, un journal écossais, Alexander McCall Smith retrace la vie des habitants d'un immeuble dont les destins se croisent autour de la cage d'escalier.
Il y a tout d'abord Pat, jeune Edimbourgeoise d'une vingtaine d'année, en deuxième année sabbatique, qui semble un peu paumée au début du roman. Pat va emménager en collocation avec Bruce dans un appartement que ce dernier partage avec deux autres personnes qui sont juste mentionnées mais que l'on ne verra pas au cours de l'histoire.
Professionnellement, Pat se cherche et semble se trouver dans une galerie où elle effectue quelques menues tâches sous la houlette de Matthew, jeune fils à papa peu sûr de lui dont la dernière envie a été d'ouvrir une galerie d'art pour faire plaisir à son père.
Bruce, quant à lui, quand il ne drague pas les jeunes femmes du coin, travaille en tant qu'expert immobilier pour Gordon et Reaburn Todd.
Sur le même palier qu'eux, habite Domenica Macdonald, une vieille femme célibataire un peu excentrique roulant dans une grosse Mercedes, au grand dam d'Irene, sa voisine d'en dessous, mère du génial Bertie, prodige de cinq ans jouant du saxophone et parlant couramment italien, élevé à coup de théorie kleinienne.
Présenté ainsi, le chassé-croisé de tous ces personnages, mais aussi de personnages secondaires que je ne présenterai pas ici pour vous laisser le plaisir de les découvrir au fil de la lecture, peut paraître un peu compliqué, mais ce n'est sincèrement qu'une impression, sans doute dû à ma présentation un peu brouillonne ! En effet, Alexander McCall Smith réussit à nous entraîner dans le sillage de ses personnages sans que l'on se sente perdu et nous les dépend avec des traits de caractères tellement particulier que l'on ne peut que se retrouver dans son récit. Bien évidemment, derrière tout cela se cache une intrigue centralisée autour d'un tableau découvert dans la réserve de la galerie d'art, un tableau qui pourrait bien faire la fortune de Pat et de Matthew.
En plus de l'intérêt de l'histoire, ce roman-feuilleton est très intéressant d'un point de vue narratif et stylistique puisqu'il a été publié à l'origine en épisodes. Ainsi, chaque chapitre ne dépasse guère les quatre pages et propose un nouveau rebondissement ou un changement de personnage très régulièrement pour ne pas lasser le lecteur. Sur ce point, je n'invente rien, Alexander McCall Smith l'expliquant dans la préface du roman, et citant par ailleurs Les Chroniques de San Francisco d'Amistead Maupin qui sont nées du même procédé, celui du feuilleton.
Premier paragraphe
"1. Il y a des trucs qui se passent...
Debout devant la porte, au pied de l'escalier, Pat lu tous les noms inscrits sur l'interphone : Syme, Mcdonald, Pollock..., avant de repérer celui qu'elle cherchait : Anderson. Il devait s'agir de Bruce Anderson, l'expert immobilier, qu'elle avait eu au téléphone. C'était lui qui collectait les loyers, avait-il expliqué, et réglait les factures. Il lui avait suggéré de venir jeter un coup d'oeil à l'appartement avant de décider si elle avait envie de s'y installer."
Le site d'Alexander McCallSmith (en anglais)
Texte © Miss Alfie 2007, sauf extrait de texte.
Image 44 Scotland Street, Alexander McCall Smith, Editions 10/18 (2007).
De vous à moi...
C'est marrant, on avait un cours d'écriture théâtrale à la fac, et on devait rendre un texte en fin d'année. Ce qu'on voulait, un truc un peu chiadé si possible. Et une nana a justement choisi ce type de récit : l'histoire d'un immeuble autant que celle de ses habitants, l'immeuble étant au centre de tout ce qu'il se passait dans l'histoire.. Une bonne idée qui a fait un très bon texte. Ca me donne envie d'acheter le bouquin tout ça!
Perso je n'ai pas accroché du tout et je ne sais pas pourquoi d'ailleurs ;-)
Il a l'air pas mal ton roman, je note les références. :-)
Au fait, je n'étais pas passée depuis que tu as ton look de Noël, il est sympa !
C'est peut-être le traducteur, mais ce "décider d'avoir envie" augure assez mal de la suite, il me semble...
@ Marionette : En fait, l'immeuble devient un prétexte, plusieurs personnages n'y habitant finalement pas.
@ Mary : Comme qu'on dit, il en faut pour tous les goûts !
@ Anna : Merci ! Fais comme chez toi, tu sais bien !
@ Didier Goux : Désolée, je ne suis pas assez douée pour lire dans le texte les auteurs étrangers ! Je me contenterai donc de "décider d'avoir envie".
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