vendredi 16 novembre 2007
Aaron
Les groupes qui débutent, qui commencent à être connus mais qui ne rempliraient quand même pas l'espèce de hangar qui sert actuellement de "zénith" à la métropole rennaise, ou ceux qui préfèrent rester dans l'intimité d'un véritable échange avec le public, se produisent souvent à la Salle de la Cité. La Cité, comme on l'appelle par ici, c'est une petite salle dans le centre ville, à deux pas de la rue de la soif, devant laquelle on fait la queue en tentant de rester sur le tout petit trottoir sans se faire écraser par les voitures qui passent dans la petite rue.
Tout de suite, quand on passe le porche, on se dit qu'on rentre dans un autre monde. Les videur sont en pantalon large, en rangers et une casquette aux couleurs de la Jamaïque sur le crane recouvert de dread locks. Les murs du porche sont recouverts d'affiches de syndicat puisque la Salle de la Cité est située juste derrière la Maison du Peuple. Et l'intérieur de la salle reflète des années de bons et loyaux services. Les murs sont abîmés, et camouflés par endroits par des bouts de contre-plaqué. La Cité respire la révolution ouvrière de la fin du 19e siècle, le Front populaire et les congés payés.
La salle étant petite, on arrive à se placer près de la scène, on se serre, on peste d'avoir pris un manteau... Mais vu la température extérieure, c'était une précaution sage et nécessaire... Mais comme il n'y a pas de vestiaire, qu'on a pas de sac à dos et qu'on reste debout, on finit par le coller plié en deux enter les genoux, histoire qu'il traîne pas par terre, histoire qu'on puisse taper dans les mains et hurler plus fort que les groupies en folie.
La moyenne d'âge est correcte, à savoir entre 20 et 25 ans. A savoir qu'on ne se sent ni trop jeune ni trop vieille pour apprécier Aaron. Pas comme les deux jeunots devant nous qui ont dû échanger une quantité incalculable de salive en 3 heures de temps, tandis que le charmant jeune homme recevait des messages enflammés d'une autre donzelle... Et m'engueulez pas : c'est pas de ma faute s'il était plus petit que moi et qu'il regardait ses messages juste devant moi !
Concernant le spectacle en lui-même, une première partie avec Declan de Barra, un duo irlandais un peu particulier mais impressionnant malgré tout, et enfin, après une attente un chouilla longue, Aaron... Olivier, Simon et Maeva sur scène. Un piano électrique, une guitare, trois micros, un violoncelle et un ordinateur... De la musique, des sons, des rythmes, des paroles reprises en choeur, un chanteur élastique dansant tout comme moi, une violoncelliste en tutu long noir avec un chapeau sur la tête...
Aaron, ça avait un côté totalement barré, totalement émouvant, une vraie communication avec le public. Après une frayeur, ils ont quand même fait ma chanson, celle qui parle d'un poisson rouge mort... Et puis le noir s'est fait, le silence a envahi la salle et nous sommes reparties en pensant que désormais, l'album n'aurait plus forcément cette tonalité mélancolique que nous lui trouvions...
Texte © Miss Alfie 2007
