mercredi 31 octobre 2007
Miss Alfie au chômage, 2e épisode...
Il y a un peu plus d'un mois, je vous avais relaté mes premiers contacts avec le monde du chômage. Il est vrai, depuis le 1er octobre, je suis officiellement salariée à mi-temps dans une entreprise. Mais, d'une part, je suis toujours inscrite comme demandeuse d'emploi - oui, moi je féminise l'administration - puisque je ne travaille pas encore à temps plein, et d'autre part, je suis toujours susceptible d'obtenir des allocations de chômage pour le mois de septembre au cours duquel je n'ai pas travaillé.
En effet, mon dossier est arrivé rapidement à l'hôpital qui s'avère être mon organisme payeur, et je vous avais laissés sur ces informations. Or, sachez que cela n'était pas la fin de l'histoire. En effet, très rapidement, j'ai reçu la notification m'indiquant que je pouvais bénéficier d'une allocation journalière qui, une fois ramenée au mois, me fit ouvrir des yeux ronds : à ce prix là, j'aurai mieux fait de rester au chômage plutôt que de prendre un travail à mi-temps puisque pour l'instant, je touche 170 euros de moins en bossant... J'en étais presque étonnée, de la recevoir si vite, et je me maudissais déjà d'avoir été mauvaise langue avec mon ancien employeur...
Aussi sec, j'ai renvoyé mon attestation sur l'honneur, et comme je suis une fille honnête, j'ai bien indiqué que je n'avais pas travaillé en septembre. Naïvement, je pensais que tout était parfaitement en règle, et que j'allais percevoir aussi rapidement mon dû que j'avais reçu ma notification. De rapidement, je suis passée à "à la fin du mois". Oui, car pour être une ancienne salariée de cet hôpital, je sais qu'ils ne font aucun versement en cours de mois. Il avait déjà fallu que je bataille ferme pour obtenir une avance sur salaire lors de mon embauche parce que vous comprenez, étant donné que j'étais arrivée le 5 juillet dans la boîte, je n'aurai dû être payée que fin août, les payes étant envoyées le 4 du mois. Sauf que mon propriétaire et toutes la clique de mes divers créanciers n'auraient sûrement pas apprécié que je décale d'un mois tous mes paiements.
Bref, les choses avaient alors pu se faire, et j'ai, encore plus naïvement, cru que tout allait bien se passer pour mon allocation de chômage. Or, après un coup d'oeil à mon compte bancaire, j'ai réalisé que la fin octobre était déjà là en voyant l'inscription de mon salaire du mois d'octobre sur mon compte. Recherchant dans ma mémoire et dans mes tablettes informatiques, l'hôpital me versait habituellement mon salaire aux alentours du 28 du mois... Et nous sommes le 31... et je n'ai toujours rien !
Déformée professionnellement par les démarches pour les autres, j'ai pris mon petit téléphone pour appeler le service concerné à l'hôpital, histoire d'avoir des nouvelles et de savoir à partir de quelle date je pouvais scruter mon compte et espérer mettre un peu d'argent de côté pour ma future acquisition numérique. Et là, surprise !
- Votre nom ?! - Et ben celle là, son amabilité s'est pas arrangée depuis que je suis partie... -
- Bidule...
- Nan, j'ai rien...
- Alors c'est prévu pour novembre peut-être ? - Garde ton calme, Alfie, ne t'énerve pas... -
- Nan plus... Rien...
- Vous n'avez rien pour novembre ?! Mais ce sont quand même des allocations correspondant au mois de septembre ?! - Là, te laisse pas faire non plus... -
- Ben j'en sais rien moi ! C'est pas moi qui m'en occupe, rappelez madame Machin la semaine prochaine ! - Ben tu pouvais pas le dire plus tôt, 'spèce de fonctionnaire ! -
Sur ce, j'ai raccroché mon téléphone après quelques politesses d'usage, parce qu'il ne s'agirait pas qu'on me traite de malpolie, en plus de quémandeuse ! J'ai reposé le combiné sur sa base. J'ai regardé ma montre. J'ai pris mon manteau, fermé mon bureau et suis allée fumé une cigarette dehors en pestant contre les administrations.
Et oui, parce que si on fait le compte, j'ai eu un salaire de mi-temps fin août, agrémenté d'indemnités de fin de contrat et de congés payées, donc ça a été au mois de septembre. Fin septembre, un zéro pointé s'est affiché sur le compte, zéro que j'ai pu remplacé par quelques économies de côté de manière à tenir jusqu'à la fin de ce mois en cours. Mois pour lequel je viens d'obtenir un paiement qui va me permettre de payer mes factures de novembre, mais sans doute pas de manger !
Donc, si je résume, sans mes petites économies, je vous laisse imaginer ce que ce mois d'octobre aurait pu être. Quant à mes sous de septembre, ils sont peut-être partis prendre un peu de repos avec la nana qui s'occupe de mon dossier d'allocations de chômage partie en vacances... Vacances... C'est bien ce truc qu'on peut prendre quand on a des sous, non ?!
Oh ! Mais j'y pense tout à coup ! Peut-être pourrai-je écrire à notre cher Président qui, lui, voit ses ressources augmenter de 140 % d'un tour de main ! Qui sait si dans sa générosité envers les plus nécessiteux il n'accepterait pas de me faire une avance sur allocations de chômage ? Non, parce que bon, en plus, moi je suis une bonne chômeuse - je travaille déjà hein ! - et une bonne pauvre - ouais, je consomme quand même, trop mais tant pis... C'est pour me consoler d'être sous le seuil de pauvreté ! -.
Texte © Miss Alfie 2007
mardi 30 octobre 2007
Cap' ou pas cap' ?!
Quand on commence un nouvel emploi, il est de notoriété publique et légalement obligatoire de passer une visite médicale d'embauche à la médecine du travail. Visite qui doit, il me semble, être renouvelée tous les ans, sans que je puisse pour autant vous l'affirmer, n'étant jamais restée suffisamment longtemps dans une entreprise pour en avoir deux pour le même employeur. Et sincèrement, c'est pas franchement une grosse perte, si ce n'est de temps...
Hier donc, lundi, j'avais rendez-vous à 14h50. Un gentil petit texto du service RH - ressources humaines, pour ceux que ça fait chier de faire snob... - me l'avait rappelé la veille sur mon portable professionnel coupé pour cause de week-end, texto que je n'ai donc eu qu'en arrivant au travail hier à 13h30. Heureusement que j'ai une tête, sinon on serait mal barré. Donc j'arrive au boulot, café avec les collègues, et comme toujours, le staff qui commence à la bourre, à peine un quart d'heure avant l'heure prévue de mon départ pour ma super visite. Et là, paf, forcément, c'est pile quand on commence à évoquer la situation d'une patiente pour qui j'interviens, une situation pas très facile qui prend du temps et sur laquelle il était prévu que l'on réfléchisse, que l'horloge murale me fait signe que si je ne veux pas me faire pincer pour excès de vitesse sur la rocade, il est temps que je bouge mon derrière de ma chaise.
J'abandonne donc mes collègues en pleine parlementation, dépitée, laissant sur mon bureau mes affaires en bazar avec l'idée de les ranger à mon retour, et je récupère une voiture de service. D'ailleurs, à ce propos et entre nous soit dit, je préfère largement ma Corsa à la Clio qu'on me refile à chaque fois... C'est quoi ces bagnoles de service ? Et en plus, elle a moins de bornes que la mienne ! Mais qu'est-ce que je suis pas bien dedans !
Enfin bref... Pied sur le champignon, je double quelques camions, salie bien le bas de caisse dans des routes de campagne dégueulasse vu le temps du jour, récupère la quatre voies, puis la rocade, et je trouve enfin une place entre deux arbres à l'arrivée. L'horloge de la voiture indique 14h50 pétantes. D'un pas alerte de quelqu'un en parfaite santé et qui surtout, n'a pas du tout mal au dos, je file au comptoir d'accueil et poireaute pendant que la standardiste définit les dernières modalités de rendez-vous de son repas du lendemain avec sa copine.
Quand enfin elle s'intéresse à moi, je dois me dirigez vers une sorte de salle d'attente composée de 3 chaises autour d'une table basse supportant un amoncellement de revues déchirées totalement obsolètes ou destinées à des aficionados de voitures et de motos. Il y a là une femme enceinte qui attend en mettant son agenda à jour, et moi qui sort subrepticement le poids mort qui alourdissait mon sac. Et oui, ayant prévu le coup de l'attente, j'avais aussi prévu qu'Harry puisse m'accompagner dans cette attente.
Je vous passe les détails de l'attente, mais elle fut interminable car Harry ne fit qu'une brève apparition dans la salle d'attente, étant rapidement rejointe par une des personnes de la direction devant qui je me voyais mal afficher mes lectures. Ben oui, normalement, une visite médicale d'embauche se fait sur le temps de travail... Or, lire un roman sur le temps de travail ne fait pas partie des attributions d'une assistante sociale, surtout quand le dit roman s'appelle Harry Potter et les Reliques de la Mort, et je n'ai pas vraiment envie que l'on profite des derniers jours de ma période d'essai pour me virer sans préavis ni indemnités pour lectures inadaptées sur le temps de travail...
Qu'importe, mon après-midi fut malgré tout occupée entre l'assistante médicale qui refit mon dossier - 2002 c'est loin ? Nan ?! C'est vrai ?!!! - et la médecin du travail... Tout un poème celle-là...
- Alors, vous avez eu des problèmes de santé depuis 2002 ?
- Heu oui, des problèmes de dos... Une hernie discale en avril dernier...
- Où ça ?
- - Aux pieds... bécasse... - Entre L4 et L5...
- Et des douleurs où ?
- Bas du dos et jambe, le nerf sciatique a été coincé...
- Ah ben non, c'est pas possible pour la sciatique... - Nan, t'as raison, je dis juste ça pour te faire chier... J'ai jamais eu mal au dos, jamais été pliée à 90° et jamais porté de ceinture lombaire pendant 3 mois... Bref, passons au sujet suivant... -
Ah ben non, sujet suivant ? Y en a pas eu ! Et oui, comme je vous le dis... J'ai eu le droit d'être pesée, tensiométrée, réfléxisée, mais les antécédents familiaux ne changent pas pour les médecins du travail en 5 ans - C'est vrai, aucun cancer dans les proches parents depuis ! Franchement, où avais-je la tête ! - et surtout, non non non, on ne va pas me demander si je fume, ça complexifierait la tâche...
Mais bon, j'ai quand même eu le droit de poireauter à nouveau avec la femme enceinte du début et l'autre nana de la DRH de passer un super test pour la vision alors que je viens de lui dire que j'ai été en mai dernier chez l'ophtalmo, qu'il m'a changé ma correction, et que les véhicules de service, je les utilise quand même exceptionnellement si l'on compare avec les soignants qui tournent avec tous les jours... Alors là, il a fallu que je dise combien de points lumineux je voyais, si les traits étaient alignés, que j'ânonne les lettres et les chiffres qui s'affichaient et j'en passe... Et l'assistante de me demander pourquoi il fallait me faire faire ce test vu que je prends quand même pas si souvent que ça la voiture de service... - Ah ben ça... Moi non plus, j'ai pas compris... Si elle m'avait prescrit des examens pour le dos, cela m'aurait semblé plus logique... -
Ceci entraînant cela, je suis repartie à 16h35 de ce lieu où j'ai bousillé une après-midi sans même pouvoir lire Harry Potter et en me disant qu'on leur dit bien ce qu'on veut, à ces médecins du travail... Et surtout à celle que j'ai vu... Parce que sincèrement, à la question : "Mais vous n'avez pas de problèmes pour conduire ou pour vous déplacer avec votre dos ?", je n'allais pas répondre "Ben c'est-à-dire qu'en ce moment, quand je conduis, je serre les fesse et je gueule à mon dos d'aller se faire voir... Enfin, à condition de m'être levée suffisamment tôt pour avoir eu le temps de me dérouiller..."
Et oui, parce qu'à mon avis, si j'avais répondu cela, mon "Apte" n'aurait peut-être pas été inscrit sur le papier blanc que je peux désormais remettre à mon employeur...
Conclusion de l'après-midi, si vous voulez perdre votre temps, filez de suite demandez à votre patron un rendez-vous à la Médecine du Travail !
Texte © Miss Alfie 2007
dimanche 28 octobre 2007
Le portrait
"Il est curieux que les écrivains n'aient pas plus souvent imaginé de faire parlé un tableau de maître quand on sait tout ce qu'on peut entendre dans une vie de tableau de maître."
(Le portrait, Pierre Assouline, page 24.)
Cette phrase seule résume l'ensemble de ce bouquin extrêmement bien documenté, à mi-chemin entre le roman et la biographie. Imaginez plutôt : en 1848, Dominique Ingres, le célèbre peintre du Bain turc notamment, peint la baronne Betty de Rotschild, épouse du baron James de Rotschild. Le tableau, magnifique oeuvre du maître classique, ressemble à première vue à n'importe quel tableau de maître. Et pourtant... Pourtant, en 1886, lorsque Betty de Rotschild meure, son âme va en quelque sorte imprégner la toile, s'y installer, et nous raconter tout ce qui se passe autour d'elle.
Ainsi, au hasard des rencontres de ses enfants, nous découvrons l'histoire de cette famille de banquiers juifs installée dans toute l'Europe, marquée par de multiples traditions qui semblent encore aujourd'hui respectées. Du début du dix-neuvième siècle à nos jours, le tableau de Betty nous offre une vision particulière de la vie politique et culturelle française. D'Ingres à Chopin en passant par Balzac ou Offenbach, tous ces noms célèbres se côtoient au fil des pages. L'affaire Dreyfus vient rappeler que bien avant la seconde guerre mondiale, l'antisémitisme chatouillait la France, et les Rotschild, juifs de leur religion, vont se retrouver dépouillés de leurs biens lorsque le troisième reich va se mettre en tête d'occuper la France. De la rue Lafite à son château de Ferrières, voilà Betty transportée dans des mines de sel où elle va patiemment attendre qu'Hitler ne se suicide, craignant à chaque seconde qu'un nazi trop zélé ne veuille supprimer toute trace de son passage sur terre.
Sorti au mois de septembre, cette biographie ne m'aurait peut-être pas attirée si l'animatrice de l'atelier d'écriture auquel je participe cette année ne nous l'avait conseillé dans le cadre du projet que nous devons mener cette année, à savoir travailler à partir de portraits ! D'un tout autre style que La jeune fille à la perle qui conte également l'histoire d'un tableau, Le portrait dévoile une fois de plus ce qui peut se cacher derrière des couleurs sur une toile.
L'histoire secrète d'un portrait, c'est un peu comme ces mythes et ces légendes, nés d'une réalité désormais fantasmée. Et oui, et si finalement, tous ces tableaux que l'on regarde sans y prêter attention dans les salles de nos musées pouvaient parler, que nous conteraient-ils ? Que se racontent-ils d'ailleurs le soir, quand nos pas ne résonnent plus sur les parquets et que les surveillants rentrent admirer leur poste de télévision ?
Texte © Miss Alfie 2007, sauf citation.
Image Le Portrait, Pierre Assouline, Editions Gallimard, 2007.
jeudi 25 octobre 2007
Un jeudi matin sans mon lit...
On est jeudi.
L'horloge de Windows pas Vista indique 09:44 à l'instant où je commence la rédaction de ce billet.
Je suis assise sur une chaise pliante noire, devant un grand bureau en contre-plaqué couleur hêtre, sur lequel sont éparpillés quelques cahiers, papiers et téléphones.
Devant moi, la petite lampe de bureau éclaire le clavier de mon ordinateur à écran plat tout neuf et ultra sécurisé sur lequel j'arrive à accéder à internet, mais certainement pas à jouer au Solitaire ou au Démineur.
De l'autre côté du bureau, la chaise sur laquelle je devrais être assise est remisée dans l'angle de la pièce, pas du tout bien réglée et impossible à changer de position.
Sur les murs blancs, j'ai posé quelques posters survivants de ma période nemourienne acquis lors de mes ballades dominicales à Ikéa et mon tableau en liège est toujours posé sur le sol, sous la fenêtre dans mon dos.
Les locaux sont vides, à l'exception de mon bureau et de celui de la secrétaire. La cadre de santé et la médecin de l'unité sont à la réunion hebdomadaire des cadres et les infirmiers et les aides soignantes sont en train de faire leurs tournées.
On est jeudi.
A 09:44 le jeudi, généralement, je suis sous ma couette, ou j'en émerge juste. Je prends alors un bon petit déjeuner, enveloppée dans mon peignoir, la radio en fond sonore, à moins que ce ne soit la télévision.
Oui, mais pas aujourd'hui. Tout ça à cause d'une réunion qui n'a même pas lieu, mais qui va avoir le maigre avantage de me permettre de dormir demain matin, vendredi.
Le vendredi, habituellement, je travaille jusqu'à midi et demi. Après quoi je file sur Rennes poser mon derrière au parc Oberthür avant d'aller manger au restaurant avec mon père. Et puis après, je trouve toujours des tonnes de choses à faire avant d'aller scribouiller pendant deux heures avec d'autres inconditionnels de la plume.
Et bien demain, je me lèverai tranquillement, je descendrai à la boîte aux lettres, j'y récupérerai le dernier tome d'Harry Potter et je le mettrai dans mon grand sac fourre-tout. Une fois préparée, je filerai en ville manger au restaurant avec mon père, et une des soeurs de ma mère, que j'accompagnerai ensuite dans la chambre aseptisée de sa soeur où je passerai un temps certain, très certainement plongée dans le dénouement de ma saga préférée, uniquement dérangée par les hommes et femmes en blanc venant qui porter le goûter, qui prendre la tension, qui vérifier les pansements.
En attendant, il est maintenant 09:55 sur mon écran, le temps est toujours aussi sombre, j'ai toujours le nez bouché, envie de dormir et pas la tête à chercher un établissement pour personne handicapée qui accepterait de prendre une de nos patientes en hébergement temporaire pendant deux ou trois semaines, juste le temps que sa famille puisse elle aussi se reposer.
Heureusement, à 12:30, je serai à République, en train de me noircir les poumons en attendant une amie, une cousine et une autre amie pour aller manger dans notre restaurant gastronomique favori un Big Mac ou un Mac Bacon avant de faire une arrivée attendue et en fanfare dans la chambre d'hôpital précitées et dans laquelle le défilé des amis va se prolonger une bonne partie de la journée.
Bon, c'est pas le tout, mais il parait qu'il faut bosser... Alors c'est peut-être le moment d'essayer de chercher un financement pour une aide ménagère en sortie d'hospitalisation, non ?!!! Et puis bon, le travail, c'est la santé, non ?!
Texte © Miss Alfie 2007
mardi 23 octobre 2007
Pouvoir d'achat contre Journée de la glande
Je suis une fille bizarre... Enfin, cela n'a rien d'un scoop... N'empêche, je suis pas la seule, à être bizarre ! Y a qu'à voir le programme de la matinale de France Inter aujourd'hui pour s'en rendre compte...
Oui, parce que j'écoute France Inter au réveil... Au moins, quand le réveil sonne, je suis à peu près sûre de ne pas être tentée de rester au lit parce que même si la voix du présentateur est agréable, le fait d'entendre qu'il y a encore eu un attentat quelque part dans le monde, ça a plutôt tendance à m'inciter à m'éloigner du réveil et à filer sous la douche qu'à continuer à l'écouter.
Et si je choisis France Inter ou France Info, c'est juste parce que toutes ces radios musicales que j'apprécie beaucoup le reste de la journée m'énervent au plus haut point le matin avec leurs présentateurs surexcités montés sur des ressorts qui gueulent dans les oreilles pas encore décollées de l'oreiller qu'il est sept heures, l'heure de découvrir le monde et de danser sur le nouveau tube à la mode... Ouais, ben moi à sept heures du matin, je préfère généralement danser avec Morphée plutôt qu'avec Mika !
Bref, ces considérations partagées, je vais reprendre spécialement pour vous le programme qui a accompagné mon réveil, ma préparation physique, mon départ au travail et mon trajet. Concernant les dernières nouvelles, je vous les épargne, d'ailleurs, mon cerveau ne les a même pas imprimé. Oui, entre 7h30 et 8h15, faut pas me demander autre chose que prendre ma douche, buller dix minutes devant mon armoire en me demandant ce que je vais mettre sur mon derrière hormis ma petite culotte, faire chauffer l'eau de mon thé en pestant car il sera comme toujours trop chaud et manger mon yaourt matinal, les yeux dans le vide, l'air hagard, la bave coulant au coin des lèvres... Enfin, pas réveillée quoi...
A 8h20, tandis que je reposais mon tube de crème à visage et que je commençais la peinturluration du mon visage, Christine Lagarde, la locataire de Bercy, déboulait des States pour nous dire que non non non, les prix n'augmentaient pas en France et que la maîtrise de l'inflation dans notre pays ravit le monde entier... Manque de bol, je suis une fille, donc je peux pas et me mettre du machin noir sur les cils pour me faire des yeux de biche, et faire travailler mes oreilles et mon cerveau et réfléchir à ce que j'entends sans l'entendre puisque de toute façon, je suis occupée par ailleurs à me maquiller... Ben quoi, vous suivez un peu ou quoi ?!
Après avoir changé la vêture de mes pieds et troqué mes mi-bas bien fins et mes ballerines contre des chaussettes à orteils montantes et des bottines rouges, j'ai empoigné mon sac à dos et foncé dans la voiture obtenir la suite de la revue de presse de Clotilde Dumetz. Bon, j'ai forcément zappé une partie, mais en tout cas, je me rappelle qu'elle a commencé par Ouest France, mais le titre évoqué a dû resté coincé sous la semelle de ma godasse grise restée dans le hall d'entrée de l'appartement. Et là, en fait, une voix masculine est venue remplacée celle totalement hypocrite véridique de madame Lagarde. Monsieur Robert Rochefort, directeur du CREDOC, avait effectivement accepté, dans sa grande bonté, de laisser notre ministre aller prendre une douche et un petit déjeuner digne de ce nom en allant acheter une baguette de pain à deux euros, parce que pour elle, c'est pas cher quoi !
Là cependant, j'ai trouvé que ce monsieur faisait part d'un certain réalisme, concédant facilement que oui, l'inflation enflait et que non, on ne pouvait pas parler de maîtrise de la hausse des prix. S'en est suivie une série de questions d'auditeurs que j'avoue n'avoir écouté que d'une oreille, l'autre étant concentrée sur la circulation du matin et sur mes insultes aux conducteurs n'ayant pas voulu payer l'option clignotant sur leur grosse bagnole de riche acquise grâce aux heures supplémentaires du travailler plus pour gagner plus.
Sur ce, l'heure tournant en même temps que les roues de ma voiture, mon lieu de travail approchait tandis que s'estompait ma sensation de sommeil, et Caroline Cartier prenait le relais pour nous parler de... tenez-vous bien... la journée de la glande !!! Oui, aujourd'hui mardi 23 octobre, c'est officiellement la journée de la glande, quand on vient juste de nous dire que finalement, grosso modo, grosso merdo, si on se bouge pas un peu plus le derrière, faut pas se plaindre de pas avoir de quoi s'acheter une baguette de pain à un euro.
Donc voilà, sur ces entre-faits, je suis arrivée à mon boulot avec, à ma suite, la bagnole qui me suivait depuis dix kilomètres et de laquelle est sorti un charmant monsieur qui m'a fait un grand sourire. J'ai rejoint mon bureau, salué mes collègues, allumé mon ordinateur, et calculé qu'au final, j'aurai peut-être mieux fait de rester au chômage, puisque moi, je gagne plus à travailler moins...
Texte © Miss Alfie 2007
dimanche 21 octobre 2007
En vrac...
J'ai pété ma table de salon... Remarque, j'en avais marre de la voir... Et en plus, elle était pas fonctionnelle... Et ça changera des fringues, d'en racheter une...
Du coup, mon séchoir trône entre mon BZ et ma télévision... Disons que c'est un style... Mais au moins j'ai la place pour cuisiner... Puisque d'habitude, mon linge sèche dans ma cuisine...
La quiche poireaux-lardons-échalottes, c'est pas mauvais... Mais la prochaine fois, je penserai à faire dégraisser les lardons... J'ai bien fait réduire mes poireaux, alors pourquoi pas les lardons...
Mon BZ a enfin resservi la nuit dernière... Lui qui était régulièrement déplié et replié quand j'étais à Nemours n'avait pas servi depuis le mois de mars... Sauf pour accueillir mon derrière en position replié pour me détruire les neurones...
J'ai installé la TNT chez moi... Du coup, maintenant, j'ai envie d'un téléviseur plus grand pour bien profiter des clips de Mika et j'en passe et pour mettre France 4 toute la journée...
Ma folie des collants fantaisie est de retour... Sauf que j'ai réussi à en péter deux en une journée... Vu le prix du collant, ça coûte cher de se mettre en jupe de nos jours...
J'ai enfin renvoyé mon coupon d'abonnement à un magazine culturel et littéraire pour jeune femme... C'est ce qu'ils disent dans la publicité qu'ils font... N'empêche, grâce à la dernière édition, j'ai offert deux bouquins à ma mère...
C'est toujours sympa de revoir d'anciens collègues de promotion... Même si les vies diffèrent en fonction des routes prises... Du coup, on découvre d'autres personnes...
Je passe en moyenne deux soirées tranquilles chez moi par semaine... Le reste du temps, je pars de chez moi le matin, et je rentre le soir à l'heure de me coucher... Et là, la dernière soirée chez moi toute seule, c'était mardi... Ben oui, mercredi j'avais rendez-vous avec l'Homme de ma vie...
Ce matin, je me suis levée et j'ai failli pousser un cri... Mon dos a décidé de se rappeler à mon bon souvenir juste quand il ne faut surtout pas parce que ma sauveteuse du mois d'avril, ben c'est à moi de m'occuper d'elle en ce moment...
J'ai du repassage à faire depuis une semaine... Si une bonne âme ne sait pas quoi faire, je lui prête le matériel nécessaire...
Fifi le Ficus est mal en point... Il n'arrête pas de perdre ses feuilles... Pourtant, je lui parle... J'ai peur qu'il ne me fasse une dépression saisonnière...
J'ai failli craquer sur mon cadeau de Noël jeudi dernier... Heureusement, j'ai été raisonné... Si certains d'entre vous s'y connaissent en APN bridges et/ou réflex numériques, je prends les conseils...
Je fais mon intello avec mon bouquin de chez Gallimard en ce moment... Super couverture qui fera super bien dans la bibliothèque... En attendant, Harry arrive à la maison vendredi prochain...
J'entends bien leurs "Ne t'inquiète pas, c'est pris tôt, ça fait moins d'un centimètre" ; "Tu sais, maintenant ça se soigne très bien" ; "En plus, on va sans doute pouvoir éviter la chimiothérapie" ; "Aujourd'hui, c'est une intervention basique, sans risques"... Mais ça m'empêche bizarrement pas d'avoir bien hâte à mercredi soir et de détester mon dos...
Je crois que c'est aussi le moment de le dire... C'est vraiment quand on a un coup dur, une grosse claque dans la gueule, un machin bien assommant qu'on voit rapidement qui se bouge autour de soi... Merci les filles...
J'aime bien raconter des trucs sans intérêt... Parce que comme ça, je ne pense pas à tout le reste... Et puis j'ai l'impression de vous faire un coucou... Surtout que je pense que la semaine qui s'annonce ne me laissera pas tellement de temps pour écrire...
Texte © Miss Alfie 2007
vendredi 19 octobre 2007
Papa est en haut...
Il fallait bien partir une heure et demi avant le début du spectacle... Au moins ! Forcément, c'était pile le soir où l'envie m'a pris de faire des pommes de terre sautées, le genre de plat qui nécessite au moins une demi heure de cuisson pour être succulent à souhait. Mais justement, c'était une soirée pour moi, rien que pour moi, en égoïste. Et comme moi, j'adore les patates sautées, et qu'il me restait justement quelques tubercules dans mon panier à légumes, je me suis fait plaisir.
Rassasiée après ce petit plat relevé d'une pointe d'estragon et de beurre salé, suivi d'une part survivante de riz-au-lait maison, je me suis préparée, excitée comme une puce. Pour l'occasion, j'ai sorti les nouvelles bottines rouges récupérées de la maman d'une amie mais vraiment confortables et carrément rouges à souhait. Inquiète du monde qui allait se presser devant les portes fermées, j'ai troqué mon fourre-tout Longchamp - et oui, on ne se refuse rien ! - rouge contre mon sac à dos de la même marque et de la même couleur dans lequel j'ai glissé mon portefeuille contenant mon précieux sésame.
Ce sésame, cela fait presque 7 mois qu'il trône dans ma corbeille à courrier. Jamais je ne l'aurait eu si quelques amis bienveillants ne me l'avaient offerts pour ma crémaillère. 7 mois que j'attends cette représentation avec le plaisir des enfants qui attendent Noël. 7 mois que je me prépare également à cette soirée en solo, moi qui ait l'habitude agréable de toujours trouver un ou une compagnon pour aller au cinéma, moi l'anti-solitaire. Sauf que soit les copains étaient pas motivés, soit toutes les places étaient déjà vendues quand ils ont réalisé l'opportunité que je leur proposais...
Qu'importe ! C'est donc comme une grande fille, comme une dame, que j'ai pris ma voiture, en priant pour qu'aucune panne ne vienne complexifier mon trajet, qu'aucun accident ne vienne me retarder, et qu'aucun panneau de signalisation n'ait été supprimé. Après quelques kilomètres sur la petite route, derrière des voitures aux phares allumés dont je me demandais si elles se rendaient toutes au même endroit que moi, Boumbo a trouvé une place à proximité de l'entrée de la salle, sacrément plus près que lors du concert d'Indochine l'an passé.
Et à 19h40, entourée d'effluves de frites et de kebabs, j'étais dans la file, attendant bien sagement que la madame veuille bien vérifier que je n'avais rien apporté de dangereux et que je ne transportais sur moi aucun engin susceptible de me faire rester dehors. Et puis d'un coup, j'y étais, dans la salle aménagée, derrière les gradins, en train de gravir les marches, cherchant ma place, et tout à coup, assise. Troisième rang des gradins, pas trop loin, et légèrement en hauteur, une place vraiment bien, faut le dire. Et là, pendant une bonne heure, j'ai eu le plaisir d'observer la salle se remplir, les visages défiler les uns derrière les autres, des jeunes et des moins jeunes, des couples, des familles, des bandes d'amis, peu de solitaires.
Jusqu'à ce que les lumières s'éteignent, que la salle applaudisse, et qu'il arrive, tout de noir vêtu, en costard-cravate, et qu'il se lance dans sa représentation. A partir de là, sur mon visage, stoïque jusqu'alors, s'est accroché un sourire que je n'ai pas réussi à décrocher. Mes yeux n'ont plus lâché la scène, et mes rires ont dû finir par faire suer mon voisin qui semblait arrivé là par la persuasion de sa donzelle !
Deux heures plus tard, je ressortais de la salle comme dans un rêve. Je venais d'assister en vrai à un spectacle de Gad Elmaleh, celui dont je connais presque par coeur le précédant show et dont j'achèterai sûrement l'actuel. Je suis rentrée chez moi dans la nuit noire, dans ma petite voiture grise. Je repensais à ses répliques, et je me demandais ce qu'il pouvait bien faire maintenant. Je suis arrivée chez moi sans m'en rendre compte.
La soirée tant attendue était terminée. Pour toute trace, je n'avais plus que ma mémoire, n'ayant pas osé débourser vingt euros pour un tee-shirt Louloute, ni pour une affiche même pas dédicacée qui aurait terminé dans mes WC. Lorsque le DVD sortira, j'en ferai sûrement l'acquisition, dans un seul but en fait : le regarder avec mes amis, pour cette fois pouvoir refaire le show avec eux juste après...
Bon allez, hop hop hop clic clac, c'est pas le tout, mais faudrait p'têt que j'bosse un peu aussi !
Texte © Miss Alfie 2007
mercredi 17 octobre 2007
Cocaïne et tralala
Et oui, ce n'est pas parce que je ne viens plus par ici que je ne lis plus ! Et cette fois-ci, j'ai opté pour un roman des éditions 10/18 qui trônait dans ma bibliothèque depuis plus d'un an. C'était un livre tout neuf, que j'avais acheté chez un bouquiniste des quais de Seine à Paris, près de l'Institut du Monde Arabe, un dimanche de septembre 2006, tandis que je visitais la capitale avec deux amies avant d'aller poser mon derrière sur la pelouse du petit square de la Place des Vosges.
Il était sagement resté au milieu des autres livres de poche, ces bouquins si pratiques parce qu'on peut les transporter un peu partout dans un sac sans se démonter les dos, mais aussi tellement plus abordables que leurs jumeaux brochés. Et, miracle des miracles, voilà encore un roman qui n'est jamais paru en grand format et que vous ne trouverez qu'à prix réduit !
Premier opus des aventures de Phryne Fischer, Cocaïne et tralala nous entraîne en Australie en plein coeur des Années folles. Jeune aristocrate anglaise, Phryne n'en est pas moins exubérante et totalement imprévue. De Londres à Melbourne, Phryne va avoir la lourde tâche de découvrir la mystérieuse maladie d'une jeune héritière et se retrouver mêlée à un trafic de cocaïne de grande ampleur.
Au delà de l'intrigue bien ficelée, ce roman policier présente également un intérêt culturel puisqu'il permet de découvrir la société australienne de cette période, et un intérêt vestimentaire : les descriptions des tenus portées par l'héroïne sont en effet excellentes ! Et oui, on ne refait pas une fille !!! En attendant, ce bouquin peut se trouver sans soucis dans toute bonne librairie, ou sur internet dans tout site d'occasions qui se respecte !
Texte © Miss Alfie 2007
mercredi 10 octobre 2007
Heu... Elle est où la proprio là ?!
Ben ouais, c'est vrai quoi ! On la voit plus, elle passe en coup de vent, tout juste si elle répond aux commentaires. Je parle même pas de sa tournée quotidienne de blogs qu'elle délaisse et du nombre de commentaires en forte baisse qu'elle peut laisser chez les autres. Et en plus, on est mercredi, presque jeudi, et on a même pas eu la suite du feuilleton !
Oui, même pas... Mais tentons de comprendre pourquoi Petite Alfie, comme certaines personnes qui sortent à l'instant de chez elle l'appellent, n'écrit plus... Enfin si, elle écrit en fait. Mais plus ici. Elle écrit non plus sur son ordinateur, mais dans son petit cahier vert qu'elle trimballe un peu partout dans son grand sac fourre-tout rouge. Et aussi le vendredi soir, pendant deux heures, autour d'une grande table, avec quelques autres mordus de la plume, dans son cahier rouge. Elle écrit des villes imaginaires, des histoires abracadabrantesques de disparition d'hommes. Elle tente d'imiter Philippe Delerm, et se rend compte que son talent ferait peut-être mieux de se la fermer un peu, parce que franchement, on atteint sûrement pas la cheville du maître, à peine le talon... et encore... Et puis elle ramène chez elle matière à réflexion et à rédaction par le biais d'une consigne à travailler, une consigne qu'elle aura fini par dévier, parce que la consigne de base, trop de mal... Alors elle a réinventé à sa sauce, et elle attend vendredi soir pour le lire devant les autres...
Mais alors, pourquoi Petite Alfie ne vient-elle pas raconter ici ses histoires de boulot, ses malheurs familiaux et ses dernières commissions au supermarché du coin ? Ben parce que du boulot, même si la surcharge de travail est loin d'être harassante, elle bosse d'autres projets, elle apprend à connaître ses amis... Et puis surtout, elle n'a pas trop envie en ce moment, Petite Alfie, de délirer sur les changements d'organisation du rayon des boîtes de conserve, de disserter sur le dernier bouquin qu'elle vient de ranger dans sa bibliothèque, et d'imaginer la suite d'aventures bien trop rocambolesques pour être vraies de personnages fictifs...
Oui, Petite Alfie est fatiguée. Elle ne dort pas très bien en ce moment. Ses journées sont bien remplies entre le boulot et tout ce qu'elle veut faire à côté. Son appartement est extérieurement à peu près rangé, mais si quelqu'un ouvre ses placards, mieux vaut s'armer d'un casque de chantier. L'aspirateur gronde dans son réduit, et les miettes et autres lambeaux de mouchoirs en papier oubliés dans les poches du jean font la causette sur le tapis.
Donc Petite Alfie s'excuse de ne pas tenir ses engagements envers vous. Sa vie "réelle" la rattrape un peu plus vite que prévu, et son envie d'écrire évolue. D'ici quelques temps, peut-être... Et qui sait si tout cela ne va pas faire comme les autres fois : à chaque fois qu'elle parlait de prendre un peu de recul, elle rappliquait en quatrième vitesse !...
En attendant, bon vent à tous ! Et à la prochaine !
Texte © Miss Alfie 2007
dimanche 7 octobre 2007
Du jour au lendemain...
Un jour, on se lève en râlant. On se prépare, on boit le thé du matin, on part travailler en sachant que la journée ne sera pas trop chargée. On discute avec les collègues, on s'apprivoise, on se découvre, on s'apprend. On transforme son travail généralement administratif en montant des meubles, en faisant un peu de ménage et de décoration. On s'essaye au réglage du fauteuil du bureau pour finalement opter pour une chaise pliante devant la complexité de l'engin et l'impossibilité de s'y tenir assis normalement. On rentre à la fin de la journée, on passe sa soirée devant la télévision, voyageant en Egypte avant de retrouver Morphée.
Le lendemain de ce jour-là, on se lève, innocent et souriant, on se prépare et on espère avoir enfin le meuble manquant dans la cuisine. On fait taxi, on râle parce que l'accompagnante-bricoleuse a "oublié" la virée ameublement. On trouve ça un peu bizarre... On oublie, on retrouve le troisième compère dans le petit restaurant déjà bruyant.
Et puis d'un coup, le silence qui se fait dans le lieu. Ou plutôt les battements de coeur dans les oreilles qui étouffent le brouhaha ambiant. On fixe un point devant soi, la poubelle à verre, celle avec le coeur rose. On boit une gorgée d'eau pétillante, comme si le liquide allait virer la grosse boule qui vient de s'installer dans la gorge et effacer l'eau qui remplit les yeux sans qu'on ait le temps de la repousser. Les joues se mouillent trop vite tandis que les mots que l'on vient d'entendre frappent le cerveau. Et puis le bruit qui reprend, en même temps que les sons commencent à ressortir de la bouche. On reprend le cours de la journée, d'une journée au milieu d'une vie complètement chamboulée en un mot... ou en deux...
"Cancer du sein"
On repart dans la vie, avec cette nouvelle au fond du sac à main, au fond du coeur, au fond de l'âme. On réfléchit vite, très vite, trop vite. On prépare, on envisage, on se rassure, on brasse de l'air face à l'ennemi invisible. On bouleverse son emploi du temps, on revoit ses priorités, on attend le soir pour se laisser aller, on en parle aux amis les plus proches, on lit leur soutien dans leurs sourires, on sait qu'ils sont là, on sait qu'ils pardonneront de ne pas danser à la prochaine soirée en date, qu'ils comprendront la nécessité de remettre une virée shopping en ville parce qu'il y a les courses alimentaires à faire.
Et puis on regarde autour de soi. Combien d'entre elles savent ce que c'est ? Combien d'entre elles vont connaître ce crabe malin ? Ou l'ont connu ? Une sur dix, disent les statistiques. Plus leur entourage, plus leur famille, leurs ami(e)s, leurs enfants...
Et puis on apprend les chances de guérison, les espoirs que l'on peut nourrir. On s'étonne de la force de celle qui se sait visée par la saloperie. On l'admire, on l'aime... Encore plus... On veut la protéger, on veut l'aider à se battre, on prépare la bataille, on monte la muraille, on entraîne les armées, on rassemble les troupes... Parce que la guerre sera longue, mais qu'on la mènera à trois... au moins...
Texte © Miss Alfie 2007







