Les crumbles de Miss Alfie

Des crumbles de vie, des goûters de petits bonheurs, des repas de petits plaisirs...

mardi 18 septembre 2007

Balais et Compagnie XXIII

Balais_et_Compagnie23

Mon lundi fut extrêmement difficile. Ayant dormi chez Luc, j’avais dû me lever à quatre heures trente au lieu de cinq pour pouvoir arriver à l’heure à la pharmacie. Il pleuvait des trombes d’eau et j’étais arrivée trempée au boulot. N’ayant pas mon vélo, j’avais dû me coltiner le bus pour aller chez le dentiste.
Toujours trempée et fatiguée, j’avais décidée de passer à l’appartement me changer et prendre quelques affaires à déposer chez Luc avant de partir chez Flechner. C’était sans compter sur Etienne et son Tom qui avaient bien dû profiter de la soirée et du contenu du bar local. Je n’osais jeter un œil dans leur chambre et me faufilai dans la mienne pour récupérer sous-vêtements, pantalons, tee-shirt et tout mon nécessaire de toilette.

La journée s’étira en longueur. Luc était absent lorsque je rentrai à son appartement. J’y posai mes affaires et mangeai un morceau avant de repartir travailler. J’effectuai mes dernières heures de la journée avec cette lassitude de me sentir inutile et exploitée. Et puis toute cette histoire de blanchiment d’argent, d’esclavage et de menaces me semblait tellement incroyable et rocambolesque que j’avais envie de tout planter, de les laisser se démerder, de me barrer, de prendre mon ordinateur, un cahier et un crayon et de m’installer sur je ne sais quelle île bretonne. Mais tout cela ne relevait que du rêve. Après avoir repris le métro, je rentrerai sagement chez Luc où il m’attendrait avec Etienne et Franck. Nous parlerons des nouveaux éléments, établirons un plan d’action et projetterons je ne sais quel action totalement farfelue…

Le soleil semblait vouloir faire une apparition tardive lorsque j’arrivais chez Luc un peu plus tôt que prévu. Franck venait d’arriver et Etienne squattait allègrement le canapé en dégustant un Martini. Luc m’embrassa, et j’en restai coite, lui qui n’avait pas franchement l’habitude de témoigner de gestes tendres à mon égard en public. De la cuisine, provenaient des effluves de pizza que mon ventre traduisit aussitôt en gargouillis insistants.

La sonnette retenti à nouveau, et j’allais ouvrir à la demande de Luc, occupé à préparer le dîner. Je me retrouvais alors nez à nez avec le fameux Damien, frère de Franck, et technicien en climatisation à ses heures perdues. Il me tendit une bouteille de vin en me saluant.
- Vous devez être Caroline… Damien, le frère de Franck…
- Oui oui… Je vous ai reconnu ! lui lançai-je en le faisant entrer dans l’appartement.
Luc posa des verres sur la table du salon et nous nous installâmes autour, qui sur les fauteuils, qui sur des coussins, l’appétit ouvert par la pizza fumante qui trônait dans nos assiette. Ce fut Franck qui prit le premier la parole.

- Bon, les choses ont bien avancé. Je suis désolé que vous en ayez été les victimes, mais la prise d’otages de samedi a porté ses fruits. Nous progressons dans l’enquête… Concrètement, on a pu établir les allers et venus chez Kovinsky le soir du vol. Il y a d’abord eu toi, Caroline, à venir. Puis Damien est arrivé et tu es partie juste avant qu’il ne soit dérangé par un homme cagoulé. Damien s’est planqué et l’homme a embarqué les documents qui nous intéressaient. Ce mec, on a enfin mis la main dessus : il bossait pour Destranges, bien emmerdé de se trouver mêlé à cette histoire…
- Destranges ? Tu veux parler de la première entreprise cosmétique de France ? interrogea Luc.
- Oui… On est sur leur piste depuis quelques mois déjà… concéda Damien. Tu connais ?
- Pas qu’un peu… J’ai fait un article sur eux il y a à peine six mois de cela. J’avais cherché à rencontrer la PDG mais on ne m’a donné accès qu’à son adjointe. J’ai été proprement remercié quand on a vu que je m’intéressais de trop près aux méthodes de test de leurs produits…

Texte © Miss Alfie 2007

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lundi 17 septembre 2007

Ralph's Party

Ralph_Party_s

Les vacances, c'est souvent l'occasion pour moi de profiter pour bouquiner plus que d'ordinaire. Et oui, quand on part à l'étranger et que les seuls journaux disponibles sont en allemand et que je n'ai aucun accès à internet, il me reste mes bouquins pour occuper les temps morts et passer le temps au son des vagues et du vent marin.

Ainsi, avant de poser mon derrière dans le gros Airbus qui m'a transporté au soleil, j'ai fait quelques emplettes, et notamment Ralph's Party de Lisa Jewell. N'en ayant jamais entendu parlé, j'ai surtout été attirée par la couverture rigolote, puis par la quatrième de couverture qui présentait un spitch assez attractif.

Prenons une maison victorienne dans Londres.
Au rez-de-chaussée vivent Ralph et Smith, deux amis très différents, qui recherchent un troisième colocataire.
Au premier étage, Karl et Siobhan coulent des jours heureux... en apparence...
Car monsieur fricote avec Cerise, la bimbo du dernier étage pour qui Smith se consume d'un amour inavoué.
Alors quand Jemina débarque dans l'appartement et dans la vie de Smith, elle va chambouler tout ce petit monde, sans exception.

Un roman inédit édité en livre de poche, voilà une chose qui a toujours tendance à m'intéresser, moi qui privilégie les petits formats, plus économiques, mais aussi plus pratiques à transporter un peu partout où je vais. Et ceci sans regrets car Ralph's Party est un récit rythmé, présentant alternativement les vies des différents habitants de la maison.
Les chapitre n'ayant aucun titre, il peut être parfois un peu difficile de s'y retrouver, mais globalement, la compréhension m'a semblé très simple par rapport à d'autres romans.

Dans cette maison, on rit, on pleure, on regarde la télévision, on mange, on écrit, on peint, on danse, on s'aime, on s'engueule, on s'observe, on s'ignore, on se déteste, on s'aime...
Et comme tout ça, c'est un peu la vie, et que comme tout bon roman, c'est une vie romancée, c'est un livre tout à fait adapté pour qui souhaite passer un agréable moment en oubliant une partie de ses emmerdes quotidiennes !

Texte © Miss Alfie 2007
Image Ralph's party, de Lisa Jewell, Editions Livre de Poche, 2007.

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dimanche 16 septembre 2007

Au poisson Kili

Au_poisson_Kili

Il était une fois deux cousines du même âge pendant deux mois tous les ans. La première faisait de grandes études pour devenir un brillant médecin dans une quelconque ville de France, tandis que la seconde avait décidé de passer rapidement à l'action en espérant rendre le monde meilleur.
S'étant rapprochées par la distance, les deux cousines partageaient fréquemment quelques repas et passaient de nombreux moments accrochés à leur téléphone mobile grâce au fabuleux forfait avec appel illimité vers trois numéros de la plus jeune des deux.

Le temps passaient, les jours s'écoulaient, les rencontres se multipliaient, et à l'occasion d'un anniversaire bien arrosé, les langues se délièrent un soir d'été, et les rêves un peu secrets s'invitèrent à la fête entre les résidus de papier cadeau.
C'est ainsi que l'on apprit dans la même soirée que les deux cousines rêvaient grosso modo de la même chose. En effet, concernant les espoirs fous de la seconde, les lecteurs avisés de ce blog sauront qu'il s'agit de ce petit café-librairie où elle compte terminer sa carrière en servant crumbles, madeleines et autres douceurs à ses clients. Mais concernant la première, l'idée a germé il y a plusieurs années déjà d'ouvrir un bar à cocktails.

Cependant, l'une et l'autre se trouvaient en difficulté dans la réalisation de leur projet dingue, la première ayant besoin de quelqu'un pour s'occuper du lieu qu'elle comptait acquérir dans les dix prochaines années tandis que la seconde priait tous les soirs tous les saints du monde pour gagner au loto et acquérir son fond de commerce.
Alors, l'idée a pris peu à peu racine. Elle s'est étoffée de quelques suggestions, elle a supprimé les idées farfelues, elle s'est ancrée et s'est réinvitée à plusieurs reprises dans les discussions, jusqu'à conduire les deux donzelles à chercher sur la toile la manière de faire l'acquisition d'une licence IV leur permettant de vendre cocktails et boissons en toute légalité.

Alors, si dans une dizaine d'années, vous passez dans ma ville, que vous voyez un bar appelé "Au poisson Kili", passez la porte et rappelez-moi ce billet.
Dans notre bar, vous pourrez manger des collations tout au long de l'après-midi en dégustant thés et bières sur des musiques jazzy et relaxantes, tout en découvrant quelques épisodes de la dernière saga en date ou quelques chroniques du quotidien inédits et proposés uniquement dans votre bar préféré, à moins que vous ne préfériez jouer à quelques uns des jeux de société gracieusement prêtés par les propriétaires du lieu.
En soirée, l'ambiance se modèlera, et des concours d'improvisation, des tournois et autres activités viendront agrémenter la dégustation de long drinks servis dans un cadre agréable et sur une musique conviant les derrières à se trémoussser, dont le volume n'empêchera pour autant pas les intellectuels du lieu de discuter et de refaire le monde.

Et si vous me demandez pourquoi "Au poisson Kili", je vous répondrai juste qu'il suffira de demander à Kili, le poisson rouge que je tenterai vaillamment de garder en vie et qui trônera dans son bocal, pas rond pour ne pas devenir aveugle, sur le comptoir...

Texte © Miss Alfie 2007

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samedi 15 septembre 2007

Balais et Compagnie XXII

Balais_et_Compagnie22

Des bruits alentours me tirèrent de ma torpeur. Je reçus quelques gouttes d’eau sur le visage et n’eus pas le temps de réaliser ce qu’il se passait avant de me retrouver empoignée par les bras et les jambes et jetée dans le bassin turquoise par les hommes présents. Le contraste entre la chaleur de ma peau et la fraîcheur de l’eau fut saisissant et j’hurlais à me déchirer les poumons. Ressortant rapidement de la piscine, je poursuivis mes assaillants comme une gamine, jusqu’à trébucher sur le tuyau d’arrosage vert. Je le suivis jusqu’à son extrémité et lançais l’offensive contre les hommes. Les filles s’étaient jointes à moi, rentrant dans la maison et préparant quelques munitions à déverser sur les garçons depuis les fenêtres multiples. Les cinq garçons se planquaient, sans doute en préparant leur plan d’attaque, tandis que patiemment, j’attendais qu’un d’eux veuille bien montrer le bout de son nez pour pouvoir l’arroser.

 

Nous bataillâmes durement pendant près d’une demi-heure avant que la sonnette ne retentisse à nouveau. Elise se précipita pour ouvrir à quelques amis qui venaient se joindre à nous pour la soirée. Après avoir rangé nos munitions, nous troquâmes nos tenus légères contre des bouts de tissu légèrement plus longs, et légèrement plus adaptés à la préparation d’un barbecue.
La table se préparait tranquillement, se couvrant de victuailles et de boissons. Les verres se remplissaient de vin rosé et l’odeur du bois brûlé commençait à nous entourer. Elise avait mis de la musique et les uns et les autres discutaient en tapant du pied.
Etienne reçut un appel et nous abandonna pendant la soirée. Son prince charmant venait de réapparaître et lui proposait de le retrouver à l’appartement. Elise flirtait avec quelques uns de ses amis, Jules et Valentine semblaient en léger froid, à l’inverse de Léonora et Frédéric qui dansaient langoureusement dans un coin du jardin.

Je frissonnai en fumant une cigarette lorsque je sentis les bras de Luc se poser sur mes épaules.
- Je peux ? demanda-t-il en désignant l’objet incandescent au bout de mes doigts.
Je lui tendis ma cigarette en continuant d’observer les gens à quelques mètres de moi. Je m’étais assise dans l’herbe, mon verre de vin posé à ma gauche, et Luc désormais à ma droite. La plupart des invités étaient des relations de travail d’Elise, qui travaillait à la rédaction d’un magazine féminin. Nous n’avions jamais réussi à savoir exactement ce qu’elle y faisait, hormis Luc qui travaillait avec elle de temps à autre. Il avait bien essayé d’ailleurs de proposer mes piges, mais étrangement, Elise avait estimé que je ne rentrais pas dans la ligne éditoriale du magazine. J’avoue, avec une petite honte, que je lui en garde toujours rancoeur aujourd’hui, surtout lorsque je parcours les pages du dit magazine.
Luc et moi terminions la cigarette en commun. Mon verre se vidait, ainsi que le sien, et je voyais l’heure tourner. Luc, qui me connaissait bien, n’attendit pas ma question pour mettre son pull sur mes épaules et me faire signe de le suivre. Nous allâmes saluer Elise qui discutait passionnément de la mode hivernale avec l’une de ses collègues de travail et partîmes dans la nuit parisienne retrouver son appartement

Demain matin, le réveil sonnerait plus tôt pour moi. En dormant chez Luc, je me rallongeai pour aller au travail, mais au moins, j’étais avec lui, et Etienne ayant ramené son chéri à l’appartement, mieux valait que je déserte les lieux !

Texte © Miss Alfie 2007

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vendredi 14 septembre 2007

Brèves de vacances n°2 : La germanisation de Majorque

Breves_de_vacances_n2___La_germanisation_de_Majorque

Quand on part à Majorque pour la première fois sans trop connaître, on pense naïvement, comme moi, qu'il va falloir faire un énorme effort pour parler un espagnol irréprochable et retrouver le charabia que l'on sortait pendant les cours au lycée, à moins que l'anglais ne soit également accepté. Mais là, on se plante totalement et dans les grandes largeurs. Oui, parce que si vous voulez passer d'excellentes vacances à Majorque, il faut parler couramment... allemand ! Alors imaginez, moi qui ait tenté l'apprentissage de l'anglais et de l'espagnol...

Certes, l'espagnol peut servir, mais l'espagnol enseigné à l'école est le castillan, et à Majorque, on parle le catalan... Donc déjà, faut pas chercher à épier les conversations des locaux ou à lire le journal sur place, on capte pas... Un peu comme Xavier dans L'Auberge espagnole...

Enfin bref, ce billet a pour objet de vous parler de l'invasion allemande sur les plages majorquine. Parce que les Allemands sont les premiers touristes de l'île, et ce, non sans raison. Ainsi, il convient de savoir que depuis des années, le gouvernement allemand et le gouvernement des baléares ont passé des conventions, le premier filant des sous au second pour être un peu chez lui. C'est ainsi qu'à l'aéroport de Palma, premier aéroport d'Espagne en terme de fréquentation, une aile entière a été construite par Air Berlin, permettant ainsi à nos voisins germaniques de s'y rendre pour la modique somme de 29 euros, n'ayant pas de taxe d'aéroport à acquitter.

Autant dire qu'à l'époque où l'euro n'était encore qu'un projet au fin des tiroirs de l'Europe, les Allemands avaient tout intérêt à aller dépenser leurs Deutchmarks en Espagne le temps d'un week-end plutôt que de rester chez eux, ayant pour le prix d'une seule bière chez eux, des litres et des litres de boisson locale sur l'île ensoleillée.

Mais comme les Allemands préfèrent leur bière à la bière espagnole et à la tequila, ils ont trouvé le trucs. Ainsi, l'Allemagne vend à Majorque des litres et des litres de liquide doré que ses habitants iront racheter là bas dans des restaurants aux couleurs et aux menus germaniques.

Car oui, dans le secteur où je résidais, les Allemands étaient partout. Les enseignes étaient toutes en allemand, les cartes des restaurants aussi, et les serveurs parlaient parfois mieux la langue de Goethe que celle de Cervantes. Les Bier Strass couraient le long de la plage et le gabarit des jeunes femmes, sans tomber dans la caricature, me décomplexait totalement...

Alors au lieu d'avoir amélioré mon espagnol, sachez que dorénavant, je sais dire guten morgen !

Texte © Miss Alfie 2007
Image © Miss Alfie 2007 (Enseigne "majorquine"...)

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Soirée de rentrée

Soiree_de_rentree

Deux semaines sans se voir, deux semaines sans nouvelles, les unes au milieu de la faune et de la flore des alpages pyrénéens, l'autre au soleil au milieu du béton.

Deux semaines et une soirée.
Une crêperie pour se retrouver et s'empiffrer d'une succulente galette au reblochon, aux lardons et aux pommes de terre, le tout accompagné de salade pour le côté diététique.
Un apéro où l'on trinque à la soirée, aux retrouvailles, comme si l'on ne s'était pas vu depuis des mois et des mois.
Un bus qu'on attend en faisant des grimaces, en imitant les mémés sur la plages et en expliquant que l'on parle espagnol comme une vache anglaise alors que non, on n'a dragué personne, pas même l'Allemand bedonnant de la chambre d'en face.
Une ville que l'on a quitté désertée, tout juste réveillée de son été, et que l'on retrouve en pleine effervescence, pleine d'étudiants en soirées d'intégration, les rues grouillantes de jeunes en jean slim et de nanas à la frange devant les yeux.
L'évocation d'un mariage le surlendemain, de la fatigue qu'il va falloir supprimer pour pouvoir en ré-accumuler, des deux jours de fête et des surprises que l'on prépare.
Le récit d'un week-end au bord de la mer, le derrière dans le sable devant la marée basse, puis les yeux pétillants des couleurs d'Océanopolis.
Les noms bien connus de ces sites de montagnes parfois accessibles uniquement par le moyen de transport le plus ancestral, les jambes.
Le partage d'une recette de gâteau pour deux pâtissières en herbe perdues pour la réalisation de cakes sucrés.
Les prévisions d'activités pour l'année, du tennis pour les unes à la marche pour l'autre en passant par l'écriture et un peu le boulot quand même.
Les récits croisés des déboires avec le système d'assurance chômage français, ou les prémisses de récits truculents pour quelques lecteurs.

Le tout, les yeux papillonnants, parce que bon, un retour de vacances, c'est fatiguant, quand même !

Texte © Miss Alfie 2007
Image © Miss Alfie 2007 (Du côté des Abers...)

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jeudi 13 septembre 2007

Brèves de vacances n°1 : L'aéroport et l'avion

A moins de descendre avec Boumbo ou avec un tchou-tchou jusqu'à Barcelone ou Valence, puis de prendre un bateau qui aurait permis de commencer le bronzage sur le pont, l'avion semblait le moyen de transport le plus rapide mais certainement pas le moins polluant je pense pour rallier Palma de Mallorca pour une semaine de vacances au soleil.

C'est donc plein d'entrain et de bonne humeur que notre chauffeur personnel nous a conduit, mon cher père et moi, à l'aéroport de Nantes Atlantique pour un départ prévu mercredi 5 septembre à 12h45. Le rendez-vous était bien noté sur la convocation, 10h45 au comptoir du Tour Opérator pour réception des billets d'avion, mais aussi du superbe sac à l'effigie de la marque, sac que d'aucun s'empresseront de sortir de sa poche plastique pour arborer pendant une, deux ou trois semaines le long des plages de l'île, tel un signe de reconnaissance d'une secte quelconque !

Et là, première surprise puisque la file d'attente est déjà si longue que les touristes du troisième âge ont dû camper devant le comptoir depuis la veille. Ce seront d'ailleurs ces mêmes touristes que l'on retrouvera en tête de file à l'enregistrement des valises qui ne doivent pas dépasser les vingt kilos, chose faisable au départ et beaucoup plus ardue au retour, surtout quand on s'appelle Miss Alfie et que l'on ne trouve rien de mieux que de faire les boutiques pendant ses vacances.

Mais bon, bref, passons aux choses sérieuses, les valises de Miss Alfie et de Papa de Miss Alfie ayant rejoint celles des papis et mamies en vadrouille. En quittant le second comptoir, on se rendra compte que les derniers à y accéder sont les bandes de jeunes qui se regroupent, même dans les files d'aéroports, mais là, il n'y avait pas de flics pour les arrêter... Comprends pas quoi... Ces regroupements de jeunes parmi les vieux... D'ici que ce soient des délinquants... Toujours est-il que faisant fi de l'indication de la salle d'embarquement, il convient à ce stade des démarches gérées par moi-même, mon cher père n'étant pas un as de la démarche administrative et touristique, un petit café vient faire notre bonheur, préférant passer quelques minutes supplémentaires en compagnie de notre charmante chauffeur plutôt que d'aller, comme papi et mamie en attente du voyage splendide sur une île archi connue de leurs yeux, contempler pendant une heure le tapis de la salle d'embarquement.

La salle d'embarquement, justement, est accessible après un passage plus que fouillé par le cordon de police humain et technologique. Vidage des poches et enlèvement des ceintures pour passer sous le portique qui sonnera forcément alors qu'on ne cache aucune substance illicite, promis juré, mais juste des broches résultant d'une ancienne intervention. Les sacs récupérés non fouillés au départ, on pourra atteindre le sein des Saints des boutiques Duty Free, sachant que le Duty Free, pour les destinations européennes, ça marche pas ! En revanche, sachez que si vous repartez d'Espagne, et même si le Duty Free ne vous ai pas destiné, alcools, parfums et cigarettes feront le régal de votre banquier ! A condition d'avoir pu passer la barrière policière carrément plus stricte et n'hésitant pas à vider votre bagage à main, tout simplement parce que votre cher père aura oublié la recommandation formulée la veille au soir, au milieu du casse-tête des valises à refaire : "Surtout, la crème solaire, tu la mets dans ta valise, pas dans ton sac à dos, hein..."

Et puis viendra pour ceux qui auront sagement attendu sans se faire repérer, le moment de passer la porte d'embarcation, dernière barrière avant l'avion et le soleil, et la charmante hôtesse qui nous offrira quelques revues et une légère, très légère collation une fois que l'on aura réussi à rentrer les sacs dans les coffres surplombant nos corps coincés entre le fauteuil de devant et celui de derrière.

Dans l'avion, on pourra observer les comportements des humains installés comme ces poules dans les élevages en batterie, entassés les uns à côté des autres, les bandes de jeunes troublant le repos de ces retraités déjà fatigués, les maillots de bain dépassant du bagage à main côtoyant les appareils photo. Le capitaine fera son topo sur l'altitude de l'avion, provoquant le stress de ceux sujets au vertige, la température à l'arrivée, provoquant l'euphorie des bêtes à concours de la meilleure trace de maillot de bain, la vitesse de croisière, provoquant l'effarement de tous ceux qui se sont vu retirés des points sur leur papier rose pour avoir dépassé de deux malheureux kilomètres la vitesse autorisée.

Une fois l'atterrissage réussi et tous les passagers descendus, le troupeau se dirigera vers l'arrivée des bagages, bagages qui selon une loi immuable et incompréhensible arriveront toujours après les autres. En conséquence de quoi, on sera forcément les derniers à monter dans le car qui nous mènera vers nos hôtels respectifs, et accompagnés d'un ou d'une guide aux compétences professionnelles parfois discutables...

Mais tout cela ne relève déjà plus du sujet de base. Et pour conclure, je laisserai le dernier mot à mon cher Gad qui sait si bien résumer tout cela...



Texte © Miss Alfie 2007

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Fin de vacances

Fin_de_vacances

Alors voilà, je suis de retour parmi vous après une semaine de déconnexion totale. Et oui, je n'ai même pas craquée à l'hôtel où il y avait bien pourtant un point d'accès internet ! M'enfin bon, j'avais dit pas de téléphone et pas d'ordinateur, donc j'ai assumé... Un peu difficilement sur la fin, je l'avoue !

De ces vacances au soleil, j'aurai pu vous ramener un beau tee-shirt avec "Mallorca" d'inscrit en lettres plus grosses que vous sur le fronton, une boule à neige entourée de dauphins trop bleus, un corail cent pour cent artificiel d'une couleur inconnue des fonds marins et quelques bricoles fortement touristiques... Mais il n'en est rien... Oui, je l'avoue, je ne vous ai rien ramené de mes vacances, si ce n'est quelques petites brèves que je compte bien vous conter dès que la valise sera vidée, le contenu du sac à dos rangé, les trousses de toilettes triées, les vêtements sales lavés, l'appartement nettoyé, et quand même un peu, les amis appelés ou rencontrés !

En attendant, je vous bise tous, ma liste de course m'attend car ce midi, ça va être bol de céréales, la seule chose qui semble encore mangeable dans mon appartement !

Texte © Miss Alfie 2007
Image © Miss Alfie 2007 (Baie de Palma, vers Palma)

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mercredi 12 septembre 2007

Blind Test Version 2 !

Après le succès de la première édition, je vous propose de vous amuser autant que je suis sûrement en train de le faire avec ce nouveau blind test. Et cette fois, je vous propose de les accueillir. Elles sont belles, jeunes, ou moins, et surtout, elles chantent bien ! Et oui, ce ne sont que des filles !

Je vous invite donc à écouter chacun des 10 extraits musicaux que je vous propose et de trouver le titre du morceau et l'artiste !

Pour l'utilisation du lecteur, n'hésitez pas à vous reporter au premier blind test où j'expliquais le fonctionnement !

Et rendez-vous le 13 septembre pour les résultats !


EDIT du mercredi 12 septembre : Bon, alors, c'est quoi ce bazar ? Tout n'a même pas été trouvé ?!!! Allez, un peu de nerf ! Pas de résultat tant qu'il n'y aura pas toutes les réponses !!!

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Les fabuleuses aventures d'un Indien malchanceux qui devint milliardaire

Les_fabuleuses_aventures_d_un_Indien_malchanceux_qui_devint_milliardaire

Rien qu'à lire le titre, il y aurait de quoi être découragé. Les fabuleuses aventures d'un Indien machanceux qui devint milliardaire, on n'aurait difficilement pu trouver plus long. Et pourtant, il convient de faire abstraction de la longueur de cette appellation et de retourner le bouquin pour lire sa quatrième de couverture. Là, déjà, les choses se précisent : l'histoire d'un serveur par définition pas très riche qui remporte le gros lot à l'émission de télévision indienne "Qui veut gagner un milliard de roupies".

L'histoire de Ram Mohammad Thomas commence dans une cellule de prison indienne où il se retrouve accusé de tricherie. Ben oui, franchement, comment un pauvre inculte a-t-il pu gagner à un jeu télévisé de culture générale alors qu'il sait à peine lire ?!
Oui, mais les dix-huit années de vie de Ram Mohammad Thomas ont été bien remplies, et c'est ce qu'il raconte au fil des pages de ce premier roman de Vikas Swarup, diplomate d'origine indienne. Et c'est ce qu'il va s'efforcer d'expliquer à la jeune avocate qui va venir le sortir des griffes de ses geôliers.

En l'espace d'une nuit, question après question, le héros va passer de son enfance misérable à son emploi de domestique chez une actrice vieillissante, en passant par ses mésaventures entre Mumbai et Delhi, son amour pour une jeune prostituée, ou encore son passage au Taj Mahal.
Et oui, parce que si Ram Mohammad Thomas ne sait pas bien lire, ne connaît pas les capitales du monde ni la monnaie en usage en France, son destin lui aura donné les réponses à toutes les questions du jeu.

Au-delà de l'histoire de ce jeune gagnant, ce livre m'a permis de pénétrer une culture que je ne connais pas, ou très peu. Le récit de voyage de Shakti m'a ouvert  sur un univers totalement différent du nôtre, où les bidonvilles et la pauvreté sont monnaie courante, où l'on ne s'émeut pas de voir des hommes mourir dans la rue, parce que tel semble leur destin.
Alors, quand ce bouquin est arrivé par hasard devant mes yeux lors de ma dernière moisson littéraire, je n'ai pu me retenir de l'acquérir, attirée par ailleurs par la couverture colorée aux allures de Bollywood.

Sans en faire un livre d'exception, c'est un roman très sympathique, drôle, un peu dur parfois, intriguant aussi de temps à autre. Par contre, à toute personne qui a besoin de se retrouver dans la chronologie du vécu des héros, il faudra repasser, puisque le principe du livre est de mettre en lien les épisodes de la vie du jeune homme en fonction des questions qui lui sont posées, et non l'inverse. On passe donc de ses dix ans à sa naissance pour revenir à la veille de son passage à l'émission sans que cela ne porte un réel préjudice à l'histoire puisqu'au final, chaque chapitre est un peu une histoire en lui-même !

Texte © Miss Alfie 2007
Image Les fabuleuses aventures d'un Indien malchanceux qui devint milliardaire, Vikas Swarup, Éditions Belfond et 10/18.

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