samedi 29 septembre 2007
Balais et Compagnie XXVI
Finalement, je n'eus pas le choix. Et à peine une heure plus tard, je débarquais chez Elise, toujours aussi élégante, aussi pimpante et aussi sûre d'elle. Mon seul bagage était mon petit sac à dos comportant les quelques affaires que j'avais voulu ramener chez Luc. Franck et Damien avaient contacté mon patron, prétexté je ne sais quoi et réussi à me faire prendre les deux semaines de congés que j'avais acquises. Egale à elle-même, Elise me fit faire le tour du propriétaire de son appartement.
Situé au dernier étage d’un immeuble d’une dizaine d’années, elle bénéficiait d’une terrasse suffisamment grande pour y avoir installé une grande table de jardin en teck, et dominait la Seine. En tournant la tête vers la gauche, on pouvait admirer la dame de fer qui se dressait dans la nuit parisienne. L’intérieur était aménagé de façon moderne. Elle m’indiqua, fière d’elle apparemment, qu’elle avait tout choisi elle-même et qu’elle avait fait la couverture d’un magazine de décoration le mois précédant, tout en me tendant le dit papier, histoire que je vérifie bien qu’elle ne mentait pas.
Il était près de minuit, et Elise ne semblait pas décidée à me laisser me reposer. Certes, je ne travaillais pas le lendemain, mais il me faudrait quand même tenter de récupérer mon ordinateur portable pour pouvoir continuer à travailler à mes articles. Tandis que je m’en inquiétais, mon hôtesse s’activait pour nous préparer un cocktail.
- Allons Caroline, ça va te faire le plus grand bien ! Tu as dû passer des journées effroyables d’après ce que m’a raconté Luc ! C’est incroyable ! me dit-elle en me tendant de sa main manucurée le verre.
Je le pris en haussant les épaules et en tentant de cacher mes ongles rongés. Je n’avais vraiment aucune envie de parler de tout cela. Je me retrouvais exilée chez une soi-disant amie avec qui j’entretenais des relations de façade, contrainte de rester cachée, sans vêtements de rechange, sans mon ordinateur, et sans même un seul de mes livres ! Elise semblait vouloir entretenir la conversation. Je lui répondais machinalement en sirotant ma boisson à base de vodka. Puis, je m’excusai et lui souhaitai bonne nuit.
Ma chambre donnait, tout comme chaque pièce de son appartement, sur la terrasse. Sur la chaise près du petit bureau, je trouvais un pyjama et un tee-shirt, Elise ne sachant sans doute pas ce que j’aurai préféré. Une porte me donnait accès directement à la salle de bain commune à nos deux chambres et j’y trouvai des serviettes de toilette. Après m’être rapidement rafraîchie, je repassai dans ma chambre et ouvris la porte fenêtre. Sous mes pieds nus, je sentis le bois de la terrasse. J’avais finalement passé le pyjama et je m’appuyai à la rambarde. Devant moi, la Seine filait vers son estuaire. Les bateaux Mouche et les vedettes rentraient à quai. Les lumières des berges se reflétaient dans l’eau calme et quelques voitures passèrent au pied de l’immeuble.
La lumière de la chambre d’Elise s’alluma, éclairant un peu plus la nuit, et je me retirai tout doucement dans ma chambre. Je tirai les grands rideaux et m’allongeai sur le lit. La couette moelleuse fut rapidement le berceau de mon sommeil.
Je dormis sans me réveiller, d’une seule traite, ce qui était assez impressionnant vu mon état d’angoisse, et ouvris les yeux alors que le soleil chatouillait les rideaux. N’entendant pas un bruit dans les lieux, je cherchai à tâtons ma montre qui m’indiqua que Télé Matin était terminé.
Texte © Miss Alfie 2007
vendredi 28 septembre 2007
Mille neuf cent quatre-vingt-dix-sept – Partie 2
Une fois quittés le collège et ses mésaventures, je prépare mes valises pour le camp chantant annuel. J'ai déjà de la bouteille maintenant. Je fais presque partie du club des grands et je deviens protectrice des plus petits.
Maman part aussi avec nous. Elle fera office de lingère pendant les deux semaines pour gérer le linge sale et le repassage des uniformes pour les concerts. Mais pendant les deux semaines, je l'appelle par son prénom parce que là bas, je n'ai pas de maman !
Deux semaines dans le Périgord, entre randonnées, répétitions quotidiennes, jeux de piste, activités manuelles, après-midi à la piscine du camping et déboires avec l'équipe d'animation. La directrice n'en est pas vraiment une et une réunion au sommet avec les plus grands est organisée par les autres animateurs pour nous demander de veiller au grain.
Nous sommes dans des chambres de six. V., ma meilleure amie, enrôlée l'année précédentes dans nos rangs, est dans ma chambre mais va passer la plupart des deux semaines avec un autre groupe de la chorale. J'en suis un peu peinée sur le coup. D'autant qu'elle ne me ménage pas toujours, pour mon bien, qu'elle dit.
Mais qu'importe. Les vacances se poursuivent dans les Pyrénées, comme d'habitude, dans l'hôtel au bord de la nationale avec la piscine. J'avale les livres et je commence à écrire le récit de mon camp. Je crois que c'est cette année-là, à moins que cela ne soit encore plus ancien, que je rencontre Annie, une Luxembourgeoise de mon âge en vacances avec ses parents et sa soeur. S'ensuit une longue correspondance qui s'estompera avec l'entrée dans l'âge adulte.
Au mois d'août, je passe une grande partie de mes vacances chez mes grand-parents. Le matin, je vais toute seule aux commissions ou au marché. Papi ne peut plus y aller tout seul, mamie est trop essoufflée pour marcher, et mamée, mon arrière-grand-mère, veille sur eux. Je découvre une boutique de perles dans une des petites rues de Vannes et j'emprunte chaque jour un chemin différent. Mes cousines sont dans les parages un moment, puis partent elles aussi en vacances.
Un après-midi, maman m'emmène faire la réserve de fournitures, et je suis fière d'avoir enfin le droit de troquer mon cartable contre un sac à dos.
Le jour de la rentrée, je suis inquiète et fière. Désormais, je prends le bus pour aller au collège. Le bâtiment est grand et imposant lorsqu'on le voit pour la première fois. Mais bien vite, il va devenir très familier.
Je suis dans une bonne classe et ma moyenne dégringole par rapport à l'année précédente. Qu'importe, je commence à me faire de vraies amies en les personnes de M. et L. qui m'acceptent très vite dans leur binôme en se rappelant m'avoir vu à la journée portes ouvertes. Hélas, elles font toutes les deux allemand en première langue. Du coup, nos cours d'option ne sont pas en même temps, et je retrouve pendant ces heures-là, les angoisses d'avant.
En novembre, mon maigre équilibre bascule à nouveau. Le meilleur ami de papa se suicide. Et le lendemain de ses funérailles, mamée part rejoindre papé dans ce fameux ciel. Sa disparition nous laisse pantois et désarçonnés. Papi va de plus en plus mal et doit même être hospitalisé. Mamie reste seule avec son désarrois. Elle va de plus en plus mal, et à peine papi est-il de retour chez eux qu'elle doit être hospitalisée en urgence.
Elle rentre à la maison le 24 décembre pour passer Noël avec nous. Ma tante est dans sa belle-famille et nous restons, avec mes parents, tous les trois avec un papi parlant breton en refusant de venir s'asseoir et une mamie branchée sur un respirateur qui intrigue mon grand-père et l'empêche de fermer l'oeil de toute la nuit.
En fin d'après-midi, le 25, ma tante, son mari et mes cousines viennent pour ouvrir les cadeaux. Ma grand-mère a un pull rouge. Elle fait remarquer qu'à chaque fois qu'on lui a offert quelque chose de rouge, il y a eu un décès dans la famille. A côté de nos cadeaux, il y a les traditionnelles boîtes de chocolats de Lindt et les Kinder pour les enfants.
Avec mes cousines, nous nous empressons de monter notre magot dans le débarras qui sert de quartier général à notre équipe de détectives de choc. Il nous faut trouver l'assassin de la cantatrice à l'aide de minces indices détectés dans l'appartement/l'Opéra.
Un grand cri va nous alerter. En bas, c'est le branle-bas de combat. Nous n'avons pas le droit de descendre, on voit depuis le Velux les pompiers arriver et mamie repartir avec eux. Elle est réhospitalisée le soir-même et je laisse traîner mes oreilles, ce qui ne fait qu'augmenter mon angoisse parce que je ne sais pas ce qu'il se passe.
En fermant mes yeux le 31 décembre au soir, après un réveillon passé auprès de papi, je prie pour que 1998 soit une meilleure année.
Texte © Miss Alfie 2007
Image © Miss Alfie 2007 (Les lavoirs de Vannnes)
mercredi 26 septembre 2007
C'est l'automne qui sonne...
Les arbres ont déjà commencé leur mue et les couleurs vertes de l'été virent au doré.
La petite laine est de rigueur de matin, à l'heure où le jour n'est pas encore levé et où l'on met malgré tout un pied en dehors de la couette.
Les soirées raccourcissent autant que les nuits s'agrandissent, réduisant les barbecues et augmentant les promenades nocturnes.
Et puis surtout, surtout, le calendrier le dit : l'automne frappe à la porte.
Et comme automne rime - presque - avec pommes, et bien j'ai fait la grande acquisition il y a près de deux semaines de deux kilos de ce fruit, variété Golden - mon penchant pour le luxe, très certainement ! -.
Alors, après un week-end très festif, très arrosé, très embourgeoisé et très amicalisé, c'est avec un léger contentement que j'ai constaté lundi que mon emploi du temps me permettait ,
après m'être levée avant le jour pour conduire mon cher père à l'aéroport,
après être passée voir mon futur nouvel employeur,
après avoir bu un café avec mes futurs nouveaux collègues,
après avoir été faire remettre la plaque d'immatriculation arrière dé-zingué la vieille par le conducteur du véhicule,
après avoir conduit la voiture de pôpa réparée sans l'abîmer,
après avoir déposé ma carte de fidélité chez SuperCousine qui va nous dégoter des places pour Aaron à La Cité le 14 novembre,
et surtout après avoir mangé chez mon amateur de serpents et accessoirement restaurateur préféré,
de réaliser enfin cette compote de pommes dont je rêve toutes les nuits - non non, je suis pas de Marseille hein !... - depuis que le fruit défendu trône dans ma cuisine !
Chômeuse mais pas en repos, j'ai donc allumé la télé pour m'instructionner sur les évolutions médicales et suivre une émission très intéressante sur les rangnangnans avant de devoir subir un reportage d'une heure sur Roger Hanin, ne pouvant changer de chaîne car mes mimines étaient prises par l'épluchage et le coupage des pommes, et que j'étais atteinte d'une flemmingite aiguë m'empêchant de laisser ma tâche en cours pour aller me laver les mains pour pouvoir changer de chaîne... Bref, Michel, Marina et Roger ayant terminé leurs discours, j'ai posé ma gamelle bien remplie sur le plus petit brûleur de ma cuisinière à gaz, rajouté un ou deux verres d'eau et une rasade de sucre en poudre, le tout à la louche, et mis à mijoter à feu doux.
L'arôme des pommes se dégageant dans mon appartement, je fis quelques travaux de couture qui expliquèrent l'averse de pluie qui s'ensuivit tout en remuant à intervalle plus ou moins réguliers ma mixture qui peu à peu prenait forme. Un peu d'eau en plus, un coup de sucre, un touillage supplémentaire, et voilà enfin l'objet du délice tout prêt... Les papilles affûtées, c'est avec grand plaisir que je me régalait le soir venu en compagnie de Lily et de Scotty... Tout en me demandant pourquoi le goût de cette compote me rappelait quelque chose sans arriver à le comprendre...
Mais le lendemain, fourbue et épuisée après une journée de shopping chez les Suédois, je trouvai enfin la réponse à ma question existentielle : j'avais tout simplement mangé à peu près la même dix ans plus tôt, quand ma grand-mère et mon arrière-grand-mère m'en donnaient pour rentrer à la maison le dimanche soir... A croire qu'elles sont venues me souffler leur tour de main à l'oreille...
Texte © Miss Alfie 2007
Image © Miss Alfie 2007 (L'avant/Après revisité en cuisine...)
mardi 25 septembre 2007
Balais et Compagnie XXV
Luc repris son récit tandis que les restes de pizzas refroidissaient sur la table en collant au carton d’emballage.
- Lorsque l’on m’a contacté, on m’a communiqué le nom et l’adresse d’une banque à Monaco, ainsi qu’un code composé de onze chiffres. Il m’a aussi été précisé qu’en cas de non-respect de mon silence, les forces opposées se mettraient en route et que j’aurai peu de chance d’en sortir…
- Ce sont les mêmes menaces que notre père avait reçu avant de repartir d’Afrique à l’époque… Leurs méthodes n’ont guère changé, mais doivent toujours fonctionner… expliqua Damien, le regard triste.
- J'ai promis de ne rien dire, juré, et noté les informations, continua Luc. Deux jours plus tard, j'étais à Monaco, avec en main les clés d'un coffre dont lequel j'ai trouvé plusieurs milliers d'euros...
- Mais quel est l'intérêt pour eux de verser de telles sommes à ceux qui les payent ? interrogea Etienne.
- C'est bien simple, repris Franck. En versant de grosses sommes qui correspondent généralement à cinquante pour cent de la somme versée par les « acheteurs », ils sont à peu près sûrs d'acheter le silence de leurs complices car si ces derniers utilisent l'argent, ils vont très vite être repérés : les billets déposés dans les coffres sont marqués par les banques comme étant volés, ou comme étant passé par des mains pas très nettes, si vous préférez...
- Tu veux dire que personne n'utilise l'argent déposé ? Questionnai-je. Mais alors pourquoi le planquer ainsi ?
- Non, personne ne peut l'utiliser, mais les têtes du réseau savent où le retrouver... Pour eux, c'est comme faire un placement... Mais bon, nous entrons là dans des considérations très techniques, et l'important, ce soir, est de vous mettre à l'abri, toi Caroline, et Etienne. Maintenant, je vous demanderai de ne plus poser une seule question. Il en va de votre sécurité, car les informations que vous risqueriez de découvrir vous mettent encore plus en danger...
- Mais vous ?! criai-je en regardant Luc.
- Ne t'inquiète pas pour nous. La protection dont nous bénéficions est largement plus grande que ce que tu pourrais imaginer. Ecoute Franck, et ne demande rien de plus...
Je ne comprenais plus grand chose à leur histoire. Si je tentais de résumer, il y avait de grosses sommes en jeu, des têtes qui pourraient sauter, des hommes et des femmes victimes de ce trafic, et une foule d'événements passés et futurs qui me dépassaient. Je regardais Etienne qui paraissait lui aussi un peu inquiet. Lui comme moi avions en mémoire la prise d'otages, et nous étions partagés entre l'envie de retrouver notre routine tranquille et la nécessité de nous faire discrets le temps que tout cela se résolve. Damien repris la parole.
- Etienne, tu vas venir avec moi. Tu vas t'installer dans la maison d'un de nos amis qui est absent en ce moment. Ghislain est homo, il ramène régulièrement des amants plusieurs jours, cela baissera la vigilance de ceux qui sont susceptibles de nous suivre. Ça ne t'ennuie pas ?
Etienne approuva la proposition, sachant qu'il n'y avait guère d'autre possibilité, et que si tel avait été le cas, nos protecteurs les auraient déclinées.
- Caroline, quant à toi, il va falloir quitter l'appartement de Luc. Jusqu'à présent, il n'y a rien de suspect ici, mais d'ici moins de deux jours, il risquera d'être sur écoute, comme tous ceux qui sont versés dans ce trafic... Et s'ils découvrent que tu es si proche de Luc, tout risque de capoter... En espérant qu'il ne le sache pas déjà !
Je dû faire une tête bizarre car les hommes autour de moi s'esclaffèrent.
- Oh, mais rassure-toi, je suis sûr que tu vas être ravie de ta destination ! me dit Luc, l'oeil pétillant. Elise a accepté spontanément de t'accueillir !
J'ouvrais de grands yeux, abasourdie.
- Quoi ?! Moi ?! Allez me réfugier chez Elise ?! Jamais ! martelai-je en tentant de sortir une cigarette récalcitrante de mon paquet.
Texte © Miss Alfie 2007
lundi 24 septembre 2007
Fenêtre aux lettres
L'horloge indique vingt-deux heures trente mais elle est en avance. Ce soir, la fenêtre s'est ouverte quelques minutes plus tôt. Elle semblait pressée de pouvoir me parler ! Oh, que je suis ému, je l'aperçois, j'entrevois son ombre qui se déplace dans la pièce. Elle a allumé une petite lampe, et la voilà qui s'approche. Mon coeur bat de plus en plus vite. Je suis si impatient, comme chaque soir...
Voilà six mois déjà que nous communiquons ainsi. Et nous utilisons toujours la même méthode. Je lui fais passer mes missives en livrant les fruits et légumes. Je la transmets à la cuisinière qui elle-même la remet à la femme de chambre qui la remet discrètement à ma belle. Les deux femmes sont dans la confidence et elle m'a garantit qu'il n'y avait aucun risque.
Quant à elle, elle vient chaque soir à la fenêtre de la buanderie me renvoyer sa réponse. Parfois, elle me raconte qu'elle a peur, car sa femme de chambre ne peut pas toujours la couvrir. Mais elle vient quand même...
Oh ! La lettre qu'elle m'envoie virevolte dans l'air frais de cette nuit de printemps. Je l'attrape et la serre contre moi. Son parfum m'enveloppe, j'aimerai la prendre dans mes bras. Elle est si belle, si gracieuse, si délicate, si rebelle et si effrontée. Je siffle deux fois, signalant que j'ai bien reçu la lettre, et m'enfuis à pas de loup tandis qu'elle souffle sa lumière et referme doucement la fenêtre.
Il fait à nouveau nuit. J'ouvre la lettre à la lueur d'un réverbère. Son écriture fine et penchée m'hypnotise comme à chaque fois. Je me perds dans la contemplation de ses arabesques en entamant ma lecture laborieuse. Peu à peu, je sens le froid m'envahir. Je relis chaque phrase plusieurs fois, de crainte de mal comprendre. Je sens les yeux me piquer. Mes doigts se crispent sur le papier. De grosses larmes tombent sur ses mots, délayant l'encre de cette dernière lettre. Demain, elle partira au couvent...
Rédigé à partir de la consigne 53 de Paroles Plurielles.
Il s'agit d'écrire un texte à partir de la photo d'Anaïs commençant
par "L'horloge indique vingt-deux heures trente, mais elle est en avance".
Texte © Miss Alfie 2007
dimanche 23 septembre 2007
Miss Alfie au chômage
Voilà, ça y est, depuis mardi dernier, je suis officiellement inscrite sur la liste interminable des demandeurs d'emploi. Depuis mardi, alors que je ne travaille plus depuis le 31 août au soir ! Et oui, parce que pour pouvoir faire ses démarches, il faut se lever tôt ! Alors certes, j'ai été absente du 5 au 12 septembre, mais voyez plutôt...
Le jeudi 30 août, prévoyante comme je suis, je profite d'un creux dans mon travail pour passer un premier coup de fil afin d'obtenir des renseignements concernant mon inscription. Une gentille dame m'enregistre et me propose un rendez-vous pour le 7 septembre.
- Ah oui, mais je viens juste de vous dire que je suis absente du 5 au 12... A partir du 13, vous pouvez ?
- Ah non, faudra nous rappeler... Parce que les rendez-vous sont ouverts que jusqu'au 9...
- Ah bon, ben merci, je vous rappelle à mon retour alors ?
- Ah ben oui, c'est pas la peine avant !
Le mardi 4, préparant mes valises, je descends à ma boîte aux lettres et trouve un papier me collant un rendez-vous pour le 6 ! Ni une, ni deux, me voilà à nouveau en ligne avec le numéro surtaxé.
- Oui bonjour, voilà, j'ai appelé le 30, on m'a dit qu'on pouvait me donner rendez-vous que le 7, mais là, je suis pas là, donc je voudrai voir parce qu'on me dit de venir le 6.
- Votre numéro d'identifiant, s'il vous plaît.
- (Là, je le donne)
- Je peux vous proposer le 18 à 9h45.
- Ah bon ? Bon...
Là, je ne cherche déjà plus à comprendre leur logique de rendez-vous... Qu'importe, le dossier rempli et les documents rassemblés, je me pointe le jour prévu à l'heure prévue et attend un bon quart d'heure avant qu'une super dame très sympa ne me reçoive. Sur son ordinateur, elle rentre toutes les informations et là, nouvelle surprise : ayant travaillé 8 mois dans le secteur public et 6 mois dans le secteur privé, c'est au public de me payer mon éventuelle indemnité de chômage, donc à mon ancien employeur... Employeur que j'ai quitté par démission le 15 février ! Et oui, parce que dans le public, on cotise auprès de son employeur, et pas aux Assédic ! Super !!!
Bref, je me dis que je m'en inquiéterai en rentrant chez moi, et j'attends la date de mon rendez-vous à l'ANPE qui, m'avait-on dit, pouvait être dans la même journée... Conclusion : vendredi 28 à 11h30 !... Bon, ben en France, faut pas être pressé de retrouver du boulot quoi...
Rentrant chez moi un sourire narquois aux lèvres, je m'empresse d'appeler l'hôpital que j'ai quitté pour leur demander comment procéder.
- Ah ben faut nous envoyer votre dossier hein ! Que me répond la nana toujours aussi peu aimable du service paye.
- Certes, mais de quels documents avez-vous besoin ?
- Ben comme les Assédic !
- Donc (et là j'énumère toute la liste) et les originaux des attestations employeur ?
- Ah ben non, les copies ça suffit !
- Ah bon, donc c'est pas comme les Assédic, puisqu'eux, ils veulent les originaux !
- Ben eux c'est eux, et nous c'est nous !
Woua ! Quelle perspicacité ! Enfin bon, conclusion, y a quand même une nuance ! Quant à avoir le délai de traitement de ma demande, là, ça relève plus de ses compétences non plus ! Je file donc au supermarché du coin acheter des enveloppes suffisamment grandes pour tout contenir, je déniche une photocopieuse qui me ruine, j'en profite pour faire quatre photos d'identité sur lesquelles je fais peur à voir. Et direction La Poste pour envoyer le tout en recommandé avec accusé de réception, parce qu'entre La Poste et mon ancien employeur, on sait jamais tout ce qui pourrait arriver à mon courrier !!! Mieux vaut réduire les "risques" de "perte" !
Donc, conclusion finale et définitive jusqu'au prochain épisode : mon dossier est bien arrivé à l'hôpital. Maintenant, faut qu'il aille sur le bon bureau et qu'il ne se perde pas sous une pile interminable... Sinon, je vais être obligée de trouver une autre solution pour payer mon loyer et mes charges de septembre !!!
Texte © Miss Alfie 2007
samedi 22 septembre 2007
Balais et Compagnie XXIV
- Rien d’étonnant à cela, admis Franck, la bouche pleine de pizza. Destranges fait venir d’Afrique des jeunes qui servent à la fois d’employés dans les entrepôts, et de cobayes pour les tests. Les gosses sont à peine majeurs, ont un titre de séjour en règle et une autorisation de travailler, mais sont logés dans des conditions calamiteuses, travaillent sans réel contrat et subissent des effets secondaires impressionnants… D’ailleurs, ils ne travaillent pas uniquement avec l’Afrique, les pays de l’Est sont touchés eux aussi.
- Destranges a versé et reçu de grosses sommes d’argent il y a deux mois. Kovinsky se charge normalement de gérer les transferts de fonds. Ils versent une infime partie sur des comptes en France pour permettre à leurs clients d’avoir un minimum de liquidités et de ne pas lever de soupçons sur eux, et mettent le reste en sécurité dans les paradis fiscaux. Cette fois, on soupçonne un trafic en provenance de Bulgarie… compléta Damien.
Je me réveillai enfin.
- Mais concrètement, comment comptez-vous faire pour les coincer ?! Et qui est la cible principale : Kovinsky, Destranges ou je ne sais quel illustre inconnu ? Parce que là, je ne suis pas sûre qu’à notre niveau, on puisse faire quelque chose !
- Détrompe-toi Caroline. Maintenant, vous n’allez peut-être plus faire grand-chose, mais vous avez été un maillon essentiel dans l’enquête. Cependant, si on vous a réuni ici ce soir, c’est parce que tout n’est pas terminé, et qu’il va encore falloir être prudent quelques temps, expliqua Franck. En particulier Etienne et toi…
- Et Luc, que vient-il faire là dedans ? demanda Etienne, formulant la question qui me taraudait depuis quelques minutes.
Je regardais mon amant d’un air interrogatif. Il faisait toujours aussi sûr de lui. Sa barbe de quelques jours lui donnait un air d’aventurier. Son intervention m’empêcha de repartir dans des considérations futiles et stériles.
- En fait, je ne suis pas rentré simplement parce que ma mission était terminée comme je te l'ai dit, Caroline. Cela fait quelques années qu’au hasard de mes reportages, j’enquête sur ces trafics d’humains à travers le monde. J’ai pris contact avec Franck peu de temps avant de partir en Inde, ayant entendu parler d’une filière là-bas. Mon objectif était de l’infiltrer pour observer les manoeuvres de l’intérieur. L’enquête sur les nouvelles industries de pointe et l’installation massive d’occidentaux fut une couverture géniale. On m’a ouvert bon nombre de résidences et j’ai pu sympathiser avec des chefs d’entreprise dont le comportement vis-à-vis de la population locale semble remonter au début du dix-neuvième siècle, quand l’esclavage était toujours de mise en France. Je me suis fait passé pour l’un d’entre eux, pour un journaliste en mission qui aimerait bien améliorer son quotidien en France. On m’a introduit dans des cercles secrets, on m’a présenté à des gens très influents, on m’a fait de multiples propositions. J’ai agi comme ils le font tous, j’ai étudié, négocié, et accepté de ramener en France une jeune Indienne. L’objectif était de me rendre compte des tours de passe-passe que cela allait entraîner… Grâce aux financements que j’avais pour ma mission, j’ai pu régler en une seule fois la marchandise, comme ils disent, ce qui a accéléré le retour. Jusque là, hormis le trafic à la limite de la légalité, je n’avais rien noté d’incongru. Mais je savais que j’allais être contacté. On m’avait expliqué qu’il serait bon que je ne parle pas de cette transaction… Et que pour garantir mon silence, on m’offrirai un petit cadeau.
J’écoutais Luc abasourdie. Jamais je n’aurai pensé qu’il ait pu être mêlé à ce genre d’affaire. Le reporteur de guerre se transformait sous mes yeux en agent secret à la solde d’une mystérieuse organisation de lutte contre les trafics humains…
Texte © Miss Alfie 2007
vendredi 21 septembre 2007
Retour au départ
On vient de le conduire dans la salle commune. La jeune femme en vert l'aide à s'asseoir et rapproche la chaise de la table. Ils sont quatre à se regarder sans se parler. Derrière le bar de la cuisine américaine, une autre jeune femme s'active et fait couler un café. L'eau frémit dans la bouilloire et l'on sort du placard quelques biscuits.
La jeune blonde ressemble à une poupée. Elle est belle. Ils la regardent et sourient. Elle leur parle doucement et leur prend la main souvent. Quand elle voit qu'une grimace se profile sur un visage, elle les accompagne dans leur chambre et les guide vers les toilettes. Elle parle, volubile et futile, explique ce qu'elle fait, fait diversion et guide leurs gestes.
L'autre est noire, une vraie mama. Elle a souvent des tresses et parle avec son accent africain comme une mère de famille. Le matin, car elle travaille souvent le matin, elle les réveille en chantonnant et leur parle à l'oreille confidentiellement. Elle laisse souvent derrière elle une traînée de parfum entêtant.
Elles sont plusieurs à se relayer. La blonde, la brune, la noire, la petite ou encore la grande. C'est comme ça qu'ils arrivent à les repérer, car elles portent toutes la même tenue verte. Elles ont toutes la même voix apaisante et les mêmes mots qui chantent à leurs oreilles, les mêmes gestes qu'elles amorcent pour les guider quand ils sont à la salle de bain, quand ils s'habillent ou quand ils mangent.
Dans le couloir, une famille arrive et vient saluer les jeunes femmes avant de s'installer à une table où on va leur servir un café. On tente d'engager la conversation, on écoute et on acquiesce. On essuie la bouche, on ramasse le morceau de gâteaux échappé des mains. On prend des nouvelles des autres, on discute avec le personnel. Le temps passe vite et déjà vient l'heure de rentrer car le dîner arrive.
On salue les jeunes femmes, on embrasse son grand-père qui répond vaguement quelques propos dans une langue incompréhensible. Autour de l'autre table, monsieur Jean gratte inlassablement ses jambes bandées, madame Micheline soliloque en breton et mademoiselle Jeanne évalue le travail fictif de ses étudiantes en couture.
Avant qu'elle ne passe la porte, elle se retourne une dernière fois et voit son grand-père lever les yeux vers elle et répondre à son sourire, dévoilant sa bouche dépourvue de son dentier, et agiter une main d'un air enfantin...
Aujourd'hui, le 21 septembre, c'est la journée Alzheimer...
Texte © Miss Alfie 2007
jeudi 20 septembre 2007
Brèves de vacances n°3 : Le ciel, le soleil et la mer...
Majorque, c'est surtout et avant tout une île des Baléares touristique et balnéaire. Alors à Majorque, l'activité principale quand on est en vacances, c'est de s'allonger sur le sable ou sur un transat, de plonger dans la mer ou dans la piscine, et de se badigeonner, ou pas, de crème solaire afin de parfaire le hâle plus ou moins prononcé de la peau.
Ainsi, à Playa de Palma, à l'est de la baie de Palma où je me situais pendant mes vacances, il est important de noter que les immeubles se comptent par centaines, voire par milliers, et que la plupart de ces constructions abritent des hôtels plus ou moins luxueux, plus ou moins confortables, et à la vue sur mer plus ou moins probable. Enfin, disons que cette vue, si l'on souhaite en bénéficier, il faut la demander dès la réservation des vacances, et quand je vous parle de vue sur mer, je vous laisse apprécier.... Oui, là, à gauche du grand machin immonde que je voyais tous les matins en ouvrant le rideau, c'est la mer !
Bon, passons, à pied, on étais à peine à deux minutes de la grande bleue. Alors intéressons nous plutôt à l'environnement de l'hôtel, qui valait, sans critique aucune, son pesant d'or... ou plutôt de béton ! Je vous ai déjà parlé des boutiques et des centre médicaux allemands, des bars à gogo et des boutiques à touristes à foison. Je vous invite donc à profiter maintenant de la superbe vue que nous avions de notre balcon, si l'envie de contempler la grande bleue s'estompait...
Et oui, notre environnement pouvait se résumer en un mot : béton ! Enfin, parfois malgré tout, il nous arrivait de quitter l'hôtel, et ce plus souvent que vous ne l'imaginer, car les plus des pelleteuses pendant les vacances, c'est, comment dire... un peu trop comme à la maison ! Dans ce cas là, il nous arrivait fréquemment d'arriver quelques mètres plus loin sur le front de mer.
Ah la mer ! Ah la Méditerranée et ses marées de quatre mètres ! Ah ses plages de sable fin... totalement artificielles ! Et oui, car à Majorque, les plages sont plutôt faites de sable grossier et de dunes. Oui, mais le sable grossier, c'est pas agréable pour les petits petons des touristes qui viennent se détendre ! Alors on a écrasé les dunes, on a creusé dans des carrières, on a relevé le niveau de la plage pour conjurer la marée, et on a fait sept kilomètres de plage de sable fin d'où l'on ressort les pieds un peu trop blancs pour que la composition du sable semble logique avec l'environnement...
La plage,
c'est aussi l'endroit idéal pour effectuer une fantastique étude sociologique et pour se sentir totalement décomplexée, surtout si l'on y va en plein mois de septembre. Parce que concrètement, en septembre, les étudiants soit ont repris les cours, soit bossent encore, soit n'ont pas assez de sous pour partir à Majorque, donc pas de problème : les minettes aux ventres plats s'en sont allées. Parfois, on trouve quelques couples avec enfants en bas âges, mais par définition, les seins de madame commencent à pendouiller et le ventre à perdre de sa rigidité ; quant aux poignées d'amour de monsieur, le quotidien les enrichit peu à peu. Quelques jeunes sont parfois perdus dans le coin, mais leur proportion étant infinitésimale, surtout si l'on enlève toutes les Allemandes de quatre fois ma carrure, pas de complexes à avoir. Et face aux mamies à la chair brunie et flétrie par des heures et des heures d'exposition au soleil alors que "non non non, moi je me mets pas au soleil, j'ai pas le droit !", y a vraiment pas de soucis à se faire... Si ce n'est qu'avec de telles visions, même les plus enracinés des hétéros pourraient virer leur cuti !
Enfin, en attendant, j'aurai le plaisir de ne pas rentrer dans le traditionnel circuit hôtel-plage-hôtel-plage-magasins-bars-hôtel-aéroport et d'avoir eu un autre aperçu de Majorque qui, je vous le promets, n'est pas uniquement une île de béton et d'immeubles entassés les uns sur les autres...
Texte © Miss Alfie 2007
Images © Miss Alfie 2007
mercredi 19 septembre 2007
La mariée était en... blanc !
Me concernant, j'opterai pour une autre couleur, plus révolutionnaire et plus traditionnelle si l'on étudie les traditions vestimentaires pour les mariages au cours des siècles, mais la mariée de samedi avait choisi une superbe robe blanc cassé, ré-haussée d'un voile doré sur sa jupe, le tout agrémenté d'un charmant bustier.
Ses cheveux relevés et parsemés de baies tombaient délicatement sur ses épaules recouvertes d'une étole, et l'émotion m'a, je l'avoue, serrée le coeur quand, une fois le corset lassée, j'ai enfin eu le plaisir de l'admirer de face.
Et oui, car avec deux autres amies, nous avons eu le privilège d'aider la mariée à revêtir sa belle tenue. Au départ, nous avions un peu l'impression de la déguiser, puis, quand elle a enfin récupéré son bouquet, qu'elle a posé à côté de sa voiture, et que nous sommes parties à la rencontre du marié à la mairie, tout nous a semblé si réel et si incroyable en même temps.
C'était le dernier mariage de l'été, mais peut-être celui que j'ai le plus vécu. Parce que cela fait plus d'un an que les mariés nous en ont parlé, parce que cela fait bien plus longtemps que nous les connaissons tous les deux, parce que ce mariage avait à mes yeux un sens énorme, et aussi parce que vivre les préparatifs du mariage, tout de suite, ça met dans l'ambiance !
Ainsi, notre tâche a commencé bien avant l'habillage de la mariée puisque nos trois paires de mains avaient déjà concoctées quatre cakes et une salade de fruits avant que nous ne sonnions chez les parents de la mariée. A dix heures trente, nous étions, encore un peu endormies mais prêtes à filer un coup de main, sur le pont, engouffrant dans le coffre de la petite titine à quatre vitesse de ma copine de quoi réaliser quelques photophores à déposer sur les tables pour le dîner pendant que je pestais contre ma tête oubliée chez moi... avec mes cakes !
Après une petite visite imprévue de la ville où se situait la salle, bien cachée ceci dit, nous sommes enfin arrivée au milieu d'un léger bazar. La petite cuisine était encombrée d'une demi-douzaine de Camerounaises en tenue en train de batailler avec des ingrédients que je découvrais pour la première fois. Et la salle était loin de ressembler à une salle de mariage, la sono au milieu, les tables en vrac, et les hommes juchés sur des chaises pour essayer de faire un semblant de décoration... Le tout à quatre petites heures de la cérémonie... Je crois que c'est la première fois que je vois une salle prête si peu de temps avant la réception, et quand je dis si peu de temps, vous allez comprendre...
Sur le coup de midi, retour au point de départ, et rapide repas en compagnie des parents de la mariée. L'occasion de laisser nos voitures se faire décorer par les soins du marié et de ses amis, forts heureux de nous rencontrer !
A quatorze heures, nous revenions de l'église, les bassines vidées de leurs fleurs déposées devant l'autel et accrochées au bout des rangs, et filions dans la chambre de la mariée pour l'aider à passer ses atours avant que tout ne commence réellement.
Je vous épargne la cérémonie civile remplie d'émotion, où beaucoup ont eu envie de crier leur bonheur et où les "hourra" ont fusé, ainsi que la cérémonie religieuse où nous étions, heureusement, situés au dernier rang... Très pratique pour discuter un peu pendant l'homélie un peu trop longue, et expliquer un peu le charabia à celles qui n'ont pas trop l'habitude de tous ces rituels.
Forcément, les zygomatiques ont souffert quand il a fallu faire les traditionnelles photos devant le portail de l'église et enfin, nos estomacs forts peu rassasiés du midi ont pu se taire lors du vin d'honneur. Discutant tranquillement avec d'anciennes collègues de promo plus ou moins perdues de vue, je fus interrompue par le marié qui, comme à son habitude, enveloppa sa demande de quelques compliments devant lesquels je ne pouvais que craquer.
Et nous voilà donc reparties à dix-neuf heures pour la salle du dîner, salle où les tables avaient été dressées, où le repas finissaient tranquillement de cuire, et où le couvert des soixante-douze personnes invitées était encore dans les caisses grises ! Ainsi, en moins d'une heure, il nous revenait de mettre deux assiettes, trois verres, une serviette et cinq couverts par personnes, sans oublier un petit pain rond chacun et des centres de table et des photophores... Un, deux, trois, partez !
Finalement, tout se boutica à merveille. Les mariés ont bien fait la fête, et nous avec... Même si, je l'avoue, un petit roupillon sur un coin de banc avec de la musique bien bien forte m'a permis de reprendre un peu de pêche pour pouvoir danser contre un jeune homme pas si charmant que ça, pas trop mon style, et pas trop subtile !
Heureusement, j'avais déjà de quoi occuper la place vide dans mon lit : ben ouais, si je le ramenais chez moi, où Nounours aurait-il dormir ?!!!
Texte © Miss Alfie 2007











