Les crumbles de Miss Alfie

Des crumbles de vie, des goûters de petits bonheurs, des repas de petits plaisirs...

samedi 15 septembre 2007

Balais et Compagnie XXII

Balais_et_Compagnie22

Des bruits alentours me tirèrent de ma torpeur. Je reçus quelques gouttes d’eau sur le visage et n’eus pas le temps de réaliser ce qu’il se passait avant de me retrouver empoignée par les bras et les jambes et jetée dans le bassin turquoise par les hommes présents. Le contraste entre la chaleur de ma peau et la fraîcheur de l’eau fut saisissant et j’hurlais à me déchirer les poumons. Ressortant rapidement de la piscine, je poursuivis mes assaillants comme une gamine, jusqu’à trébucher sur le tuyau d’arrosage vert. Je le suivis jusqu’à son extrémité et lançais l’offensive contre les hommes. Les filles s’étaient jointes à moi, rentrant dans la maison et préparant quelques munitions à déverser sur les garçons depuis les fenêtres multiples. Les cinq garçons se planquaient, sans doute en préparant leur plan d’attaque, tandis que patiemment, j’attendais qu’un d’eux veuille bien montrer le bout de son nez pour pouvoir l’arroser.

 

Nous bataillâmes durement pendant près d’une demi-heure avant que la sonnette ne retentisse à nouveau. Elise se précipita pour ouvrir à quelques amis qui venaient se joindre à nous pour la soirée. Après avoir rangé nos munitions, nous troquâmes nos tenus légères contre des bouts de tissu légèrement plus longs, et légèrement plus adaptés à la préparation d’un barbecue.
La table se préparait tranquillement, se couvrant de victuailles et de boissons. Les verres se remplissaient de vin rosé et l’odeur du bois brûlé commençait à nous entourer. Elise avait mis de la musique et les uns et les autres discutaient en tapant du pied.
Etienne reçut un appel et nous abandonna pendant la soirée. Son prince charmant venait de réapparaître et lui proposait de le retrouver à l’appartement. Elise flirtait avec quelques uns de ses amis, Jules et Valentine semblaient en léger froid, à l’inverse de Léonora et Frédéric qui dansaient langoureusement dans un coin du jardin.

Je frissonnai en fumant une cigarette lorsque je sentis les bras de Luc se poser sur mes épaules.
- Je peux ? demanda-t-il en désignant l’objet incandescent au bout de mes doigts.
Je lui tendis ma cigarette en continuant d’observer les gens à quelques mètres de moi. Je m’étais assise dans l’herbe, mon verre de vin posé à ma gauche, et Luc désormais à ma droite. La plupart des invités étaient des relations de travail d’Elise, qui travaillait à la rédaction d’un magazine féminin. Nous n’avions jamais réussi à savoir exactement ce qu’elle y faisait, hormis Luc qui travaillait avec elle de temps à autre. Il avait bien essayé d’ailleurs de proposer mes piges, mais étrangement, Elise avait estimé que je ne rentrais pas dans la ligne éditoriale du magazine. J’avoue, avec une petite honte, que je lui en garde toujours rancoeur aujourd’hui, surtout lorsque je parcours les pages du dit magazine.
Luc et moi terminions la cigarette en commun. Mon verre se vidait, ainsi que le sien, et je voyais l’heure tourner. Luc, qui me connaissait bien, n’attendit pas ma question pour mettre son pull sur mes épaules et me faire signe de le suivre. Nous allâmes saluer Elise qui discutait passionnément de la mode hivernale avec l’une de ses collègues de travail et partîmes dans la nuit parisienne retrouver son appartement

Demain matin, le réveil sonnerait plus tôt pour moi. En dormant chez Luc, je me rallongeai pour aller au travail, mais au moins, j’étais avec lui, et Etienne ayant ramené son chéri à l’appartement, mieux valait que je déserte les lieux !

Texte © Miss Alfie 2007

Scribouillé par Miss Alfie à 12:00 - Balais et Compagnie - De vous à moi... [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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