jeudi 6 septembre 2007
Fin d'école
Seize heures trente-cinq.
A l'école du quartier, la cloche vient de sonner. Dans la cour de récré, les bambins s'éparpillent.
Capuche sur la tête, cartable sur le dos, ils traversent les gouttelettes de pluie pour retrouver un parent, une nourrice, une voisine, un frère ou une soeur venu les attendre. Un bisous rapide sur une joue bien douce et l'on rentre goûter bien au chaud au rythme des récits de la journée.
Certains restent dans la cour, une demi-heure pour jouer, se défouler, sauter à la corde ou mettre des billes dans un trou, et après l'étude en attendant l'arrivée des parents. Quand ils rentreront à la maison, ceux-là auront presque fini leurs devoirs. Il ne restera plus qu'à s'installer dans la chambre pour vérifier que la récitation est bien apprise.
Pour les autres, après le goûter, on s'installe au bout de la table de la cuisine et on sort du cartable un peu trop grand les cahiers et la trousse.
Les plus jeunes s'appliquent à former leurs lettres, la langue coincée entre les dents et le front plissé, dans un effort de concentration ultime, tandis que les plus âgés récitent Verlaine et Hugo à un adulte nostalgique au son des vers et des alexandrins.
On allume la lumière de bonne heure, la nuit tombe vite en hiver. Parfois, on peut jouer un peu, ou regarder la télévision, si le carnet de devoirs est peu rempli, avant que la soupe bien chaude dont le parfum embaume la maison ne soit servie dans les assiette creuse. Autour de la table, chacun raconte sa journée, parfois bonne, parfois morose, toujours partagée.
Le mardi soir, comme il n'y a pas école le lendemain, l'extinction des feus est retardée. On regarde la télévision, mais ce n'est plus comme avant. Il faut trouver un DVD à regarder car "Docteur Queen" et "Les enfants d'Avonlee" ont pris leur retraite.
Les autres soirs, les parents viennent faire un dernier bisou avant le début du film. Ils s'installent ensuite dans le canapé, guettant le silence des bambins et leur respiration paisible.
Les cartables sont rangés au pied du lit et les vêtements du lendemain sont prêts.
L'école les accueillera encore et encore, et la cour de récré sera encore et encore le témoin de multiples histoires.
Texte © Miss Alfie 2006
