dimanche 5 août 2007
Vous plaisantez, monsieur Tanner
Qui n'a jamais souhaité acquérir une maison ?
Qui n'a jamais rêvé devant la propriété de tonton ?
Qui n'a jamais calculé à combien lui reviendrait la réalisation de son doux espoir ?
Allez... Avouez !...
En tout cas, s'il y en a bien un qui n'avait peut-être pas rêvé d'hériter, c'est bien monsieur Tanner. Ou s'il en avait rêvé il y a très longtemps, je pense qu'à l'heure actuelle, il se maudit d'y avoir juste songé.
Monsieur Tanner, réalisateur de documentaires animaliers, voit sa vie basculer le jour où, convoqué chez son notaire, il apprend qu'il hérite de la grande et belle maison de son oncle dans laquelle il gambadait enfant. Fantastique ! Oui... Sauf que la maison est à retaper et que monsieur Tanner décide de prendre un congé sabbatique pour rénover la baraque...
De Pedro et Sandro au Président, monsieur Tanner les voit tous passer, se succéder, l'arnaquer, l'entuber, le détruire, le maudire... Charpentiers sans formation, plombier au grand coeur, électricien soviétique, plaquiste trop sérieux... A croire qu'un seul homme attire tous les défauts de tous les corps de métier du bâtiment !
Après Une vie française, je m'étais promis d'emprunter ce roman de Jean-Paul Dubois à la bibliothèque. Rapide à lire car divisé en chapitres très courts d'une à deux pages, ne vous attendez pas à trouver dedans des rebondissements incroyables, des successions de révélation ou des complots fomentés sous la charpente.
En revanche, le style est drôle, le récit vivant et la narration criante de vérité. Tant et si bien que l'on pourrait presque s'y croire... Ce qui m'a fait refermer ce sympathique roman en me disant que le jour où je signe pour avoir mon chez-moi à moi, le dit chez-moi devra être neuf ou quasi neuf de manière à ce que je n'ai pas à coordonner plombiers, électriciens, plaquiste et autres corps de métier... Parce qu'avec ma chance naturelle, qui sait combien de temps cela durerait !!!...
Texte © Miss Alfie 2007
samedi 4 août 2007
Balais et Compagnie IX
Luc, c’était le genre de personne que je ne savais jamais définir quand je parlais de lui. Un copain ? Non, c’était bien plus. Un ami alors ? Oui, mais un ami très particulier. Un petit ami peut-être ? Non, au contraire ! Un amant ? En partie… Oui, Luc finalement, c’était peut-être un peu tout ça, un ami, un frère, un amant…
Nous nous étions rencontrés au restaurant universitaire, moi mangeant avec mes amis et lui venant retrouver ses amis… qui étaient les mêmes que les miens ! Rapidement, nous avions été amenés à nous revoir au cours de soirées, et le courant était bien passé. Mais Luc était un oiseau de nuit, une espèce volage, un vagabond imprévisible. Journaliste de son état, il parcourait le monde, voguant de conflits en catastrophes naturelles, toujours dans l’attente d’une nouvelle mission. Il lui arrivait de partir pendant plus de six mois et de ne donner que très peu de nouvelles. Ainsi, j’avais reçu des nouvelles deux mois auparavant, tandis qu’il faisait une escale à Calcutta pour faire un reportage sur le développement des industries de pointe en Inde. Nous commençâmes donc à papoter avant de convenir d’un rendez-vous pour le lendemain soir dans un bar de Paris où Luc avait toujours un pied-à-terre.
Je me couchai encore une fois bien avant Etienne qui finirait comme d’habitude par s’endormir devant la télé avant de rejoindre sa chambre au milieu de la nuit. L’angoisse qui m’avait quitté le temps de ma conversation avec Luc revint me nouer le ventre. Mon esprit s’emmêlait dans une foule de questions sans réponses. Je recoupais trop de faits coïncidant pour être le fruit du hasard. Je n’osais émettre la moindre hypothèse mais je sentais qu’un jeu étrange avait commencé à me prendre dans ses filets, et Etienne par la même occasion. Epuisée, je finis par m’endormir en songeant à la déposition qu’il me faudrait faire le lendemain.
Ne travaillant pas ce vendredi-là car j’avais demandé un week-end de trois jours pour me reposer, je me levais bien après le départ d’Etienne et me préparai avant de me rendre au commissariat de police du quartier ainsi que l’on me l’avait demandé. Etienne était passé peu de temps avant moi faire la sienne, sans doute avant de partir à son travail. Aux questions habituelles, je répondis calmement sans angoisse. En revanche, lorsque vint le moment de relater les faits, je ne sus par où commencer, ayant tellement emmêlé les fils de cette histoire dans mon cerveau que j’y voyais déjà la marque d’un mauvais polar.
J'aurais aimé avoir à mes côtés un avocat, un de ces types qui aurait pu m’aider, me défendre, me soustraire au regard suspicieux des policiers qui semblaient fortement étonné du fait que nous ayons été cambriolés la veille sans que rien n’ait été dérobé et sans que l’un de nous deux n’ait d’ennemis connus. En effet, des histoires similaires avaient été observées dans le quartier, mais c’était généralement le résultat d’une mise en garde en cas de dettes de jeu.
Mais au lieu du jeune et fringant avocat que l’on voit dans les séries télé se tenir à côté de l’accusé, je n’avais à ma droite qu’une chaise en plastique sur laquelle reposait mon sac à dos.
Le policier qui prenait ma déclaration se leva et sorti de la pièce pour aller récupérer les documents à l’imprimante de l’accueil du commissariat. Mon portable vibra à ce moment-là. C’était Etienne qui m’appelait pour me prévenir qu’il avait eu Franck au téléphone et qu’il proposait de me rencontrer demain à quatorze heures.
- Tu n’as rien dit pour les documents ? me demanda-t-il d’une voix inquiète en apprenant où je me trouvais.
- Non ! Pourquoi ?... m’étonnai-je.
- Franck a dit de ne surtout pas en parler. Je t'expliquerai ce soir…
Sur ce, il raccocrocha avant que je n’aie eu le temps d’ajouter une seule phrase.
Texte © Miss Alfie 2007
vendredi 3 août 2007
Dis... Tu m'aimes ?
A moins de débarquer de Mars ou de découvrir ce blog, toi, le lecteur anonyme ou nonyme, toi qui lit en silence ou commente avec forces et fracas, tu ne peux pas avoir manqué les premiers épisodes de Balais et Compagnie, le feuilleton de l'été lancé début juillet et qui va se poursuivre jusqu'à épuisement de mes idées, l'objectif étant de concurrencer grandement Les feux de l'Amour... Et c'est bien parti, si si !!!
En attendant, si cette histoire te plaît, et si tu veux la faire découvrir sur ton blog, n'hésite pas à afficher ma petite bannière artisanale mais qui pointera directement chez moi !
Pour cela, il suffit de cliquer sur la bannière ci-dessous et de copier à l'endroit souhaité et en mode source le code qui s'affichera !
Invasion
Mercredi dernier, le soleil ayant décidé de faire enfin son apparition depuis le début de la semaine, après un lundi après-midi passé à la piscine et au soleil, et une journée de mardi épuisante professionnellement parlant, j'ai profité de la voiture paternelle pour déplacer mon derrière de mon Ille-et-Vilaine natale à son Morbihan historique.
Après une séance relaxante et un repas plantureux dans une auberge bretonne en pierre du pays, avec hortensias et chaumières alentour, direction la côte, via les petites routes de campagne. Bonheur de respirer l'air frais de sel et de terre mélangés. Bonheur d'arpenter les allées du magasin d'usine d'un grand biscuitier de l'ouest. Bonheur... jusqu'à l'arrivée à La Trinitée sur Mer.
An Drinded, c'est joli. On y arrive par le pont de Kerisper qui enjambe la rivière de Crach' - prononcer crak et pas crache !... - et on admire les voiliers patientant dans le port. Des mats, des centaines de mats alignés, et parfois des bâteaux de course célèbres. Et des hommes célèbres aussi, comme Le Pen, un natif - oui je sais, ce n'est pas forcément une référence... -, mais aussi Philip Plisson, le célèbre peintre de la marine - là, interdiction de critiquer, ce mec est un grand de la photo !... -. Un port à voir, une ballade sur la jetée, des cafés pour se perdre dans le paysage...
Et des touristes... Partout des touristes... Surtout au mois d'août...
Ensuite, direction Carnac. Vous connaissez, les aligments, les pierres debout, les menhirs comme on dit chez nous... Mais alors là, les menhirs, pas vus ! Par contre, l'alignement de chair fraiche, de bulots et autres mini pétasses sur la plage, ça a fonctionné !!!
Donc à Carnarc, des touristes... Partout des touristes... Surtout au mois d'août...
Oui, je sais, c'est logique qu'il y ait des touristes dans les lieux touristiques à cette période de l'année. D'accord... Mais le touriste qui m'énerve, c'est le Touriste avec un grand T comme on en a vu hier... Que je vous explique...
Le Touriste avec un grand T se ballade en short et en tong, porte des lunettes de soleil et une casquette quel que soit le temps ambiant et se promène en troupe. Papa, maman, les mômes et les ados, on envahit le trottoir et on parle très fort. On s'extasie sur les bâteaux et on s'étonne de voir le fond de l'eau. Non non, on n'est pas venu chercher de l'eau cette nuit pour la vaisselle, ça s'appelle la marée, phénomène naturel et fréquent dans nombre de mers du monde...
Le Touriste aime se faire un restaurant pendant ses vacances, pour changer du restaurant du centre de vacances où il a élu domicile, en face de la mer, parce que c'est moins fatigant pour aller à la plage. Alors le Touriste écume les cartes des gargottes, trouve qu'une crêperie, c'est bien typique en Bretagne, demande à boire son cidre normand dans une bolée et s'extasie devant sa jambon-fromage à 8 euros. Le commerçant, lui, se frotte les mains d'avoir doublé ses prix, et tant pis pour les autochtones : ils reviendront manger des crêpes en novembre, bien abrités dans un ciré, pendant que le Touriste déprimera devant sa télévision.
Le Touriste, s'il n'a pas trouvé une location, un hôtel ou un camping de l'autre côté de la route qui dopnne sur la plage, tente par tous les moyens de se rapprocher le plus possible de l'étendue sablée et salée. Pour cela, il informe ses enfants de hurler la direction à prendre dès qu'une place est en vue, même si cela risque de provoquer un carambolage avec le pauvre Breton du coin qui rentre tranquillement chez lui et ne demande qu'une chose : rester en vie pour pouvoir partir en vacances à la rentrée, quand le Touriste aura décampé, histoire d'aller l'embêter chez lui.
Ah oui... Et bizarrement, l'étude réalisée hier montre que le Touriste est généralement originaire de région parisienne ou de l'étranger et que, de ce fait, il conduit comme dans sa région de fous pour le premier cas et te signifie qu'il ne comprend pas le code de la route français dans le second cas.
Bref, lorsque l'invasion des Touristes se termine, fin septembre, après le passage des groupes du quatrième âge qui évitent la pleine période estivale de peur de se retrouver dans l'eau du port, poussés par quelques jeunes délinquants de banlieue, à ce moment-là seulement, le Breton peut espérer pouvoir reprendre sa voiture, réemprunter la route de la côte sans que des centaines de voitures stationnées sur les côtés ne la défigurent et ne détruisent les dunes, se promener sur un trottoir sans se retrouver poussé dans le caniveau et remanger un repas au restaurant pour un prix abordable...
A ce moment-là alors, le Breton retrouve le bonheur d'habiter une si belle région, pardonne au Touriste car finalement tout cela ne dure que deux ou trois mois dans l'année, ferme les yeux et respire l'air venté d'automne, ferme son coupe-vent, emprunte un sentier de douanier, et se pose au bord de la mer, pour écouter le chant des vagues qui s'unit à celui du vent...
Texte © Miss Alfie 2007
Image © Philip Plisson
jeudi 2 août 2007
Ouh la la !!!
Ben dites donc ! J'en rougierai presque moi !
Bon, en même temps, c'est un peu stupide, vu que c'est moi qui ait fait la démarche, écrit le bidule, et cliqué sur le bouton pour soumettre l'article au comité de lecture.
Oui enfin quand même ! En le faisant, je me demandais bien s'il allait être retenu ! Et bien oui dites donc !!!
Donc voilà, j'ai fait mon premier article sur Agoravox...
Miss Alfie au frais
Il y a quelques temps, j'avais entamé le récit de mes aventures surgelées et chaussées. Ces déboires furent effectivement vite relégués dans les archives mensuelles, supplantés par le feuilleton de l'été qui déchire tout sur son passage.
Mon activité professionnelle étant actuellement très réduite, me trouvant donc enfermée dans un bureau alors que le soleil pointe enfin le bout de son nez, autant occuper le temps intelligemment et vous faire partager mon expérience d'employée commerciale ainsi que j'étais pompeusement qualifiée sur mon contrat.
Il y a donc quatre ans de cela, après avoir congelé mes doigts et martyrisé mes pieds, j'ai signé pour quatre semaines dans un supermarché. Ma mission, que je n'avais d'autre choix qu'accepter : mettre en rayon dès cinq heures du matin yaourts et plaquettes de jambon, et passer ma journée à vérifier les dates, refaire des murs et ne pas faire chavirer les palettes de marchandises. Tout un art...
Le premier matin fut sans doute le pire, quand à quatre heures et quart mon réveil sonna dans la maison endormie depuis peu en raison de la chaleur caniculaire qui envahissait alors la France. Cinq heures, j'étais dans la boutique, au milieu de personnes qui ne me connaissaient pas et me regardaient déjà d'un oeil mauvais, parce que vous comprenez, les étudiants sont tous des fumistes qui foutent le bordel dans les rayons... On respire un grand coup, on y va, première palette à sortir, faut que je me lance, je tire, je tire, je tourne, je retourne et je fous tout par terre... Yaourts explosés, fromages dispersés, crèmes éventrées, la journée commence bien...
Après deux ou trois jours, j'acquis un minimum de maîtrise du déplacement de la palette et mes journées se succédaient invariablement. Cinq heures je commençais. Réassort et rotation des dates. Mise en avant des dates limites pour l'étiquetage particulier. Huit heures, réalisation des murs pour que le magasin apparaissent comme sorti d'un décor de cinéma. Huit heures trente, arrivée des premiers papys et mamies pressés d'acquérir un bout de fromage en oubliant le pain, ce qui les obligera à revenir une deuxième, voire une troisième et même une quatrième fois dans la journée, juste pour voir du monde. Neuf heures, pause et bénédiction de la cigarette car, sans la clope, pas de possibilité d'intégration dans l'équipe, la dictature des poumons noirs. Neuf heures trente, retour en rayon, on ne parle pas au client, on finit les rotations, on s'occupe des commandes, les surgelés appellent. Heure variable, retour à la maison, petite sieste ou repas puis sieste. En cas de sieste avant déjeuner, retour au boulot après le repas et renouvellement des stocks pour rentrer à l'heure du goûter, éreintée et fourbue...
De cette expérience difficile physiquement, très fatigante et nulle en enrichissement social étant donné que tout étudiant est à éviter pour cause de fumisterie manifeste, je ne garde qu'un seul bon souvenir : 2003, été de la canicule, j'étais affectée aux produits frais...
Texte © Miss Alfie 2007
mercredi 1 août 2007
L'Alfie maudite
Pendant combien de générations vais-je l'être ? Je n'en ai aucune idée ! A cause de qui ? Je ne le sais encore moins ! Mais une chose est sûre : je suis maudite avec les administrations. Il n'y a qu'à voir mes déboires avec la sécurité sociale, la mutuelle et France Télécom pour en avoir une petite idée. Mais jusqu'à présent, j'avoue que les assurances m'avaient épargnées... Pour mieux m'assommer aujourd'hui !
Que je vous explique...
Mars 2007. J'abîme le côté de ma voiture en la rentrant dans mon garage. J'appelle l'assurance pour savoir les conséquences d'une déclaration. Pas de problème, aucun impact sur mon bonus qu'on me dit, j'ai pas eu d'accident depuis plus de trois ans. Et pour cause, c'est le premier. Je déclare, fait réparer et me fait rembourser de 400 euros.
Juin 2007. Je résilie l'assurance que j'avais pris auprès de mon agence bancaire en Ile-de-France pour souscrire la même auprès de l'agence bancaire du même groupe chez moi. Par la même occasion, j'augmente mes garanties, vu que c'est moins cher ici que là haut. Et puis ça permet de prêter la voiture aux amis quand on part en ballade, de permettre aux parents de la conduire, et de ne plus avoir de soucis...
Juillet 2007. Le "nouvel" assureur qui est en fait le même groupe que l'ancien m'écrit en me disant qu'un sinistre n'a pas été noté, que mon bonus/malus a pris 0,20 dans la tronche et que du coup, ma cotisation mensuelle passe de 83 à... 190 euros !!! Ah ben oui, parce que finalement, si, il compte le sinistre du mois de mars !!!
Je relis trois fois. Non je ne me trompe pas. Je fonce sur mon téléphone, rendez-vous pris avec ma conseillère bancaire qui gère mon contrat d'assurance. Réévaluation, ré-estimation, on tombe à 134 euros avec des garanties bien maigres et je n'en dors plus...
Tant et si bien que je viens de réaliser qu'il y a un truc qui cloche et que les assureurs sont de gros arnaqueurs : comment ai-je pu doubler ma prime alors que je n'ai pris que 20 % de malus ?!!!
Cherchez l'erreur...
Trois jours que j'essaye de joindre ma chère conseillère... qui ne sait rien... si ce n'est qu'elle est désolée de ces tracas...
En attendant, c'est pas elle avec son appartement qu'elle vient d'acheter et ses vêtements de marque qui va se retrouver à découvert lors de la prochaine cotisation...
Texte © Miss Alfie 2007





