Les crumbles de Miss Alfie

Des crumbles de vie, des goûters de petits bonheurs, des repas de petits plaisirs...

vendredi 31 août 2007

C'est la rentrée

C_est_la_rentree

Oui oui, c'est la rentrée dites donc ! Et aujourd'hui, juste pour ceux qui n'en se seraient pas rendus compte, voici quelques indices vous permettant de conforter ce constat.

Commençons par le supermarché où, avant même de réussir à trouver les oeufs, le lait et tous les ingrédients de base nécessaires à la confection de petits plats tout prêt à passer au four, on se retrouve perdu dans les rayons posés là pour l'occasion des fournitures scolaires. Alors forcément, on se prend à penser au passé, à cette époque révolue où l'on prenait une après-midi pour écumer les rayons à la recherche du cahier 21x29,7 à petits carreaux demandé par le professeur de mathématiques quand celui de français privilégiait le même, mais avec de grands carreaux. On se surprend à repenser à l'agenda, seule chose réellement choisie du chariot, agenda qu'en bonne adolescente, on décore de photos, de pensées, de citations sur l'amour et l'amitié, histoire d'avoir de quoi lire pendant les cours un peu rébarbatifs de philosophie, et que l'on agrémentera de mots des copines, marque suprême d'amitié à la vie à la mort à l'époque du collège, et parfois même du lycée...

Rentrons ensuite à la maison, à l'heure où il devient temps d'allumee le poste de télévision ridicule dans l'appartement de salarié mais fort bien adapté à la taille d'une chambre d'étudiant. Là, on ne peut y couper à nouveau : tout le monde rentre, des ministres aux élèves. Les grands se penchent sur les nouvelles lois tandis que les plus petits traînent des pieds et des cartables à l'idée de repasser derrière leur petit bureau et de troquer le ballon de foot contre les crayons au code bien établi par la maîtresse. Dans leur grande bonté, les dits ministres s'intéressent parfois aux rythmes des dits élèves, et arrivent régulièrement à la conclusion que l'organisation du temps scolaire en France laisse à désirer, sans pour autant y remédier d'une année sur l'autre.

Repartons maintenant au travail après un petit week-end ensoleillé qui ne donne pas l'impression que septembre frappe déjà à la porte, et l'on se rend vite compte que les horaires de bus ont changé, que les rotations sont plus fréquentes. On entend les chauffeurs parler entre eux, se raconter leur été, et râler sur la nouvelle organisation du temps de travail. On suppute alors qu'une petite grève va se mettre rapidement en route, et on bénit Boumbo d'être en forme pour nous conduire éventuellement sur le lieu de gagne-pain en cas de problème de transport en commun. Et accessoirement, on soupire dans le même temps à l'idée de se lever une demi-heure plus tôt pour affronter les bouchons extra et intra métropolitains.

J'ajouterai qu'on ne peut manquer de remarquer que le restaurant du coin où l'on a l'habitude de prendre son repas du midi a rouvert, que la boulangère est revenue bronzée, que la bibliothécaire s'est enfin décidée à faciliter l'accès à la culture pour les salariés et que les cris des enfants dans le parc local à partir de cinq heures moins le quart le soir rappellent à tous qu'est fini le temps de la bronzette et du repos. Il faut refaire les courses, débourser à nouveau ses sous, et surveiller les marmots toujours aussi intenables après un été pluvieux.

Par ailleurs, c'est aussi la période où chaque expédition dans une librairie ressemble à une opération commando. On en trouve partout, sur tout, de tout. Des livres par centaines. Des français, des étrangers, des de partout et de nulle part. On se demande ce qui se passe, d'où vient cette frénésie, combien de temps cette folie va durer. On bave devant les nouveautés, on rêve de se les offrir, on note dans un coin de sa tête les titres qui intéresse pour tenter de se les procurer à la bibliothèque du coin, ou, à défaut, d'en faire leur acquisition quand leur format aura diminué d'autant que leur prix.

Et enfin, ouvrons tous ensemble notre boîte aux lettres, et on ne manque pas de se rendre compte que l'été s'en est allé devant la profusion de publicité qui l'encombrent. Comme chaque année, on se promet de mettre un papier pour refuser les dits prospectus et faire un geste vis à vis de l'humanité, papier qu'on se promettra à nouveau d'apposer l'année prochaine. Et puis, au milieu des feuilles de journal et des nouveaux horaires de bus, on déniche une enveloppe à l'entête inquiétante. Une enveloppe qui n'arrive qu'une fois par an, résultat des renseignements fournis par et à l'administration financière de notre État : l'avis d'imposition. Parfois, la surprise est très agréable, comme, par exemple, quand on a été étudiante pendant la première moitié de l'année, et salariée très raisonnablement pendant la seconde. Et parfois même, l'état consent à offrir un peu d'argent de poche qu'il faudra sans nul doute reverser l'année suivante puisque l'année en cours aura été travaillée presque à plein.

Bref, c'est la rentrée.
L'heure de ranger les maillots de bain et de sortir les chaussures de sport.
L'heure de prendre un tas de bonnes résolutions qu'on reprendra le premier janvier suivant
L'heure de feuilleter les annonces locales à la recherche de l'activité manquante au planning.
L'heure de rêver aux prochaines vacances au soleil.

Ouais...
Mais pour moi, c'est l'heure de sortir les débardeurs et les deux pièces.
L'heure de vider mon bureau et de saluer mes collègues.
L'heure de vérifier que mon tube de crème solaire est toujours opérationnel.
L'heure de partir en vacances, en somme !...

Texte © Miss Alfie 2007

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jeudi 30 août 2007

Solo

Solo

Oh la la ! Ce soir, je sais pas, je le sens, c'est le grand soir ! Alors... heu... L'armoire... Bon, je mets quoi ?! Lyliiiiiiiiiii ! Viens m'aider !!!

T'as déjà fini de te préparer ?! Ah non ! Bon... Je mets quoi alors ce soir ?!

Ben non, mais je suis sûre que c'est pour ce soir. Je le sens, et tu sais bien hein ! Moi, quand je sens un truc, je me plante pas souvent ! Regarde, pour Tom et Jenny, je te l'avais dit, que ça marcherait pas ! Et ben là, ce soir, moi je te dis que je vais conclure...

Avec qui ? J'en sais rien ! Comment veux-tu que je le sache ! Ils sont tous maqués, les mecs qui viennent ce soir ! Mais je te le dis, je sens que je vais rencontrer quelqu'un ! Ah non, mais parce que là, j'en ai marre hein ! Vous êtes tous casés, et moi je tiens la chandelle à chaque fois ! Non non non, là, je m'y atèle, ça fait partie de mes bonnes résolutions : je te le dis, Lyli, j'aurai quelqu'un dans mon lit ce soir !

Oui oui, t'as raison... Mes fringues... Un pantalon tu crois ? Remarque, ça peut faire classe. Et puis ça fait moins vulgaire que l'autre là, Nancy, qu'a toujours des jupes qu'on voit tout ce qu'elle a pas dès qu'elle s'assoit...

Ben non, pas trop décolleté, après ça fait pute... Ouais, celui là c'est pas mal, t'as raison...

Ouais... T'as raison... Franchement, mais c'est à se demander où elle a été le chercher, hein ! T'as vu comment il lui parle ? Non mais elle se rend pas compte hein ! Ah ouais, moi je suis totalement d'accord avec toi... Des mecs comme ça, ça devrait pas exister ! Et puis elle se laisse faire hein !... Bon, et toi, ça donne quoi ? Allez, dis !!!

Non ! Vrai ?!

Purée, vous traînez pas hein ! Remarque, vous avez raison... Parce que c'est pas quand vous serez vieux que vous pourrez y penser... Non non, moi je suis d'accord avec toi... Tiens, tu veux pas m'aider à attacher mon collier ?... Merci !

Oui oui, va te préparer ! Moi je finis de me maquiller et je file devant. J'ai promis à Linda de l'aider à finir de préparer... En tout cas, c'est vraiment adorable à toi et Danny de m'avoir hébergée ! Je te raconte pas la galère quand Clark m'a foutue dehors !!!

Une porte claque, on entend de bruits de pas dans l'escalier. Les bruits de pas féminins s'arrêtent en même temps que les bruits de pas masculins qui semblaient venir en sens inverse.

Oh Danny ! Pas ici voyons ! Lyli est juste là !...

Arrête ! Petit coquin ! T'as pu t'arranger ?! Oh super !!! Depuis le temps que je l'attends, ce week-end avec toi !!!

Attends ! T'as du rouge à lèvres sur la bouche ! Essuie-toi, ça va faire louche !!!

Les bruits de pas reprennent. La femme continue sa descente. L'homme continue sa montée. Une porte s'ouvre et se referme.

Texte © Miss Alfie 2007

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mercredi 29 août 2007

Brunswick Gardens

Brunswick_Gardens

Dix-huitième opus d'une série comptant à l'heure actuelle vingt-deux romans, Brunswick Gardens met en scène un couple, Charlotte et Thomas Pitt. Thomas, inspecteur de police à Bow Street, a épousé la jeune Charlotte, bourgeoise rebelle, et se retrouve régulièrement chargé de démêler les fils d'affaires plus qu'ennuyeuses et porteuses de scandales dans la haute société londonienne de la fin du dix-neuvième siècle.

Dans cette aventure, Anne Perry met en scène la mort d'une jeune femme érudite, mais féministe avant-gardiste, Unity Bellwood, travaillant pour le révérend Parmenter. Rapidement, les suspects se multiplient au sein de la maisonnée, composée de l'épouse du révérend, Vita Parmenter, de ses deux filles, Tryphena, veuve et très proche de la victime, et Clarice, de son fils, Mallory, converti au catholicisme dans une famille protestante, ainsi que le vicaire, Dominic Corde... Ce dernier s'avère d'ailleurs être le beau-frère de la dénommée Charlotte Pitt, beau-frère dont les fidèles lecteurs ont pu faire la connaissance dans L'étrangleur de Cater Street, le premier volet de cette série. Parmi cette foule de suspect, Thomas va devoir découvrir la vérité, fouiller dans le passé des uns et des autres, mettre en lumière des événements noirs de la vie de sa famille en restant toujours impartial... Et bien évidemment aidé de sa fidèle épouse, incorrigible détective en herbe.

Dans cet épisode, on remarquera toute l'atmosphère de remise en question des thèses théologiques concernant la création du monde. En effet, nombre de débats au sein de la famille Parmenter évoquent la théorie de l'évolution de Darwin qui vient, à l'époque du récit, d'être dévoilée. De même, se pose la question des différentes religions, de savoir du catholicisme ou du protestantisme laquelle est la plus pure.
Ces deux thèmes sont à l'image du reste de la série, qui met en lumière la société londonienne d'alors avec tous ses questionnements, ses interrogations, ses remises en cause...
La trame narrative est souvent la même, comme l'on s'en rend fréquemment compte si l'on a l'habitude de lire un auteur, mais l'intérêt de ces ouvrages est le regard qu'ils invitent à poser sur la société, sur les moeurs, sur les habitudes, sur ce qui se faisait et ce qu'il convenait de penser alors, sur la différence impressionnante entre l'opulence des classes aisées et la misère des bas-fonds remplis de prostitués...

Mais pour qui n'auraient jamais ouvert un roman d'Anne Perry, je vous conseille de commencer par le premier opus, L'étrangleur de Cater Street, qui vous présentera les deux personnages principaux : Charlotte et Thomas.
Par ailleurs, Anne Perry est l'auteur de trois autres séries policières, une mettant en scène William Monk, inspecteur amnésique, à une période précédant la série de Charlotte et Thomas Pitt, une se passant dans le Paris de la Révolution Française, et une dernière se déroulant à l'aube de la première guerre mondiale.

Texte © Miss Alfie 2007
Image Brunswick Gardens, Anne Perry, Editions 10/18, 2005.

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mardi 28 août 2007

Balais et Compagnie XVI

Balais_et_Compagnie16

- Caro ? Excuse-moi de te déranger mais on a un problème…
La voix d’Etienne semblait bizarre, trop aiguë…
- Ah bon ? Que se passe-t-il ?... Lui demandai-je tandis que Franck me regardait d’un air inquiet.
- Heu… Rien de bien grave hein ! Mais est-ce que tu pourrais rentrer ? C’est pour la porte… Le propriétaire qui veut nous voir…
- Bien… J’arrive… Mais je suis sur Paris là tu sais, donc le temps de rentrer…
Je raccrochais et relatais à Franck ma conversation.
- Il y a un problème, Franck. Etienne n’avait pas sa voix habituelle, et je ne comprends pas cette histoire de porte. Il m’a dit hier que le propriétaire était passé pour donner son accord. J’ai comme l’impression qu’il voulait me faire passer un message…
- Ok, on y va, je viens avec vous, mais avant, on va faire un léger crochet…

Après avoir payé, Franck récupéra sa voiture et nous montâmes dedans. Je profitais du trajet pour envoyer un message à Luc pour lui dire que je ne savais pas à quelle heure je pourrai le rejoindre, ayant un problème à l’appartement. Nous filions dans Paris et peu à peu, approchions de la banlieue. Les pavillons se raréfiaient et les immeubles croissaient. Franck tourna dans une impasse et ouvrit un portail automatique vert au fond de la ruelle. Il y rangea sa voiture de luxe et me fit signe de le suivre.
Nous entrâmes dans une maison presque vide, avec seulement quelques couvertures au sol.
- L’ancienne maison de ma mère, m’indiqua-t-il laconiquement.
Il m’installa dans le salon simplement meublé d’un vieux canapé et d’une table basse. Sous le siège, un crayon de couleur avait roulé. Je commençais à me demander ce qui se passait dans cette maison quand Franck revint, vêtu d’un blue jean, d’un tee-shirt, affublé d’une paire de lunettes et d’un postiche. Il était méconnaissable et j’en étais bouche bée. Je le suivis dans l’entrée où il attrapa les clés d’une voiture qui stationnait dans la cour. Nous troquâmes donc son coupé contre une vieille Renault bringuebalante, en harmonie avec son nouveau look de baroudeur.

Me voyant fort désappointée, Franck m’expliqua.
- Il y a trop de coïncidence dans votre histoire pour qu’elle ne soit pas louche : les papiers, le gars de la clim, le cambriolage… Et maintenant, Etienne qui vous passe un coup de fil étrange. Je viens avec vous, c’est plus sûr… Et si c’est ce que je pense, il est préférable que l’on ne me reconnaisse pas…
Nous avons donc roulé en silence jusqu’à l’immeuble où j’habitais. J’indiquais la route à Franck qui semblait préoccupé. Je me sentais barbouillée, mon tournedos Rossini me restant sur l’estomac. Une fois arrivés, Franck me fit signe d’y aller prudemment mais naturellement. Je sortis de la voiture et rentrai dans l’immeuble, tandis que mon escorte me suivait. Je gravis lentement l’escalier, de plus en plus inquiète. L’idée que je me faisais peut-être des films s’immisça dans mon esprit, bien vite chassée quand je tournai la clé dans la serrure et ouvris la porte. Dans la salle, Etienne était assis sur une chaise, les bras dans le dos, attaché au dossier. Je réprimais un cri tandis qu’un homme cagoulé s’empara de moi et repoussa Franck sur le pallier avant de refermer la porte.

Texte © Miss Alfie 2007

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lundi 27 août 2007

Miss Alfie à un mariage

Miss_Alfie_a_un_mariage

Le week-end dernier, j'ai coché la troisième case de ma liste de mariages estivaux en me rendant, accompagnée d'acolytes aussi professionnels que moi, au mariage d'une amie de promotion - non, nous n'avons pas été vendues à un prix avantageux toutes les deux, nous avons juste passé trois ans dans la même classe pour devenir de SuperAS ! -. Mais contrairement à moi, ma copine qui se mariait, elle a occupé à bon escient ses temps libres puisqu'entre la cuisine et les couloirs de sa cité universitaire, elle a fait la connaissance de son futur mari !

Ainsi, notre petite bande habituelle s'est rendue pimpante à la noce, prévenue la veille de désistements de dernière minute leur permettant de se joindre aux mariés tout le jour et toute la nuit durant - bon, pas toute la nuit quand même, parce qu'il faut penser qu'on a une heure et demie de route pour rentrer faire dodo, et deux migraines dans le lot : une bien installée du matin, et une naissante du soir... -. Vêtus de leurs plus beaux atours, les six comparses ont assisté, un peu émus quand même, à l'union de leur amie, en réalisant qu'elle était la première des leurs à se faire passer la bague au doigt. Là-bas, ils ont retrouvé une autre de leurs compagnes d'école, future mariée de dans trois semaines, bien émue et bien stressée à l'idée de ce qui l'attend elle aussi.

Après le maire et le curé, vint le moment de passer aux choses sérieuses, apéro et petits fours, puis repas ! Et comme tout bon repas de mariage, celui-là fut émaillé d'une chorégraphie à réaliser par l'ensemble de l'assemblée, de quelques chansons en l'honneur des mariés, et bien évidemment, de jeux. Et parmi tous ces jeux, fut décidé le jeu des douze mois. Pour qui ne connaîtrait pas le jeu des douze mois, il s'agit d'une variante des chaises musicales. Douze convives sont appelés à la barre et doivent aller chercher dans la salle, à l'extérieur de la salle, sur les autres invités et n'importe où bon leur semble des objets. A chaque fois, une chaise est enlevée et le malheureux perdant obtient un gage à faire pour les mariés.

Choisie avec deux autres de ses copines, Miss Alfie la terrible avait décidé de prendre sa revanche sur le jeu des douze mois du mariage de sa cousine où elle s'était lamentablement fait éliminée dès le deuxième mois. Alors, quand furent annoncé les objets à récupérer, mieux valait ne pas se trouver sur mon chemin car rien ne survit à mon passage. C'est ainsi que j'ai ramené un brin d'herbe, une fleur, une boucle d'oreille, une alliance, une chaussure à talon, une chaussette blanche, un pare-soleil, un miroir de poche, une chaussure du marié, et, les deux meilleurs, un préservatif et un soutien-gorge.

Pour le préservatif, après un temps d'hésitation, l'idée lumineuse a surgi de mon esprit et m'a donné des ailes pour traverser l'allée de chaises, attraper mon sac à main, fouiller dedans et en sortir l'objet convoité, le brandissant triomphalement une fois revenue sur ma chaise tandis que l'assemblée s'esclaffait et m'applaudissait en même temps que les autres concurrents courraient toujours à la recherche d'une bonne âme prête à se vendre. Donc oui, je l'avoue sous vos regards peut-être choqués, peut-être amusés, certainement blasés pour certains : j'ai des préservatifs dans mon sac à main... Et oui, ça peut toujours servir si le besoin de faire une bombe à eau dans le métro se fait sentir !
Bon, pour le soutif, je vous épargnerai les détails, mais je tiens à remercier celle qui m'a permis de remporter haut la main ce challenge en acceptant que je dévoile ses dessous tandis que mon concurrent masculin voyait sa défaite déjà jouée, n'osant aller dégrafer la première robe qui passait par là pour en attraper les dessous. Quoi qu'il en soit, gagnante ou non, je me retrouve chargée d'organiser pour les mariés une soirée Halloween, soirée qui devrait d'ailleurs s'élargir à toute la bande puisque les propositions de participation se sont déjà faites sentir !

A la suite de toutes ces petites animations et dégustations, vint enfin l'heure tant attendue du bal où nos derrières purent se déhancher à leur rythme sur les musiques de Claude François ou de Goldman avant de laisser place à des danses africaines traditionnelles pendant lesquelles, nous autres, pauvres blancs, semblions bien raides et bien fades face aux danseurs africains qui évoluaient au milieu de chorégraphies savamment organisées.

Ainsi, lorsque je gagnai mon lit à quatre heures et demi passé, après une douche rafraîchissante, épuisée mais contente, j'avais encore en mémoire les rythmes et les sons plein de soleil et de chaleur du zouk, mes jambes et mes bras criaient au repos, et mes lèvres arboraient un sourire emprunt de souvenirs...

De quoi justifier une fois de plus mon envie de me marier dans la plus stricte intimité le jour où cela se produira, histoire d'éviter le déballage des vieux dossiers me concernant par les amis... Vieux dossiers qui nécessitent maintenant une armoire pleine à eux seuls !

Texte © Miss Alfie 2007

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dimanche 26 août 2007

Harry Potter et l'ordre du Phénix

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Je sais, je sais, j'arrive un peu en retard pour vous en parler... Mais comme qui dirait, mieux vaut tard que jamais ! Et puis il faut dire aussi que si je suis si tard, c'est que j'ai voulu attendre une amie courageuse partie conter la légende de Merlin à quelques marmots surexcités et intenable, et que du coup, j'ai posé mon derrière dans les sièges en velours gris un peu usés alors que les séances quotidiennes se réduisaient à deux.

Enfin bref, qu'importent, j'ai pu voir la suite de ma série cinématographique et surtout littéraire préférée. Mais bon, je l'avoue, même pas besoin de me torturer pour cela, je préfère de loin la série littéraire. "Pourquoi donc ?" allez-vous me demander. Ce à quoi je vous répondrai de la manière suivante.

Tout d'abord, les aventures d'Harry Potter, je les ai découvertes il y a de nombreuses années, au moment de la sortie en France du deuxième tome, à une période où ma petite cousine qui me les avait prêtées était encore suffisamment jeune pour s'y intéresser, et par la même me faire partager son entrain pour la chose. J'ai donc englouti le premier tome, découvert les personnages principaux, très vite trouvé que le pauvre Harry, bien que personnage central de cette histoire possédait quelques traits de caractères rédhibitoires pour faire de lui un héros pur et dur, et rapidement dévoré le deuxième tome. Je vous épargne le troisième et le quatrième, pour arriver directement au cinquième, reçu dans ma boîte aux lettres le matin de sa sortie et dévoré en un week-end, puis au sixième, reçu dans ma boîte aux lettres le matin de sa sortie, et dévoré de nombreuses semaines plus tard, la carotte de cette lecture ayant été la validation de mon sujet de mémoire. Mémoire que je n'ai pas fait malgré tout sur Harry Potter, faut pas délirer non plus pour le diplôme d'Etat ! Donc Harry Potter, on peut le dire, a accompagné une bonne partie de ma scolarité secondaire et supérieure, me donnant de fabuleux sujets de conversation pendant les cours rébarbatifs et permettant l'élaboration de théories plus fumeuses les unes que les autres mais très très drôles.

Ensuite, il faut le dire, Harry Potter, si ça me plaît autant, moi qui ne lit jamais de science fiction ou de fantaisy, c'est qu'il y a un univers à la frontière de la réalité. Et oui ! Qui n'a jamais rêvé de voir apparaître une porte invisible aux yeux des autres dans le jardin ? Qui n'a jamais songé que sous les pavés du centre ville, il y a peut-être une banque avec des sorciers ?! Et qui n'a jamais imaginé prendre un train sur la voix 9 3/4 ?... Alors les films ont l'avantage qu'ils reconstituent ce monde, qu'ils nous offrent un panel impressionnant de décors et de trouvailles abracadabrantesques. Mais du coup, la représentation que l'on s'en était faite est détruite. Et une fois visionné le premier film, on ne peut s'empêcher de se représenter tous de la même manière le château de Poudlard dans les épisodes littéraires suivants.

Enfin, si ma préférence va indéniablement à la version écrite, ce n'est pas parce que le jeu des acteurs laisse parfois à désirer, que le doublage déçoit ou que les acteurs grandissent trop vite, mais plus qu'en voulant réduire à deux heures et demi l'équivalent de six cent pages, on perd une grosse partie des aventures parallèles qui arrivent autour de l'intrigue principale mais qui font également tout son charme...

Pour terminer, et comme dans toute bonne dissertation, je conseillerai donc aux personnes ayant lu il y a longtemps les livres ou ne les ayant pas lu du tout d'aller savourer ce film bien détendant. Pour ceux qui ont le nez dans le cinquième tome et se sont dit qu'il serait bon de se remémorer l'histoire avant de poser son derrière dans les sièges en velours, oubliez tout de suite l'idée d'aller vous enfermer au cinéma, vous ne seriez que déçus. Quant aux autres, s'il en reste, précipitez vous sur le dernier tome pour m'en faire un résumé complet... Mon anglais étant bien trop mauvais pour supporter un tel exercice, et mon appétit gourmand trop grand pour ne pas connaître dans les quarante-huit heures suivant l'ouverture du roman, la fin de l'aventure !

Texte © Miss Alfie 2007
Image Harry Potter et l'Ordre du Phénix, de David Yates, 2007

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samedi 25 août 2007

Balais et Compagnie XV

Balais_et_Compagnie15

Tandis que nos cafés arrivaient, Franck poursuivit son récit. Le restaurant était toujours aussi désertique, et je commençais à penser que le choix de mon compagnon n’avait pas été anodin. Aucune table n’était occupée dans les parages, personne ne pouvait nous entendre, la discrétion semblait assurée. Peut-être même plus qu’à son bureau… Qui sait…
- Lorsque nous habitions en Afrique, mes parents recevaient régulièrement des diplomates français et étrangers lors de réception auxquelles nous pouvions assister, avec mes deux frères, à condition d’être sages et de rester discrets. C’était pour nous l’occasion de laisser traîner nos oreilles et de tenter de comprendre ce qui se tramait dans les couloirs, à l’écart des discussions officielles.
« C’est ainsi qu’un soir, mon plus jeune frère m’a fait signe de le rejoindre. Il était installé sur le balcon qui faisait le tour de la maison, caché derrière l’une de ces plantes vertes envahissante que ma mère aimait tant et que nous avons bénis ce soir-là. De l’autre côté, des voix sortaient du bureau de notre père. Nous avons reconnu la sienne, bien évidemment, ainsi que deux autres voix masculines appartenant à deux directeurs de société avec qui mon père travaillait régulièrement. L’échange portait sur la sortie du pays de deux jeunes filles de la ville qui travaillaient chez ces deux hommes. Leur contrat ici était terminé, et ils souhaitaient les ramener avec eux en France. Ils sollicitaient mon père qui travaillait dans une société de transport maritime pour qu’il fasse passer les jeunes filles dans l’un des prochains convois. Je savais mon père honnête, et il refusa aux hommes ce service, malgré la grosse somme d’argent qui lui était offerte. Mon frère et moi, nous retenions notre respiration, incrédules. Les deux hommes avaient expliqué qu’une fois en France, ils obtiendraient un titre de séjour pour leurs domestiques, car c’est ainsi qu’ils les appelaient, et pourraient leur trouver un travail rapidement. Ce à quoi mon père avait répliqué qu’il connaissait les magouilles qui existaient, que jamais elles n’obtiendraient de papiers et qu’elles n’auraient que le droit de travailler et de se taire, et que de ce fait, il refusait tout net. Les deux hommes se sont fâchés et ont menacés mon père de représailles s’il parlait.
« Quelques jours plus tard, notre voiture a été incendiée. Ensuite, c’est la maison qui a été cambriolée, sans que rien ne soit volé. On ne nous faisait jamais de mal, mais il fallait nous faire peur pour que nous tenions notre langue. L’atmosphère devenant de plus en plus étouffante, ma mère profita de mon retour en France pour rentrer avec mes deux frères. Mon père avait choisi de rester quelques mois de plus, le temps de finaliser le projet sur lequel il travaillait, avant de venir nous rejoindre. Hélas, il n’est jamais monté dans son avion, sa voiture ayant explosé sur le chemin de l’aéroport. Quelques jours plus tard, un paquet arriva au domicile de ma mère. Il avait été posté par mon père quelques jours avant son retour. Il lui expliquait qu’il craignait de ne pas arriver en France mais qu’il espérait que l’un d’entre nous pourrait poursuivre son combat.
« Après un mini conseil de famille, nous décidâmes d’étudier tous ensemble les documents contenus dans le colis avant de les ranger dans un endroit secret. Il y avait la liste des diplomates ayant fait appel à sa société pour des transports « d’objets vivants » ainsi que c’était indiqué, les sommes versées à cette occasion, et quelques enregistrements audio réalisés par mon père au cours de ses derniers mois. Il en était convaincu : rares étaient ceux qui rentraient en France sans ramener un souvenir vivant d’Afrique dans leurs bagages pour améliorer leur quotidien…

Je n’en revenais pas. Franck était en train de me parler d’un trafic d’esclaves de grande ampleur. Rapidement, je calculais que cela devait faire une bonne douzaine d’années qu’il connaissait son existence et qu’ils n’avaient rien dit, ni lui ni aucune autre personne concernée. J’étais en train de lui faire part de mon indignation lorsqu’Etienne m’appela.

Texte © Miss Alfie 2007

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vendredi 24 août 2007

Ma vie de ménagère est passionnante

Ma_vie_de_menagere_est_passionnante

Alors, comme d'habitude, petit rappel pour les étourdis : je ne travaille qu'à mi-temps. Ce qui signifie que sur les sept jours que compte la semaine, je suis occupée par mes obligations professionnelles pendant deux jours et demi. Le reste du temps... Ben le reste du temps, je n'ai rien de particulier à faire, hormis aller à la piscine - d'ailleurs, va falloir que je m'y remette si je veux faire tomber les Espagnols dans une dizaine de jours... -, voir mes amis - mais bon, entre ceux qui bossent et ceux qui sont en vacances, il n'en reste plus tellement... -, et bien sûr, effectuer mes tâches de parfaite ménagère de moins de cinquante ans - et le tout en regardant des émissions télévisées débiles pour rentrer dans les critères, bien évidemment... -.

Donc, en parfaite petite femme d'intérieur dont l'appartement est régulièrement en bordel mais respire la quiétude - et ça, c'est pas moi qui le dit... -, j'utilise mes journées chômées et non payées - et oui, moi j'arrive même pas à travailler plus pour gagner plus... alors travailler moins pour gagner plus... - pour faire un brin de ménage, faire tourner la machine à laver, étendre dans ma mini cuisine mon linge humide - qui met un temps hallucinant à sécher vu le temps pourri ambiant - et surtout, effectuer une corvée par des moindres et bien coûteuse à tout point : les courses...

Les courses, c'est comme qui dirait indispensable et terriblement horrible. Parce que je ne sais selon quelle loi, mais il faut toujours que j'y aille au moment où il y a le plus de monde dans le magasin et le moins de caisses ouvertes, au moment où les rayons ont été dévalisés mais pas encore réapprovisionnés, au moment où le ciel bleu décide de se voiler et de déverser un déluge de gouttes, au moment où les responsables des rayons ont justement décidé de tout changer dans le magasin et au moment où tous les parents ont décidé de laisser leurs mômes jouer au chat perché sur les caddies des autres acheteurs.

Vous l'avez donc compris, les courses, ce n'est pas ma tasse de thé. Du coup, pour y remédier, j'ai une technique infaillible qui en fait rire certain et qui peut provoquer quelques disputes dans les allers des supermarchés : j'établis une liste précise des objets qu'il me faut dénicher au meilleur prix dans l'ordre de leur présentation dans le magasin lorsque j'en arpente les allées. Alors oui, je vous l'accorde, ça fait très vieillotte, très coincée et très vieille fille - mais bon, pour le dernier point, je suis sur la bonne voie... -, mais c'est aussi très pratique puisque ça évite, une fois rendu au rayon des bouteilles, de réaliser qu'on a oublié de prendre les sacs poubelle situés à l'opposé du magasin !

Toujours est-il que mercredi, après m'être fait nourrir dans l'appartement familial, j'ai effectué ma corvée sans broncher, toute excitée à l'idée de dénicher une cagette de fruits de saison pour avoir un semblant de goût d'été dans ma cuisine. Et - miracle des miracles en cette saison effroyablement automnale - je suis tombée sur une cagette de pêches blanches pas chères du tout qui me tendaient leur peau velouté en m'implorant de les transformer en compote. Ni une, ni deux, j'ai donc terminé de remplir mon caddie, vérifié que tous mes fruits étaient en bon état, filé vers les caisses, et planté mon chariot à moitié vide derrière celui débordant d'une maman transportant ses deux adolescents geignards aux courses de rentrée.

Je passe sur les détails passionnants du tapis roulant, du paiement, du retour à la voiture pour arriver chez moi, au moment où j'ai étrenné mon engin de mémé : ma chariotte à trois roues, ultra pratique pour monter les courses au premier étage sans ascenseur sans me démonter à nouveau le dos ! Et oui, désormais, c'est officiel pour ceux qui pouvaient avoir encore quelques doutes : on peut définitivement me classer dans la catégorie des mémés... Sauf que, contrairement aux mémés d'enfer qu'il convient d'imiter à la perfection, je n'ai pas de petits enfants, et je ne sais pas faire la compote... Un peu ennuyeux quand on décide de faire de la compote avec les deux kilos de pêches qu'on vient de ramener du supermarché...

Mais j'ai des hommes fantastiquement inspirés. Ainsi, Christophe m'a directement proposé d'aller me renseigner sur Marmiton, ce que j'avais déjà fait puisque Marmiton, c'est ma bible culinaire lorsque je n'ai pas trouvé ce que je cherchais dans mes bouquins. Puis Dario m'a dicté une recette déniché sur un site internet, recette que j'étais par ailleurs en train de lire au même moment sur le-dit site. Insatisfaite par mes recherches et mes sollicitations, j'ai fini par couper l'ordi, allumer la télé, mettre une toile cirée, poser la cagette sur la table, attraper un couteau, une casserole et un sac poubelle, et commencer à peler mes pêches en attendant une idée de génie.

Un épisode et demi de PJ plus tard, j'étais prête à mettre sur le feu mon mélange de sucre et de fruits, incertaine quand à la dose de poudre blanche, et inquiète du dégagement aqueux. Pour remédier à mes angoisses, j'ai pris mon bigophone, composé automatiquement le numéro de ma mère, et obtenu l'information qui me manquait : oui, rajoute un peu d'eau, sinon ça va coller. Comble du comble quand on sait que ma mère doit avoir à son actif quatre ou cinq recettes qu'elle ressort régulièrement quand elle a du monde en priant pour que les invités oublient d'une fois sur l'autre qu'elle ne varie pas tellement ses menus !

Bref, tandis que les manchots envahissaient l'écran, que je vaquais entre mon ordinateur et ma cuisine - et oui, j'ai pas encore percuté qu'un ordinateur portable pouvait se déplacer du salon à la cuisine, mais vu la configuration de l'appartement, on s'en fout un peu en fait -, ma gamelle commençait à bouillonner, mon appartement à embaumer, et mon estomac à gargouiller. J'ai tourné, papoté, retourné, goutté, écouté, répondu, jusqu'à voir la banquise se transformer en savane télévisuelle. J'ai continué ma tâche, le tablier devant mon jean, la fenêtre entrouverte et la télé toujours allumée jusqu'à voir mon bouillon réduire, les fruits fondre et le goût se préciser sur la langue.

Alors, j'ai versé mon mélange dans des ramequins, rempli des boîtes pour mettre au congélateur et décidé que je tenais là mon dessert du lendemain soir, quand la copine pipelette viendrait manger un morceau avant que nous nous rendions en ville jouer nos dévergondées. J'ai placé mes récipients sur un dessous de plat, mangé mon dîner, regardé la télé, versé ma petite larme - merci Cold Case... -, frissonné un peu - merci Bones... -, mis mes plats au frais et rejoint mon lit un peu trop tard, comme toujours.

En attendant, vous pouvez toujours rire, trouver que je suis une vraie mamie à vingt-quatre ans même pas et demi, mais je m'en fous. Parce qu'au réveil, lorsque j'ai ouvert mon frigo pour attraper de quoi petit-déjeuner, et que je suis tombée nez à nez avec ma compote, je n'ai pas pu résister à l'envie d'y goutter... Et je n'ai pas regretté !

Texte © Miss Alfie 2007

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jeudi 23 août 2007

Passe-passe de crème

Passe_passe_de_creme

A l'instar de la pièce de un euro dont Frenchmat a raconté le fabuleux destin, je me présente, moi, le tube de crème solaire indice 20 que vous allez mettre dans votre sac de plage le week-end prochain. Et oui, car avez-vous déjà songé à toutes les aventures qui furent les miennes avant que je ne débarque dans votre vie ? Imaginez un peu...

Je suis né dans une usine en pleine campagne, dans une zone industrielle poussée là comme un champignon en pleine forêt. Mon corps de plastique a été moulé et coloré, puis on m'a mis dans les veine ce liquide visqueux qui va bientôt atterrir sur vos mains et vos peaux.
De chaîne en tapis, j'ai terminé ma route dans un carton où l'on m'a entassé avec moults congénères de la même espèce, la sélection chez nous étant très rude. Et oui, on ne mélange pas les écrans totaux et les indices 20 dans le même emballage.

Après un périple dont je n'ai guère de souvenirs, si ce n'est ces ballottages de camions en hangars, j'ai revu la lumière lorsqu'un étudiant fauché finançant ses études a ouvert mon carton un matin d'été dans un grand supermarché.
Exposé, étalé, nu devant vous, j'en ai rougi les premiers jours, je l'avoue. J'étais touché, palpé, dévoilé. On ouvrait mon chapeau pour sentir mon parfum, on me tournait et me retournait dans tous les sens pour voir ma composition, puis on me reposait sur mon présentoir sans prêter grand cas à l'alignement parfait qui nous caractérise habituellement, nous, armée de crème solaire.

Puis, un jour ensoleillé, une jeune femme est passée par là. Elle a effectué les mêmes manipulations que tous les autres, mais elle m'a balancé dans son panier, au milieu des cotons à démaquiller et des plats surgelés. Après avoir été lasérisé, j'ai poursuivi ma route dans un sac en plastique étouffant avant d'être déposé sur le moelleux lit formé par un grand drap de bain dans un grand sac de plage.
Peu de temps après, j'ai pu enfin découvrir le soleil, la lumière du jour et la chaleur de l'été, déposé sur le sable, bien calé près de la serviette.

Les trois quart du temps, vous nous abandonnez là, à la vue de tous, sans protection ni prévention. N'importe qui passant peut avoir l'envie subite de nous utiliser, de nous ouvrir et d'étaler notre contenant magique sur une peau déjà un peu trop rougie. Oui, notre vie, à nous, pauvres tubes de crème solaire, est dure et se termine généralement tragiquement.
Car nous le savons. Moi comme les autres. Si vous ne nous avez pas vidé de notre contenu, nul espoir pour nous. Les dermatologues vous le disent tous les jours à la télévision. Nos composants ne résisteront pas à un hiver froid et humide, et nos propriété s'envoleront avec le retour du printemps, faisant de nous de simples crèmes hydratantes et allergisantes si l'envie vous prenait de nous ressortir du placard l'an suivant.

Alors je me suis résigné, moi le spray solaire dont la propriétaire n'a fait qu'un très faible usage cette année. Je sais que ma chance réside dans cette semaine de début septembre qu'elle passera au soleil. Je sais aussi que je suis sa seule chance de réduire les risques de cancer de la peau. Et comme je sais qu'elle m'aime beaucoup et ne voudrait pas me gaspiller en me jetant sans m'avoir utilisé, je serait sollicité, pompé et vidé d'ici la mi-septembre, avant de finir mon périple dans la benne à ordures.
Mais j'aurai au moins la satisfaction de mourir heureux : et oui, moi j'aurai eu la chance de toucher sa peau douce, de la voir en tenue légère, et de l'avoir embellie de surcroît !

Texte © Miss Alfie 2007
Image -> Oui oui... C'est moi !!!....... Ben quoi ?!

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mercredi 22 août 2007

Que dis-tu de tout ça, mon Victor ?

Grande gagnante du blind test de lundi dernier, Mirabelle a la chance d'être la première bloggueuse que je mets en lumière... et accessoirement auteur de l'un des premiers blogs que j'ai lu, et que je lis toujours d'ailleurs !

Mirabelle est une jeune femme d'une vingtaine d'années. Elle vient de terminer ses études, et à partir du mois de septembre, Mirabelle ne fera plus semblant mais jouera pour de vrai à la maîtresse d'école ! Alors en ce moment, elle papotte avec son acolyte, Victor Hugo, qui tente de la rassurer, de la faire déstresser, et écoute patiemment ses histoires parfois rocambolesques.

Et oui, parce que Mirabelle connait du beau monde. Et régulièrement, elle nous ramène ce cher Totor qui parfois hallucine un peu devant les prouesses technologiques de notre siècle, lui qui est encore à l'époque des belles lettres envoyées par courrier à sa maîtresse, Juliette !

En attendant, je vous invite à rendre visite à Mirabelle qui, j'en suis sûre, vous accueillera avec son bon coeur de Normande !

mirabellebannire1ld8

Texte © Miss Alfie 2007

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