Les crumbles de Miss Alfie

Des crumbles de vie, des goûters de petits bonheurs, des repas de petits plaisirs...

jeudi 2 août 2007

Miss Alfie au frais

Miss_Alfie_au_frais

Il y a quelques temps, j'avais entamé le récit de mes aventures surgelées et chaussées. Ces déboires furent effectivement vite relégués dans les archives mensuelles, supplantés par le feuilleton de l'été qui déchire tout sur son passage.
Mon activité professionnelle étant actuellement très réduite, me trouvant donc enfermée dans un bureau alors que le soleil pointe enfin le bout de son nez, autant occuper le temps intelligemment et vous faire partager mon expérience d'employée commerciale ainsi que j'étais pompeusement qualifiée sur mon contrat.

Il y a donc quatre ans de cela, après avoir congelé mes doigts et martyrisé mes pieds, j'ai signé pour quatre semaines dans un supermarché. Ma mission, que je n'avais d'autre choix qu'accepter : mettre en rayon dès cinq heures du matin yaourts et plaquettes de jambon, et passer ma journée à vérifier les dates, refaire des murs et ne pas faire chavirer les palettes de marchandises. Tout un art...

Le premier matin fut sans doute le pire, quand à quatre heures et quart mon réveil sonna dans la maison endormie depuis peu en raison de la chaleur caniculaire qui envahissait alors la France. Cinq heures, j'étais dans la boutique, au milieu de personnes qui ne me connaissaient pas et me regardaient déjà d'un oeil mauvais, parce que vous comprenez, les étudiants sont tous des fumistes qui foutent le bordel dans les rayons... On respire un grand coup, on y va, première palette à sortir, faut que je me lance, je tire, je tire, je tourne, je retourne et je fous tout par terre... Yaourts explosés, fromages dispersés, crèmes éventrées, la journée commence bien...

Après deux ou trois jours, j'acquis un minimum de maîtrise du déplacement de la palette et mes journées se succédaient invariablement. Cinq heures je commençais. Réassort et rotation des dates. Mise en avant des dates limites pour l'étiquetage particulier. Huit heures, réalisation des murs pour que le magasin apparaissent comme sorti d'un décor de cinéma. Huit heures trente, arrivée des premiers papys et mamies pressés d'acquérir un bout de fromage en oubliant le pain, ce qui les obligera à revenir une deuxième, voire une troisième et même une quatrième fois dans la journée, juste pour voir du monde. Neuf heures, pause et bénédiction de la cigarette car, sans la clope, pas de possibilité d'intégration dans l'équipe, la dictature des poumons noirs. Neuf heures trente, retour en rayon, on ne parle pas au client, on finit les rotations, on s'occupe des commandes, les surgelés appellent. Heure variable, retour à la maison, petite sieste ou repas puis sieste. En cas de sieste avant déjeuner, retour au boulot après le repas et renouvellement des stocks pour rentrer à l'heure du goûter, éreintée et fourbue...

De cette expérience difficile physiquement, très fatigante et nulle en enrichissement social étant donné que tout étudiant est à éviter pour cause de fumisterie manifeste, je ne garde qu'un seul bon souvenir : 2003, été de la canicule, j'étais affectée aux produits frais...

Texte © Miss Alfie 2007

Scribouillé par Miss Alfie à 00:00 - Le travail, c'est la santé - De vous à moi... [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

De vous à moi...

J'ai fait tous les rayons, sauf le textile et le frais, et évidemment, c'est ceux que j'aurais tant aimé faire.
Adepte du tire pal' électrique, j'ai défoncé je sais plus combien d'angle de gondoles, mais que c'était rigolo de tirer des centaines de kilos du petit doigt, de faire ma crâneuse devant les clients.
Des bizettes

Réaction de Mélina LOUPIA, jeudi 2 août 2007 à 02:12

@ Mélina : Mouarf, s'il avait été électrique encore, le tire-pal' ! Même pas ! J'avais pas ce droit moi ! C'était le tire-pal' manuel sur lequel il faut pomper pour lever la palette !!! Tu vois le genre quand on s'appelle miss gaffes en série !!!

Réaction de Miss Alfie, jeudi 2 août 2007 à 09:19

Ah, c'est donc pour ça que les personnes âgées vont 4 fois par jour au supermarché... pour se rafraîchir en cas de canicule !

Réaction de Frenchmat, jeudi 2 août 2007 à 10:01

Moi, l'été de la canicule, je bossais dans les cuisines d'un resto : de longues heures à faire cuire des montagnes de frites. C'était une horreur. Depuis, je ne mange des frites que quand je ne dois pas les préparer moi-même...
Les 2 étés précédents par contre, c'était le supermarché, rayon boulangerie-pâtisserie (miam!) et réassort des autres rayons.

Réaction de Marguerite, jeudi 2 août 2007 à 15:05

@ Frenchmat : Tout à fait ! Point besoin de nous coller une franchise médicale ou je ne sais quel impôt supplémentaire pour financer le vieillessement de la population. Il suffirait de mettre en place des moyens de transport pour faciliter l'accès aux centres commerciaux... Et non seulement ils se rafraichissent, mais en plus ils se socialisent nos petits vieux !...

@ Marguerite : Oh je compatis ! Les frites en pleine canicule... Boulangerie ? Mon Dieu, j'aurai pris dix kilos si j'avais fait la même chose !!!

Réaction de Miss Alfie, vendredi 3 août 2007 à 09:08

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