vendredi 29 juin 2007
Solderie à tout prix
"Elle est malade tu crois ?
- Non, je l'ai vu traîner sur le chat/msn/forum l'autre jour...
- Oui, enfin c'est bizarre quand même !...
- Ben quoi ?...
- Ben les soldes ont commencé mercredi et Miss Alfie ne nous a toujours pas raconté ses prouesses !"
Mais non ! Je ne suis pas malade ! Enfin pas plus que d'habitude ! Toujours aussi fatiguée, aussi fêlée, aussi tordue, mais bien vivante ! Et si vous n'avez pas eu mon récit de ma première matinée de soldes, c'est juste que ben voilà, il arrive aujourd'hui ! Et comme on dit chez moi, "C'est pour te faire parler, et ça réussit !"...
Bon, alors les soldes, oui, je les ai fait, dès mercredi 9 heures, accompagnée dans mes premiers pas commerciaux du jour par l'odeur des kebab et des galettes saucisses qui enfumaient déjà le centre ville innondé de chalands en tout genre proposant aux portes-monnaies avides d'être allégés vêtements démarqués d'origine incertaine, pierre dépilatoire aux effets incroyables ou encore cocotte-minute royale.
Ceci dit, sachez, chers lecteurs, que j'ai su être très raisonnable et ai même renoncé à la recherche d'un pantacourt, puisqu'au final, j'en ai déjà deux bleu clair, un beige, un blanc et un noir... Donc pas besoin d'encombrer le placard et autant laisser la place à cette petite robe fuchsia - et oui, désolée aux copines qui désespèrent de me voir habillée en rose fuchsia... - qui cache à merveille mon amie de plus en plus inséparable de moi et indispensable pour des jours comme celui-là. Tiens, d'ailleurs, c'est en achetant cette petite robe que j'ai repéré pour la deuxième fois mon inconnue du web, à savoir Lyly June, trois acheteuses derrière moi dans la file d'attente, qui a semblé un peu surprise quand je l'ai abordée, aussi étonnée que moi, et surtout aussi écroulée de rire après notre échange de regard complice sous celui de ma mère ne comprenant rien à ce qui se passait !
La deuxième acquisition du jour, à moins cinquante pour cent encore une fois - eh, moi j'achète pas à moins vingt, surtout si j'en ai pas un besoin urgent, faut pas déconner non plus, c'est les soldes oui ou BIPPPPP ?! -, aura été un drap de bain, accompagné d'une serviette et d'un gant de toilette harmonieusement assortis à la nouvelle salle de bain de mon géniteur et futur cadeau en attente d'une occasion.
Enfin, et j'ai arrêté là l'échauffement de la carte en ce premier jour de solde, j'ai réussi à dénicher THE blouson pas si incroyable que ça mais très confortable, plutôt mignon et passe-partout. Et surtout unique exemplaire survivant dans le magasin, et à ma taille en plus... Ben oui, moi je suis pas comme ces minettes qui achètent des affaires même si ce n'est pas leur taille, même si elles affirment haut et fort aux caméras de télévision qu'elles ne reporteront jamais ce qu'elles ont acheté et même si ça les oblige à taper, écraser, tirer, étriper toute personne se trouvant sur leur passage !
Bon, comme vous le remarquerez, une matinée plutôt sage côté vidage du compte bancaire... Oui, enfin surtout parce que je savais déjà que la semaine prochaine, ma comparse de shopping compte bien me faire sortir mes antennes à bonnes affaires pour lui dénicher la chemise ou la paire de chaussures introuvables.
En revanche, ce que je ne savais pas encore ce jour-là, mais que je sais désormais, c'est que je vais déroger à ma promesse ultime, à savoir ne pas allez dans les boutiques le premier samedi des soldes. Et pourquoi ? Pour les beaux yeux verts d'un ami voulant à tout prix un avis féminin sur ses futures acquisitions... Je vous le dis, je suis trop gentille...
Enfin, ce qui me rassure, c'est que 1- il devrait y avoir moins de monde dans les magasins pour hommes que dans les magasins pour femmes et 2- je pourrais toujours négocier un avis masculin pour pouvoir explorer les rayons des boutiques blindées et me venger de toutes mes frustrations en piquant au nez et à la barbe de la blondasse décolorée le petit haut dans lequel sa poitrine ultra gonflée explosera, alors qu'il mettra si bien en évidence la mienne, de poitrine, et cent pour cent naturelle, s'il-vous-plait !
Texte © Miss Alfie 2007
Un horoscope qui décoiffe
Juillet arrive, les vacances avec, l'été et ses beaux jours... A priori...
Et comme toute fille qui se respecte, on s'interroge, on se demande, on angoisse, on régime et on se ronge les ongles manucurés : que va-t-il se passer ce mois-ci d'incroyable et de transcendant dans nos vie ?
Et bien pour le savoir, rien de plus simple ! Grâce à Josie de "Télé Tout Astro", l'émission déjantée de MadmoiZelle.com, découvrez sans plus attendre ce que les astres vous réservent à l'aube de ce joli mois de juillet où vous sortirez coupe-vent et tennis... Si si, ça c'est pas les astres qui le prédisent, mais juste le monsieur qui fait la météo à la radio !
Horoscope Juillet 2007
envoyé par madmoiZelle
Texte © Miss Alfie 2007
jeudi 28 juin 2007
Coup d'oeil dans le rétro...
Il y a un an, à l'heure qu'il est, je ne pouvais pas manger grand chose et j'attendais de retrouver mes collègues de promotion tous aussi angoissés que moi à l'approche de la proclamation des résultats.
Il y a un an, j'abhorrais fièrement mon tee-shirt "Je cherche l'amour" à paillettes rouges sous le regard amusé de ma responsable de formation, relevant un défi à ajouter à la liste des choses les plus ridicules que j'ai fait dans ma vie.
Il y a un an, je ramenais dans un panier de quoi festoyer avec mes amis sur une pelouse, derrière un studio depuis quitté, faisant galipettes et roues dans l'herbe, oubliant le temps d'une soirée que le lendemain, il faudrait réellement terminer de mettre en cartons les affaires que je voulais auprès de moi.
Il y a un an, je me disais que le 28 juin 2007, je pourrais me féliciter d'avoir un an d'expérience derrière mois, d'avoir pu commencer à économiser de l'argent, d'avoir rencontré plein de nouvelles personnes, de m'être habituée dans ma nouvelle région...
Et puis aujourd'hui, je me rends compte que l'année est passée à une vitesse longuement express, qu'il y a eu un déménagent, une prise de fonction, des vacances à la maison, un arrêt de travail, une démission, un deuxième déménagement, une deuxième prise de fonction, un deuxième arrêt de travail...
Il y a eu des week-ends presque tous pris, les parents, Rennes, les parents, un ami, les parents, Rennes, les parents, ma cousine, des amies, Rennes, Laval, maman, maman, une amie, des amis, des vacances, un ami, Rennes, la Normandie, Rennes, les parents, Rennes (pendant cinq semaines quand même), et puis les parents, Rennes, les parents, Rennes, les parents et le retour à Rennes... Et ça, uniquement pendant les mois d'exil... Des week-ends dont je me souviens presque dans les moindres détails, des week-ends où je suis allée chercher des âmes perdues un peu partout dans la région, des week-ends où j'ai toujours trouvé un prétexte pour ne pas parler à Fifi le Ficus...
Il y a eu des soirées un peu longues passées à attendre que quelqu'un se connecte sur msn pour rompre mon humeur sombre, des soirées un peu trop arrosées qui se sont finies en crises de larmes, des soirées parfois douillettes où l'on regardait la télé en compagnie, des soldes dans un immense centre commercial planté au milieu de nulle part, des bouquins de la bibliothèque sur le sol, La Bande à Bonnaud le soir en rentrant du travail dans la voiture...
Il y a eu tellement de choses... Tellement de changements... Tellement de mouvements...
Et puis aujourd'hui, le sentiment d'être à nouveau au point de départ, de devoir à nouveau faire mes preuves, de devoir à nouveau tout construire, de devoir à nouveau m'habituer, d'être à nouveau coincée pour l'été, de ne finalement pas profiter plus de mes amis que lorsque j'étais là-bas, de m'accrocher un peu trop à mon passé et d'avoir perdu de vue le bon chemin à force de regarder dans mon rétroviseur...
Texte © Miss Alfie 2007
Image Wikipédia
mercredi 27 juin 2007
Mille neuf cent quatre-vingt-dix-sept – Partie 1
Mon année en quatrième se poursuit plutôt bien d'un point de vue scolaire. J'aime beaucoup les cours de français, mais pas la grammaire. J'ai souvent de bonnes notes en rédaction. Et puis en histoire-géographie aussi, et en anglais, et en mathématiques... Enfin, dans pas mal de matières. Dans la classe, je suis l'intello de service, la lèche-cul de première, mais je déteste mon prof d'espagnol qui finit l'année en dépression et sans m'avoir appris quoi que ce soit.
Côté copains, on peut pas dire que ce soit l'extase au collège. Je n'ai pas les dernières fringues à la mode, alors je ne suis pas drôle. Je suis trop ronde, voire grosse, alors les garçons ne veulent pas de moi. Je ne suis pas vulgaire, je ne fume pas, je n'enfreins pas le règlement de l'école. Et en plus, ma mère travaille dans la même école. Alors à la récré, je passe souvent la voir pour manger mon goûter en paix pour réduire les raisons de pleurer en rentrant le soir.
En mai, l'école organise un voyage aux Pays-Bas. Les parents m'inscrivent, et moi je suis contente de rajouter cela à la liste de mes pays étrangers visités. Pour l'extinction de mes quatorze bougies, une dizaine de jours avant le départ, maman m'emmène visiter le Mont-Saint-Michel. Et oui, bien qu'à une heure de route de chez nous, je n'y ai jamais mis les pieds ! La veille du départ avec l'école, papi recommence à faire des siennes avec son ami Alzheimer. Il décide de fuguer, obligeant papa à partir en urgence à Vannes. Il sera juste de retour avant mon départ. Départ que je crève d'envie d'annuler.
Manque de pot, les parents veulent que je parte. Ils n'arrêtent pas de me dire que tout va bien se passer, mais je monte dans le car avec une grosse boule au ventre. Elle s'envole rapidement, puisque tout se passe finalement bien en effet... Enfin jusqu'au surlendemain matin... Une soit-disant amie qui balance assez fort pour que je puisse l'entendre dans le car « De toute façon, ce soir, on veut pas de Miss Alfie dans la chambre ». Je me prends ça dans ma goule d'ado pas sûre de moi et me retrouve dans une chambrée avec trois nanas que je ne connais pas mais qui seront finalement gentilles avec moi.
Mais les dix jours du voyage me paraissent malgré tout interminables. A chaque repas, quand on appelle un élève parce qu'il a un coup de fil de France, je rêve que ce soient mes parents qui appellent pour que je rentre parce que papi est mal. Je refoule régulièrement mes larmes dans ma gorge qui ne laisse rien d'autre passer que l'eau salée noyée de mes yeux.
Le dernier soir, un garçon de ma classe, Mathieu, veut me prendre la main alors que nous nous retrouvons à plusieurs à nous promener dans la station balnéaire où nous logeons. Je refuse, j'ai trop peur qu'il ne veuille lui aussi m'humilier, comme tous les autres, avec leurs appâts et leurs moqueries. Je ne saurai jamais s'il voulait réellement avoir une bonne raison de rire de moi ou s'il avait réellement envie de me prendre la main. Plus tard, je me dirai que j'ai peut-être raté l'occasion d'avoir mon premier petit copain, et mignon en plus.
Le jour du retour, le car est en avance et j'attends mes parents quelques minutes, refoulant pour la dernière fois mes larmes qui dégoulinent sur mes joues à peine assise dans la voiture. Le week-end est effroyable, je n'arrête pas de pleurer, je leur raconte ce qui s'est passé, ils se rendent compte de ce que j'encaisse depuis le début de l'année. Les pulls abimés parce qu'utilisés comme cible pour jeu de fléchettes avec surligneurs. Le cartable piqué et vidé dans tous les coins de la classe pendant que je suis au tableau. Les moqueries dans les couloirs, pendant les cours, dans la cour de récréation.
C'est décidé, je ne retournerai pas dans ce collège à la rentrée. J'irai dans un établissement très grand, qui va de la maternelle aux classes préparatoires. Je vais rencontrer la directrice adjointe, je visite. Cela me plaît. Aux portes ouvertes, je rencontre deux de mes futures amies sans le savoir alors.
Avec les parents, nous allons aussi voir le directeur du collège pour lui raconter ce qui s'est passé. Il est bête, il ne comprend rien, il n'a qu'une envie : arrêter l'hémorragie d'élèves qui partent dans d'autres écoles parce que la sienne est de pire en pire.
Le jour des vacances, je me fais un plaisir d'annoncer que je ne reviendrai pas en septembre et que je vais dans une autre école pour faire une classe européenne. Je ne donnerai plus aucun signe de vie à toutes les personnes que j'ai côtoyé pendant ces dernières années.
Texte © Miss Alfie 2007
Image © Miss Alfie 1997 (Les canaux d'Amsterdam sous un ciel à l'unisson avec mon humeur d'alors)
mardi 26 juin 2007
Opération : Destruction de neurones !
La question du jour qui va passionner les foules et qui vous brûlent déjà les lèvres, chers lecteurs victimes de mon engouement littéraire, c'est de savoir ce que peut bien faire une Miss Alfie les jours où elle ne travaille pas. Et oui, car la vie quotidienne d'une Miss Alfie ne se résume pas à des journées de dur labeur pendant lesquelles elle réalise son impuissance, ni à des mâtinées passées au lit, ni même à des virées shopping entre copines.
Non, la vie d'une Miss Alfie peut être beaucoup... moins remplie que ça ! Et oui, car une Miss Alfie pendant ses jours de congés, c'est assez pitoyable, surtout quand ça n'a aucun programme établi, aucun rendez-vous, aucun but dans sa journée, si ce n'est d'attendre le lendemain... ou un jour meilleur.
Bon, sur ces bonnes paroles, et comme je ne suis pas Alain Delon, je vais de nouveau parler normalement, sinon je ne rentrerai jamais dans mes sandales pour le mariage.
Donc, grosso modo, l'idée de ce billet est de vous relater l'activité principale de ma journée d'hier, à savoir lundi, à savoir jour non travaillé et non payé au cours duquel les activités ménagères doivent être réduites au minimum, ainsi que les déplacements.
Après un lever un peu tardif, un frugal et léger petit déjeuner de yaourts et de thé composé, après une douche vivifiante et relaxante, un habillage tranquille et peu élégant, après le nettoyage nécessaire des WC et de la salle de bain, après quelques glandouillages sur l'ordinateur et une petite discussion sympathique, j'ai sorti du frigo un bout de fromage et déniché dans le placard un fond de paquet de pain de mie.
Le tout disposé dans une assiette, un verre d'eau pétillante à portée de main, je me suis installée à ma table de salle, la zapette dans une main et le sandwich dans l'autre.
Et c'est là qu'a commencé la destruction de mon cerveau.
J'ai commencé par Le magazine de la santé, rare émission intéressante du petit écran que je suis régulièrement car fort bien faite pour les novices en matière médicale mais travaillant pourtant dans le milieu et que je vous recommande d'ailleurs. Cependant, j'ai eu rapidement envie de changer de chaîne en voyant le thème du dossier du jour : comment choisir sa maison de retraite. Et oui, il me semble que j'en bouffe assez au boulot, de ce problème-là, pour ne pas en faire mes repas quand je suis chez moi.
Bidouillant les touches grises de la manette, je suis successivement passée sur un feuilleton à l'eau de rose bien américain, les scri-scri de la chaîne câblée, le policier allemand si lent qu'il fait un parfait somnifère, la série américaine qui dure depuis si longtemps et prend tellement son temps que même en étant coupé du monde pendant trois mois, on n'a pas loupé grand chose, et tout cela pour arriver finalement sur la chaîne publique proposant une émission avec de vrais gens et parlant de la vraie vie juste après ses informations, avec l'homme à l'oreillette...
Finalement, le sandwich terminé, après avoir ouvert de grand yeux devant les propos des participants, maugréé intérieurement sur leur stupidité, et décidé de couper la télévision parce que bon, si on supporte plus son conjoint, on le quitte, et on n'a pas besoin d'étaler ça à la télé, je me suis rabattue sur mon livre en cours...
Une obligation de taxi et un thé plus tard, l'heure avait tourné et la pendule frôlait les dix-huit heures, tandis que mon programme télé m'informait qu'il m'était possible de faire connaissance avec la toute nouvelle émission de télé-réalité de la première chaîne. Curieuse comme pas deux et avide de retrouver ce besoin de voyeurisme qui m'avait poussé à suivre assidûment les deux premières saisons du Loft, aidée dans ma dépendance d'un ami passionné et empêché de suivre la quotidienne, mais au forfait téléphonique à rallonge, je me suis tranquillement installée dans le BZ pas confortable avec mon paquet de clopes rescapé du planquage de fin de semaine et allumé l'écran grisé.
Et c'est forcément ce moment-là qu'a choisi une amie pour m'appeler pendant une demi-heure alors que je loupais le début d'une émission palpitante et tellement difficile à comprendre qu'il me fallu pas moins de quarante secondes pour reconnecter mon cerveau au niveau de l'émission... à savoir très bas... En même temps, si la dite amie passe par là, ce n'est que de l'ironie : au contraire, je la remercie car elle m'a évité la destruction supplémentaire de neurones.
Allégée de la moitié de mon cerveau au bas mot, j'ai alors entamé la préparation de mon dîner, de manière à être d'attaque et bien confortablement vautrée dans le BZ à l'heure du feuilleton rediffusion d'il y a deux ans, j'ai nommé Clara Sheller. Et oui, j'ai regardé Clara Sheller. Enfin en fait les deux premiers épisodes, et en fait, j'ai même pas vu la fin du dernier, et en fait j'avais même pas regardé la semaine dernière, et en fait, je me suis rendue compte que ça me déprimait plus qu'autre chose.
Ben oui, parce que Clara Sheller, elle pourrait être l'héroïne d'un livre Harlequin des temps modernes, parce que personnellement, des nanas bien foutues, bien payées, à la mode, qui vivent dans de supers apparts à Paris, avec un coloc gay de qui elles tombent enceintes, avec un voisin plus canon que Georges Clooney et avec qui elles finissent par faire leur vie, y a vraiment que dans les romans à l'eau de fleur bleue comme qui dirait que ça existe...
Sur ces bonnes paroles, je suis allée retrouver ma couche après une petite conversation éméssénesque, délestée d'un paquet de neurones que j'ai retrouvé ce matin devant la télé... Les pauvres petites étaient en manque... Alors j'ai eu vite fait de les rattraper, de les caler dans mon cerveau, de leur faire avaler quelques lignes littéraires pour leur rappeler que leur sérum de vie, aux dernières nouvelles, résidait plus dans de l'encre noire que dans des images mobiles !
Texte © Miss Alfie 2007
lundi 25 juin 2007
Folies commerciales en perspective
Les soldes, J-2 !
Et oui, comme tous les ans, les soldes d'été vont débuter en fanfare mercredi matin avec la Grande Braderie rennaise. Une journée sans pouvoir se balader tranquillement dans les rues pavées du centre, une journée pour dénicher l'Affaire du siècle avec un grand A, une journée pour se crêper le chignon, se pousser et s'arracher le petit haut définitivement à la mode.
Mais comme la foule ce n'est pas ma tasse de thé ; que j'ai mieux à faire que de rester coincée devant le Virgin sans pouvoir respirer ; que je ne vais encore pas trouver ma taille dans ce qui me plaira, ou que ce ne sera pas soldé ; que l'année dernière, j'étais bien trop occupée par les résultats de mon DE pour y aller ; c'est décidé, la Braderie me verra dès huit heures et demi mercredi matin si le temps le veut bien.
Bon, c'est pas que j'ai réellement besoin de fouiner sur les stands de fripes vu le contenu de mon armoire, mais un ou deux pantacourts ne seraient pas malvenus, de même que quelques robes portables avec ceinture !
Cependant, rien ne me garantit, comme je l'ai indiqué quelques lignes plus haut, de trouver mon bonheur, et que mon bonheur soit soldé - non, je ne parle pas du prince charmant, je sais que je ne vais pas trouver ça dans une boutique de fringues pour nanas !... -, j'ai décidé de profiter samedi dernier de mon invitation aux "ventes privées E**m" ! Déjà, rien que le titre "ventes privées", ça fait hyper class je trouve !
Bon, ok, on était un peu à l'arrache, mais vu que j'ai couru toute la journée samedi, c'est normal. Mais remarquez, ça a ses avantages de se pointer dans une boutiques un samedi, trois quarts d'heure avant la fermeture des grilles, parce qu'on est sacrément tranquille pour trouver tout ce qu'on veut, et ce ne sont pas mes deux amies qui me contrediront puisque personnellement, je suis restée sage, ne craquant que sur une petite robe rouge directement sortie des albums photos de mes parents des années 1970.
En revanche, les deux minettes furent ravie de voir la note un peu salée de leurs achats allégée par mes quarante pour cents de remise !
Du coup, je suis ravie. J'ai ma tenue complète pour mon week-end de mariage dans deux toutes petites semaines, du chapeau pour le samedi emprunté à môman à la robe pour le dimanche qui me donnera un air d'Olivia Newton-John aux cheveux courts, et j'espère bien qu'un charmant jeune homme m'invitera à danser pendant le bal, me serrant fort dans ses bras le temps d'une valse romantique aux accents viennois...
Oui, enfin là, je rêve... Puisqu'avant de m'enlacer et de découvrir ce qui me sert de taille en ce moment, il aura eu droit à un "Vous ne préférez pas plutôt prendre un verre et discuter un peu ? Car je ne peux point danser..."
N'empêche que là, faut que je vous laisse. Les exercices pré-soldes s'imposent, à savoir musclage des jambes, des bras, et entraînement au crépage de chignons !
Texte © Miss Alfie 2007
Studies or not studies ?
Il y a un an à peine, j'obtenais mon beau DEASS, passeport pour une vie d'assistante sociale épanouie au milieu d'emmerdes en tout genre et d'administrations bornées. Certes, cette vie d'assistante sociale m'apporte aussi quelques petits plaisirs, comme cette dame âgée avec un faux air de ma grand-mère défunte, lançant un tonitruant "Ah ! Voilà ma petite préférée !" dès que je passais le seuil de sa porte.
Mais bon, ne nous leurrons pas, assistante sociale, c'est pas tous les jours du gâteau, surtout quand vous recevez des gens qui vous parlent de leurs difficultés à vivre seul, de leur envie de passer leur temps sous la couette, de leurs difficultés à équilibrer leur budget ou encore du manque d'entrain qui les gagne... Ah ben oui... Certes... Mais parfois, j'avoue que je perdrais presque ma patience pour leur dire qu'ils ne sont pas les seuls dans le cas, et que quand on se retrouve avec les emmerdes suscitées des autres, plus les siennes relativement similaires, y a des soirs où faut pas s'étonner que l'orage gronde.
Bref, tout cela pour dire que certains matins, en me levant, je me demande bien ce que je pourrais faire d'autre. Et oui, parce que le problème, c'est que professionnellement parlant, avec mon problème dorsal, un certain nombre d'activités me sont contre-indiquées, notamment tout ce qui relève de la vente, de la manutention et de la station debout en général.
En même temps, mon petit rêve enfoui au fin fond de moi, il pourrait peut-être se réaliser... Mais qui ferait confiance à une cuisinière-libraire n'ayant même pas un seul diplôme un tant soit peu littéraire... Ah ben oui, forcément, si je veux opter pour la librairie un jour où l'autre dans ma petite vie, faudrait que je bouge mon derrière...
Mais bouger son derrière, rattraper des études, quand on bosse, qu'on a un loyer et tout un tas de charges à payer, qu'on n'a pas de mec pour assurer avec son salaire à côté, c'est un peu chaud quand même...
Alors bien sûr, il y a les cours par correspondance, le SUED et j'en passe. En plus, le SUED, c'est par la faculté située à dix minutes de chez moi en voiture, donc pour les sessions exceptionnelles, ce n'est pas incommode... Oui, mais bon... Reprendre des cours, ça veut dire potasser le soir, apprendre, mais sans avoir les avantages de la vie étudiante, occuper ses week-ends en remplissant son cerveau, stresser début janvier et début mai comme une malade en espérant valider la première année, tout en sachant qu'il y en aura au moins deux autres derrière...
Enfin bref, voilà, la Miss Alfie est en grande réflexion. Lettres modernes ou histoire ? Cours et diplômes ou théâtre et atelier d'écriture à la rentrée ?
Et surtout courage... ou fuite de la réalité ?
Texte © Miss Alfie 2007
samedi 23 juin 2007
"Dans un jardin anglais" et "Le tyran domestique"
Anne Fine, ça ne vous dit peut-être pas grand chose, et pourtant... Pourtant, je suis sûre que tout le monde connaît au moins de nom l'un de ses ouvrages pour enfants/ados, un roman adapté au cinéma en 1994 par Chris Columbus avec Robin Williams dans le rôle titre, à savoir Mrs Doubtfire.
Et oui, c'est cet écrivain britannique qui est à l'origine du film devant lequel, je l'avoue, j'ai passé d'excellents moments dans mon enfance. Dévoreuse de livres, j'avais d'ailleurs filé directement à la bibliothèque du quartier pour tenter d'emprunter à mes risques et périls le récit originel de cette adaptation.
Mais ce rapprochement, je ne l'ai fait qu'après avoir lu Dans un jardin anglais, roman emprunté par le plus grand des hasard de la flânerie dans les rayons de la médiathèque il y a de cela quelques semaines maintenant. Dans un jardin anglais relate l'histoire d'une famille qui se déchire autour d'une mère machiavéliquement sadique.
Bref, pas mécontente de cette re-découverte, je suis tombée nez-à-nez avec Le tyran domestique lors de ma dernière escapade destinée à emprunter des CD plus que des romans. Mais comme d'habitude, trois ouvrages ont encombré mes mains sur le chemins du retour.
Ni une, ni deux, j'ai commencé dès le week-end dernier celui d'Anne Fine, dans le TER qui me ramenait de mon après-midi dévastatrice de dos et accessoirement destinée à enterrer la vie de jeune fille d'une amie de promo.
Et j'avoue avoir été un peu déstabilisée...
Certes, l'écriture est plutôt agréable, fluide et simple. Le récit logique et en flash back une bonne partie du livre, mais c'est plus la psychologie des personnages qui m'a dérouté. Car Le tyran domestique, c'est l'histoire de Tilly, jeune anglaise sans enfants, divorcée de son premier mari, et qui s'installe avec Geoff, propriétaire d'une petite boite de photocopie, divorcé, et père de deux enfants dont il a la garde un week-end sur deux et je ne sais plus très bien quand...
Mais Tilly, c'est aussi une femme indépendante, ingénieur sur une plate-forme pétrolière, plus à l'aise en mer qu'à terre, aussi dure que les tempêtes qu'elle affronte pendant ses journées en mer. Et quelqu'un qui ne supporte pas d'être tenue à l'écart... Pouvant aller jusqu'au machiavélisme le plus parfait pour dérouter son compagnon, bonne poire aveugle et sourd.
Voilà deux romans d'Anne Fine que je lis, et deux romans où l'on présente des hommes un peu faible, louvoyants entre les obligations familiales et leur conscience, et des femmes sûres d'elles, maîtresses de leurs faits et gestes, à la limite de l'égoïsme et de la violence morale à l'encontre de leur entourage.
Et je crois que là réside cette déstabilisation ressentie à la lecture des deux romans finalement : dans mes représentation, un tyran domestique est un homme, un homme qui met une femme sous son emprise, qui s'impose à elle et la manipule. Or, ici, les rôles sont inversés, pour mon plus grand plaisir a posteriori... Et oui, cela vient mettre un bon coup de pied dans les représentations que l'on peut avoir de la violence conjugale et des manipulateurs...
Deux histoires où les femmes portent bien plus que la culotte...
Texte © Miss Alfie 2007
Images Dans un jardin anglais, Anne Fine, Editions de l'Olivier, 1995 et Le tyran domestique, Anne Fine, Editions de l'Olivier, 2006.
vendredi 22 juin 2007
Shrek le troisième
La première fois que je l'ai rencontré, c'était avec ma mère je crois, adepte du ciné en binôme avec sa fille, et curieuse d'à peu près tout.
La deuxième fois que l'on s'est retrouvé, dans une salle obscure, c'était le soir des résultats des exams de première année, après avoir rempli nos penses déçues dans un fast-food, et avec comme objectif de changer les idées d'une copine.
Et la dernière fois que nous nous sommes vus, c'était dimanche dernier, dans une salle de cinéma, à l'abri des hallebardes qui dégringolaient...
Certes, il est gros, il est grand, il est vert, il pue et il n'est pas franchement le gendre idéal, mais je l'avoue : j'adore Shrek !
Oui, Shrek, s'il n'était pas de pixels fait, serait très certainement l'homme de ma vie, et moi sa Fiona...
Et pourquoi donc ? Mais voyons, c'est tout simple !
Parce qu'avec un gars comme Shrek, plus besoin de se prendre la tête s'il reste quelques poils sur les jambes.
Plus besoin de faire le ménage de la maison du Marais du sol au grenier toutes les semaines.
Plus de matins ennuyeux car chaque jour apporte son lot d'aventures.
Plus de silences pesants car l'Ane est toujours dans les parages.
Plus de politesse au lit puisque chacun peut y péter.
Plus de regards en biais quand le rot-tue-l'amour se présente.
Et plus de contes de fées qui, de toute manière, n'existent que dans les papyrus pour les petits n'enfants !
Bref, voilà, je crois que je l'ai trouvé, l'homme de ma vie.
Hélas, il aime son épouse, et ce n'est pas moi.
Il est prêt à tout pour retourner dans son marais, et ne voudra jamais venir dans mon nouvel appart.
Il s'est entiché d'un chat Potté et je suis très très allergique aux poils de chats.
Et par dessus le marché, il est passé dans le coin en venant chercher son successeur et n'a même pas fait signe pour venir boire un verre !
Résultat des courses : encore une fois mon petit coeur si sensiblement vert est brisé.
Tant pis, je me suis consolée en allant le voir sur écran géant. Mécontente du temps, détestant les salles de cinéma blindées, j'ai déversé mon fiel sur les mômes de quatre ans qui foutent des coups de pied dans les sièges en ne comprenant rien aux subtiles allusions de mon ogre préféré. Mais au moins, je me suis bien amusée.
Et plus sérieusement, un quatrième opus ? Pourquoi pas... Mais attention, on risque de finir par se lasser malgré tout...
Texte © Miss Alfie 2007
Affiche Shrek le troisième, de Chris Miller, 2007.
jeudi 21 juin 2007
La ronde de l'administration !
Une assistante sociale, de part ses missions, se trouve très très régulièrement confrontée aux différentes structures administratives qui jalonnent la société française. Stephen Clark rigolait de certains de nos travers dans son roman God save la France, mais je ne me rappelle pas l'avoir entendu fustiger les aberrations de notre grande machine parfois rouillée. Du coup, j'ai décidé de m'y mettre !
Bon, déjà, on sait que personnellement, je n'ai guère de chance avec, entre autre, la sécurité sociale et France Télécom. Soit. Les choses sont en passe d'être régularisées, pour l'instant, et je suis capable de me débrouiller toute seule pour gueuler dans les bronches de nouilles qui perdent autant de dossiers qu'elles - les nouilles, masculines ou féminines d'ailleurs... - passent de temps à papoter autour d'un café.
En revanche, là où ça m'énerve sérieusement et gravissimement, c'est quand un petit grain de sable vient enrayer une machine qui ne supporte aucune modification de ses protocoles.
Prenons par exemple une dame hospitalisée dans la clinique où je travaille. Pour des raisons diverses que je n'exposerai pas, cette dame se retrouve sans numéro de sécurité sociale, sans prise en charge de ses soins, sans revenus, sans logement, sans compte bancaire et sans papiers. Vaillamment, nous nous attelons ensemble à la tâche ardue qui consiste en l'ouverture de l'ensemble de ses droits. Pour cela, il nous faut commencer par ouvrir un compte bancaire, puisque sans compte bancaire, pas de possibilité de recevoir des ressources de quelque nature que ce soit. Donc pas de possibilité de se faire rembourser de ses soins médicaux. Donc pas de possibilité d'avoir la moindre ressource. Donc pas de possibilité de trouver le moindre logement.
Après plusieurs coup de fil dans différents établissements bancaires soit disant réputés pour leur facilité à ouvrir des comptes, nous finissons par trouver une agence pour qui le permis de conduire suffit comme pièce d'identité. Madame, bien engagée dans les démarches avec moi, charge ses parents d'aller à son ancien domicile, où vit toujours son ex-compagnon, récupérer les clés de la voiture, le permis de conduire, ainsi que l'avis d'imposition et quelques autres bricoles. Ragaillardies, nous nous quittons vendredi dernier sur cet aspect plutôt rassurant de l'évolution de sa situation.
Manque de pot, j'ai pas du faire assez de prières le week-end dernier, mardi, madame m'annonce que les papiers n'ont pas été trouvé, que les clés ont disparu et que ses parents n'ont pas pu rentrer dans le domicile.
Qu'importe, me dis-je, on va faire une déclaration de perte de permis de conduire pour pouvoir le faire refaire. Ah ben oui... Mais non ! Parce que, pour faire refaire un permis de conduire, il faut une pièce d'identité type carte d'identité ou passeport ! Or, madame n'a ni l'un ni l'autre. Donc si je résume dans ma petite tête en tentant d'opter pour un visage impassible et surtout pas déconfit, il faut commencer par faire faire une carte d'identité.
Qu'à cela ne tienne, nous allons pour nous renseigner. Et là, excellente nouvelle : la dame étant du département voisin, elle doit se rendre à la maison de sa commune de résidence administrative pour déposer son dossier et faire prendre ses empreintes digitales avant de retourner la récupérer quelques semaines plus tard... Très très simple quand on sait que cette dame est hospitalisée et ne peut pas sortir...
Donc, si je résume, grâce à la souplesse de l'administration, pas moyen de faire faire une carte d'identité pour l'instant, pas moyen de refaire faire le permis de conduire, donc pas moyens d'ouvrir un compte bancaire et toute une collection de droits auxquels cette dame peut prétendre, donc retour à la case zéro avec des collègues sur place parties se dorer la pilule en me laissant le bébé avec l'eau du bain... Et bien savonneuse, l'eau...
Bon, et après, on est toujours motivés pour me remplacer ?! Non, parce que là, si vous voulez danser la carmagnole sur une musique de l'Administration Française, c'est le moment !









