Les crumbles de Miss Alfie

Des crumbles de vie, des goûters de petits bonheurs, des repas de petits plaisirs...

mercredi 20 juin 2007

Baisse de régime...

Baisse_de_regime

Je sais, on est à la veille des vacances, de l'apogée des bikinis et autres vêtements on ne peut plus courts.
Je sais, beaucoup ont entamé il y a déjà quelques semaines le fameux régime pour pouvoir justement rentrer dans les vêtements courts et ressembler à une naïade avec le-dit bikini.
Je sais, certaines espèrent de cette manière faire fureur sur la plage, régime étant souvent associé à abdos et autres exercices torturant les muscles.

Mais non, ce n'est pas de ce régime-là dont je veux parler.
Parce que de mon côté, le bikini, je ne le sortirai que le 5 septembre, donc je n'ai besoin de commencer ce fameux régime qu'un petit mois avant, étant donné qu'avec mon amie la ceinture, nous faisons en sorte d'écraser suffisamment mon estomac pour qu'il ne me réclame à manger que lorsque j'ai quelque chose de bon dans mon assiette, à savoir quand je mange au resto, que je suis invitée ou que j'ai des invités.
Et puis aussi parce que les séries d'abdos pour l'instant, pas possible avec 'tite hernie, et que quoi qu'il en soit, vu le relâchement des muscles ventraux, l'épaississement des cuisses et la goule toute blanche, je risque de ne conquérir qu'un sosie de Mr Bean sur la plage.

Non, la baisse de régime, c'est celle du moteur. Pas celui de ma voiture qui va très bien, merci. Mais le régime du moral, le régime de la forme, le régime d'écriture, le régime d'envies...
Et oui, derrière la Miss Alfie maladroite, expansive et souriante, il y a une personne parfois torturée par ses vieux démons... Mais ça, ceux qui lisent mes morceaux d'autobiographie s'en seront peut-être doutés.

Enfin bref, tout cela pour dire qu'à l'heure actuelle, je suis plutôt down ; qu'écrire un billet par jour me parait beaucoup ; qu'au boulot, il y a des jours où je jetterai bien l'éponge ; que les questions existentielles m'enquiquinent royalement ces temps-ci ; et surtout, que j'ai sacrément oublié ma bonne résolution du début de l'année, à savoir trouver un petit bonheur chaque jour...

Alors comme j'ai envie de profiter un peu de l'été, que je ne vais pas sans arrêt vous ressortir de vieux papiers de sous la poussière, sachez que vous aurez tout le loisir certains jours de monter au grenier par vous même si vous le souhaitez pour avoir quelque chose à vous mettre sous la dent, et que les "Petits bonheurs au quotidien" vont faire leur come-back... Pour ceux qui connaissaient l'ancien blog à crumbles de mots !

Bien, sur ce, j'ai rendez-vous avec mon bonheur du jour : une escapade imprévue à Saint-Malo en espérant que le ciel me permette de faire quelques clichés !


Texte © Miss Alfie 2007
Image Wikimédia

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Les tribulations d'une jeune divorcée

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Avant toute chose, je tiens à préciser aux lecteurs de la gente masculine ainsi qu'à toute personne considérant comme futiles les soirées entre nanas, la recherche du prince charmant, les crises de boulimie devant TF1 et les virées commerciales compulsives chez un grand magasin de mobilier suédois, que vous ne trouverez guère de plaisir dans cet article dédié à un de mes ouvrages raflé et dédicacé aux Etonnants Voyageurs le 28 mai 2007. Et si vous ne me croyez pas, lecteurs adorés, lisez bien attentivement la phrase suivante, elle vous donnera une petite idée de ce qui vous attend...

"Le salon résonna pendant trente bonnes secondes où les lèvres en entonnoir de l'une touchaient à peine la joue de l'autre pour ne pas y apposer de rouge à lèvres, il fallait bien que le volume sonore justifie le mouvement des têtes qui se croisent."
(Les tribulations d'une jeune divorcée, Agnès Abécassis, p. 70)

Ceci étant dit, et si, toi, lecteur, tu te sens capable d'affronter cela, je t'invite à me suivre dans la découverte du premier roman succulent d'Agnès Abécassis - tu peux lui faire un coucou, elle est très gentille, elle te répondra très certainement en plus ! -.
Je passerai sur les détails de sa biographie car tu pourras les découvrir sur son site, avec plein de photos d'elle, pour passer directement au vif du sujet, à savoir Les tribulations d'une jeune divorcée.

La "jeune divorcée", c'est Déborah, vingt-huit ans, fraîchement divorcée de Jean-Louis, mère de deux minettes hautes comme trois pommes. Déborah, c'est une fille de son temps, de notre temps, qui aime les soirées pyjama avec ses amies au cours desquelles leur grand plaisir est de se raconter leurs frasques sentimentales et de critiquer les hommes - et oui, toi, le mâle qui passe par ici, tu vas enfin savoir ce qui se trame dans ces rencontres secrètes ! -.
Déborah, c'est une jeune femme qui n'a jamais, au grand jamais travaillé, qui a dû s'épanouir dans une vie de mère de famille au foyer très très tranquille pendant que môssieur son mari courait la gueuse dans le bocage... ou plutôt la stagiaire dans son bureau. Et par ailleurs dôtée d'une première belle-mère digne de la mâratre de Blanche-Neige ou de Cendrillon.

"Qu'est-ce qu'une belle-mère, sinon la Créatrice qu'il aimera toute sa vie d'un amour aussi ardent que platonique ? L'être parfait pour lequel il aura, toujours, toutes les indulgences. Le guide spirituel qui restera invariablement à ses côtés. Eclairant, des lueures bienfaisantes de ses avertissements, les ténébreux méandres de sa vie de débauche avec de pauvres filles qui ne le méritaient pas. Bref, une rivale jalouse et possessive contre laquelle il était vain de cherche à lutter. "
(Les tribulations d'une jeune divorcée, Agnès Abécassis, p. 338)

Mais pour Déborah, entre subir l'indifférence de son mari et vivre sa vie de jeune femme libre, le choix est vite fait... Avec toutes ses conséquences. Et oui, parce que lorsque l'on a deux minettes à charge, il faut bien de quoi faire bouillir la marmite dans le porte-monnaie, une baby-sitter digne de ce nom pour les surveiller pendant que votre patron vous harcèle sexuellement, et surtout de sacrés bons muscles pour monter toute seule la nouvelle étagère de chez I**a, chose dont on se ventera devant les copines pendant des siècles et des siècles - amen... -.

"C'était une chose de remplir pensivement un caddie en arpentant les rayons d'un grand supermarché, pour ensuite aller charger le coffre de sa spacieuse voiture, avant de se faire déposer chez soi. Puis, en arrivant de se remplir les bras d'essuie-tout, pendant que notre tendre moitié se coltinera les produits lourds, mille sacs en plastiques suspendus à chacune de ses mains ("pas besoins de faire un aller-retour", décide-t-il virilement) qu'il montera sans broncher (mais tout rouge) jusqu'à l'appartement.
C'en était une autre que de devoir quotidiennement s'arracher les bras en portant six grs sacs en plastique qui se déchirent en chemin, y compris la bouteille d'huile d'olive qui explosera sur le palier, en sortant de l'ascenseur, devant notre mine stupéfaite."

(Les tribulations d'une jeune divorcée, Agnès Abécassis, p. 113)

Du coup, pour remédier à ce manque de bras masculins, et puis à d'autres inconvénients liés à l'absence d'un homme à la maison - l'homme étant réputé pour tuer les cafards en pleine nuit, être utile pour les câlins de la nuit, et accessoirement fort rapide à se recaser après un divorce... -, Déborah va se lancer dans la course au prince charmant en découvrant les joies du net. De petites annonces en sites de rencontre, la voilà partie dans l'exploration de fiches parfois drôles, parfois bizarres, rarement réalistes...

"N'ayant que très modérément une vocation d'assistante sociale, je laissais à d'autres que moi le soin de secourrir ces malheureux, et me concentrait uniquement sur les fiches des garçons ayant une coupe de cheveux normale, un regard franc, une allure naturelle et aucun noeud papillon autour du cou."
(Les tribulations d'une jeune divorcée, Agnès Abécassis, p. 248)

Et tout cela pour le meilleur et pour le pire... Oui, pour le pire surtout, car il est bien connu que la Femme, en tant qu'être du sexe faible, aime être protégée, adulée, vénérée... Mais la Femme, telle que nous la voyons aujourd'hui, chef de famille, pro du surgelé et boulimique anachronique, aime son indépendance, sa liberté et ne frémit plus comme à l'époque de nos mères et de nos grand-mères à l'énoncé de poème lyriquement larmoyant sur l'amour impossible entre Zeus et Europa - impossible, tu parles... Révisez donc vos classiques les mecs ! -.

"Sortir avec Laurent fut une expérience sympathique mais je compris rapidement qu'il était nécessaire qu'elle soit limitée dans le temps. Nous restâmes ensemble trois mois.
Suffisamment de temps pour faire des provisions de douceur dans ses bras, suffisamment de temps aussi pour qu'il me tape vigoureusement sur le système. Un peu comme dans une station-service : c'était bon d'y faire le plain mais on ne pouvait pas s'y installer définitivement en se nourrissant de chips et de Bounty toute sa vie. Et Laurent était une énorme barre de Bounty, bien sucrée, et, finalement, très vite écoeurante."

(Les tribulations d'une jeune divorcée, Agnès Abécassis, p. 158)

Bien, vous l'aurez compris, ce livre est destiné en priorité aux femmes - les hommes aussi peuvent s'il le souhaite s'en procurer un exemplaire, à leurs risques et périls ! - qui aiment rire - sinon, vous allez vous embêter... -, qui n'ont pas encore trouvé le prince charmant - ça rassure sur l'état du cheptel masculin, mais ça peut aussi déprimer, je préfère prévenir... -, qui l'ont trouvé et s'interroge - si tel est le cas, bien s'entraîner avant de le larguer à porter les courses et à tuer les cafards toute seule en pleine nuit -... et surtout à toute personne ayant envie de passer un bon moment en souriant bêtement devant les lignes noires - oui, on peut avoir l'air ridicule dans la salle d'attente du médecin de ce fait -.

Me concernant, je suis en quelque sorte rassurée, puisque les sacs de courses n'ont jamais lâché devant la porte d'entrée - de l'intérêt des sacs cabas réutilisables -, qu'en évitant le mec, j'évite la belle-mère - morceau qui me resterait sûrement en travers de la gorge - et que j'ai la chance de n'avoir comme rejeton qu'un Fifi bien vaillant regardant crever tour à tour les occupants de l'aquarium.

Bon, en revanche, là où je me pose plus de questions, c'est sur mes chances de rencontrer le prince charmant, étant donné que le cheptel de base est réduit, que j'ai beau avoir une "vocation" d'assistante sociale, je ne compte pas exercer sur l'oreiller, et que lorsque j'annonce aux mâles potables ma spécialité professionnelle, ils se carapatent en courant...


Texte © Miss Alfie 2007
Image et citations Les tribulations d'une jeune divorcée, Agnès Abécassis, Edition Pocket, 2006

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