Les crumbles de Miss Alfie

Des crumbles de vie, des goûters de petits bonheurs, des repas de petits plaisirs...

lundi 4 juin 2007

Miss Alfie dans la chaussure

Miss_Alfie_dans_la_chaussure

Après et pendant mes aventures congelées, j'ai vécu une année scolaire plutôt cool après mon baccalauréat puisqu'après une escapade rapidement écourtée à la faculté de droit, j'ai décidé de préparer le concours d'entrée à l'école qui m'a vu user mes fonds de jeans les trois années suivantes. Mais le temps que mon cerveau se décide, nous étions déjà rendu fin octobre, et toutes les sessions de formation étaient commencées, sauf celles de l'Institut Franco-Anglais où je me rendis tous les vendredi après-midi pour parfaire mon english au milieu de salariés propulsés là par leur patron et de mamies souhaitant occuper leurs journées sans petits enfants.

Bref, la formation que je suivis cette année-là ne fut pas trop difficile puisqu'il s'agissait de renvoyer une fois par mois une synthèse à un centre de formation par correspondance bien connu - ce que je dû faire une fois dans l'année... - et m'entraîner à trouver une logique à des suites d'exercices psychotechniques - ce qui pour moi ressemblait plus à un jeu... -. C'est donc avec une forme quasi olympienne que j'attaquais l'été et son lot de jobs d'étudiants, le premier devant durer trois petites semaines.

Il s'agissait de dépanner une amie alors responsable d'un magasin de chaussures en servant de renfort pendant les trois premières semaines des soldes, tout le monde sachant qu'au-delà de cette période, se vident et les rayons des boutiques et les rues de la ville, les estivans se retrouvant à envahir les boutiques de la côte. Bref, je commençais mon travail la veille du grand jour en collant des étiquettes sur des boites en cartons, en rayant des prix et en vérifiant l'alignement des pyramides jaunes pâles.

Le lendemain, je vis une chose que je ne pensais exister qu'à la télévision : une foule de femmes de tous âges massées devant les grilles baissées du magasin lorsque j'arrivais pour prendre mon poste une demi-heure avant l'ouverture légale. Il me fallu jouer des pieds et des mains et faire valoir ma bonne foie, à l'aide de mes collègues de l'autre côté de la grille, pour transperser cette horde de mégères en furie dès qu'une malheureuse tête brune tentait un passage en avant...

Je passais donc trois semaines sous des spots bien chauffants comme dans tout magasin de galerie marchande, à vérifier l'alignement des pyramides de boites de chaussures, à saluer et sourire même les plus désagréables des clients, à dégainer plus vite que mon ombre chausse-pieds et mi-bas en nylon, à complimenter des pieds boudinés dans des chaussures trop serrées mais tellement aimées par leur future propriétaire, à tenter de vendre cirages, semelles et autres accessoires trois fois plus chers qu'en grande surface, et à encaisser des sommes plus ou moins colossales...

De cette période, je garde un souvenir ému, d'autant que le hasard a voulu que j'habite désormais à deux pas de la galerie marchande dans laquelle je gagnais quelques sous dépensés pendant les dix jours de vacances à la montagne qui suivirent cette reprise d'activité. Mais aussi une vision : celle de la confirmation de l'orientation que j'avais fini par choisir, à savoir l'école d'assistante sociale. Parce que coller des étiquettes sur des boites et faire du lèche-derrière à des clients aussi aimables qu'un hybride entre Sarkozy voulant nettoyer la banlieue au karcher et Le Pen réfutant les chambres à gaz, ça m'aurait très rapidement saoûlé.

Bon, l'avantage, c'est que je pouvais essayer toutes les chaussures du magasin sans que les vendeuses ne viennent me forcer à en acheter une paire... Et si par miracle je craquais sur une paire de sandalette, la remise gracieuse de la maison à ses employés me rendait le sourire volé par les derniers emmerdeurs passés par là !


Texte © Miss Alfie 2007
Image © Magnolia75, Cordonnier

Scribouillé par Miss Alfie à 00:00 - Le travail, c'est la santé - De vous à moi... [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

De vous à moi...

Le jour où j'ai reçu le solde de tout compte de la part de l'enseigne qui m'avait prise en apprentissage, j'étais verte, j'ai constaté combien de paires que je n'avais pas mises, j'avais achetées sans les payer sur l'instant et qui m'avaient été retenues de mon salaire...
C'est pas le pied.
Des bizettes.

Réaction de Mélina LOUPIA, lundi 4 juin 2007 à 10:38

Moui moui... moi j'préfère bosser au mc d*. lol nan j'déconne!
Ca a quand même ses avantages (remises) et en plus, ça t'apprend à garder le sourire quoiqu'il arrive, ce qui n'est pas négligeable!

Réaction de marionette, lundi 4 juin 2007 à 12:47

Moi aussi j'ai travaillé dans la chaussures... un peu plus longtemps, et dans un magasin plus grand... il faudra que je raconte ça un de ces jours ! :-)

Réaction de Sammy, lundi 4 juin 2007 à 16:14

Ah oui,
je suppose qu'il faut faire des pieds et des mains pour pouvoir satisfaire des clients qui tient une tête de plusieurs pieds de long et qui prennent le leur à ronchonner dans leurs moustaches...

Réaction de Frenchmat, lundi 4 juin 2007 à 16:33

J'allais partir et je viens de m'apercevoir que tu avais une banière... Bravo.

Réaction de ann, lundi 4 juin 2007 à 16:33

@ Mélina : De l'intérêt de toujours payer comptant...

@ Marionette : Des remises au M*cD* ?!!! Eh, tu me dis où t'es, chuis une grande mangeuse de ces saloperies quand je vais à Paris !!! :-p

@ Sammys : Et ben, qu'est-ce que t'attends ?!!! Un copain de godasse !!!

@ Frenchmat : Je n'aurai pas mieux dit... Que répondre à un tel talent réthorique ?!

@ Ann : Merci ! Et petit à petit je découvre les possibilités de The Gimp en plus !!!

Réaction de Miss Alfie, mardi 5 juin 2007 à 12:21

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