vendredi 1 juin 2007
Télé poubelle
"Qui est le plus vicieux ? La télé ou ceux qui la regardent ? Résultat ce soir avec les audiences de The Big donor show (« Le spectacle du grand donneur »), diffusé sur la chaîne néerlandaise BNN. Un pur produit Endemol, bien scabreux sur les bords. Le concept ? Une cancéreuse en phase terminale doit choisir, parmi trois candidats à une transplantation, lequel bénéficiera de son rein. Les téléspectateurs pourront l’aider en votant (oui, en plus d’être glauque, c’est interactif). Ce n’est pas la première émission de « trash tv » diffusée aux Pays-bas : dans Myriam, avatar du Bachelor, des mâles célibataires s’affrontaient pour séduire une jeune fille en ignorant qu’il s’agissait d’un transexuel ; dans Spuiten en Slikken (« se piquer et avaler »), les présentateurs testaient en direct drogues diverses et pratiques sexuelles variées. C’est la première fois, en revanche, que le gouvernement s’indigne, signe que la ligne jaune a été franchie. Criant à l’immoralité, il n’a pas eu les moyens d’interdire l’émission. Privilège du téléspectateur qui, en la regardant ou pas, décidera de son avenir. ◆ E.D." (L'espresso, la newsletter quotidienne de Télérama, vendredi 1er juin 2007)
Endemol, ça vous dit quelque chose, rassurez-moi ! Non ? Alors allez donc voir leur site internet pour la France en cliquant ICI, et après, vous reviendez ici... Enfin chez moi quoi ! - Vous noterez la superbe faute de français, en lien total avec le sujet dont je vais parler, à savoir la destruction massive de neurones par scotchage télévisuel... -
Loft Story, Star Academy et ses multiples version, Attention à la Marche, T'empêche tout le monde de dormir, Fear Factor, Les enfants de la télé et j'en passe... Et oui, tout ça c'est Endemol, the big boite du Big Brother qui a fait ses armes aux Pays Bas. Mais là, si vous avez lu les quelques lignes qui ouvrent cet article, vous risquez de vous retrouver comme moi, sur le derrière.
Bon, si vous êtes assis, ça va... Mais en ce qui me concerne, j'ai trouvé ça ce matin dnas ma boite mail, consultant en vitesse avant de partir au boulot, le thé dans une main et la madeleine dans l'autre... Et j'avoue que j'ai failli en tomber à la renverse sur ma table de salon au plateau de verre, avaler de travers mon bout de madeleine et recracher mon thé sur mon petit n'ordi tout blanc...
Qu'on nous cause de Brialy toute la sainte journée, je veux bien. Je l'avoue, je n'ai rien contre ce monsieur qui a été une figure du monde artistique français, j'aimais bien sont style de dandy qu'on vénère à tout va sur toute onde un tant soit peu dite culturelle. Mais bon, voilà, il est décédé, paix à son âme... Au fait, y a combien de Libanais, d'Afghans, de Palestiniens, d'Israéliens, d'Irakiens, de Téchétchènes et j'en passe qui sont morts ces jours-ci ?...
C'est comme le festival de Cannes, c'est bien gentil mais on y récompense soit des films qui font pleurer du début à la fin soit des films slovaques sous-titrés en tchèque hyper intello que je n'irai jamais voir parce que moi, je n'aime pas pleurer quand je regarde un film, considérant que la vraie vie me donne assez d'occasion de faire marche la société Kleenex et que si je pose mon derrière sur un siège de cinéma en payant 8 euros et des brouettes, c'est de préférence pour me détendre et comprendre ce que je regarde...
Je sais, c'est paradoxal... Je lis Télérama et je ne vais pas voir les films primés. Ben non, parce que la culture oui, accessible à tous encore plus oui, mais la culture télé-poubelle non.
A savoir que les films tchèques sous-titrés en vietnamien, c'est peut-être très bien, mais ça va pas attirer les foules, et que ça va surtout être réservé à une élite qui comprendra soit le thcèque soit le vietnamien... Mais bon, en même temps, c'est p'têt pas une raison pour nous lobotomiser le cerveau avec des émissions où des minettes se trémoussent le derrière à moitié à poil, où les minets sont d'espèce d'hybrides pas plus masculins que moi et où les mots les plus fréquemment employés sont "heu...", "ben...", "ouais...", "trop top..." d'un air las et blasé...
Enfin bon, tout ça pour dire que je trouve que là, on en arrive à un stade sincèrement pitoyable... Ce n'est pour l'instant qu'aux Pays Bas, mais Big Brother, l'ancêtre de Loft Story, au début, ce n'était diffusé qu'aux Pays-Bas aussi...
(Si erreur, je prends les infos correctes...)
Texte © Miss Alfie 2007
Image Wikimedia
Road movie
La route toute droite. Les voitures filent. 90, 100, 110, 120, 130... Limite.
La plaine de chaque côté, au loin un virage, une côte, le bitume à perte de vue.
Aires d'autoroute, café, clope. Les mêmes visages fatigués, les mêmes enfants énervés, les mêmes odeurs d'essence, les mêmes sandwichs sans goût, les mêmes caissières.
La radio qui grésille, les ondes qui avancent plus vite que la voiture, chanteurs de route.
Il ne manque que la canette et le sandwich, la carte routière étalée sur le siège passager.
On dirait un raod movie, images au ralenti, gros plan sur les roues, le visage du conducteur qui boit une lampée de soda, fondu enchaîné sur le bosquet d'arbre et la petite ferme.
Chambre d'hôtel, bordure d'autoroute, le ronronnement sourd des moteurs.
Standardisation du lieu, uniformité des standardistes, moquette partout la même, la musique aussi.
Petite fenêtre qui ne s'ouvre qu'à moitié, presque un motel, la voiture à côté.
Rideaux et couvre-lit assortis, la télé dans un coin, le matelas trop mou ou trop dur.
Salle de bain aveugle, baignoire au fond ou douche dans l'angle, néons trop blancs, visages fatigués dans le miroir.
Téléfilm aussi aseptisé que la chambre, bons sentiments en chaîne, les gentils très gentils qui gagnent, les méchants très méchants qui perdent.
Bruits de couloir, murmures dans les chambres voisines, cris étouffés dans une autre, quelqu'un prend une douche.
Fin du film, on éteint. Ne reste que la veilleuse rouge et l'heure qui s'affiche en chiffres verts.
Brossage des dents, pyjama trop froid.
On se glisse dans les draps trop froids, trop rêches, l'oreiller trop petit ou trop gros, on sait qu'on va mal dormir.
La lumière s'éteint.
Demain un nouveau jour.
Texte © Miss Alfie 2006
Image © Miss Alfie 1996 (Voyage scolaire aux Pays Bas...)

