Les crumbles de Miss Alfie

Des crumbles de vie, des goûters de petits bonheurs, des repas de petits plaisirs...

jeudi 31 mai 2007

Révision visuelle

Revision_visuelle


Comme pour Boumbo, il faut parfois réviser ma carrosserie et vérifier le bon fonctionnement de tous les organes de mon petit corps. Enfin, les plus essentiels... Et puis comme c'est l'heure des révisions du sacro saint baccalauréat, j'ai profité de l'occasion.

Alors, après la visite au rhumatologue où j'ai réalisé que je devais sacrément faire baisser la moyenne d'âge de ses patients à voir les personnes qui peuplaient la salle d'attente en même temps que moi, j'ai enchaîné avec le z'yeutiste, celui chez qui il faut prendre rendez-vous minimum trois mois à l'avance et qui, côté délai, concurrence la gynéco.

Revenant dans ma villounette chérie après mon exil francilien, j'ai décidé de changer d'ophtalmo et d'aller voir un des plus réputés de la ville, et qui doit être très réputé à sa banque vu le chiffre qu'il doit se faire dans la journée à raison de 48 euros tous les quarts d'heure... Ben oui, parce que forcément, ce que je savais pas, c'est qu'il était en honoraires libres, mouarf !!!

Bah, tant pis, avant d'avoir cette charmante nouvelle, j'ai tout de même fait un saut exprès à La Visitation, notre super centre commercial que j'adore et où j'évite de mettre les pieds et où ma copine Mu m'a trouvé un super mimi collier qu'on dirait des bonbons et qu'on a trop envie de le manger ! Suite à cela, je me suis rendue à mon rendez-vous et j'ai pris un ascenseur que j'ai comme déjà l'impression de connaître... Ah ben oui, suis-je bête, c'est le même que chez TiN et que chez mon père, avec la madame qui dit l'étage où t'arrives !

Les portes s'ouvrant, je suis arrivée dans un hall comme dans un super cabinet de luxe genre clinique privée de chirurgie esthétique avec jardin suspendu agrémenté d'oliviers. N'osant pas salir le sol avec mes pompes boueuses, j'ai presque marché sur la pointe des pieds pour trouver le bon secrétariat et les toilettes-room afin de ne pas me tortiller sur le super siège ultra confortable qui fait presque oublier le côté désagréable de l'examen des yeux où systématiquement je me mets à chialer.

Bonnes nouvelles, pas de problèmes, amélioration du strabisme et légère très légère aggravation de la myopie... Je peux changer mes verres, mais y a pas d'obligation selon l'ophtalmo. Mais si si si, je vais changer ! Parce que je veux changer de bouille moi ! Et pour changer de bouille, j'ai déjà ratiboisé les cheveux, donc il reste les lunettes à changer !

Direction donc le vendeur de lunettes du centre commercial près de chez moi où j'ai vu qu'on avait droit aux lunettes de soleil à l'oeil pour une paire achetée, ce qui me permettra d'arrêter de me ridiculiser avec mes mini-verres que j'agrafe sur les verres normaux ! Bon, le seul truc qui m'embête un peu, c'est que c'est une chaîne de magasin sponsorisée par un célèbre chanteur français, à moins qu'il ne soit belge, ou encore suisse... Si vous voyez de qui je parle...

Et là, quelle gentille vendeuse, parce que bon, Miss Alfie qui choisit des lunettes, c'est tout un poème. Des comme-ci mais pas comme-ça, plutôt comme-là avec un peu de comme-ici. Le choix fut dur, très dur, et il fallut même faire appel à l'autre vendeuse, et même au vendeur, histoire d'avoir l'avis d'un homme un peu plus jeune et un peu moins impliqué que mon père qui m'accompagnait !

Bon, finalement, après des dizaines d'hésitations, j'ai tranché, suivant l'avis majoritaire dans la boutique, et déniché mes futures binocles que je devrai posséder mardi si l'emploi du temps le permet.

Les paris sont donc ouverts d'ici là : comment vont-être mes nouvelles lunettes ? Je vous laisse essayer de trouver !!!
Réponse mardi ou mercredi ou jeudi... En fonction des possibilités du planning !!!


Texte © Miss Alfie 2007
Image © Miss Alfie 2007 (Les lunettes actuelles, futures anciennes lunettes de Miss Alfie trônant sur mon nez depuis plus de deux ans...)

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Exploits en cascades

Exploits_en_cascade

Mercredi 30 mai 2007, journée mémorable terminée en migraine terrassante et en coucher à 23 heures et des poussières sans allumage de l'ordinateur au retour à la maison, miracle des miracles...

Neuf heures moins le quart, le blabla du journaliste de France Inter me tire de mon sommeil profond. Pas le choix, le technicien de la chaudière doit venir entre 9 et 12 heures - "Ah non, pas possible de vous dire plus précisément..." - et à défaut d'avoir pris ma douche puisque ma chaudière semble réellement décidée à me filer du chauffage et de l'eau froide quand j'actionne le robinet d'eau chaude, il serait quand même décent de ma part que je sois levée quand il arrive.

Neuf heures et demi, j'appelle l'assurance auto puisque Boumbo doit être embarquée pour une virée de quatre jours dans le Morbihan par ma môman et j'apprends que les informations communiquées par le gars de l'agence à Nemours s'avèrent fausses. Si môman a un accident, y a même pas une augmentation de la franchise, c'est tout simplement pas pris en compte. La solution est de repasser à l'agence pour modifier le contrat - et bien sûr j'ai que ça à faire, récupérer le permis de conduire de ma mère et aller bousiller encore plus de fric dans ma bagnole -. Abandon de l'idée de prêter la bagnole. Boumbo ira à Dinard dimanche s'il fait beau, un point c'est tout. Et encore merci les Franciliens.

Dix heures, j'ai un doute pour la chaudière, je me décide à appeler l'entreprise qui découvre un méga couac dans les dossiers. Le technicien est passé mais a sonné chez ma voisine dont le nom est indiqué sur le contrat dont le numéro correspond à celui écrit au stylo bleu sur la chaudière. Forcément, elle n'avait pas de problème, il est reparti, et moi j'attends toujours en pyjama et en peignoir sans oser filer me laver ni mettre de lessive à tourner - au cas où il arrive pendant que je suis en tenue d'Eve et au cas où il y ait coupure d'eau... -.

Dix heures quarante-cinq, le beau technicien revient par chez moi, étudie le problème, change la valve déjà changée il y a peu de temps, me rassure sur l'état de la chaudière - une vraie merde bien vieille qui risque à tout moment de me lâcher en vérité -, grimpe sur un tabouret, m'offre la vision d'un postérieur fort agréable bien moulé dans son jean, un sourire à en faire défaillir plus d'une et me fait signer non pas un contrat de mariage mais le papier d'intervention avant de reprendre ses cliques et ses claques et de me laisser filer sous ma douche avec enfin de l'eau chaude.

Midi, la copine qui devait arriver à treize heures appelle pour dire qu'elle arrive dans un quart d'heure. La machine à laver tourne toujours et on attend comme des nouilles avant de décider d'aller nous empiffrer de hamburgers avant de faire quelques courses pendant que la machine se termine. Une bonne douche accompagne l'escale au châpiteau des "Gros volumes petits prix" et les Converses sont bonnes à tordre, tout comme le jean et les chaussettes.

Quatorze heures quarante-cinq, Boumbo m'emmène vers chez la copine repartie en avance pour accueillir la future lauréate du DEASS - du moins on l'espère tous... - que nous allons soutenir à l'annonce des résultats de sa deuxième session. Le linge est étendu, le jean changé, les chaussettes aussi, de même que les chaussures, et forcément le soleil pointe le bout de son nez et j'étouffe dans la bagnole.

Seize heures, après un petit tour et quelques prévisions de shopping, le verdict est tombé et les larmes coulent à flot. Personne ne comprend, la colère envahit, l'injustice aussi, la copine enchaîne les appels et les yeux sont de plus en plus rouges. La gueule de bois se fait sentir chez les copines, on y avait tous cru... Et ces couillons de l'administrations avec leurs petits bureaux bien rangés qui refusent de donner les notes pour savoir où ça a merdé...

Dix-sept heures trente, je tente de valider ma carte de métro et désactive toutes les bornes de la station sous l'oeil des contrôleurs qui n'on jamais vu un tel phénomène. Les copines attendent, la tarte aux fraises dans les mains - on va quand même pas en oublier de se faire plaisir même si on débouchera pas le champagne avec !- et les bouteilles dans le sac. Après appel au PC, faut que je passe à l'agence pour faire vérifier ma carte. On m'en refait une nouvelle, y avait un contrat que j'ai pas demandé dessus, un bug venu du monde parallèle pour me rappeler à quel point je suis maudite !

Dix-huit heures quinze, j'arrive chez la copine où s'est réfugiée la malheureuse des exams et où l'ambiance semble tendue. Je me plante à l'interphone et sonne chez la voisine de pallier d'en face qui ne comprend pas tout - faut à tout prix que j'arrête mes conneries de "C'est la pas douée des administrations" ou "C'est le bar ambulant qu'arrive" - et me choppe à l'arrivée de l'ascenceur alors que je m'excuse, aussi rouge que mes lunettes. Le fou rire me prend une fois passée la porte du bon appartement, et la migraine avec.

Dix-huit heures quarante-cinq, du renfort arrive pour boire un verre et manger des croque-monsieurs maison. Après un début de soirée un peu tendu, l'atmosphère se débride avec cours de marche à la Miss Amérique se cassant la goule à l'élection de Miss Univers, récit des péripéties du jour et découverte de ma nouvelle ceinture, un vrai corset m'empêchant de profiter à fond de la tarte aux fraises finale.

Vingt-trois heures, je passe la porte de mon appartement toujours pas assez rangé à mon goût. Les volets ne sont pas fermés. Heureusement que j'ai acheté un sandwich pour le repas du lendemain, parce que faire cuire des pâtes pour une salade m'apparait isurmontable. Le marteau tape de plus en plus fort dans ma tête et j'ai juste la force de me débarbouiller de ma peinturluration quotidienne, passer mon pyjama et remonter la couette sous mon menton avant de sombrer dans un sommeil sans rêves et trop court.


Jeudi 31 mai 2007, sept heures cinq, le réveil sonne à nouveau, l'espace d'un instant j'ai oublié ce mercredi pourri où seuls les rires de la soirée ont un peu apaisé la boule dans la gorge. Encore un jour et demi de boulot et je pourrai faire la grasse mâtinée... Ah oui, et puis en plus ce week-end, y a aucune sortie et aucune visite de prévues... Ya juste un pôpa à divertir... Bon, ben sympa la fin de semaine !...

Texte © Miss Alfie 2007
Image L'internaute

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Besoin d'air

Besoin_d_air

Un mois et demi à la maison.
Un mois et demi sans faire grand chose d'autre que regarder la télé, lire et blogguer.
Un mois et demi à avoir quelques visites mais à en oublier à quoi ressemble la ville le samedi après-midi.
Il me fallait remédier à cela.

Et pour cela, j'ai commencé par faire ma B.A du jour en écoutant les explications incompréhensibles pour moi du vendeur du magasin de pêche pendant plus d'une heure en regardant les bouillettes à carpes et en songeant que certaines ressemblaient à des boules de pâtes fimo et que je pourrais presque en piquer pour me faire un collier... Si elles n'avaient pas cette arrière-odeur de poisson pénétrante...

Ensuite, sans négocier nullement, j'ai pu flâner rapidement dans les allées d'un magasin de déco en songeant à chaque article qu'il me fallait être raisonnable si je voulais pouvoir vider mon compte en banque le lendemain au Salon du Livre qui m'attendait, ou du moins si je voulais pouvoir payer les factures du mois !

Puis, après un léger crochet par la campagne rennaise, j'ai regagné le centre ville, rentré Boumbo dans un parking central et suis sortie sur une place ensoleillée où quelques badauds discutaient, les bras chargés de sacs de marques diverses. Devant le nouveau centre commercial, on notait plus d'agitation. Le timing me retint d'y entrer, sachant que c'est là l'antre de la tentation avec tous ces magasins de vêtements !

En avance, comme toujours, j'ai été emportée par la foule, par les couleurs, par les chalands de l'autre place où j'avais rendez-vous ; où les colombages des maisons côtoient le béton de la station de métro ; où les terrasses hébergent le temps d'un café, d'une bière ou d'un jus de fruit, des familles, des amis, des touristes, des habitués ; où j'ai coincé ma béquille contre un arbre pour sortir mon appareil à pixels sans trop savoir ce que cela rendrait.
Et puis elles sont arrivées et tout a repris comme la dernière fois que l'on s'est vu. La conversation est repartie de plus belle, les fous-rires aussi, autour d'une table ensoleillée puis trop ombrée et trop ventée, pour trinquer à l'obtention d'un concours et à deux anniversaires passés depuis quelques semaines...

Mais qu'importe le lieu, qu'importe le temps, qu'importe la durée de ces moments.
Il faut parfois savoir lever le pied, savoir dire stop à l'ordi qui bouffe du temps, au blogging intensif qui fait presque oublier qu'on a une vie réelle, savoir retrouver le plaisir simple d'attendre des amies sur une place pleine de monde un samedi après-midi de mai avec l'appareil photo dans la main...


Texte © Miss Alfie 2007
Image © Miss Alfie 2007 (Place Sainte Anne, un samedi après-midi de mai)

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mercredi 30 mai 2007

Une vie française

Une_vie_francaise

Retrouvez cette critique sur Miss Alfie, Croqueuse de livres !

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mardi 29 mai 2007

Voyage détonnant

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Il faisait un vrai temps breton dimanche lorsque nous sommes montées en voiture, ma mère, ma cousine et moi, pour prendre la route de Saint Malo, à quelques encablures de la capitale bretonne pour une journée culturelle, une journée attendue depuis si longtemps, une journée rêvée, une journée appartenant à l'utopie de mes rêves il y a encore quelques mois, une journée aux Etonnants Voyageurs, le deuxième salon du livre de France après celui de Paris... Et oui, rien que ça !
Qu'importe le temps, la pluie et le vent, la voiture garée et le derrière calé dans la navette, à onze heures et des poussières nous appercevions le Belem et je prenais mon premier cliché de la journée sous un ciel gris et sous quelques gouttes rafraîchissantes.

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Les billets achetés, nous eûmes droit au tampon ineffaçable après frotage intensif sous la douche et récupérèrent quelques revues gratuites avant de nous diriger vers l'Intra-Muros pour remplir nos estomacs de nourritures terrestres avant d'aller nous régaler de nourritures spirituelles. Bien évidemment, une grosse flaque d'eau devant mon nez attira mes pieds qui sautèrent à plein dedans, provoquant un rinçage express du jean des tennis aux genoux. Mais qu'importe : le ciel était gris et nous riions comme trois enfants.
Rassasiées, séchées, nous avons repris le chemin du festival tandis que les visiteurs du matin partaient manger, nous laissant un hall quasiment désert...

A l'entrée, les stands pour enfants rivalisaient de couleurs, de formes et d'imagination, faisant presque regretter d'avoir grandi et de ne pas encore avoir d'enfants, excellente excuse pour acquérir quelques uns de ces albums magnifiques.
Tant pis, nous avons continué notre chemin, stratégiquement, jetant un oeil un peu partout, repérant les auteurs en signature et commençant à remplir le sac à dos de pages noircies.

Au hasard d'un stand, une écrivain solitaire semblait la seule à dédicacer à cette heure indue de la journée où tout le monde mangeait. Léonora Miano prit alors son temps, rit de mes expressions parfois étranges, me demanda l'adresse de mon blog et m'invita à tenter ma chance. Si elle passe par là, madame Miano, merci beaucoup...

Puis ce furent les stands autour de la Bretagne, les éditions locales et les auteurs ressemblant à de vieux conteurs ou à de vieux loups de mer, la barbe et les cheveux en bataille, avant la très belle exposition "Errance" de Raymond Depardon.

L'heure tournait et il était temps d'aller vers les auteurs en dédicace. Après une Léonora Miano charmante, je fis la folie de racheter La Soupe de Kafka, de Mark Crick, ouvrage que je possédais déjà mais non dédicacé. L'auteur, un ancien photographe, a vécu quelques années en France, parle relativement bien le français, et a pastiché des auteurs célèbres pour écrire des recettes de cuisine délicieusement littéraires ! Après quelques mots échangés, j'ai hélàs dû laisser ma place à d'autres lecteurs avides de signatures, non sans avoir parlé de Daphné du Maurier et de Virgina Woolf !

L'homme aux best-sellers, Douglas Kennedy, fut ponctuel et charmant avec ses fans, serrant la main de toutes ses lectrices... Car la majorité de la foule massée devant son stand était féminine. Allez savoir pourquoi. Ses dédicaces s'avérèrent très personnalisées, mais parfois peu compréhensibles... Disons que des mots furent oubliés dans la précipitation... Il faut dire aussi que son succès était tel qu'il fallu déplacer Hervé Jaouen, en dédicace au même moment mais caché par la cohue féminine !

Après, ce fut au tour d'Agnès Abécassis de montrer joie et entrain lorsque je m'approchais d'elle, me conseillant sans m'imposer ses deux romans... Tant et si bien que je finis par prendre les deux, histoire de comprendre Au secours, il veut m'épouser, la suite des Tribulations d'une jeune divorcée. Elle m'a promis de rire, j'attends de voir et lui demanderait remboursement si je ne suis pas satisfaite !!!

Cette incursion moins intellectuelle faite, nous repartimes en quête de Raymond Depardon, photographe, réalisateur, et auteur des clichés d'Errance ainsi que d'un certain nombre d'ouvrages avec photos. Et oui, à notre âge, on retombe dans les livres avec images... Bon, on reconnait là le photographe : de belles images mais des dédicaces un peu standardisées...

Qu'importe, Bernard Giraudeau clotura notre course à la signature avec deux de ses anciens romans, Les Dames de nage étant épuisé sur le salon ! Un petit chapeau de marin pour l'un, trois mots énigmatiques pour l'autre, et deux cadeaux pour les parents ! Ah, et accessoirement, monsieur Giraudeau, vous avez un sacré charme, avec votre visage légèrement buriné par vos voyages et vos yeux bleus océan...

Reste le mince regret de n'avoir pu faire dédicacer un album d'Enki Bilal pour cause de queue déjà impressionnante une heure avant la séance de dédicace, et d'avoir manqué Marie Desplechin en signature le matin et en lecture publique l'après-midi avec Ariane Ascaride.

Il était déjà dix-huit heures trente quand nous avons repris sous la pluie la route de Rennes. Je ne vis pas le voyage, bercée par le ronronnement de la voiture et rêvant déjà d'être un jour assis aux côtés de ces auteurs si sympathiques pour signer une quelconque oeuvre que j'aurai enfin publié...

Ah que c'est bon de rêver, ne serait-ce que l'espace d'une journée. Mes textes resteront sur ce blog. Celui-ci ne fera certainement pas parti des mieux écrits, mais il y aurait tellement de choses à dire... Et puis de la lecture m'attend. Je pense que mes escapades à la médiathèque vont se faire moins fréquentes ces temps-ci !...

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Texte © Miss Alfie 2007
Affiche Les Etonnants Voyageurs 2007
Image © Miss Alfie 2007 (Le Belem et les ouvrages dédicacés ramenés pour envahir un peu plus la bibliothèque !)

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lundi 28 mai 2007

Evasion étudiante

Evasion_etudiante

Le ron-ron monotone d'une voix berce l'assemblée. Baîllements, paupières lourdes, la digestion se fait sentir. Lundi après-midi. L'heure de la sieste. Les joues chauffent, signe du contraste ente la douceur ambiante de la salle de classe et l'air frais et vivifiant qui a fouetté leurs visage quand ils ont mis le nez dehors pour aller manger.

Par la fenêtre, les esprits s'évadent. Pensent au week-end passé, si proche et déjà obsolète. Se projettent dans le prochain. Evitent de songer à la semaine qui débute et s'annonce déjà si chargée. L'après-midi est à peine entamée et pourtant le soleil est déjà bas. Un avion passe, non deux... Ils strient le ciel de leur fumée blanche qui se mélange aux rares lambeaux de nuages immaculés sur fond azuré. Le ciel se pare déjà de ses couleurs du couchant, offrant aux yeux endormis un camaïeu envoûtant. Les arbres dansent dans le vent. Les sapins ont gardé leurs épines vertes et tranchent avec le doré des arbres dénudés qui, impudiques, offrent au regard des communs des mortels leurs dernières feuilles rousses. Tiens, ce bouleau au tronc blanc entre les sapins semble d'ailleurs assorti à la grande grue qui barre l'horizon et semble indiquer de son long bras la direction de la campagne et de l'évasion.

Dans la salle, la voix s'est arrêtée. Des têtes se relèvent, des mots sont échangés à voix basse. Les jambes se déplient, des bras s'étirent, quelques uns étouffent un énième baîllement en attrapant écharpe et manteau. Quelques minutes de pause. Le temps de se réveiller autour d'un café ou d'une cigarette. Au fait, il parlait de quoi le type tout à l'heure ?... Non, non, je dormais pas... J'étais juste partie en voyage...


Texte © Miss Alfie 2005
Image © Miss Alfie 2006 (Le Parc des Gayeulles)

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dimanche 27 mai 2007

Mille neuf cent quatre-vingt-neuf

Mille_neuf_cent_quatre_vingt_neuf

Février 1989. Un après-midi, je ne sais plus trop quel jour, un jeudi je crois, je tombe dans la cour de récréation. Bête enchevêtrement de pieds et front direct sur le muret de parpaing. Envoi direct aux urgences, on me laisse repartir à la maison pour la nuit parce que papa est infirmier, mais il faut me réveiller toutes les heures pour vérifier si mes propos sont cohérents. J'ai rapidement une grosse bosse entre les deux yeux dont je garderai longtemps la trace et deux yeux au beurre noir lorsque l'hématome commence à se dissiper. On m'achète une jolie paire de lunettes de soleil pour cacher mes bleus au visage.

Juin 1989. C'est la fin de la maternelle. Je quitte Julien, mon amoureux de l'époque, et ne termine pas l'année. La maîtresse me fait finir avant les autres la souris avec la pince à linge car on déménage. Papa vient me chercher un midi et m'emmène chez papi et mamie. J'y reste quelques jours avant de repartir dans la nouvelle maison que papa et maman ont acheté. J'ai une chambre avec une tapisserie à rayures bleues pâles, blanches et roses. Il y a mon coffre à jouet et un nouveau bureau. Je rentre en CP en septembre. C'est étrange, ce changement sans que je me sois rendue compte.

Juillet 1989.
C'est l'année du bicentenaire de la prise de la Bastille. On pend la crémaillère ce jour-là et ma cousine demande à rester. Après d'âpres négociations familiales, son séjour se prolongera même une semaine. On défait le matelas et le sommier qu'on met côte à côte, on va au supermarché acheter une brosse à dent et quelques vêtements. Elle était censée être venue pour une journée. Sa soeur n'a qu'un an, elle repart le soir de la crémaillère avec ses parents qui travaillent le lendemain. Dans le nouveau jardin, il y a des cassis et des groseilles à maquereaux. On fait des confitures. Ce sera la seule fois.

Septembre 1989.
C'est la rentrée des classes. J'ai un cartable neuf gris un peu trop grand pour moi, un peu trop lourd, mais comme je suis ronde, c'est pas grave. Il n'y a pas beaucoup de nouveaux par rapport à la maternelle, on doit être deux ou trois à ne connaître personne. Pierre devient mon grand copain, et ses parents des amis de mes parents. Je suis encore une petite fille bien qui va à la messe le dimanche, ou le samedi soir, mais c'est plus parce que je vois Pierre que c'est sympa d'y aller.
J'apprends à lire, à écrire et à compter dans une classe aux tables en bois dans des bâtiments en pré-fabriqués. La maîtresse est très vieille école et porte une blouse tous les jours. Quand on réussit une dictée sans fautes, on a le droit à des noix qui viennent de chez elle. Mais je n'aime pas les noix, alors ça ne m'intéresse pas et je fais des fautes d'orthographe. Mais ça ne m'empêche pas d'acheter mon premier livre sans images, Les aventures de Jojo Lapin, dans la bibliothèque rose.

Décembre 1989.
Je sais lire. Les portes d'un nouveau monde s'ouvrent à moi. J'hésite encore parfois sur certains mots un peu compliqués, mais je redécouvre mes livres d'enfants, et je deviens un rat de bibliothèque. Ma maîtresse m'apprend à aimer les mots... Et ils me le rendent bien !


Texte © Miss Alfie 2007
Image La maison acquise en 1989 lors de sa mise en vente seize ans plus tard...

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samedi 26 mai 2007

Rencontre du soir

Rencontre_du_soir

Un jeudi de novembre 2005.

Retour du travail, presque 18 heures déjà. J'ai faim : un chocolat chaud et des madeleines, j'en salive déjà dans la voiture ! Assise sur le lit, en tailleur, le bol dans les mains, la boite de gâteaux sur la table de nuit, je regarde quelque émission fort stupide qui me détruit les neurones. Mais je peux pas la laisser seule dans la boîte cette madeleine ! Voyons, elle ne sera plus bonne lundi, faut que la mange ! Allez, à bas le régime, on s'en occupera demain !

Toc toc toc. Merde, c'est chez moi ça ! Ben qui c'est ?!!! Faut-il que je prévoie le tisonnier au cas où je me fasse agresser ? Ah ouai, mais j'en ai pas de tisonnier, au mieux ce sera le manche de l'aspirateur... Mouai, ben vaut mieux pas que ce soit pour une agression ! Toc toc toc, ça refrappe. Bon, ben je vais ouvrir, cheveux en bataille, vieux pull difforme et pantoufle de mamie aux pieds.

Ahhhh ! Mon Dieu ! Mais pourquoi me suis-je changée en rentrant du boulot ! Face à moi se tient une apparition : je n'y crois pas ! Et il parle, il ME parle ! Ah ! Mon Dieu ! Je rêve ! Je défaille ! Et là, je crois que je n'ai jamais été aussi stupide de ma vie.

Imaginez : bouche bée, yeux exorbitée, avec la salive qui devait commencer à perler aux coins des lèvres, lèvres autour desquelles il doit d'ailleurs y avoir encore du chocolat. Rapide essuyage avec le revers de la manche, et je tente de répondre à cet ange à la cicatrice qui me parle. "Oui, heu... je sais pas... je pensais travailler... heu... oui... peut-être... heu... oui, oui, salut, à tout à l'heure !..." Il part. Je referme la porte un peu abasourdie.

Alors à ce stade de l'histoire, vous devez vous demander : "Mais que lui a-t-il dit pour la mettre dans un tel état ?" Vous allez le savoir bien vite !

Coup d'oeil sur la montre : Ah ! Je n'ai qu'une demi-heure devant moi ! Mince, zut, crotte, moi qui voulait bosser ! Bon, ben je travaille 20 minutes, et après je me prépare. Stylo dans la bouche, je baille, je regarde par la fenêtre le jour qui tombe. Coup d'oeil sur la montre : saperlipopette, déjà l'heure, mais j'ai même pas avancé ! Bon, ben je sens que je vais me coucher tard, je finirai ça en revenant...

Bon, mi-bas, résille c'est plus sympa. Je garde le jean, me va plutôt bien celui-là. J'enlève mon vieux pull informe, option cache-coeur rouge, avec le tee-shirt noir c'est sympa... Vite, coup de brosse dans les cheveux, redonner un peu de volume. Pschit pschit, coup d'eau de toilette, subtil, juste pour rafraîchir. Vérification maquillage, ça va, faut pas non plus faire trop apprêtée, il va trouver ça bizarre quand même... Allez, je saute dans mes chaussures, celles qu'ont la grosse fleur sur le côté, plus rigolotes, glisse le paquet de clopes dans la poche avec les clés. Je sors.

Il est dehors... Il m'attends... Lui : "Content de voir que tu es venue !" Moi : "Ouai, me suis dit que ça me changerai les idées..." On rentre.

Sur la porte du foyer de jeunes travailleurs où je réside alors, une affiche : "Assemblée générale de l'association, ce soir, 19 heures"...


Texte © Miss Alfie 2005
Image © Miss Alfie 2006 (La côte normande vers Avranche, lieu de résidence d'une étudiante faisant de drôles de rencontres pendant six mois...)

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vendredi 25 mai 2007

Confiance trahie

Confiance_trahie

Elle a à peine dix ans de plus que moi. Son visage en fait dix de plus. Ses cheveux dégoulinent autour de son visage émacié par la maladie. Une sonde la nourrie par l'estomac. Les suites d'une saloperie de cancer purement féminin.

Elle a trois filles, l'aînée doit avoir une quinzaine d'année et la dernière une dizaine. Quinze ans, comme le nombre d'années qu'elle a partagé avec son compagnon. Un compagnon de route, de galère aussi sans doute, peut-être d'alcoolisation parfois.

Elle fait si fragile dans son lit, adossée à ses oreillers trop biens repassés. Elle fait des mots croisés d'une écriture hésitantes, l'écriture en dit beaucoup. Elle a dans le regard la peur et la tristesse des femmes dans ces cas-là. Elle ne croit pas à ce qui s'est passé. Des filles placées dans une famille d'accueil depuis un temps certain déjà. Des filles qui reviennent tous les week-ends et la moitié des vacances à la maison. Des filles qu'elle a tous les soirs au téléphone depuis qu'elle est à l'hôpital. Mais des filles qui sont restées seules avec leur père un week-end.

Et des larmes coulent sur ses joues. Elle n'arrive pas à réaliser qu'il ait fait ça. Heureusement que l'aînée était là, elles ont fuit toutes les trois dans la nuit. Et elle qui ne peut rien faire depuis son lit d'hôpital. Maintenant, elle attend la visite de l'assistante sociale. Elle veut déménager. Il faut trouver un nouveau logement, elle ne veut pas retourner là bas, elle ne veut pas le revoir, elle veut qu'il paye pour ce qu'il a fait.

Elle me regarde l'air las et soulagée. Elle a compris que je ne venais pas lui faire de mal, elle a compris que je venais juste pour lui faciliter la tâche. Elle a compris qu'on lui apporterait l'aide dont elle a besoin. Elle a compris que moi, je n'allais pas la trahir.

Dans le dossier médical, ils ont oublié de changer... C'est toujours lui la personne de confiance...


Texte © Miss Alfie
Image © boccacinofoto, La porte du cloitre

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La vieille de la veille

La_vieille_de_la_veille

Il parait que je suis déjà vieille...

J'ai 24 ans depuis quelques semaines pour ceux qui ont suivi, des lunettes mais pas encore de cheveux blancs, des rides de rire mais pas de vieillerie.
J'ai des cheveux aussi court qu'un garçon et je porte des tuniques rose fuschia pour cacher mes rondeurs.
J'mets des chaussures  avec des papillons et des Converse qui ressemblent à la tapisserie de mamie pour certains.
Je jure autant que je fume tout en picolant pendant des soirées déjantées.
Pour autant, j'ai tout d'une vieille.

Tous les jours, trois fois par jour au moins, je regarde sur internet la météo sur Météo France.
Je fais du jardinage, tente des plantations qui échouent souvent et m'occupe de poissons en leur parlant comme à des enfants.
Je donne des noms à chacune de mes plantes, dit bonjour à Lulu La tortue de mon paillasson en rentrant chez moi et met mes chaussons avant d'entrer dans la salle à manger.
Le soir, je fais ce qu'il y a de pire à entendre certains, de la broderie, du point de croix, des trucs qu'on fait encadrer, qu'on offre pour Noël ou la fête des mères.
Mon dos ressemblerait selon les dire de mon osthéopathe à celui d'une personne de 60 ans au moins et point question pour moi de faire du camping à la Franck Dubosc car mes vieux os ne le supporteraient pas.
Et vendredi dernier, je l'avoue, j'ai même poussé le vice jusqu'à regarder Thalassa en buvant ma tisane - Mais là, j'avais une petite excuse, c'était sur la Semaine du Golfe... -.

Et puis il y a toutes mes manies.
Pas moyen de dormir si les portes de l'armoire sont entrouvertes.
Celle de la salle de bain doit être complètement fermée sinon la lumière du matin passera par le hublot.
Les vêtements préparés la veille pour ne pas avoir à le faire le matin.
La tasse et le thé déjà déposés sur la table pour le petit déjeuner du lendemain.
Triple vérification de la fermeture de la porte d'entrée avant tout coucher et après tout départ.
Organisation méticuleuse de mes vêtements sur cintres et bouillonement intérieur si un bouquin n'est pas rangé à sa place.
Ordre immuable des opérations du soir et du matin, brossage des dents, maquillage et démaquillage, douche et nettoyage des lunettes avec des lingettes optique pour un meilleur résultat.
Organisation à l'avance de bon nombre d'activités : ménage, repassage, courses, escale à la médiathèque, escapade à un festival ou en dehors des murs de la Cité.
Et maintenant rendez-vous chez un rhumatologue, un de ces spécialistes pour coincés des articulations...

Bref, en effet, à voir ce portrait, j'ai tout d'une vieille.
Mais le côté rassurant, c'est que la libido des vieux, parait-il, est encore plus développée que celle des jeunes ! Alors rien que pour ça, j'veux bien être vieille avant l'heure !


Texte © Miss Alfie 2007
Image © Miss Alfie 2007 (Broderie venant d'être achevée pour remplacer le collier de nouilles traditionnel de la fête des mères)

Scribouillé par Miss Alfie à 00:00 - Moi... par moi... - De vous à moi... [12] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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