lundi 30 avril 2007
Soutenance de copine
Un an après.
On se retrouve autour d'une table, des feuilles éparpillées partout autour de soi, des feutres de toutes les couleurs, des ratures un peu partout, des grands traits et des mines fatiguées.
C'était la seule restée sur le carreau, la victoire amère des autres, le goût moyen de la joie mêlée de salé, des larmes pour son échec et pour notre réussite.
Nous, on est parti, à gauche, à droite, on a trouvé des boulots, des remplacements, des temps complets, des temps partiels.
Elle, elle est restée, avec ses rêves déçus, avec ses projets reportés, avec ses espoirs brisés, avec toute l'attente qu'elle mettait dans ce nom égrainé au milieu des nôtres mais qui n'a pas retenti dans l'amphithéâtre le 29 juin 2006.
Le 23 mai, elle repassera les deux oraux qui lui furent fatals. Elle devra affronter trois personnes qui disséqueront son mémoire et sa situation sociale, elle devra être sûre d'elle, affronter leurs questions parfois dé-stabilisantes et leurs regards inquisiteurs.
Elle devra surmonter sa trouille de l'oral, aller droit au but, ne pas tergiverser, ne pas se perdre en considérations diverses alors qu'elle connaît la réponse, gérer ses joues rouges et son coeur qui battra aussi vite que quelques semaines plus tard quand, en robe blanche, elle devra dire "Oui" devant tout le monde.
Alors on se retrouve parfois. Elle amène ses feuilles, ses idées, ses phrases pas très habiles qui la rendent maladroites à l'oral. On déblaye, on élague, on présente, on analyse, on intervient, on fait un bilan, on s'autocritique, on reformule, on essaye de faire comme un discours, comme ceux de ces grands qui parlent soit disant si bien.
On passe des soirées, des après-midis, des mâtinées plongés dans la réflexion. On en oublierai presque de manger. On lève à peine la tête. Et ça rappelle les journées de l'année dernière, le dernier sprint final, les reformulations, les coups de main de mise en page...
Et dans sa journée, on se sent moins vieille. On se dit qu'on sert peut-être à quelque chose... Et on sera à la fête si le 31 mai son nom retentit dans l'amphi... Mais il ne peut en être autrement, de toute façon...
Texte © Miss Alfie 2007
Image © Miss Alfie 2005 (Chambre d'étudiante avranchinaise)
dimanche 29 avril 2007
Le mystère du téléphone continue !
Incroyable, mais vrai !
Voilà deux matins qu'à 10h40 pétantes mon téléphone fixe sonne pour raccrocher dès que je décroche... Je vous le dis, je suis maudite !!!
Bon, ce matin, passe encore, j'étais déjà debout... Mais hier ! Franchement, ça m'a plombé ma journée ce réveil téléphone ! Encore heureux que trois copines se soient invitées à l'improviste les unes après les autres et aient arrêté mon brouillage d'idées noires à 15 heures... Merci les copines...
M'enfin, ça résoud pas le problème de mon téléphone ça !!!
Texte © Miss Alfie 2007
Le premier crumble du blog : Réponse !
Devinette : qu'y a-t-il dans ce crumble, un peu trop doré sur le dessus, je l'avoue !...
La réponse : Pommes caramélisées au beurre salé, copeaux de chocolat et raisins secs...
Désolée, on a tout mangé !
Mais vous avez droit de le tenter !
Image et texte © Miss Alfie 2007
Les alinéas d'une cuisinière en herbe
Ayant l'appartement pour elle toute seule comme une grande fille mais qu'a pas mangé assez de soupe, elle avait décidé de lancer quelques invitations. Deux soirs disponibles, alors allons-y gaiement ! Les deux bandes, une chaque soir, parce que les deux ensemble, y aura comme qui dirait un léger problème de place... Déjà, le lendemain, à 10, elle ne savait pas où tous les mettre... Alors à 15, c'eût été une grosse galère !
Enfin bref, comme toute maîtresse de maison qui se respecte, enfin, demi-maîtresse en ce qui la concerne, elle s'est attachée à préparer des repas relativement équilibrés qu'elle concoctera de ses propres mains à l'aide d'un fabuleux outil qui s'appelle le livre de cuisine. Et comme elle a fait peu de temps auparavant l'acquisition d'un exemplaire sur les cakes sucrés et salés, elle en profite, au grand dam de ses invités qui désormais mangeront du cake à toutes les sauces !
La voilà donc partie de bon matin en fin de matinée pour le supermarché afin de faire les achats de provisions nécessaires à la confection de ses pâtisseries. Alors, entre les mémés qui râlent parce qu'il y a du monde quand il n'y a pas un chat, les pépés qui font la causette au milieu de l'allée et et l'empêche de passer avec son chariot blindé, et la caissière qui d'un grand sourire lui annonce la facture, lui faisant frôler la crise cardiaque. Ceci fait, elle rentra chez elle bien épuisée.
Mais
ce n'était que le début ! Et oui, au programme : 4 cakes, 1 far géant,
3 salades à éplucher et 2 fournées de rillettes... Enfin, pas tout le jour même quand même, on va en garder pour le lendemain ! La priorité du
jour : un cake salé, une part de rillettes et les salades quand même.
Allez, c'est parti, tablier sur le ventre, bouquin dans une main et
fouet dans l'autre... à pâtisseries bien sûr !
"Sweet dreams la la la la". Flûte, le portable ! Ah !
"Oui, ça va... Non, je cuisine... Non, je mangerai après... Mince, j'ai
pas assez de levure, ah si c'est bon... Non, je me parlais... Oui, OK,
on se rappelle..." Bon, où en était-elle ? Ah oui, les oeufs, la
farine... Crotouille ! Elle va jamais en avoir assez ! Bon, tant pis, elle fera un saut au 8 à 8, ce super mini marché qui dépanne à
toute heure du jour, mais pas de la nuit. Elle travaille, elle mélange, elle
coupe, elle cuit, elle patouille et elle lave. Les mains, le sol, la table, la toile cirée, la gazinière...
Bon, dernier cake de la journée enfourné, il en
reste encore un à faire pour le lendemain, ainsi que le far, il est temps d'aller chercher
ce qu'il manque à la supérette. Petite sortie, rien de désagréable
avec le soleil. Et là, sur le chemin, tandis qu'elle marche, cheveux au vent, elle a comme un pressentiment...
A priori, ce devrait être ouvert, 7/7... Oh ben oui... Pas de raison... Et ben si,
une raison ! Des travaux : fermés lundi et mardi ! Argl !!! Bon, ben il
reste le joker, le coup de bigo à une proximité qui, dans sa grande
bonté, va pouvoir apporter farine et levure si elle arrive à dénicher
ces ingrédients au mythique Marché Plus...
Retour à la
maison, sortie du cake, petits soucis : le four a dû vouloir le goûter,
y a plus qu'à nettoyer ! Aïe, c'est chaud ! Ça brûle ce truc ! Bon,
allez, zou, après toutes ces émotions et tout ce travail, un peu de repos ne fait pas de mal ! Un p'tit verre
d'eau citronnée... Elle attendra plus tard pour la p'tite
mousse, histoire d'être un peu dans les vapes quand les autres
goûteront et tenteront un air satisfait alors que ses tentatives
culinaires du jour se révéleront peut-être irrecommençables !
Texte © Miss Alfie 2007
Image © Miss Alfie 2007 (Préparatifs culinaires)
samedi 28 avril 2007
Derrière une couverture
M'envoyer dans une librairie, c'est m'envoyer dans l'antre du diable, c'est me laisser à un endroit et m'y retrouver des heures plus tard, à peine quelques mètres plus loin, c'est risquer dix kilos dans un sac en plastique de papier. C'est me retrouver en transe...
Je touche, je palpe, je feuillette, je regarde,
je lis, je découvre, je m'interroge. Qu'y a-t-il derrière cette
couverture colorée ? Derrière cette photo jaunie par le temps ?
Derrière cette reproduction de Van Gogh ou de Goya ? Quelle histoire
est donc racontée ? Est-ce triste ? Joyeux ? Est-ce un univers étrange
ou un reflet fidèle de la réalité ? Est-ce délicat et lent ou direct et
enflammé ?
Délicat est le choix d'un livre. Celui que je prends,
à cet instant précis, va-t-il encore m'attirer quand il s'agira de le
lire ? Combien de fois ai-je pu rentrer chez moi avec quatre ou cinq
ouvrages, persuadées qu'ils allaient me plaire, avant de les laisser
prendre la poussière dans les étagères pour les ouvrir quelques mois,
voire années, plus tard ?
Comment les choisir, alors qu'ils sont
si nombreux, entre les classiques et les contemporains, les policiers
et les comédies, les autobiographies et les science-fictions ? Une
question de feeling. Je sens ou je sens pas. Inspirée ou pas. Attirée
ou pas. Une sorte de coup de foudre peut-être...
Texte © Miss Alfie 2006
Image © Miss Alfie 2006 (Bibliothèque Château de Vaux-Le-Vicomte)
vendredi 27 avril 2007
Le premier crumble du blog
Devinette : qu'y a-t-il dans ce crumble, un peu trop doré sur le dessus, je l'avoue !...
Image © Miss Alfie 2007
Délit de fuite
Elle a passé sa longue chemise de nuit usée, la blanche qui a un peu de dentelle en haut. Oh, de toute façon, à son âge, on ne fait plus la coquette, l'essentiel est d'être à l'aise. Mais ces pyjamas, non merci ! Elle a toujours dormi avec une chemise de nuit... Parfois elle dormait nue, mais c'était à l'époque où elle était encore jeune, quand avec son amour ils s'étaient unis dans le respect des règles de l'époque. Maintenant, elle se met parfois encore nue devant lui, mais sa peau est fripée, relâchée et tâchée. Mais il l'aime encore... Enfin, il l'aimait encore, il lui avait dit encore la veille... Mais ce soir, pour elle se glisse dans les draps en coton un peu rêches. Les enfants sont restés dormir, dans la chambre d'à côté, pour qu'elle ne soit pas seule... Et dire que plus jamais il ne sera là pour l'embrasser avant de
s'endormir... Sur ses joues ridées, les larmes coulent. Les enfants
sont là, mais elle est désormais seule à jamais... Mais comme ce lit est grand...
Elle a enfilé la chemise de nuit qu'elle met habituellement pour dormir. Cela fait trente ans qu'ils sont mariés, trente ans qu'ils partagent le même lit tous les soirs, trente ans qu'ils s'endorment main dans la main, trente ans... et même un peu plus. Avant le mariage, quand ils se fréquentaient, déjà ils aimaient s'endormir ensemble, même si ce n'était pas très bien vu à l'époque... Quoique, c'était la libération sexuelle... Enfin bon, trente ans, et pas une nuit, non pas une nuit séparée de lui... Trente ans et ce soir, le voilà parti à Paris pour une réunion des maires de France ! Habituellement, il ne voulait pas y aller, lui le maire de leur petit village, sans étiquette... Mais il sait qu'il ne se représentera plus, alors c'était l'occasion. Mais il fallait bien que quelqu'un reste tenir le restaurant, surtout en cette période estivale. Alors elle devra réussir à s'endormir seule... Mais comme ce lit est grand...
Elle a fourré avec rage la nuisette qu'il lui avait offert pour la dernière Saint Valentin dans le fond du placard. Elle a mis sur son dos un vieux jogging et s'est couchée comme ça. Trois ans qu'ils vivent ensemble, trois ans qu'ils ont dit qu'ils ne se cacheraient rien, trois ans qu'ils vivent en couple, trois ans qu'ils s'aiment, trois ans qu'il repousse la date du mariage. Avant de remiser la nuisette, elle avait rempli ses sacs de ses affaires, à lui, de ses chemises, caleçons, pantalons, pulls et autres jeux vidéos qui envahissaient le salon. Elle avait fait assez d'efforts comme ça, attendu assez longtemps, lui avait posé l'ultimatum. Il ne voulait plus l'épouser, il avait la trouille même du pacs, il n'osait même plus lui dire je t'aime, alors autant qu'elle le fasse pour lui, il n'aurait jamais osé partir... Alors nuisette ou jogging, le choix a été vite fait ce soir, pour une fois !... Mais comme ce lit est grand...
Elle s'est faite belle ce soir. Elle a passé quelques heures dans la salle de bain, souffert avec l'épilateur, vérifié la douceur parfaite de tous les endroits de son corps. Elle a rangé la salle à manger, laissé juste sur la table du salon deux verres et une bouteille de Bordeaux Grand Cru. Elle a changé les draps la veille, mis les plus jolis, la couette la plus moelleuse. Elle vérifie que tout est en place. Elle hésite à rajouter quelques bougies pour créer une ambiance plus intime. Elle a mis son déshabillé ivoire, mais elle a froid en l'attendant, alors elle l'a caché de son gros peignoir jaune. Et puis elle a reçu un texto, un contre-temps, un problème. Il n'arrivera pas ce soir, sans doute pas demain non plus. Tant pis, elle se sert un verre et s'installe sous la couette pour se réchauffer... Mais comme ce lit est grand...
Elle a enfilé son grand tee-shirt de pub, comme d'habitude, et pris un polar sur le sol à côté du lit. Les copains sont repartis de bonne heure ce soir, elle va avoir le temps de lire un peu avant de dormir. Elle s'installe toujours à gauche, et son nounours prend l'oreiller de droite. Elle se plonge dans son livre, elle se concentre sur les lignes et les mots pour oublier ces images de couples, ceux qui vont partager un instant d'intimité quand elle balancera l'ours gênant par terre pour pouvoir s'allonger en travers dans son lit en se demandant si un jour viendra où quelqu'un occupera ce trop plein de place et l'aidera à ne plus dormir en diagonale... Mais comme ce lit est grand...
Texte © Miss Alfie 2007
jeudi 26 avril 2007
Administrations, je vous aime : la mutuelle
Alors, après France Télécom et la CPAM, je ne pouvais pas manquer de vous conter mes petites histoires avec ma mutuelle à sigle que je ne citerai pas dans ce lieu, n'ayant pas envie de leur faire la moindre publicité.
Cette mutuelle est ce que l'on
peut qualifier de mutuelle professionnelle, ouverte en priorité aux
professionnels d'un secteur, celui de la santé et du social en ce qui
me concerne. C'est ainsi que, un peu paumée dans toutes ces démarches d'embauche malgré ma
formation - et oui, ne dit-on pas que les cordonniers sont les plus mal chaussés ?!!! - j'ai adhéré les yeux fermé à la mutuelle que l'on me proposait au sein de l'hôpital - pas trop dur pour ceux qui sont du milieu de découvrir de laquelle il s'agit...-.
Bref, étant en région parisienne, je me rendis vite compte que pour une
simple visite chez le médecin généraliste, il ne fallait pas avoir peur
de mettre la main au porte-monnaie. Comme si le terme "Conventionné"
était inexistant dans un rayon géographique très très très large et remplacé partout
par "Honoraires libres"...
Un peu hypocondriaque sur les bord,
facilement fourrée chez le médecin entre mes verrues, mes allergies,
mes grippes et autres rouillements dorsaux, je me dis que le mieux
serait de prendre une garantie couvrant ces fameux dépassements
d'honoraires, d'autant que le remboursement des frais optiques était
très avantageux, ce qui n'est pas négligeable quand on a quatre z'yeux
sur le visage.
Tout se passait très bien jusqu'au
jour où je décidais de quitter l'hôpital pour revenir en Bretagne,
quittant un temps plein pour un mi-temps et voyant de ce fait mes
ressources diminuer de manière non négligeable quand on calcule toutes
les charges incompressibles auxquelles il faut faire face. La bouche en
coeur, je les appelais donc pour demander dans quelle mesure il me
serait possible de modifier ma garantie, pour prendre une garantie
moins élevée vu que par chez nous, les dépassements d'honoraires
restent encore bien peu fréquents... Ah oui, j'avais d'ailleurs omis de
préciser que cette garantie là a dû me servir une seule fois, puisque
si j'avais besoin de voir un toubib, je préférais faire 800 kilomètres
pour voir mon mien à moi !
Bref, là, une voix préformatée
m'annonça que je ne pouvais diminuer mes garanties tant que je n'étais
pas restée deux ans dans la garantie actuelle. Autrement dit, quelque
soit ma situation, même fauché, il me faut payer mes 40 euros tous les
mois pour des prestations dont je ne me sers même pas, puisque j'ai pas
de dépassement d'honoraires et que j'ai même pas changé mes lunettes
pendant que j'étais en exil !
Ceci dit, la correspondante de la
mutuelle à l'hôpital, accessoirement secrétaire du service social, me
glisse à l'oreille d'envoyer mon bulletin de non imposition pour avoir
au moins une remise sur ma cotisation. Aussitôt dit, aussitôt fait,
mais aussitôt répondu. Et lorsque la réponse pointa le bout de son nez,
je m'étouffais de stupéfaction puisque l'on m'annonçait que je ne
pouvais bénéficier de cet avantage "réservé aux seuls professionnels de la santé et du social"...
Que je sois pas professionnelle de la santé, ok, mais si une assistante
sociale c'est pas une professionnelle du sociale, et qui plus est bossant dans une clinique, je devrais peut-être
envisager de me reconvertir !!!
Ah oui, et puis aussi, quand ils vous disent que si vous êtes en arrêt
de travail, vous pourrez être indemnisé, faut pas croire que ça se fait
comme ça ! T'adhères que depuis novembre 2006, t'es arrêté en avril 2007
? Ben c'est pour ta pomme cocotte ! Et oui, ça fait pas un an que tu cotises ! Fallait pas avoir une hernie
discale si tôt !!!
Bref, pour l'instant, j'attends
qu'on me prélève double cotisation fin avril puisque ces très doués là
n'ont pas pensé à m'envoyer chez moi un appel de cotisation mensuel,
voyant qu'ils ne pouvaient plus prélever sur mon salaire à l'hôpital,
et ce, deux mois de suite... Total : 85 euros à sortir à la fin du
mois... et idem fin mai...
Hum ! J'aime me soigner !!! Et dire
qu'on n'est pas les plus mal lotis en France. Vous imaginez ce que ça
peut être ailleurs ?...
Allez, j'avoue, c'est à presque à
cause de moi le trou de la sécu... Mais y a aussi mamie Germaine et
papy Alfred dites donc ! Me foutez pas sur le dos, il est pas assez
solide comme ça !
Tiens, tant qu'on y est, juste comme ça, comme ça s'y prête bien... Sachez que si on a UN président, notre chère sécu, elle risque d'être privatisée... Alors, bon, juste comme ça, j'voulais pas lâcher d'idées politiques, mais bon, une nana à la tête de la France, c'est sûrement pas si terrible que ça...
Texte © Miss Alfie 2007
mercredi 25 avril 2007
Pour toi...
Suite à un commentaire de papistache lors de la publication de Pour elle... sur Paroles Plurielles, j'ai décidé d'écrire l'autre façette de cette mort programmée... tout en respectant les consignes de base, si ce n'est l'incipit...
C'est donc la suite du billet d'hier...
Ma belle,
Tu es assise dans ton fauteuil comme à ton habitude. Je l'ai tourné
vers la fenêtre, tu pourrais y voir le square de la Cathédrale, y
entendre les sons maladroits des élèves du conservatoire. Pour
l'instant tu dors, et moi je t'écris cette lettre... Sais-tu que
Jacques, ton élève préféré, y est devenu professeur de piano ? Tous les
jours, lorsque je te laisse quelques instants pour aller chercher nos
quelques provisions, il demande de tes nouvelles. Je lui réponds que
ton état est stationnaire. Comme tu le veux.
Je te comprends tu sais. Tu ne maîtrises plus rien de ton corps depuis
ce fichu AVC qui a bouleversé nos vies. Je me souviens des regards
jugeant du début, des premières fois où nous avons osé sortir dîner
ensemble quand tu étais encore fringante. Je ne dirai pas belle, car
belle, tu l'es toujours. Tes cheveux blonds relevés par l'aide
soignante, tes robes que je choisis et que tu approuves d'un clignement
de paupières. Tout s'emmêle dans mes souvenirs, ceux d'avant et ceux
d'après...
Ton absence dans cet appartement sera un vide plus grand encore que
celui qui emplira ta chambre quand on retirera tout le matériel, le lit
médicalisé, le lève-malade, tous les appareils qui permettent de te
maintenir en vie... Mais quelle vie ma belle ? Ma soeur, ma cousine,
mon amie, mon amante.
Mes yeux commencent à s'emplir de larmes, mais tu dors, tu ne le vois
pas. Je mettrais cette lettre dans le cercueil qui t'emportera samedi
matin. Si j'ai le courage, je te la lirais tout à l'heure, à l'heure où
tu recevras une à une ces doses mortelles. Tu as tout choisi. L'heure,
la manière, et l'après. Tu m'as déjà dit que tu ne voulais pas que je
reste seule, mais comment trouver quelqu'un comme toi, qu'il soit homme
ou femme ?! Nous étions nos deux moitiés d'orange.
Je n'ai jamais reculé devant les tâches ingrates devant lesquelles tu
détournais les yeux, t'essuyer la commissure des lèvres avant de
t'embrasser, te changer, te laver, te déshabiller, t'alimenter... Je
sais, tu grimaces dès que je t'apporte ta tisane au citron, mais c'est
le médecin qui l'a préconisé, il cache le goût des médicaments...
Et mon amour, je te promets que samedi, je mettrais sur ta tombe, non
pas comme Hugo que tu aimais tant, "un bouquet de houx vert et de
bruyère en fleurs", mais une corbeille de jonquilles, de roses et
d'hortensias... Et je veillerai que chaque jour elle soit plus belle
que la veille, comme toi mon amour qui me quitte ce soir...
Texte © Miss Alfie 2007
Image © Bellesahi
mardi 24 avril 2007
Activités pour une jeune femme de - presque - 24 ans...
Grâce à madame la Sécurité Sociale, j'ai droit, pendant mon arrêt de travail, d'aller me promener de 14 heures à 17 heures - ce qui, entre nous, est aussi bien que le 10-12 et 16-18 d'avant... -. Hier, ma petite maman est donc venue quelques minutes avant l'heure légale et m'a ramené avant le gong de Cendrillon. Dans l'intervalle, quelques douceurs et quelques déboires.
Ainsi, j'ai bien fait fructifié S*****a, ayant promis à ma mamounette qui ne met jamais un brin de maquillage de lui trouver de quoi se faire une beauté et de rajeunir de dix ans, et n'ayant pu résister à quelques douceurs pour moi. Heureusement, mamounette fut raisonnable et me limita à une paire de sandales - nécessaires cela dit et non inutiles - mais m'empêcha d'aller dévaliser E***m, C*****u ou C***e-C***e - ben oui, quand j'ai pas le moral, pour le remonter, j'ai tendance à diminuer le solde de mon compte en banque... -.
Bref, tout aurait été parfait, d'autant que même mamounette a trouvé une chemise de nuit à mettre les soirs où elle est invitée pour remplacer ses vieux tee-shirts vraiment vieux et qui font un peu la honte quand t'es invité quelque part et qui font que du coup, t'es le seul glandu habillé au petit déjeuner. Seulement, là où ça s'est gâté, c'est en arrivant devant la F**c, en voyant la grille baissée et le papier "Fermé pour inventaire le lundi 23 avril"... J'avais gardé ça pour la fin, même si je commençais à avoir mal parfois, à avoir des ampoules à m'appuyer sur mes béquilles, à sentir mon dos se coincer, ma sciatique se réveiller... J'avais anticipé le plaisir de flâner parmi les livres pour dénicher un bouquin sur l'HTML et le CSS pour compléter le design de ce blog, tourner les pages de livres d'images pour voyager, plantée sur mes deux cannes bleues... Bref, ce fut la déception... Malgré tout compensé par les petites trouvailles précédentes, ne soyons pas pessimistes à outrance non plus !
Ce jour, mardi 24 avril, c'est mon papounet qui était chargé de me promener, car l'objectif du jour était d'habiller son nouvel appartement d'une plante, d'y mettre un peu de vie et de lui trouver quelque chose à qui il pourrait parler pour se sentir moins seul - et oui, une plante, faut lui parler, c'est bien quand on est seul... -, mais aussi d'aller jusqu'à la médiathèque essayer de dégoter les bouquins non trouvés à la F**c hier.
Notre escapade commença donc par un magasin de jardinage-animalerie-travaux manuels dont j'avais décidé d'éviter à tout prix le dernier rayon cité pour le bien être de mon compte en banque. Mais cela ne changea pas la donne. En plus de la plante pour papounet, fort jolie d'ailleurs, je revins chez moi avec trois mini plantes à semer en kit et deux branches de bambou - ben oui, une achetée, une gratuite ! -.
Ces achats terminés, nous partîmes à la médiathèque où la chance ne fut pas plus au rendez-vous, si ce n'est que je tombais par hasard sur un roman critiqué pas plus tard qu'hier par Anna et que je ressorti avec trois bouquins que je n'aurai sûrement pas le temps de lire et deux revues : Elle pour être au courant des potins et Télérama d'il y a au moins deux semaines pour faire semblant d'être intello.
En attendant, j'ai planté mes graines de coquelicot, rosier et edelweiss qui risquent bien de ne jamais pousser, mis en vase mes bambous, et maintenant, je me tâte entre bouquiner ou mettre un film débile et avancer ma broderie... Bref, une vie des plus mouvementées pour une jeune femme de bientôt 24 ans...
Texte © Miss Alfie 2007
Image © Miss Alfie 2007 (Plantes Avril 07)







