lundi 23 avril 2007
Ce matin, j'ai décidé d'arrêter de manger

Retrouvez cette critique sur Miss Alfie, Croqueuse de livres !
Hommage à celui qui me fit tomber amoureuse des mots
Je voudrais remercier un professeur de français qui est sans doute à l'origine de ce goût pour l'écriture. Je sais, déjà, en sixième ou en cinquième, j'adorais les exercices de rédaction. Autant, je haïssais la grammaire, autant je trouvais la rédaction fantastiquement épanouissant.
Ce prof, il n'était pas très
grand, un peu dégarni sur le haut du crâne, souvent habillé en noir ou
en gris, avec un jean, une chemise blanche et un pull. Son cartable,
c'était une de ces mallettes noires qui auraient pu contenir des
liasses de billets destinées une quelconque organisation mafieuse. Mais
il en sortait des feuilles noircies de sa petite écriture au stylo bic
noir.
Lui, sa mafia, c'était la mafia des mots. Avant lui, bien
sûr, il y avait eu cette maîtresse traditionnelle, qui donnait des bons
points, était dure et sévère, mais m'avait fait tombée amoureuse des
mots, de leurs combinaisons, de leurs jeux.
Mais lui, lui il nous
demandait tour à tour d'apporter une citation d'un livre à faire
partager à toute la classe. Alors au début du cours, celui qui était de
citation cette semaine là allait au tableau et notait sa citation avec
la craie blanche sur le tableau non plus noir mais vert foncé.
Et
puis ce prof, il ne faisait pas des contrôles comme les autres, avec
des exercices chiants et pas intéressants du tout. Non, il nous a
demandé d'écrire une histoire. Une nouvelle. Chaque mois, il nous
donnait la trame du chapitre à écrire, et chaque mois on y intégrait
les notions travaillées pour poursuivre la narration de notre
histoire...
Quand il nous rendais nos copies, nous les
ramenions chez nous et sur la vieille machine à écrire de papa, je
retapais mon histoire, chapitre après chapitre. Chacun rapportais ses
pages dactylographiées, les miennes à la machine, beaucoup d'autres sur
un ordinateur, et nous les mettions dans un classeur qui restait au
fond de la classe. L'idée était que chacun puisse lire les écrits des
autres. Moi j'avais toujours peur que l'on se foute de moi, je
feuilletais discrètement ceux des autres, sans trop me faire voir, de
peur que l'on veuille lire le mien...
Et cette tentative primaire là, elle m'a sacrément donné envie de jouer avec les mots aujourd'hui...
C'est
pour cela que j'ai envie de vous la présenter. Le style est celui d'une
collégienne, parfois un peu lourd et maladroit, parfois un peu étrange
car toujours dans l'objectif d'évaluer ce que nous avons appris dans le
mois précédent... Mais ça peut toujours être marrant !... C'est une nouvelle, c'est Destins...
Administrations, je vous aime : la sécurité sociale
Après mes déboires téléphoniques,
il fallait bien que je vous conte mes histoires de sécurité sociale,
vous savez, cette grande entreprise française totalement désorganisée
censée nous rembourser nos soins, fort pratique au demeurant mais qui
aurait besoin des conseils avisés en matière d'ordre d'une Miss Alfie
et d'un Ti Néri...
Revenant dans mon département d'origine, je pris bien vite mon
téléphone pour demander le transfert de mon dossier de sécurité sociale
de la CPAM 77 à la CPAM 35 de manière à ne plus entendre parler de la
Seine-et-Marne dans l'immédiat. Après appel à une charmante personne
dont je ne me souviens plus s'il s'agissait d'un représentant du sexe
masculin ou du sexe féminin, je reçus à mon domicile l'habituel
formulaire de changement de situation que je retournais illico presto
muni des pièces justificatives nécessaires et de ma Carte Vitale. Notez
ce point, c'est très important.
Comme vous le savez si vous venez par ici régulièrement, j'ai été amené
à agrandir de manière non négligeable le trou de la sécurité sociale,
et ne m'engueulez pas. C'est tout de même pas de ma faute si les médocs
prescrits initialement faisaient sur mon dos l'effet d'un sucre dans un
café ! Bref, on compte quatre visites chez le médecin en deux semaines,
plus quatre ordonnances, plus une ordonnance d'un renouvellement de
drogue anti-éternuements de saison et quelques arrêts de travail pour
cause de patte traînante et de verticalité digne de celle de la Tour de
Pise.
Un peu inquiète de n'avoir aucune nouvelle de mon dossier, pas même un
papier m'indiquant la bonne réception du dossier, je m'en vais passer
un coup de fil au cours duquel mon coeur failli de s'arrêter de battre
: non, aucune trace de ma demande, pas de carte vitale à mon nom dans
les fichiers, rien, que dalle, nada, qu'une miss Alfie domiciliée à son
ancienne adresse, chez sa maman... Donc, vous n'avez pas fait votre
changement, me rétorque la charmante hôtesse... Ben si, vu que sur mes
relevés de prestations, c'est la CPAM 77 qui m'a remboursé, qui m'a
envoyé ma carte vitale, qui m'a dit que je dépendais de Melun...
Résultats des courses, comme l'Ille-et-Vilaine a la charmante idée de
faire partie des départements pilotes pour la carte vitale nouvelle
génération, je suis bonne pour présenter mon attestation papier à la
pharmacie parce que le temps qu'ils envoient les nouveaux formulaires
où faudra mettre la photo pour être sûr que je vais pas faire un trafic
avec... Bon, là, à la pharmacie, ça va encore... Mais chez le toubib...
Ben chez le toubib, j'aurai droit à la jolie feuille d'un marron rosé
qu'il me faudra envoyer à mon centre de paiement.
A ce sujet, l'idée m'est venu que le délai serait sans doute rallongé,
une semaine ou deux au lieu des trois quatre jours habituels avec la
carte vitale... Que nenni ! Trois à quatre semaines qu'on m'a dit, en
me demandant pourquoi je n'avais pas utilisé ma carte vitale... Ben,
ptet tout simplement parce qu'elle a été paumée entre un café et un
paquet de photo de vacances dans un bureau de la CPAM...
Total des dépenses de santé en attente de remboursement, sans doute
d'ici juin si tout se passe bien... Un peu plus de 150 euros ?...
Dommage, Crésus, c'est pas mon père !...
Ah oui, et pour couronner le tout, j'ai p'tet des droits d'ouverts,
mais ces c***-là m'ont pas dit qu'ils n'avaient pas de médecin traitant
déclaré pour mon dossier... J'appellerai presque ça le pompon de la
pomponette...
Bon, pour la mutuelle, je remets ça à plus tard, une chose à la fois,
c'est déjà bien assez compliqué comme ça entre la CPAM et France
Télécom !!!
Texte © Miss Alfie 2007