jeudi 12 avril 2007
Destins - Chapitre 1
Il s'agit d'une nouvelle rédigée en classe de troisième en 1997-1998 sous l'égide de notre professeur de français. Chaque chapitre visait à nous faire appliquer les notions apprises au cours des dernières leçons... Vous excuserez par avance le style sans doute un peu plus maladroit qu'aujourd'hui... Ce premier chapitre était basé sur les descriptions...
Un homme déambulait dans la ville d’Argelès-Gazost. Cette station thermale pyrénéenne, d’environ trois milles habitants et réputée pour son doux climat, se trouvait à l’entrée de trois vallées, celles Luz, Cauterets et Arrens. Coincée entre les montagnes aux sommets élancés toujours enneigés, la petite bourgade grouillait d’animation à longueur d’année. Située à une dizaine de kilomètre de Lourdes, bon nombre de pèlerins y passait pour se détendre et visiter la région. Les maisons, dont toutes s’élevaient sur un ou deux étages, rarement plus, semblaient avoir été posées là depuis bien longtemps déjà… Sur la place de la Mairie, une fontaine égayait les terrasses des quelques cafés et d’un salon de thé, toujours pleines durant la période estivale.
Ce mardi, comme tous les mardis depuis des siècles, de la place de la Mairie à la place du Foirail en passant par la Place de l'église, les rues commençaient à s’animer et laissaient place aux marchands ambulants arrivés pour l’occasion de bonne heure et de toute la région. La plus petite parcelle de terrain avait trouvé preneur et on s’installait tranquillement. Brocanteurs, maraîchers, bouchers, fromagers, artisans, vendeurs en tout genre s’étaient donnés rendez-vous à Argelès-Gazost en ce mardi matin. L’homme aussi était là, prenant plus ou moins part à l’agitation générale qui s’emparait de la ville à partir du lever de l’astre solaire. Il passait de l’un à l’autre, se faufilant entre les étals, tâches de couleurs dans ces montagnes, hésitant, revenant au premier, puis repartant vers un autre. Et cela pendant près d’une heure et demi.
Enfin, l’homme se décida à aller voir un brocanteur qui
lui paraissait honnête. Tranquillement, il demanda le prix d’un des
objets étalés sur la planche de bois soutenue par deux tréteaux. Puis,
tout aussi tranquillement, il sortit son prote-feuille et compta ses
billets. Il remercia le vendeur et partit, n’ayant pas assez d’argent
pour acheter cette boule. Mais, après tout, qu’était-ce qu’une boule ?
Le vendeur le rappela et lui proposa un prix moins élevé. Il en avait
tant envie, de cette boule. Elle lui rappelait celle que possédait sa
grand-mère et qui avait mystérieusement disparu au moment de son décès.
Mais le prix était encore trop élevé. Ses maigres économies ne lui
permettaient pas une si grosse dépense. Il fit une proposition,
précisant que c’était sa dernière offre. Le vendeur accepta. L’homme
sortit son argent et paya le vendeur. Celui-ci lui remit la boule
enveloppée dans un papier de soie et ajouta :
« Tant que cette boule ne sera pas cassée, vous coulerez de paisibles jours… »
Mi-amusé,
mi-inquiet, l’homme remercia le vendeur et partit. Le vendeur le vit
s’engouffrer dans la foule bigarrée, tenant précisément son paquet,
comme s’il s’agissait d’un grand trésor.
Heureux de sa trouvaille, l’homme pris la route du retour. En chemin, il ôta le délicat papier qui recouvrait la boule et se regarda dedans. Son visage n’était plus le même. Un sentiment étrange et inconnu jusqu’à lors le parcourut. Il remit rapidement la boule dans son emballage et, relevant la tête, il crut voir sa grand-mère, morte depuis plus de vingt ans, se tenir face à lui. Arrivant là où elle était, personne. Mais un papier sans doute transporté par le vent sur lequel une main peu assurée avait inscrit « ATTENTION ! »...
Pris de panique, il rentra en courant chez lui.